Analyse des campagnes de 1806 et 1807, du "Précis des événements militaires" du lieutenant-général comte Mathieu Dumas, par le capitaine Longuet,...

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Verronnais (Metz). 1840. In-8° , 106 p., cartes.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1840
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"Ilâ, L'il aa
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DES
CAMPAGNES DE 1806 ET 1807,
DU
[, PRÉCIS
DES
EVENEMENS MILITAIRES
DU LIEUTENANT-GÉXÉRAL COMTE MATHIEU DUMAS ,
PAR LE CAPITAINE LONGUET,
PAR LE CAPITAINE LONGUET,
DU iL" RÉGIMENT DE CHASSECKS.
METZ. VERRONNAIS , IMPRIMEUR-LIBRAIRE ET LITHO-
GRAPHE ,( RUE Difs JARDINS, N." 14.
f,
PARIS.— GAULTiEil/lAGtIIO.ME , RUE ET PASSAGE DAU-
PHINE, N.. 36.
1840.
ANALYSE
DES
CAMPAGNES DE 1806 ET 1807.
Les Cartes ont été copiées sur celles qui font partie de
l'ouvrage du général Mathieu Dumas, mais on n'y a mis que
les noms dont on a besoin pour l'intelligence de l'analyse.
On remarquera quelques différences, dans l'orthographe des
noms, entre le texte et les cartes ; par exemple :
HOWOGOROD , HOWOGROD ;
OKUMIN, OKOMIN;
▼ILLEHBER G , WILLEMBBRG ;
JOHABSBURG , JOHANNESBURG ;
PRAZMTZ, PRZASNYC, etc.
Je n'ai rien changé à ces différences de noms, j'en pré-
viens, pour éviter au lecteur la peine de chercher inutile-
ment.
Il y a aussi quelques noms qui ne sont pas sur les Cartes ;
ce sont :
MITTEX.—POELN1TZ. RATKAU.
NORDHAUSEN. JALOW.
NOSSENTIN. GEORGENTHAK.
FAEHRE.
ANALYSE
DES
Campagnes bt 1806 et 1807,
DU
r
PRECIS
DES
, p
ÉVÉNEMENS MILITAIRES
DU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE MATHIEU DUMAS,
par le (Capitaine fmujuet,
DU ii.' RÉGIMENT DE CHASSELKS.
METZ — VERROISHAIS , IMPRIMEUR LIBRAIRE ET LITHOGRAPHE ,
RUE DES JABDlNS, N. ° 14.
PARIS. — GAULTIER-LAGClOiVIB , RUE ET PASSAGE DAUrHIKE ,
N.° 50.
1840.
t
Tous les jeunes militaires savent que l'aigle
française a plané sur l'Europe et que nos enne-
mis ont subi sa loi; mais il est un grand nombre
d'entre eux qui n'ont pas d'idées précises sur les
campagnes de l'empire. Tous ont entendu parler
d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland, etc., mais
tous ne savent pas quelles armées ont été vaincues
dans ces grandes batailles, et très-peu pourraient
en rendre compte.
La rareté, le prix et le volume des ouvrages qui
traitent de cette matière, expliquent assez com-
ment ils sont peu connus ; et puis c'est une étude
sérieuse, et les occupations du métier remplissent
assez le temps qu'on doit donner au travail.
Si nos annales étaient moins étendues, elles
trouveraient plus de lecteurs. Cette pensée m'en-
courage à essayer une analyse. Ceux qui s'ef-
fraient de plusieurs gros volumes, ou qui ne les
ont pas sous la main, liront peut-étre une bro-
chure de quelques pages. Si je n'ai pas dénaturé
les faits en les abrégeant, le sous-officier, le sol-
dat pourront, dans les loisirs du corps-de-garde,
recueillir quelques notions sur la gloire de nos
devanciers.
------
3lnaU)S £
DES
CAMPAGNES DE 1806 ET 1807.
ID_a.
ES Campagnes de 1806 et 1807 ne
sont séparées que par un inter-
valle de vingt-cinq jours ; elles ont
eu lieu en Saxe, en Prusse et en
Pologne.
La Campagne de 1806, ou de Prusse, est
aussi connue sous le nom de campagne d'Iëna :
-- 4 -
la bataille d'Eylau a de même donné le sien
à la campagne de 1807, qui est le complément
de la guerre de Prusse. Cette campagne de
1807 est encore appelée campagne de Pologne,
bien qu'elle se soit terminée dans la Prusse
orientale.
Dans cette analyse, j'ai voulu raconter
succinctement les mouvemens des armées et
les vues des généraux en chef. J'ai cru devoir
être bref, surtout dans les relations des faits
d'armes; de plus longs détails m'auraient en-
traîné à copier le texte.
En entrant en campagne, l'armée française
était de deux cent mille hommes, ainsi di-
visés et commandés :
Garde impériale à pied. -Maréchal Lefebvre;
Garde impériale à cheval-Maréchal Bessières ;
l. er Corps. - Maréchal Bernadotte, prince de
Ponte-Corvo;
3.* Corps. — Maréchal Davoust ;
4. c Corps. — Maréchal Soult;
5. e Corps. - Maréchal Lannes;
6. c Corps.—Maréchal Ney;
1.. Corps. - Maréchal Augereau;
— 5 —
Réserve de cavalerie.—Maréchal Murât, grand-
duc de Berg.
Le 2.. corps, sous le général Marmont,
était en Dalmatie.
V.
