America Antichronologica

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Enquête dans l’Amérique du XXe siècle

De New York à Boston ou Detroit, America Antichronologica nous embarque dans l’Amérique du XXème siècle. On est aussitôt pris dans le filet des intrigues policières et ses figures de flics, qui nous rappellent Serpico ou le couple drôlatique Starsky et Hutch.

On s’y évade, on y est ; et comme dans tout bon polar, le sûr n’étant jamais certain, le dénouement nous prend systématiquement à revers.

Un polar noir dans la grande tradition du genre

EXTRAIT

Voilà, c’est fait. Je suis mort et enterré. Des funérailles d’ailleurs très émouvantes, ma courageuse épouse Ella y a veillé en retrouvant cette interprétation poignante de son homonyme dans la belle ballade de Cole Porter : Ev’ry Time We Say Goodbye. À part mon gendre, à qui je céderais volontiers ma place, ils étaient tous en pleurs, même Nathan, revenu en express d’un chantier de fouilles près d’Halicarnasse. Merci fiston...

A PROPOS DE L’AUTEUR

Passionné de littérature policière, Giovanni D’Emidio, belge d’origine italienne et enseignant de formation, travaille dans un centre d’hébergement pour personnes handicapées.

Giovanni D’Emidio est né le 24 juillet 1969 à Mons, dans le Hainaut belge
Publié le : jeudi 21 janvier 2016
Lecture(s) : 531
EAN13 : 9782367230207
Nombre de pages : 76
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Le Petit Couvert supplémentaire
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Sommaire
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La création, chez l’auteur de littérature policière, prend son sens dans l’équilibre de la rencontre entre deux univers intérieurs : celui qui pousse à penser l’inimaginable, et son pendant qui veille à une mise en scène crédible. Le produit de cette confluence se matérialise dans le frisson dérangeant qui parcourt l’échine du lecteur, conscient qu’une telle folie pourrait venir chambouler son existence.
Le docteur Vento prononça le décès de Rebecca Eckart à une heure dix-sept et en inscrivit la cause officielle sur son rapport : déficience pulmonaire consécutive à de profondes brûlures couvrant 80 % du corps. Joe Vento avait passé deux ans dans un M.A.S.H. de la région de Da Nang à trier les urgences et à débrider les lésions les plus atroces des G.I’s ; il possédait une conscience aiguë des dégâts provoqués par le blast lors d’une explosion en milieu fermé. À l’arrivée de cette patiente, peu après vingt-trois heures, le cas lui apparut vite désespéré ; il interpella le patrolmande l’escorte policière avec la faconde que chacun lui reconnaissait à Sainte-Alix : — Amenez la famille, vite ! La famille se résumait à Masha, la fille de la victime, vingt-sept ans, étudiante à l’Université de médecine du Missouri. Elle arriva trop tard, pleura peu, mais s’enquit auprès des policiers des circonstances de l’accident et posa de nombreuses questions à Vento surla prise en charge d’une patiente de cinquante et un ans présentant de graves lésions traumatiques (sic). Le praticien jugea que cette future collègue traitait sa souffrance en s’imposant la distance que confère la sphère médicale, pour se prémunir contre les chausse-trapes de l’émotionnel. Le jeune et ambitieuxField SergeantPettigrew était missionné pour l’accompagner au John poste de Mechanic Street où on interrogeait un témoin clé de l’explosion. Elle souhaita d’abord s’isoler pour contempler les lueurs de l’aube dans Humbolt Park. Il en profita pour flirter avec la réceptionniste. Mais de lourds nuages plombaient le ciel ce matin-là, de telle sorte que le soleil ne se leva pas sur Emporia. Et Masha Eckart ne réapparut pas…
