Anatomie de la pustule de la variole et de la vésicule de la varicelle / par le Dr V. Cornil,...

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impr. de E. Martinet (Paris). 1866. 10 p. : fig. ; in-8.
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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Nous nous proposons d'exposer dans celte note l'anatomie de la
pustule variolique, examinée principalement au point de'vuehis-
tologique, c'est-à-dire en étudiant son siège précis, relativement
à la structure de la peau, sa texture, les éléments qui la consti-
tuent, les rapports de ces éléments avec ceux de l'épiderme et du
derme, leur mode de naissance et d'évolution. Quelle que soit l'im-
portance de cette étude histologique, relativement à la connais-
sance du mode d'évolution des productions pathologiques en
général et de celles de la peau en particulier, elle nous a paru
tout à fait inconnue en France, à en juger du moins par ce
qui est consigné dans les monographies et dans les traités les
plus récents. Aussi croyons-nous utile d'en faire ressortir les
principaux traits, esquissés d'après le mémoire, des doc-
teurs Auspitz et Basch (1), et d'après nos observations person-
nelles.
La petite papule acuminée, rouge, par laquelle débute la
pustule variolique, est due à une injection, en un point circon-
scrit, du réseau papillaire du derme. Les vaisseaux des papilles
(1) Auspitz et Basch, Observations sur le processus variolique, in Archiv fur
path. Ânat. und Physiol.\on Virchow, 1863, t. XXVIII, p. 337.
2 V. CORNIL. — ANATOMIE DE LA PUSTULE DE LA VARIOLE
sont distendus et dilatés par le sang, laissent transsuder à travers
leurs parois une plus grande quantité de liquide, et les cellules
de la couche de Malpighi sus-jacentes augmentent de volume; de
là résulte la saillie de la papule.
Lorsque la vésicule est formée, elle est dure, recouverte par
l'épiderme intact, et alors même qu'on a enlevé la couche cornée
de l'épiderme, elle présente encore une densité assez grande et
un feutrage serré. Les cloisons qu'elle présente ont été très-bien
décrites par Simon (1), qui les rapportait à des adhérences entre
la couche superficielle et la couche profonde de l'épiderme, et
par Baerensprung (2), qui les croyait dues à la réunion de plu-
sieurs boutons d'abord séparés. M. Limousin (3), de Bergerac, a
aussi très-bien vu ce tissu aréolaire de la vésicule, mais il ne l'a
étudié qu'à l'oeil nu, comme si l'on pouvait, sans microscope, voir
autre chose que la surface des objets, et tenter, en l'année 1865,
des recherches d'anatomie de texture sans cet instrument. Le
liquide clair, incolore, très-peu abondant, qui s'écoule lorsqu'on
a ouvert et dilacéré la vésicule, contient déjà des leucocytes
en quantité plus ou moins grande et de fines granulations pro-
téiques.
Si l'on examine, après dissection, le corps muqueux de Mal-
pighi, augmenté de volume dans la vésicule, on voit, en outre
des leucocytes libres, des cellules pavimenteuses hypertrophiées,
remplies d'un liquide finement granuleux, se rapprochant de ta
forme sphérique. Quelques-unes de ces cellules possèdent deux
ou trois noyaux ovoïdes pourvus de nucléoles ; nous avons vu
plusieurs fois une segmentation évidente du noyau. D'autres
cellules sont devenues vésiculeuses; leur membrane est distendue
et leur forme sphérique; elles sont transformées en une cavité
à paroi mince, qui contient un liquide dans lequel flottent des
granulations brillantes non modifiées par l'acide acétique. Ce fait
de l'état vésiculeux des cellules du corps muqueux de Malpighi a
été observé par M. le professeur Robin (à) dans la peau du foetus ;
(1) Ilaulkrankheiten. Berlin, 1848.
(2) Baerensprung, Die Ilaulkrankheiten. Erlangen, 1859.
(3) Archives générales de médecine, vol. I, p. 71. — Analomie de la pustule.
(à) Hobin, Journal de physiologie de Brown-Séquard, 1861, t. IV, p. 228.
ET DE LA. VÉSICULE DE LA VARICELLE. 3
M. Ranvier a vu, par un processus analogue, des cellules vésicu-
leuses ou colloïdes dans l'épiderme, au niveau et au voisinage
des tumeurs épithéliales colloïdes de la peau. Cet état vésicu-
leux des cellules peut s'expliquer par l'abondance du liquide qui
transsude à travers les parois des vaisseaux, à l'intérieur des-
quels la pression du sang est accrue.
Dans la cavité nouvelle dont se creusent les cellules vésicu-
leuses, on trouve, soit un liquide avec des granulations brillantes,
soit des leucocytes en nombre variable. La figure h, g, montre
une de ces grandes cellules vésiculeuses et sphériques remplie de
leucocytes. Elles ont élé également figurées par Auspitz et Basch,
et nous en avons rencontré qui atteignaient jusqu'à 0m,09 en
diamètre et ne contenaient pas moins de vingt à trente leu-
cocytes.
Dans les premiers jours de l'évolution de la pustule variolique,
alors qu'elle est encore transparente, il y a donc une formation
endogène bien évidente dans les cellules polyédriques préexis-
tantes. Ces cellules contiennent soit des noyaux ovoïdes, soit des
leucocytes en nombre plus ou moins considérable. La formation
endogène de ces éléments dans les cellules d'épithélium, est
loin d'être un fait isolé dans les modifications physiologiques
et pathologiques du revêtement épithélial de la peau et des mu-
queuses. 31. Robin (1) a vu dans la couche inter-utéro-placentaire
des cellules d'épithélium qui contenaient de six à vingt noyaux;
Virchow (2) a signalé ce fait dans le corps muqueux de Malpighi.
Buhl (3), Remak (h), Eberth (5), etc., ont rapporté des exemples
analogues de production endogène du pus sur diverses muqueuses,
dans la pneumonie, la cystite; Neumann (6) a décrit ce même
processus, sur la peau et les muqueuses, dans la variole. Mais il
ne faut pas oublier que le nombre des globules de pus libres dans
(1) Journal de physiologie de Brown-Séquard, 1858, t. III, p. 71.
(2) Cellular Palhologie. — Zweite Auflage, p. 401.
(3) Archiv fur palh. Anal., 1859, t. XVI, p. 168, et même recueil, 1861,
t. XXI.
(4) Archiv fur palh. Anal., 1860, t. XX, p. 106.
(5) Archiv fur palh. Anal., 1861, t. XXI, \>. 106.
(6) Wochenblalt der Zcilschr. d. gcs. Aorzle, in Wien, 1861. n° 51.

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