D'autres corps d'armée furent organisés
pour les sièges et pour la campagne de Po-
logne. Ainsi le 8. e corps, aux ordres du ma.
réchal Mortier, et plus tard à ceux du maréchal
Brune, vint occuper le Mecklembourg et fut
ensuite opposé aux Suédois dans la Poméra-
riie. Il se composait de Hollandais et de quel-
ques troupes françaises.
Le prince Jérôme, ayant sous lui le général
Vandammé, eut le commandement du 9.* corps,
formé de deux divisions bavaroises et de celle
des Wurtembergeois, et fut chargé des sièges
de toutes les places fortes de la Silésie.
Un 10. e corps, aux ordres, du maréchal Le-
feb-vre, fut organisé pour le siège de Dantzick.
MOTIFS
QUI OPT AMENÉ
LA GUERRE DE PRUSSE.
— --. —
ORSQUE l'Angleterre, pour conjurer
l'orage qui s'amoncelait contre elle
sur les côtes de Boiilogne, forma la
coalition qui vint échoijer uans les plaines
d'Austerlitz, la Prusse fut engagée à se lier
à l'Autriche et à la Russie. Elle arma : plais
elle resta neutre, grâce à la victoire du 2
décembre i.
1 Bataille d'Austcrlitz ; défaite de l'armée russe le 2 dé-
cembre 1805.
— 7 —
La Prusse, neutre avec 240,000 hommes
armés, avait justement donné de l'ombrage
à l'empereur Napoléon ; il était en droit de
tourner ses armes contre elle. La Russie bat-
tue, ne lui eût porté qu'un secours tardif, et
l'Autriche irritée, n'eût rien entrepris pour
sa défense, lors même qu'elle eût pu quelque
chose.
L'empereur de Russie, en se retirant dans
ses états, rappela au roi de Prusse les sermens
prononcés sur le tombeau du grand Frédéric,
et l'engagea à recommencer une nouvelle cam-
pagne. Mais le ministre d'Haugwitz, profitant
de l'empressement que montrait l'empereur
Napoléon de terminer la guerre, détacha la
Prusse de l'alliance des puissances coalisées,
pour la faire entrer dans celle de la France.
Le prix de cette défection était la cession de
l'électorat de Hanovre, en échange d'autres
territoires moins considérables que la Prusse
cédait à la France et aux états confédérés du
Rhin.
M. de Haugwitz, voulant servir sa cour, la
mit dans un extrême embarras ; car, pendant
qu'il tranchait ainsi lo nœud de la difficulté,
— s —
le cabinet de Berlin resserrait ses liens avec
ceux de Pétersbourg et de Saint-James ; il
acceptait les soldats de la Russie et l'or de
l'Angleterre.

Cependant la Prusse,. toujours- incertaine
dans sa politique, séduite par le désir de s'a-
grandir et par les avantages qui revenaient
à son commerce de la navigation de l'Elbe et
du port de Hambourg, songea sérieusement à
l'électorat de Hanovre et aux autres états al-
lemands du roi d'Angleterre; mais elle ne vit
pas le piège. De tout l'électorat, la seule place
de Hamel était restée au pouvoir des Français.
La Prusse n'avait donc qu'une possession il-
lusoire, tandis que Napoléon frappait un grand
çoup, en semant la discorde entre la Prusse
et l'Angleterre. Pour ménager cette puissance,
le comte de Hardemberg, ministre dirigeant,
assurait que la Prusse considérait le-Hanovre
comme confié à son administration, jusqu'à
la paix générale.
Cette clause, rapportée à Paris, y fut rejetée
avec hauteur. L'empereur savait les intrigues
du cabinet de Berlin ; il exigea une prompte
déclaration et l'échange sans retard des pays
— 9 —
stipulés. La Prusse se souiïik, et le traité de'
Vienne (15 décembre 1805) fut ratifié à Berlin
le 24 février 1806.
Après cette ratification, et l'occupation du
HanoTrepar les troupes prussiennes, la gUerre-
parut déclarée entre la Prusse et l'Angleterre.
Cependant l'ambassadeur prussien continua
de résider à Londres, et l'on vit que les deux
cours n'étaient pas disposées à rompre en-
tièrement.
Le traité de la confédération (12 juillet 1806)
fut mal accueilli par la Prusse. L'humeur
qu'elle en ressentit fut apaisée, pour le mo-
ment, par l'espoir qu'on lui permettrait de
former une confédération des états du nord
de l'Allemagne, qui seraient sous sa pro-
tection, comme ceux du Rhin étaient sous
celle de la France. Mais quand l'Autriche eut
abdiqué son titre d'empereur d'Allemagne, la
Prusse rencontra dans l'exécution du projet
qui l'avait flattée, des obstacles qu'elle n'avait
pas prévus. Elle voulait que les villes anséa-
tiques fussent comprises dans sa confédéra-
tion ; l'empereur les prit sous sa protection ;
il improuva aussi l'accession de la Saxe à la
— 10 —
confédération prussienne. L'électeur de Hesse
était également dissuadé de s'y joindre.
Cette opposition refroidit les relations de la
Prusse avec la France. Bientôt on sut à Berlin
que la possession du Hanovre n'était rien moins
que certaine, et que le gouvernement français
ne fesait aucune difficulté de mettre la restitu-
tion de cette province, comme base de la né-
gociation pour la paix avec l'Angleterre,
Trompée dans ses espérances, humiliée par
la confédération du Rhin, traversée dans tous
ses desseins par la formation d'une confédé-
ration du Nord, la Prusse était tellement dé-
chue, qu'elle ne vit que la voie des armes pour
se réhabilitèr.
