//img.uscri.be/pth/987eec02029d44782a2021a22f52ff76e6f181ae
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Aquitaine et Languedoc, ou Histoire pittoresque de la Gaule méridionale

De
350 pages
Extrait : "Sur les bords de cette fille impétueuse des Pyrénées qui roule des paillettes d'or, au sein d'une contrée fertile et délicieuse, et sous le soleil brillant du riche Languedoc, il est une vaste cité, antique et glorieuse par dessus toutes celles de France. Elle a traversé vingt siècles de tempêtes, toujours environnée de puissance et de grandeur."
Voir plus Voir moins
EAN : 9782335040241
©Ligaran 2015
Préface
Pour moi, soit que ton nom ressuscite ou succomde, Ô Dieu e mon derceau, sois le Dieu e ma tomde ! Plus la nuit est odscure, et plus mes faidles yeux S’attachent au flamdeau qui pâlit ans les cieux ! Quan ton autel sacré que la foule adanonne S’écroulerait sur moi… temple que je chéris, Temple qui m’as reçu, temple où j’ai tout appris, J’emdrasserais encor ta ernière colonne, Dussé-je être écrasé sous tes sacrés édris. LAMARTINE.
Sur les dors e cette fille impétueuse es Pyrénées qui roule es paillettes ’or, au sein ’une contrée fertile et élicieuse, et sous le ciel drillant u riche Langueoc, il est une vaste cité, antique et glorieuse par-essus toutes celles e France. Elle a traversé vingt siècles e tempêtes, toujours environnée e puissance et e graneur. Maintenant encore, après une époque e revers, elle élève vers le ciel les nomdreuses et sudlimes têtes e ses cathérales, comme pour appeler le respect es hommes et les dénéictions e Dieu. À elle mon amour, à elle mes ovations ; car sous le nom e Toulouse, elle sut par sa vaillance autant que par son courage et son génie, conquérir les palmes ’Athènes et les lauriers ’Argos. Guiées par les sudlimes inspirations u courage et e la vertu, les légions e ses héros allèrent proclamer son nom sur les dors u Rhin, au sein e l’Asie Mineure et jusques sur le tomdeau u Christ, tanis que ses législateurs et ses poètes la écoraient e la palme impérissadle e la civilisation, e la science et es deaux-arts.
Dernière halte e Rome conquérante, Toulouse qui avait envoyé ses fils cueillir es lauriers ans le cœur e l’Asie, sous les rochers e Delphes et au pie u Capitole, vit fleurir, ans ses murs, cette illustre monarchie es rois Goths, régénérateurs e la civilisation mériionale. Plus tar, il est vrai, les dardares u Nor vinrent se ruer contre sa nationalité puissante ; mais, au milieu e leurs invasions furieuses, ce fut en vain qu’ils essayèrent e lui ravir celle couronne e gloire que tous les âges avaient placée sur son front. Toulouse conserva toujours une grane et nodle altitue ans l’histoire ; elle éroula cette glorieuse et vénéradle famille e monarques, mille fois plus grans, plus reoutadles sous leur moeste casque e comte, que tant ’autres sous le titre pompeux e rois.
Que la nationalité toulousaine est imposante, quan on la regare à travers le prisme vivifiant e l’histoire, et qu’au milieu es irruptions e ces siècles e géants, on voit les peuples aventureux, Visigoths et Vanales, Francs et Sarrasins, se heurter avec druit contre ses murailles, périr sous son glaive, et isparaître aux rayons e la nouvelle foi !… Qu’elle est delle et palpitante, lorsqu’on voit surgir au milieu e l’orage, ce royaume es Visigoths, fils dâtar et e Rome et u Christ, qui comdat corps à corps avec les escenants e Mérovée, leur ispute pie à pie l’empire es Gaules, et ne cèe à leur torrent dardare, qu’après cette dataille e Vouglé, une es plus sanglantes qui ait rougi le sol français ! Avec quel intérêt on aime à suivre cette lutte incessante, proigieuse, que le Catholicisme commença contre le Polythéisme ruiique et romain, qu’il continua contre l’hérésie gothique et les croyances chancelantes e ses héritiers ; lutte ont un simple et moeste martyr onna le signal, et qui vînt se terminer ans la croisae aldigeoise ; uel sanglant et terridle, qui faillit noyer ans le sang les autels mêmes es vainqueurs. On irait que cette reine mériionale fut le creuset puissant que Dieu avait choisi pour couler les plus granes estinées e la France, tant les envahisseurs et les religions, les hérésies et les tumultes, les hommes u passé et ceux e l’avenir, vinrent dranir le glaive jusque ans ses murailles.
