Ariste / par Émile Coquatrix

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impr. de H. Boissel (Rouen). 1873. 8 p. ; in-8.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1873
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AU PROFIT DES PAUVRES
Et des Alsaciens-Lorrains émigrés.
ARISTE
PAR
ÉMILE COQUATRIX.
Prix : 1 Frane.
ROUEN
IMPRIMERIE DE HENRY BOISSEL
RUE DE LA VICOMTE, 55
t873
Publications au profit des Pauvres
1865 Le JOUI* des Morts.
1866 Jeanne-Darc.
1867 Corneille — les Odeurs de Paris.
1868 Napoléon.
1869 L'Épître â Nontauron,
1870 Les Joies de Corneille — l'Enquête.
1871 Vive France — Rêve de Noël.
1872 Alceste. — Liberté.
ARISTE.
— i
Morbleu! c'est par trop fort, me dit, un jour, Ariste,
En froissant un journal : voyons, n'est-ce pas triste,
Désespérant, de voir, à Paris, comme ailleurs,
Même parmi les bons et parmi les meilleurs,
Des critiques experts, fort instruits, dont le style
Fait très souvent reluire une pensée utile,
Qui, sans aucun motif, on ne sait trop pourquoi,
— Manie, afin de faire un peu parler de soi, —
S'en viennent, un matin, troublant nos consciences,
Nous blesser à l'endroit de nos belles croyances?
Ainsi donc, d'après eux, Britannicus, Cinna,
Sont loin de mériter l'estime qu'on en a.
Refaites de nos jours, ces pièces mal conçues
Par les vrais connaisseurs ne seraient pas reçues
Et n'auraient plus le don d'attirer le public t
Pas de plan, d'action et pas le moindre chic t
0 Corneille ! ô Racine ! ô mes divins grands hommes !
Pas de chic, pauvres vieux 1 il paraît que nous sommes,
Grâce au progrès du siècle, aujourd'hui, bien plus forts,
Bien mieux ferrés en art qu'on ne l'était alors.
Non, cent mille fois, non ; cela n'est pas : J'estiiue
Que pour vous notre culte est juste et légitime,
Et, si vous reveniez, que vos vers enchantés
Trouveraient même accueil en toutes nos cités,
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Et que la France entière irait, voyant la flamme,
Se réchauffer le cœur au foyer de votre âme.
Le Beau s'impose à tous, et ramène au bon sens.
Que nous aurions besoin de vos mâles accens,
Et qu'on serait heureux aujourd'hui, sur nos scènes
Où l'on ose étaler tant de choses malsaines,
D'entendre et de revoir vos Grecs et vos Romains !
Comme on crierait bravo ! comme on battrait des mains 1
Je ne puis concevoir, qu'en ce moment, on vienne,
Sur un semblable ton chanter semblable antienne.
Quoi ! D'est-ce pas assez que ce pauvre pays
Ait perdu son vieux lustre après l'avoir conquis,
Sans que l'on s'ingénie encore, en nos mémoires,
A le décapiter de ses plus hautes gloires?
Est-ce que c'est ainsi que nous arriverons,
Régénérés, au droit de relever nos fronts.
Mais avant tout, sachons, affolés que nous sommes,
De notre grand passé respecter les grands hommes
Et tâchons sur la route, en devenant meilleurs,
De faire quelques pas qui rappellent les leurs !
Lorsque vous profanez de l'Art les belles choses,
Des plus mauvais effets ne cherchez plus les causes,
Tout s'enchaîne, se suit, par un fatal lien.
Qui ne croit plus à l'art, n'a plus croyance à rien,
Oh ! lorsqu'on a perdu le goût de l'ambroisie
Qu'à ses adorateurs verse la Poésie,
Du salon de la Muse on descend au sous-sol
Où la Bacchante tient son débit d'alcool
Et, nouvelle Circé, change, en quelques minutes,
Les plus intelligents en vils pourceaux, en brutes,
Voulons-nous de vaincus redevenir vainqueurs?
Haut les esprits, alors; et plus haut donc les coeurs
Le présent est peu gai, l'avenir chargé d'ombre,
Et devant nous la route est bien rude, bien sombre,
Marchons-y droit pourtant, mais prenons pour flambeau
Le Beau, splendeur du Vrai ; le Vrai, splendeur du Beau,

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