————— .- ————
A Campagne de Prusse est la plus
courte et la plus décisive de toutes
celles qui ont démontré que l'em-
pereur Napoléon estleplus savant
homme de guerre que l'histoire présente. On
peut diyiser en trois parties les opérations
qui s'y rattachent.
La première comprend les marches straté-
giques des différens corps d'armée, pour se
rapprocher de l'ennemi, du 3 au 8 octobre.
-12 —
La seconde comprend les hostilités qui com-
- mencent à Saalbourg le 8, et le 14 en deux
batailles, l'armée prussienne est .battue et
dispersée.
La troisième présente les marches des corps
d'armée que l'empereur dirige entre l'Elbe et
l'Oder, pour détruire toutes les colonnes échap-
pées aux désastres du 14. Elles commencent
le 15 octobre, et se terminent à Ratkau le 8
novembre.
La Prusse avait sous les armes 180,000 com-
battans, y compris 20,000 Saxons. Elle avait
de plus, en milices et corps non mobilisés,
60,000 hommes : en tout 240,000.
,
L'armée fut divisée en trois corps. L'aile
droite, général Ruchel, 40,000. hommes. Le
centre ou grande armée, de 70,000 hommes,
était commandé par le roi et le duc de Bruns- -
wick, son lieutenant. Le corps de gauche,
armée de Silésie, fort de 55y000 hommes, y
compris les Saxons, était jcoirfmandé par le
prince de Hohenlohe, ayant sous lui le prince
Louis.
Le général Blucher commandait en outré
15,000 hommes en IVestphalie.
m
.,bc. *
ANS les premiers jours de septem^
bre , les relations diplomatiques
découvrirent à l'empereur une qua-
trième coalition.
L'occupation des bouches du Cattaro par les
Russes, contrairement au traité de presbourg,
lui avait fourni un prétexte pour prolonger
celle de l'Allemagne méridionale. Le maréchal
Soult, formant l'arrière-garde de l'armée, avait
l'ordre d'occuper Braunau et le pays com pris
— 14 —
entre Landshut et Passau, jusqu'à ce que tous
les articles du traité eussent été fidèlement
exécutés de la part de l'Autriche. Les autres
corps d'armée furent aussi cantonnés en Ba-
vière et en Souabe, de manière à pouvoir bor-
der l'Inn en quelques marches.
La prise de possession d'Anspach fut un
motif pour porter plus au nord le corps du
maréchal Bernadotte. Les commandans des
autres corps d'armée reçurent également des
ordres pour l'occupation des villes et des ter-
ritoires dont la souveraineté passait aux mem-
bres de la confédération du Rhin, ce qui les
rapprochait de la Saxe. Ces mouvemens eurent
lieu vers la fin de septembre. A cette époque,
les différens corps restèrent immobiles der-
rière le premier qui, d'Anspach et Nuremberg,
s'étendait jusqu'à Kônigshofifen et observait
les Prussiens,
( Voir la carte des premières hostilités. ) Le 3
octobre, ils se mirent en marche vers la Saxe.
Après quelques mouvemens de concentration,
l'armée était partagée en deux masses dirigées,
l'une de Wurtzbourg sur Gotha, l'autre de
Bamberg sur Leipsick..
— 15 —
Le 6 octobre, elle débouchait sur trois co-
lonnes. La droite (4." et 6.e corps) marchait de
Bayreuth sur Hoff; le centre (1.er et 3.8 corps,
réserve de cavalerie et garde impériale), de
Cronach sur Lobenstein; la gauche (.e et.7.e
corps), dè Schweinfurt sur Groefenthal.
L'empereur manœuvrait par sa droite, pour
déborder la gauche de l'ennemi.
L'armée prussienne avait pour base le cours
de l'Elbe. Dresde, Torgau, Wittemberg et
Magdebourg étaient ses points d'appui.
Les trois corps occupaient par leurs avant-
gardes une ligne de quarante lieues, de Mül-
hausen à Hoff. A la fin de septembre, ils étaient
prêts à déboucher, celui de gauche par Bay-
reuth, le centre par Erfurt, celui de droite
par la vallée de Fulde.
Le 27 septembre, l'armée de Silésie quitte
le haut Elbe et se porte sur Bayreuth. Ce mou-
vement à peine commencé, fut changé par de
nouvelles dispositions arrêtées au quartier-
général. L'armée deSilésie devait marcher sur
plusieurs colonnes, pour se trouver le 5 oc-
— 16 -
tobre entre Spalfeld et Iéna. L'armée entière
devait être le 10 entre Ohrdruf et Saalfeld, pour
passer ensuite la forêt de Thuringe, et appuyer
sa gauche à Hildburghausen.
Ce plan de campagne était celui que l'empe-
reur Napoléon eût dicté à son ennemi. Les
Prussiens livraient leur flanc gauche, et lais-
saient découvertes les routes de Leipsick,
Dresde et Nauembourg, leurs principaux ma-
gasins. Ils abandonnaient les meilleures posi-
tions , leurs points de retraite les plus sûrs,
pour s'engager dans les défilés de la Thuringe,
par de mauvais chemins et dans une mauvaise
saison.
Le changement de direction du corps de
-gauche s'exécuta difficilement ; ses colonnes
-se croisèrent avec celles du centre; il y eut
désordre pour les approvisionnemens et les
cantonnemens : ce fut une atteinte à la disci-
pline et à la confiance, circonstance grave au
début d'une campagne.
