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EAN : 9782335050349

©Ligaran 2015Anecdotes littéraires
B o u r d a l o u e
Il parut à Paris avec tant d’éclat que Louis XIV voulut l’entendre. Le Roi en fut si content qu’il
l’envoya à Montpellier ; et la station qu’il y prêcha convertit plus de protestants que les
exécutions de Basville. Le Roi lui dit un jour : « Mon père, vous devez être content de moi,
Madame de Montespan est à Clagny. – Oui, Sire, répondit Bourdaloue, mais Dieu serait plus
satisfait si Clagny était à soixante-dix lieues de Versailles. » Madame de Maintenon voulut le
choisir pour directeur. Il n’y consentit qu’à condition qu’il ne lui donnerait qu’un jour par an.
C’est ainsi qu’il traitait en grand homme une fonction dont tant d’autres ne font qu’un métier. Le
P. d’Arcy, jésuite, disait : « Quand le P. Bourdaloue prêchait à Rouen, les artisans quittaient
leurs boutiques ; les marchands leur commerce, les avocats le Palais, et les médecins leurs
malades ; j’y prêchai l’année d’après, je remis tout dans l’ordre. »
Une dame de la cour, se confessant au P. Bourdaloue, lui demanda s’il y avait bien du mal
d’aller aux spectacles et de lire des romans : « C’est à vous à me le dire, Madame, » lui
répondit le père.M a s s i l l o n
Massillon était né en Provence, et fut un des plus grands ornements de l’Oratoire. Après le
premier Avent qu’il prêcha à Versailles, le Roi lui dit : « Mon père, j’ai entendu plusieurs grands
orateurs dont j’ai été fort content ; mais toutes les fois que vous m’avez prêché, j’ai été fort
mécontent de moi-même. » En 1717, il fut fait évêque de Clermont ; le petit carême qu’il prêcha
devant Louis XV est regardé comme un chef-d’œuvre. Il cessa d’être prédicateur sitôt qu’il fut
successeur des apôtres.L’abbé de Saint-Pierre
L’abbé de Saint-Pierre, d’une famille noble de Normandie, se distingua par la singularité de
ses écrits et de sa conduite. Le cardinal Du Bois, en parlant de ses ouvrages, disait que
c’étaient les rêves d’un homme de bien (son Éminence ne devait pas être sujette à en faire de
semblables). L’abbé de Saint-Pierre était grand partisan de la populace ; entouré de cent petits
laquais, c’était un père de famille. Il poussa ses vues de citoyen jusqu’à composer un chapitre
pour traiter des moyens dont on pourrait se servir pour rendre un duc utile à l’État.