Appel aux vrais principes, ou Voeux ou craintes d'un bon Français, présentés à MM. les pairs et à MM. les députés des départements, par M. le Cte de Chabrières,...

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impr. de Dubié (Marseille). 1819. In-8° , 28 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1819
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AUX VRAIS PRINCIPES,
ou
VOEUX ET CRAINTES
D'UN BON FRANÇAIS,
Présentés à MESSIEURS les PAIKS et à
MM. les DÉPUTÉS des Départemens.
PAR M. le Comte DE CHABRIÈRES ,
Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire
de Saint - Louis , et de Saint - Jean de
Jérusalem.
A MARSEILLE,
De l'Imprimerie de D U BI E , rue de la
Loge , n.° 15 , près l'Hôtel-de-Ville.
21 Janvier 1819.
A MESSIEURS les PAIRS et MM.
les DÉPUTÉS des Departemens.
MESSIEURS ,
C.
E n'est point sur de faibles intérêts que
j'ai à fixer vos regards; un plus grand ,
un plus noble but dirige mes pensées , en-
flâwe mou zèle; c'est le bien de mon pays
que je cherche ; c'est son salut que j'in ¬
voque.
Catholique , nous vénérons la religion de
nos pères.
Royaliste, nous aimons le Roi , et ché-
rissons la Monarchie.
Français , l'honneur est notre bien le plus
cher.
C'est sur tous ces titres, attaqués ou-mé ¬
connus aujourd'hui , que j'ose reclamer votre
attention , en fut-il jamais de plus puissans
pour la mériter.
Tous les cultes sont libres en france , le
notre seul est déclaré dominant. Tous les
cultes sont respectés ,le notre seul, dans
( 4)
ses dogmes comme dans ses Ministres, est
l'objet continuel des sarcasmes d'une nuée
d'insectes littéraires qui s'amoncelent sur
notre horison morale pour en intercepter la
clarté. Ah ! sans doute , ils n'insuifent à
notre sainte religion que parce qu'ils mé ¬
connaissent la puissance de son auteur !
Qu'ils nous disent donc par qu'elle étrange
combinaison , si ce n'est par un effet du
doigt de Dieu , toutes les invraisemblances
et contradictions se sont constamment réa ¬
lisées depuis 28 ans.
Qu'ils nous expliquent aussi, comment celui
qui èut assés de talent et de génie pour , de
simple officier d'artillerie, devenir le plus puis ¬
sant potentat de l'Europe, donner des lois
aux nations.étonnées de ses audacieuses entre-
prises jcomprimer, détruire, jusqu'en 1814 »
tous les genres de discorde qui menaçaient
la France d'une dissolution prochaine . a
pu s'aveugler assès pour bazarder d'aussi
grands résultats , sans y être forcé par un
intérêt majeur, en exposant la plus belle
armée du monde, sur laquelle seule repo ¬
sait toute sa puissance, à l'intempérie des
frimats , dans un pays où leurs terribles effets
se reproduisent toujours à des époques in-
(5)
variables, si ce n'est, encore une fois , cette
cause première au - dessus de notre faîblè
intelligence, qui , en couvrant ses- yeux d'un
voile épais , lui déroba l'affreuse catastrophe
qui devait mettre fin à ses brilans exploits ,
à ses nombreuses victoires, en détruisant les
instrumens de sa gloire et de son élévation.
Qu'ils nous fassent connaître les raisons
qui ont pu multiplier à tin point aussi
effrayant le nombre des criminels que la
justice est obligée d'immoler tous les jours
à la surêlé publique; peut - on en donner
d'autres que l'absence de tous les principes
dont notre évangile est la base : et, cepen ¬
dant , insensibles au bien qu'il peut pro ¬
duire , ils veulent repousser ses respectables
organes , en expulsant ces dignes prêtres
qui, bien plus par zèle que par intérêt, se
dévouent à l'éducation de la jeunesse et
s'attachent à graver dans le coeur de leurs
élevés , respect à Dieu, amour au Roi ,
soumission aux lois et à l'auteur de leur
jours , tendresse à leurs parens , égard et
prévenance pour leur concitoyens, oubli des
injures , reconnaissance au bienfait. Voilà
leur morale , voilà leurs principes , mais aussi
voilà leur crime aux yeux des novateurs.