Le 5 octobre, un grand conseil s'assembla
à Erfurt, pour discuter le dernier plam d'opé-
rations qui avait des contradicteurs. Plusieurs
généraux regardaient comme dangereux ce
— 17 —
a
grand mouvement de conversion en présence
de l'ennemi ; le prince de Hohenlohe démontra
le vice de traverser la forêt de Thuringe. Le
résultat de ce conseil fut une reconnaissance
dont on chargea le capitaine Miïefling, et l'ar-
mée continua son mouvement.
Le capitaine Müefling poussa jusqu'à Neu-
stadt sur la Saale de Franconie, découvrit le
mouvement de concentration sur Bamberg, et
l'attaque dirigée contre la gauche en Saxe. Il
proposa d'attaquer avec quinze escadrons et
de l'artillerie les troupes françaises qui mar-
chaient de l'autre côté du Mayn, pour donner
aux Prussiens le temps de faire de nouvelles
dispositions. En conséquence de cette propo-
sition, le duc de Weimar passa le 9 la forêt
de Thuringe, avec ordre de faire attaquer l'en-
nemi par sa cavalerie légère.
Le plan de l'empereur dévoilé, le duc de
Brunswick, qui jusque-là s'était persuadé que
l'armée française se formait derrière la Saale
de Franconie pour y attendre l'ennemi, fut
forcé de se rendre aux avis qu'il avait rejetés.
Il fallut renoncer à l'offensive par la forêt de
Thuringe, et rassembler les corps d'armée :
— 18 -
Le principal à Erfurt;
Celui du général Ruchel près de Gotha ;
Celui du prince de Hohenlohe près de Hoch-
dorf.
La réserve du duc Eugène de Wurtemberg,
en marche sur Magdebourg fut dirigée sur
Halle.
Le maréchal Bernadotte et le prince Murât,
avec une brigade de cavalerie légère, attaquè-
rent, le 8, le défilé de Saalbourg. Il était oc-
cupé par deux bataillons et deux escadrons,
dépendant du général Tauenzien, qui avait pris
position à Schleitz, deux lieues plus en ar-
rière.
Cette première avant-garde, voyant que la
cavalerie légère manœuvrait pour passer la
Saale et la couper, se retira à Schleitz. Le gé-
néral Tauenzien se porta en avant pour la sou-
tenir (il avait dix bataillons et huit escadrons).
Mais ses flancs étant menacés par les mouve-
mens de la cavalerie, il profita de la nuit pour
se retirer sur Schleitz.
Le lendemain 9, ses postes avancés furent
attaqués et repousses ; Informé que les Fran-
- 19 -
çais avaient passé la Saale, et qu'il allait être
débordé, il se mit en retraite sur Auma, lais-
sant en arrière-garde le général Bila, avec deux
bataillons et cinq escadrons.
Le général Maison attaqua et emporta si
vivement la ville et le pont de Schléitz, que le
général Bila ne put se maintenir dans sa posi-
.tion. En même temps le prince Murât débou-
chait sur le flanc droit de l'ennemi. Le général
Tauenzien fit des dispositions pour résister; >
après une mêlée de cavalerie et d'infanterie,
il se retira en désordre sur Auma, et s'y rallia
à la faveur de la nuit. Il en profita pour joindre
à Mittel-Pôlnitz1 le corps saxon.
Ce combat fut le premier de la campagne.
Deux jours après, l'armée française était réu-
nie entre la Saale et l'Elster, presque sur les
derrières des Saxo-Prussiens, dans les positions
que ceux-ci auraient dû prendre pour s'oppo-
ser à l'invasion de la Saxe, et couvrir leurs
points de retraite sur l'Elbe.
Le 10 octobre, le général Tauenzien se reti-
1 Près Triplis.
— 20 —
rait de Hoff, devant le i.* corps formant la tête
de la colonne de droite ; le 6. corps le suivait à
une demi-marche. L'armée française pouvait
dès lors suivre la Saale, ou s'étendre vers lIme-
nau. , -
Le même jour, le maréchal Ney (colonne de
gauche) arrivait à Saalfeld, pour y passer la
Saale, et sé réunir à la colonne du centre. A
sept heures du matin, le prince Louis, com-
mandant l'avant-garde du prince deHohenlohe.
fit marcher sur Saalfeld, occupé par sa pre-
hiière avant-garde. Les éclaireurs prussiens
en étaient déjà repoussés. Après une longue et
opiniâtre résistance, le prince Louis voulut se
retirer; mais enveloppé, et combattant brave-
ment, il fut tué par le maréchal-des-logis
Guindet, du 9." régiment de hussards1. Les
troupes de sa droite se jetèrent dans la Schwar-
za, celles de sa gauche dans la Saale ; la nuit
permit à quelques bataillons de se retirer sur
Orlamunde. Les Prussiens perdirent à Saalfeld,
contre la seule division du général Suchet,
1 Le prince Louis était fils du prince Ferdinand , dernier
frcrc du grand Frédéric.
- %i —
1,200 tués, 1,800 prisonniers, 4 drapeaux, 3S
pièces de canon avec leurs caissons attelés.
L'empereur marchant avec la colonne du
centre sur Leipsick, concentrait toutes ses
forces dans cette direction. Voulant couper
l'armée prussienne de la ligne de l'Elbe, il se
tenait en mesure de se déployer, si l'ennemi
présentait la bataille entre la Saale et l'Elster,
ou de l'attaquer par son flanc gauche et se&
derrières, s'il n'avait pas repassé la Saale.
Le 12, il apprit que les principales forces
prussiennes étaient toujours du côté dErfurt.