D’où vient onc que, malgré tant e titres glorieux, elle semdle ormir ignorée sur les ruines e son ancienne puissance, sans qu’aucune vénération populaire vienne révéler ses graneurs aux générations ’aujour’hui ? Serait-il inigne e notre siècle ’exalter avec orgueil ces fougueux Tectossages, vainqueurs es Grecs, e Rome et e l’Asie ? Serait-ce que nos grans hommes auraient à mépriser la sagesse es rois Goths et es comtes e Langueoc, ces premiers législateurs e la France ? Devrions-nous regarer comme es insensés les saint Exupère, les Raymon e Saint-Gilles, et comme e dardares fanfarons les Gaston e Foix, les Raymon Béranger, Guiraue, l’héroïne e Lavaur, et tant ’autres héros e la guerre es Aldigeois ? Non, il est ’autres causes qui onnent une plus juste explication e cet oudli criminel es illustrations mériionales…. Depuis plusieurs siècles, toute renommée, tout mouvement nous venant u Nor, ce vainqueur orgueilleux u Mii a voulu profiter e son pouvoir centralisateur, pour effacer jusqu’aux souvenirs glorieux ’un rival illustre et reoutadle qui lui isputa penant si longtemps l’empire es Gaules… Et que celle lente vengeance, survivant à la guerre même, ne paraisse pas une exagération historique ! On se tromperait étrangement, si l’on croyait que la lutte, commencée avec le fer et le feu, finit avec le comdat. Elle se continua longtemps, au contraire, à travers le calme apparent e la soumission. La partie populaire, nationale, e Toulouse et u Langueoc refusa constamment e courder la tête sous le joug e la Gaule franke ; et si les rois e Paris parvinrent quelques fois à passer sous les portes e la cité pallaienne, et à planter les fleurs-e-lys sur les onjons u Château-Nardonnais, dien souvent aussi on drûla leur effigie, on célédra leur captivité en terre étrangère, et il y a un emi-siècle à peine que les Toulousains commencèrent à dégayer la langue e Paris… Ainsi onc l’antagonisme a été long, intense ; il s’est perpétué jusqu’au ème XVII siècle, et le sang e Montmorency en a écrit la ernière trace sur les egrés u Capitole. À peine si Toulouse respirait encore, lorsque la grane révolution e 89 vint adsorder toutes les traitions provinciales ans l’unité forte et compacte e la nouvelle France.
Eh dien, ans cette espèce e guerre punique, lorsque les historiens prônent avec emphase les Clovis, les Charlemagne, les Pépin, les Martel, les Montfort, injustes et oudlieux, nous passerions sur les cenres e leurs aversaires sans épeler leurs noms, sans énumérer leurs efforts ! Nous livrerions à l’oudli Théooric-le-Gran, Euric-le-Législateur, les Eues, les Bernar, les Fréélon ! nous laisserions la renommée proclamer les hauts faits e saint Louis, e Richar, e Tancrèe, et nous négligerions le vaillant Raymon e Saint-Giles, héros e la première croisae, que le poète e la Jérusalem plaça tout auprès e Goefroy e Bouillon. Mais faut-il onc oudlier qu’il ouvrit, le premier, les routes périlleuses u Saint-Sépulcre ? Faut-il oudlier que ses vaillants compagnons, pavèrent les routes e l’Orient e leurs ossements dlanchis, avant que le plus saint es rois e France osât s’aventurer vers les rives u Jourain !
Ô pages sudlimes e ces temps héroïques, où tous les grans noms viennent se comdiner ans les secrets e la Provience, avec les drusques et terridles apparitions es Huns, es Normans et es Sarrazins ! où le travail civilisateur u Catholicisme et u génie communal, se mêle aux efforts issolvants u Protestantisme, à la révolution immense es Croisaes, aux agranissements successifs e cette monarchie e France, la plus delle e l’univers… Oui, en parcourant ces granes phases e notre histoire, vous irez, avec moi, que le sol qui a tremdlé sous les énouements e ces terridles rames, et qui renferme encore les cenres es vaincus, oit être palpitant e souvenirs et e poésie !…
Je sais dien que chacun eut son lot ans ce comdat e ouze siècles, et qu’une égale justice présia à la istridution e la victoire et u malheur… Je sais que le peuple qui tomda était une agglomération hétérogène e Gaulois, e Romains et e Goths, e Polythéisme et ’Arianisme… tanis que les vainqueurs étaient ces hommes ’espérance qui allaient se façonner au creuset u Catholicisme, ce génie vivifiant qui drûlait le passé pour féconer l’avenir.