( 6 )
Ceux qui les poursuivent si impitoyable ¬
ment , voudraient- ils nous ramener à ces
tems, d'horrible mémoire , où, dans nos tem ¬
ples profanés , on substitua, à l'adoration sar
crée du Dieu de nos pères , des filles for ¬
cées ou avilies , devant qui la multitude ef-
frayée était contrainte de s'agenouiller pour
éviter la mort. Ne nous représentent - ils
pas, par leur scandaleuses attaques, le spec ¬
tacle hideux du génie du bien aux prises
avec le génie du mal, cherchant à renverser
l'ordre social , pour récréer un nouveau
inonde , où tous les vices occuperaient les
premiers emplois et seraient seul législateur.
Ah ! si dans celte lutte qui s'élève entre
l'athéisme et la foi , le sacerdoce et la phi ¬
losophie , l'enseignement mutuel et les éco ¬
les chrétiennes, les innovateurs venaient à
l'emporter, que deviendrait cette géné ¬
ration naissante, notre plus cher espoir, au
milieu de l'immense vuide que lui laisse ¬
raient le flux et le reflux d'opinions diverses
qui se parlent sans s'entendre, se combat ¬
tent sans se vaincre et ne laissent après
elles que vague et incertitude. Détruisez,
architectes d'un jour, détruisez, si vous le
pouvez-, si cela vous plaît, les débris de notre
(7 )
superbe et antique édifice social , mais au
moins avant de le renverser, soyez d'accords
entre vous pour construire une modeste
chaumière où nous puissions être à l'abri
des tompêtes que vous nous préparez ?
Avant que de porter une main sacrilège
sur l'arche sainte qui renferme les com-
mandemens de celui qui est tout, qui peut
tout et qui est au dessus de tout, dites ,
connaissez-vous notre religion ? Savez-vous
qu'elle est l'espérance du pauvre , la sûreté
du riche et la consolation de tous ; que sans
elle il n'est que chaos et désordres, que les
plus grands législateurs n'ont pu se sous ¬
traire à son pouvoir ? Insensés ! vous vou ¬
lez la détruire, et c'est elle qui arrête les
poignards que vous provoquez tous les jours,
en ne respectant rien de ce qui est sacré,
et en outrageant tout ce qui est noble et
grand.
Une seconde fois , et avec le plus géné ¬
reux abandon , le meilleur- des Rois s'est
livré à la loyauté française il a éloigné , par
la seule confiance qu'inspirent ses vertus,
lès troupes étrangères ; il a tout fait ; au ¬
cun sacrifice ne lui a été impossible pour
ramener les esprits égarés, étouffer les sou-
(8)
venirs douloureux , mériter l'amour de ses
sujets ; et cependant, abusant de sou iné ¬
puisable bonté , on ne cesse de demander
de nouvelles concessions destructives de son
pouvoir.
Vous n'ignorez pas , Messieurs , que fou ¬
tes celles qui furent faites par nos Rois en
faveur de la liberté des peuples , à dater
de l'affranchissement des communes , sous
Je règne de Louis le gros , jusqu'à la double
représentation du tiers aux états généraux
sous celui de l'infortuné Louis XVI, n'ont
servi qu'à ébranler le trône au lieu de l'af ¬
fermir. Vous ne perdrez pas de vue , aussi
que le terrible Louis XI, le sombre Louis
XIII , le superbe et tout - puissant Louis
XIV sont morts Craints et respectés , tan ¬
dis que le bon et trop faible Louis XVI , en
consentant à changer des institutions qui, jus-
ques-là, avaient contribué à la gloire de la fian ¬
ce , comme elles avaient été les plus solides
soutiens de la puissance de ses ayeux , creusa
l'antre des révolutions qui a fini par l'engloutir.