Le 13, il reçut le rapport du maréchal Lannes
qui f- marchant sur Iéna, avait rencontré le 12
au soir l'avant-garde du général Tauenzien,
et l'avait repoussée. Le 13, à la pointe du jour,
malgré le brouillard épais et les défilés, il
avait suivi l'ennemi, et repoussant ses tirail-
leurs, il s'était emparé du Landgrafen-Berg â,
d'où il avait reconnu l'armééprussienne rangée
sur trois lignes. A l'heure même, l'empereur
fit expédier ses ordres aux différens corps
d'armée. Depuis la veille, les trois colonnes
J
i.. Moulagtie qui domine Iéna.
- 23 —
Cependant le prince de Hohenlohe ne conçut
aucune inquiétude; il comptait même laisser
reposer ses troupes le lendemain, 14.
Ce jour même, à six heures du matin, l'at-
taque commença sur les villages de Kloswitz
et Kospoda. Le brouillard était des plus épais,
et jusqu'à huit heures on se fusillait sans
s'apercevoir. A neuf heures, il fit grand jour;
alors l'attaque devint plus sûre. Le maréchal
Soult tenait la droite, le maréchal Augereau
la gauche, le maréchal Lannes au centre ; der-
rière lui, la garde et la réserve de cavalerie.
A midi, le maréchal Ney entra en ligne, et
attaqua vigoureusement lecentredes Prussiens
à Wirtzen-Heiligen. C'est là qu'on se battit
avec le plus d'acharnement. A deux heures, la
ligne française, ayant gagné du terrain en
avant, s'était déployée; à quatre heures, l'en-
nemi était chassé de toutes ses positions. Alors
arriva le corps du général Ruchel (26 bataillons
et 20 escadrons), venant de Weimar. Ce corps,
attaqué de front et sur ses flancs, disparut en
moins d'une heure, sans avoir eu la moindre
influence sur la bataille. Tout fuit sur Weimar.
L'empereur fit poursuivre sur cette route, pour
couper à l'ennemi sa retraite sur l'Elbe.
— 22 —
étaient sous main : le centre et celle de droite
étaient concentrés sur le point de Géra; le 5,.
corps était à léna, et le 7.% formant avec lui
la colonne de gauche, le suivait à une marche.
Le duc de Brunswick, trompé par le mou-
vement de l'empereur Napoléon sur Leipsick,
se hâta de quitter la position de Weimar, pour
se réunir sur le bas Elbe au duc de Wurtem-
berg, et marcher au-devant de l'ennemi.
1
Ainsi le 13 octobre, quand Napoléon diri-
geait toutes ses forces sur le point où il devait
croire l'armée prussienne réunie pour le com-
battre , le roi de Prusse divisait les siennes ?
n'en laissait qu'un tiers en position, et les
portait, par une marche de flanc, en présence
de l'ennemi, à dix lieues du point menacé.
Le prince de Hohenlohe, commandant rar
mée de Silésie, qui restait en position, devait
s'attendre à une bataille. Son avant-garde avait
été dépostée d'Iéna par le maréchal Lannes,
et vivement poursuivie jusqu'à une lieue.
L'empereur, arrivé le même jour à léna, fit à
l'instant ses dispositions, et commencer les
travaux pour s'affermir sur le Landgrafen-Berg.
-24 —
Pendant que le corps de Hohenlohe était
battu à Iéna, l'armée du roi n'était pas plus
heureuse à Auerstaedt.
L'empereur, croyant avoir devant lui toutes
les forces prussiennes, avait donné l'ordre au
maréchal Davoustde se porter de Nauembourg
sur Apolda, pour tomber sur les derrières de
l'ennemi. Le maréchal Bernadotte devait agir
avec lui, si leurs corps d'armée étaient réunis.
Le 13, au soir, une reconnaissance du 3.0
corps rencontra, entre Kœsen et Gernstedt,
celle d'une division prussienne. Le maréchal,
qui suivait de près, lit aussitôt occuper par
deux bataillons le défilé de Kœsén; passage
important, où l'ennemi aurait dû se porter en
toute hâte.
Le lendemain, à six heures du matin, on se
mit en mouvement des deux côtés. Le maré-
chal Bernadotte ne s'était pas j oint au maréchal
Davoust ; il l'avait quitté au moment de l'at-
taque, malgré de nouvelles instructions de
l'empereur, pour se porter sur Dornebourg,
où l'appelaient des ordres antérieurs.
La division Gudin, tête de colonne, arrêta
— 25 -
l'ennemi au village deHassenhausèn. Jusqujt
huit heures, elle tint en échec des forces Su-
périeures aux siennes ; elle avait repoussé les
charges d'une nombreuse cavalerie, et le 25. e
léger s'était emparé de deux. batteries.
- »'
Vers huit heures, la division Friant arrivait
sur le plateau ; la gauche des. Prussiens fut
alors débordée. Mais à notre gauche, le 85. e
régiment résistait seul aux deux brigades de
la division Wartens^eben; le 12.® de ligne vint
à son secours.
Les charges 4e cavalerie et toutes les tenta-
tives pour tourner la droite française n'ayant
pas réussi, le duc de Brunswick dirigea son
principal effort contre la gauche ; c'était encore
la partie la plus faible. S'il la débordait et
l'enveloppait avec des forces supérieures, il
coupait les Français de la Saale et de la route
de Kœsen ; en même temps, il disposait une
attaque générale surle front. Dans ce moment,
il fut blessé mortellement, ainsi que le général
Schmettau.
La division Gudin allait en- fin succomber,
quand arriva celle du général Morand qui ap-
— 26 -
puya à sa gauche. Le maréchal se mit à la tête
de cette nouvelle division ; alors commença un
nouveau combat. Infanterie, cavalerie, tout
fut repoussé ; le prince Guillaume y fut blessé.