Blond, longiligne, entre deux âges, leChief OfficerLester Tomasson pénétra dans l’étouffant bureau des inspecteurs pour venir rejoindre la femme en uniforme bleu cobalt qui faisait face à un sexagénaire bâti comme un arrière de l’équipe de Kansas City, celle-là même qui venait d’enlever leSuper Bowl IV. — Monsieur, l’agent Hayes va reprendre les données relatives à votre identité. Arrêtez-la pour compléter si vous le désirez. Éraillée, la voix du policier évoquait celle des gosses palermitains de Little Italy dont les mères exigeaient l’ablation des amygdales en signe de ralliement à la norme américaine et chez qui, des toubibs au diplôme douteux, mais aux émoluments acceptables, amochaient les cordes vocales en pratiquant l’intervention. Helena Hayes racla le sol avec sa chaise en bois bien lestée, pour se rapprocher de la table carrée et se mit à ânonner la fiche qu’elle tenait entre ses doigts gourds. — Jason Samuel Stransky Il précisa que tout le monde l’appelaitJayouSky. — Vous êtes né le 9 juillet 1925 à Casper, dans le Wyoming. Divorcé et père de deux enfants, Sonny et Teddy. Vous habitez à Joplin, Missouri. — Joplin — Emporia, ça doit faire dans les deux cent cinquante miles bien tassés, interrompit le chef d’enquête ; soit au moins quatre heures trente de route. Une promenade, peut-être ?
— J’rendais visite à un vieux compagnon d’brigade ; j’ai pas r’trouvé sa bicoque, alors j’ai roulé dans c’te ville où j’ai étéfiremanau début de ma carrière. Le débit de parole rapide de cet adepte de l’élision irritait Tomasson. — Ah bon ? Au Civic Auditorium ? Vous y étiez lors de la catastrophe du Woolie’s ? — Je m’débattais dans c’t’enfer, Inspecteur. Y a eu soixante et onze victimes ; huit collègues et dix-sept enfants prisonniers dans c’te foutue garderie du quatrième étage ! — Ma mère y faisait son shopping de Noël, intervint l’agent Hayes, trop heureuse de déballer les névroses familiales. Ce jour-là est resté gravé dans son esprit ; magasins, restaurants, cinémas : partout où elle se rend depuis, elle s’installe à proximité des sorties de secours, elle scrute… Stransky s’agaçait de cette interruption ; c’était manifeste. Perché derrière sa jeune collègue, Tomasson perçut très tôt le malaise ; il pressa légèrement une épaule peu féminine et obtint un arrêt instantané de la logorrhée stérile. Jay avait des choses à dire sur cet événement que le policier perçut rapidement comme la plaie béante de sa vie. (…)
Des petites villes du Kansas à la mégalopole new-yorkaise en passant par Detroit et Boston, e America Antichronologicaplonge dans l’Amérique du XX siècle. D’emblée, on est pris nous dans le filet d’intrigues à rebrousse-poil, peuplées de personnages désabusés et de figures de flics évoquant tantôt Serpico, tantôt la paire drolatique Starsky et Hutch. On s’y évade, on y est ; et comme dans tout bon polar, les certitudes vacillent à l’approche d’un dénouement qui nous prend invariablement à revers. Passionné de littérature policière, Giovanni D’Emidio, belge d’origine italienne et enseignant de formation, travaille dans un centre d’hébergement pour personnes handicapées. Giovanni D’Emidio est né le 24 juillet 1969 à Mons, dans le Hainaut belge.
Cet ouvrage a été numérisé le 10 septembre 2012 par Zebook. Toute ressemblance ou homonymie avec des personnes ou des faits existant ou ayant existé serait fortuite et involontaire. © Editions LE TEXTE VIVANT, 2012. « S’il a de la chance, l’écrivain peut changer le monde » Arthur Miller ISBN : 978-2-36723-020-7 Couverture et mise en page : Camille Chauvin et Vanessa Lalande | atelier Plakat
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OUVRAGES PARUS DANS LA COLLECTION « CHRONIQUE » Facéties d'une vie de gamin, Jean-Yves Duchemin (juin 2012) Haut le pied ! Chroniques busiennes, Stéphane Garnier (juin 2012) Les pieds de la femme boutonnière, Christine Claude (juin 2012) Les rues atteNantes, Alexandre Feraga (juin 2012) Le sous-sol, Mohamed Rezkallah (août 2012)
59, rue Froidevaux 75 014 Paris
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