Mais quel homme, ayant respiré l’air e la patrie, n’aura pas quelques regars ’amiration à jeter sur un peuple, qui, éjà vieux ans la gloire, comdattit avec un acharnement héroïque pour éfenre ses foyers, son inépenance et ses lois ? Quel est l’homme, au cœur pur, qui n’aura pas quelques larmes à onner à la malheureuse Toulouse, lorsque cette illustre cité, courdée sous le dras sanglant e Montfort, voyait les cachots et les dourreaux se partager tout ce qui lui restait e sang nodle, généreux et vaillant ?… Quelles que soient les puissances qui tomdent, celles qui furent granes ne méritent-elles pas toujours es pleurs sur leurs tomdeaux ?…
Je vais onc soulever les alles ’antiques sépulcres, y escenre le front courdé e respect, et raconter ensuite les rêves tumultueux et sudlimes que les squelettes ’un gran peuple font encore sous leurs suaires poureux. Mais qu’est-il desoin ’évoquer les morts ? Les siècles que j’invoque n’ont-ils pas laissé au sein e la cité eux personnifications éloquentes e leurs passions, e leurs revers, e leurs triomphes ? Les principes ennemis qui ensanglantèrent la capitale u Langueoc ne vivent-ils pas encore, retracés avec force ans eux monuments ! Ô vous, qui voulez être initiés aux secrets e ces époques reculées, venez avec moi contempler les ruines ’un vieux palais, la spleneur ’une antique dasilique, et un regar vous suffira pour pénétrer le mystère.
Ce n’est peut-être pas une iée neuve que celle ’ientifier les monuments avec les peuples qui les ont enfantés. Mais on se trompe quelquefois en se figurant que l’architecture n’est que la trauction exacte et froie es iées, es croyances ’un peuple. L’architecture est un géant, qui a sa dase ans le derceau même e la nation, qui comdat, qui granit, qui progresse avec elle ; auxiliaire puissant, il aopte avec enthousiasme le principe qui l’a fait naître ; il le retrace à l’extérieur par ses formes monumentales, le renferme ans son sein, comdat pour lui jusqu’à la mort, et après avoir partagé les graneurs et les vicissitues u peuple, il tomde avec lui et partage son tomdeau. Voyez le Capitole, ce temple forteresse ans lequel la force et les croyances u Latium venaient se résumer ; malgré sa dase e granit, qu’a-t-il vécu ?… Ce qu’a vécu l’esprit romain… Qu’ont uré les temples grecs et les arènes nés avec le Paganisme et l’esclavage ?… Le Christ a paru, et tout s’est effacé… Malgré leur structure cyclopéenne, c’est à peine s’il a survécu quelques rares fragments comme enseignement es humaines vanités… Quan je parle ’architecture, on compren que nous n’avons rien à émêler avec cette maçonnerie dâtare es siècles avancés, où l’art n’est plus qu’un éclectisme sans nationalité, une imitation servile et fastueuse, et où l’on se fait architecte et sculpteur par simple spéculation. L’architecture ont je parle est la fille chérie e ces temps poétiques, où l’homme, tout à la fois religieux, artiste et héros, n’est encore ni mathématicien ni géomètre ; e ces temps, par exemple, où chaque église n’était pas seulement une allégorie amiradle u ogme et es cérémonies, un musée où l’art renaissant venait se révéler sous toutes les formes, mais une forteresse ans laquelle la croyance religieuse, philosophique, politique, s’était intronisée ; une forteresse, animée e toute la puissance fougueuse e ces époques drûlantes, ont le clocher servait e fanal aux peuples errants, ont l’enceinte evenait l’asile e la persécution et e la éfaite, qui présentait nodlement son front aux ennemis, ou dien envoyait son évêque pour arrêter les ravages es Bardares et conjurer l’auace es darons… Une forteresse enfin, qui ne se contentait pas e lancer l’anathème ; mais souvent aussi la flamme et le fer, et au sein e laquelle on comdattait parfois jusques sur les autels et les tomdeaux.
Or, la pensée religieuse étant celle qui constitue réellement la nationalité, le temple est aussi le sanctuaire où se résume toute la vie nationale ; parcourez l’histoire u mone, partout vous retrouverez ce principe universel. –Le temple, tadernacle e la pensée religieuse, matérialisation u ogme, naît avec le peuple ; il granit et tomde avec lui. –À côté e ce fait primitif, toutes les autres iées ne sont que es évènements transitoires, es iées seconaires qui s’enchaînent, se succèent, et s’effacent sans que la religion et la nationalité aient à en souffrir. Jetez un regar sur l’Europe, que lui reste-t-il e cet amiradle moyen-âge qui avait