La retraite de la cavalerie laissant l'infanterie
exposée au feu de l'artillerie, la droite prus-
sienne prit position plus en arrière. Le centre
avait fait le même mouvement.
L'objet du maréchal Davoust était de rejeter
l'ennemi vers la Saale, afin que ce qui lui en
échapperait, ne pût échapper à l'empereur.
La droite française fesant de grands progrès,
il importait de faire avancer et affermir la
gauche, pour que le centre pût agir librement.
Pour en venir là, et déborder la droite de la
seconde position des Prussiens, où leurs ré-
serves étaient entières et bien postées, il fallait
occuper les hauteurs de Rehausen et de Son-
nendorf.
Les généraux prussiens virent le danger qui
les menaçait, si les Français s'en rendaient
maîtres. Le roi de Prusse y vint en personne
avec des troupes fraîches , et les Français
n'ayant là que de l'infanterie, il voulut décider
— 27 —
.le mouvement par une attaque de cavalerie.
Le maréchal Davoust lui fit aussitôt opposer
le général Morand, avec l'artillerie à pied de
sa division. Ce général repoussa l'ennemi, le
foudroya, et couronna les hauteurs. A l'aile
droite, le général Friant marchait avec le même
succès. Le maréchal fit alors avancer la divi-
sion Gudin à la hauteur des autres.
Les Prussiens se retiraient en désordre avec
perte de moitié, et leur artillerie presque en-
tièrement abandonnée.
Le général Kalkreuth se porta en avant avec
deux divisions de réserve. Toute la cavalerie,,
ralliée sous les ordres du général Blucher, fut
placée en seconde ligne ; l'artillerie en avant
du front. Ce corps était encore respectable.
Le général Kalkreuth tint ferme quelques
instans dans cette position; mais foudroyé de
droite et de gauche par l'artillerie des géné-
raux Morand et Friant, il se retira en arrière
de Gernstedt, et ne put s'y maintenir. Attaqués
dans toutes leurs positions, forcés, culbutés,
les Prussiens durent se retirer en désordre,
avec perte d'hommes et de beaucoup d'artille-
— 28 —
rie. Les régimens des gardes firent leur re-
traite en bon ordre, en carrés ouverts ; ils fu-
rent vivement pressés par la gauche de la
division Morand. Ce combat d'arrière-garde
fut le dernier de la journée; le feu cessa vers
çinq heures du soir.
Ainsi, après onze heures de combat acharné,
le maréchal Davoust remporta, avec trois di-
visions d'infanterie et trois régimens de chas-
seurs à cheval (27,000 combattans), une vic-
toire complète sur 54,000 hommes d'infanterie,
12,000 de cavalerie, et une artillerie trois fois
plus nombreuse que la sienne.
Le général Vialannes, avec le reste de sa ca-
valerie, poursuivit les Prussiens en les rejetant
sur Apolda, leur prit des hommes et du cauon,
et bivouaqua, pêle-mêle avec eux, à Butter
stedt, où il n'arriva qu'à dix heures du soir.
Cette journée coûta au 3. e corps 270 officiers
£ t7,000 sous-officiers et soldats tués ou blessés.
De ce nombre, la division Gudin eut 134 offi-
ciers ,et 3,500 sous-officiers et soldats mis hors
de combat.
Dans les deux batailles du 14, le roi de
— 29 —
Prusse avait perdu 60 drapeâtix, 300 pièces de
canon. Le tiers de son armée était tué, blessé
ou pris ; 30 généraux tués, blessés ou pris. Le
duc de Brunswick, le maréchal Mcellendôrff
et le général Schmettau moururent de leurs
blessures. Les Français perdirent 11,000 tués
ou blessés ; le seul général dé Billy fut tué, et
cinq autres blessés.
Dans la nuit qui suivit ces deux batailles,
l'empereur fit expédier ses ordres aux diffé-
rents corps d'armée, pour faire suivre l'enne-
mi sur toutes les directions qu'il pouvait avoir
prises, et le couper de l'Elbe. Erfurt se rendit
le 16 au duc de Berg.
Le 17, le 1 .er corps atteignit à Halle la réserve
du duc de Wurtemberg qui, n'ayant pu joindre
l'armée du roi avant la bataille du 14, ma-
nœuvrait pour passer l'Elbe. Ce prince voulut
mal à propos défendre Halle, où il perdit 2,500
tués ou blessés, 5,000 prisonniers, 4 drapeaux
èt 32 pièces de canpn. Il avait 12,000 hommes
d'infanterie et 2,000 chevaux. Avec ce qui lui
restait, il se retira sur Dessau où il passa l'Elbe.
Le 19, il se réunit, sur la rive gauche, au
corps du général Blucher. Celui-ci s'était fait
, — 30 —
jour avec un corps de cavalerie, en abusant de
la loyauté du général Klein, et lui assurant sur
l'honneur qu'un armistice était signé. Un
mensonge aussi honteux avait été avancé par
le général Kalkreuth au maréchal Soult, qui
ne fut point sa dupe, et le força à combattre
pour se retirer. Le maréchal Soult atteignit
encore cette colonne à Nordhausen, où elle
éprouva de nouvelles pertes. Pour échapper
à la poursuite du maréchal, le général Kal-
kreuth laissa disperser sa colonne sur les deux
roules qui conduisent à Magdebourg. Le maré-
chal partagea aussi la sienne et continua sa
poursuite; il réunit son corps d'armée le 21,
et investit la place de Magdebourg, sur la
rive gauche de l'Elbe.