Toutes ces considérations , faites pour
frapper tous les amis de l'ordre , ne pour ¬
ront arrêter l'audacieuse exigence de ces li ¬
béraux exaltés»
( 9 )
Aujourd'hui ils réclament que la no ¬
mination des Juris soit enlevée aux Pré ¬
fets et livrée au choix des électeurs,
bien sûrs de s'en rendre maîtres par
leurs intrigues secrètes ; et par-là tenir en ¬
tre leurs mains les moyens coërcitifs que
le gouvernement peut opposer à de coupa ¬
bles projets, c'est-à-diro , à parler clair,
que nos fortunes et nos vies se trouveraient
à leur entière disposition , et que les traî ¬
tres et les conspirateurs séraient, jugés par
leurs pairs, qui ne seraient autres que leurs
complices. Quelle étonnante modération!
quelle admirable prévoyance !
Demain ce sera le renvoi des Suisses que
trois-cents ans d'attachement à nos souverains
et à la france rendent si odieux aux ennemis
de la légitimité ; de ses Suisses naturalisés à
Pavie, auxprix de tout leur sang répandu pour,
François premier ; de. ces Suisses naturalisés
au dix août 1792, en mourant pour la dé ¬
fense du saint-Roi martyr; de ces Suisses
naturalisés in 1815 , par leur fidélité à
remplir leurs engagemens. ,
Dans quelques jours , ils voudront la sup ¬
pression des Gardes-du-Corps , de ces gar ¬
des qui ont : poussé l'héroïque, dévoument
(1o)
jusqu'à se laisser égorger sans défense,
plutôt que de désobéir à Louis- XVI qui
leur avait ordonné de respecter la vie de
ses implacables ennemis.
- Bientôt, et cela est sûr , ils ne pourront
supporter ces troupes d'élite , qui font à la
fois la surêté des trones et leur plus grand
éclat.
Peut-être, trouverez-vous, Messieurs, que
je rembrunis trop le tableau de notre triste
situation ; mais que ne doit-on pas craindre
lorsqu'on voit chasser de tous les emplois
ceux qui ont été constamment fidèles à la
cause royale; ceux; qui ont partagé les in ¬
fortunes de son digne chef, sans participer
aujourd'hui à ses faveurs ; ceux , enfin , qu'on
ne peut blâmer sans que ce blâme ne re ¬
tombe sur l'auguste tête, auteur de tant de
bienfaits.
Ils cherchent à isoler le trône de ses
plus fermes défenseurs; ils veulent donc le
renverser. Eh! ne savent-ils pas que c'est
sur lui que repose notre prospérité! Ont-
ils déjà oublié que ce n'est qu'en versant
de torréns de sang, qu'en passant sur les
cadavres sanglans de tout ce que nous avions
de plus cher ,. que nous avons pu nous
(II.)
éloigner de la Monarchie légitime ? Sont-ils
assez aveugles ou assez insensibles pour ne
pas voir, ne pas sentir les avantages qu'elle
vient de nous procurer ? Pourquoi donc de
nouveau cherchent-ils à nous les enlever?
Pourquoi, des allarmes vraies ou feintes
sans cesse renouvellées ? Quelle peut en être
la cause? Craindraient-ils encore pour .ces
biens si souvent garantis? Ah! qu'ils se
rassurent, le sacrifice en est fait ; mais qu'ils
laissent, au moins , aux infortunés qui s'y
sont résignés, la seule consolation qui leur
reste ; celle de penser qu'il ne sera pas inu ¬
tile au bonheur des Bourbons, à la trau-
quilité de leur pays.
L'honneur! a ce beau nom, foules les
ames généreuses se reveillent; l'honneur! no ¬
tre plus chère idole ; cesentiment sublime
qui élève l'âme au dessus des faiblesses de
la nature, qui nous rend si impétueux dans
le succès , si fermes, si grands dans les re ¬
vers , si terribles dans les combats , si gé ¬
néreux après la victoire. Eh bien ! ils veu ¬
lent le réduire au seul art de vaincre et
tuer son ennemi. Ignorent - ils donc que
dans l'âge où les passions exercent sur nous
un empire absolu , dans cet âge entraînant,
a

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