Le 20, les 3.6, 5. e et 7. e corps passaient l'Elbe
aux ponts de Wittemberg et Dessau, où l'em-
pereur avec sa garde arrivait le lendemain.
L'ennemi n'avait pas eu le temps de se rallier
et de s'établir sur la rive droite. La capitale du
royaume était à découvert et ne pouvait être
défendue. La grandeforteressede Magdebourg,
où s'étaient réfugiés tous les débris échappés
à la vive poursuite des colonnes françaises',
— 31 —
restait isolée, inutile, et devait tomber au
pouvoir du vainqueur, d'autant plus prompte-
ment que l'encombrement et la confusion qui
y régnaient, ne pouvaient que nuire à sa de"
fense.
A Dessau, l'empereur donna de nouveaux
ordres à ses corps d'armée. Ils avaient pour
but de couper les colonnes prussiennes de leur
retraite, naturellement indiquée sur l'Oder,
entre Custrin et Stettin. Les deux principales
étaient celle du général Blucher et celle du
duc de Weimar, qui ne pouvaient plus passer
l'Elbe, pour se réunir au prince de Hohenloher
sur les bords de l'Oder, qu'en faisant un très-
grand détour.
Le 23 octobre, le maréchal Soult, bloquant
Magdebourg conj ointement avec le 6. c corps,
fut informé de l'approche du duc de Weimar.
Il se mit en mouvement pour le couper de
Tangermunde. Cependant le duc de Weimar
manœuvra si habilement, qu'il parvint, mal-
gré la marche rapide du maréchal, à effectuer
son passage à Sandow, dans la nuit du 25 au
26. Aussitôt après, il remit le commandement
au général Winning, ayant reçu l'ordre du roi
— 32 —
de se retirer dans ses états. Le général Blucher,
qui était d'une marche en avant, avait passé
l'Elbe avec 600 chevaux et 40 pièces d'artil-
lerie qu'it avait - ralliées.
Le 25 octobre, le 3.e corps entra dans Berlin.
- L'empereur avait ordonné qu'il y précéderait
les autres corps, en récompense de la brillante
journée d'Auerstoedt. Lui-même il y arriva le
27. Il s'était affermi .sur la ligne de l'Elbe de-
puis Magdebourg jusqu'à Dresde, où le prince
Jérôme s'était porté avec les Bavarois. Wittem-
berg était mis en état respectable; c'était le
principal point sur l'Elbe, en attendant la red-
dition de Magdebourg.
Le prince de Hohenlohe était arrivé le 20 à
Magdebourg. Apprenant que les 3è et 5*e çorps
français avaient passé l'Elbe à Wittembérg
et à Dessau, il abandonna Magdebourg pour
se porter sur le bas Oder. Le 21, ayant laissé
au général Kleist, pour la défense de la ville,
27 bataillons et 500 chevaux, il emmena 120
escadrons, 16,000 hommes d'infanterie et 80
bouches à feu. 11 se dirigea sur quatre colonnes
vers Stettin, espérant porter de l'autre côté de
l'Oder 10,000 chevaux, 40,000 hommes d'in-
— 33 —
3
fanterie et plus de 100 pièces de canon. (Le
corps du duc de Weimar, commandé par le
général Winning, n'ayant passé l'Elbe que le
26, ne put le joindre1.)
L'empereur ayant deviné les mouvemens
du prince de Hohenlohe, fit marcher le duc
de Berg et le maréchal Lannes pour le couper
sur sa droite, le maréchal Bernadotte pour
suivre son arrière-garde, et le maréchal Soult
pour joindre le général Winning.
Le grand-duc de Berg atteignit à Zechdenich
le corps du général Schimmelpfenning, qui
flanquait la droite de Hohenlohe, lui tua 300
hommes, et lui en prit 700. Ce combat força
le prince de Hohenlohe à se jeter à gauche. Le
grand-duc l'atteignit à Prenzlow. Les forces
qui lui étaient opposées, le manque de vivres
et l'épuisement de ses soldats qui marchaient
1 On se rappelle que le duc de Weimar avait été détaché le
9 octobre, avec ordre de passer la forêt de Thuringe , et d'at-
taquer l'armée française, pour retarder sa marche et donner
le temps au duc de Brunswick de faire de nouvelles disposi-
tions. Il fut rappelé le 10 , et ne reçut que le 14. les nouveHes
instructions qui lui prescrivaient de se porter sur Weimar.
— 34 —
depuis trente-deux heures, ne lui laissant au*
cun espoir de salut, le prince capitula. 16*000
hommes d'infanterie', 6 régimensde cavalerie,
45 drapeaux et 64 pièces d'artillerie attelées
tombèrent au pouvoir des Français.
A Passewalck, le brigadier de Hagel se rendit
au général Milhaud avec 4 régimens d'infan-
terie, 6 de cavalerie et 8 pièces. Le 30 octobre,
Stettin se rendit au général Lasalle.
Le grand-duc manœuvra alors pour couper
de Stralsund le corps du général Blucher et
celui du général Winning, pressés par le 1. er
et le 4/ corps. Le général Becker atteignit à
Anklan le général Bila et le fit capituler. 4,000
prisonniers lui restèrent.
Le général Blucher, qui n'avait pu rejoindre
le prince de Hohenlohe, s'éleva au nord du
Mecklembourg, afin de se diriger sur Lauen-
bourg et repasser l'Elbe, pour se jeter sur les
derrières des Français. Le 30, il rencontra vers
Spech la cavalerie du général Winning ; il en
prit le commandement, et eut alors sous lui
25,000 hommes. Le général Winning était
suivi de près par le 1. er et le 4. e corps.
- as-,
Le général Blucher fut atteint le 1. er novem-
bre à Nossentin par le prince de Ponte-Corvo,
qui lui prit 1,000 hommes, et fit le lendemain
sa jonction avec le maréchal Soult. Le 3, on
atteignit encore l'ennemi au défilé de Faehre ;
il y perdit 700 prisonniers et 7 pièces. Le gé-
néral Blucher renonça alors à passer l'Elbe.
Pressé de toutes parts, il se retira sur Lubeck,
où il arriva le 5 novembre au soir1. Il y fit
promptement ses dispositions de défense, gar-
nissant quelques restes de fortifications de sa
nômbreusé artillerie. Le lendemain matin il
fut attaqué, et les retranchemens furent em-
portés, malgré la résistance la plus opiniâtre.
On se battit dans les rués ; le soir, les Prussiens
évacuèrent la ville. Des 22 bataillons qui y
étaient entrés, il n'en sortit que 3 ou 4,000
hommes. Le général Blucher les laissa à peu
de distance, pour aller joindre sa cavalerie à
Ratkau. Là, il fut forcé de capituler ; tout son
corps demeura prisonnier. Dautrès colonnes
prussiennes moins considérables, errant pour
se rallier au corps principal, se rendirent aux
généraux Drouët et Sàvary.
1 Le grand-duc de Berg avait rejoint la veille à Schweriri
les i." et 4.* corps.
— 36 —
21 bataillons, 23 escadrons, 65 bouches à
feu avaient été pris ou détruits le 6 à Lubeck
et aux environs ; 10 bataillons, 53 escadrons,
39 bouches à feu se rendirent à Ratkau. En
tout, 31 bataillons, 76 escadrons, 104 bouches
à feu et 63 drapeaux; 21,200 hommes de toutes
armes, dont 14 généraux et 800 officiers.
Le 11 novembre, Magdebourg se rendit au
maréchal Ney ; il y prit 22,000 hommes , dont
20 généraux et 800 officiers, 800 pièces de ca-
non , un million de poudre, un grand équi-
page de pont.
Hameln et Niewbourg se rendirent peu après
au général Savary. La place de Custrin, qui
eût été imprenable si elle eût été bien gardée,
s'était rendue le 1. er novembre au général Pe-
tit, qui n'avait qu'un régiment d'infanterie.
C'est la plus honteuse capitulation qui soit
mentionnée dans l'histoire.
Ici finit la campagne de Prusse, et pourtant
il reste à parler des sièges des places fortes
sur l'Oder, qui en font partie, parce qu'elles
n'étaient défendues cfue par des troupes prus-
siennes.
- 37 -
Les opérations du siège de Glogau, du 15
movembre au 2 décembre, et les marches de
l'armée pour se porter des rives 4e l'Elbe et
de l'Oder à celles de laVistule, remplissent l'in-
tervalle de Tingt - cinq jours qui se trouve
entre les deux campagnes de 1806 et 1807.
Les autres places de la Silésie qui ne se
sont rendues qu'après une honorable résis-
tance, sont: Breslaw, Brieg, Neiss qui soutint
un siège de trois mois, Schweidnitz, Rôsel,
Glatz. La reddition de ces places était surtout
avantageuse, parce qu'on y trouvait le maté-
riel nécessaire au siège de Dantzick et à l'ar-
mement des têtes de pont sur la Vistule.
Le siège de Dantzick est surtout mémôrable.
Les premières hostilités qui s'y rattachent
eurent lieu le 15 février, au combat deDir-
schau, pour approcher de la place ; on n'en
fut maître que le 27 mai.
—-� .-
m
]6.
1.2!
ENDANT que le l. er. le 4. e corps et
la réserve de cavalerie poursui-
vaient entre l'Elbe et l'Oder les dé-
bris de l'armée prussienne échap-
pés aux désastres du 14 octobre, l'empereur
commençait son mouvement vers la Vistule.
Le 10 novembre, le maréchal Lannes était à
Schneidemuhl, marchant sur Bromberg ; le
maréchal Augereau à Driessen ; le maréchal
Davoust à Posen.
— 39 -
A la fin de novembre, le maréchal Mortier
prit possession du duché de Mecklembourg au
nom de l'empereur. Il laissa des garnisons
dans les places et organisa son corps d'ar-* *
mée, le 8.% destiné à couvrir les communia
cations entre le Rhin et l'Oder, pendant que
les 1.er, 3.e, 4.e, 5.% 6.% 7.e, la garde, les gre-
nadiers d'Oudinot et la réserve de cavalerie
marcheraient sur lavistule,-et que le g.e@ prince
Jérôme, pénétrerait en Silésie pour faire le
siège de Glogau, Breslaw, etc.
L'empereur, pendant son séjour à Berlur
(du 27 octobre au 25 novembre), s'occupait de
l'administration des pays conquis, et des dis-
positions à prendre pour s'établir sur la Vis-
tule. De Berlin, 21 novembre, est daté le décret
de blocus contre les Iles-Britanniques. De Ber-
lin partirent, avec la députation du sénat,
qui était venue complimenter l'empereur, 340
grenadiers de la garde, portant 340 drapeaux
ou étendards pris aux Prussiens. L'épée, l'é-
charpe, le hausse-col et le cordon du grand
Frédéric, furent aussi remis aux sénateurs,
pour être gardés à l'hôtel des Invalides.
[Vair la. carte entre Oder et Niémen.) De Berlin,

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