Assises, éclairs, marches lentes

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Assises, éclairs, marches lentes est le nouveau recueil de poésie de Philippe Raynaud, dédié au poète Gérard Augustin. "Ce livre allie le léger et le dense avec la maîtrise des sages qui ne sont dupes de rien mais savent faire remonter les eaux souterraines de l'innocence." Préface de Michel Cassir
Publié le : mardi 1 juillet 2014
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EAN13 : 9782336351933
Nombre de pages : 96
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Philippe André Raynaud
Assises, éclairs, marches lentes
Préface de Michel Cassir
ASSISES, ÉCLAIRS, MARCHES LENTES
Levée d’ancre Collection dirigée par Michel Cassir Levée d’ancre est une collection privilégiant l’écriture poétique, créée en 2001 par Gérard Augustin et Michel Cassir. Elle se propose d’abord de publier, au-delà de la division des genres, la poésie sous toutes ses formes ; de la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le « noyau de prose » par lequel l’œuvre exprime ce qu’il y a de plus actuel, dans sa construction d’un sens de la poésie. Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres entre la poésie, les différents arts et la vie. Dernières parutions 89 – Hervé BAUER,Des astres errants. Récits, 2014. 88 – Michel CASSIR,La fête prenant de vitesse l’obscur, 2014. 87 – Marc DELTA,Nus suivi de Triple saison, 2014. 86 – Paul RODDIE,Le ravisseur du monde. Taking the World by Storm, 2014. 85 – Alain ROBINET,« D’EN DANTE-CI ! ». « qui », à l’image d’icelui, l’Auteur, rééc(r)it en vis-à-vis... ... pour nos temps d’ici-là, 2014. 84 – Christian CAVAILLE,Abrupts, 2014. 83 – Hoda ADIB,L’instinct distal, 2014. 82 – Catherine LECHNERREYDELLET,Guerre oubliée, 2013. 81 – Luis ARAUJO PEREIRA,Poésie pour dire moins, 2013. 80 – Michel CASSIRet Danielle AUGUSTIN(dir.),Pour Gérard Augustin. Textes et témoignages, 2013. 79 – Françoise LECLERC,Le tombeau sakalave suivi de Soava Dia... !, 2013. 78 – Catherine BOUDET,Bourbon hologramme. Poésie-théâtre, 2013 77 – Delphine BACKER,Ciel nourricier, 2013. 76 – Ahmed BENDHIAB,Lune andalouse. Poèmes et dessins, 2013. 75 – Christian CAVAILLE& Alain ROBINET,Isles et passages. <& Montaigne & Rabelais &>, 2013. 74 – Tristan CASSIR,Pointe rouge, 2012.
Philippe André Raynaud ASSISES, ÉCLAIRS, MARCHES LENTESPréface de Michel Cassir
LEVÉE D’ANCRE L’Harmattan
Pour Gérard Augustin
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03544-4 EAN : 9782343035444
Préface Nul espace superflu dans la corolle ouverte Je ne conçois pas une préface comme une étude attentive aux moindres bruissements de verbe, mais comme une plongée périlleuse dans un vide qui recèle les secrets pour transcender la gravité.Assises, éclairs et marches lentesde Philippe Raynaud se prêtent à ce grand jeu où le sens se mêle toujours à une matière glissante. Il faut en conquérir le toucher sans en fixer de frontière. Un cosmos en chaque point Corps allant doucement Provisoire assemblage Pendant que Philippe Raynaud marche sur les pas du ciel, labourant la terre de quelques éclairs, les bribes de poèmes s’accrochent à son manteau de toutes les saisons et l’étoilent. Une boue fraîche sur ses bottes de sept lieu au ralenti pour laisser s’agencer les atomes, quelquefois jusqu’à leur fusion. Qu’un souffle mette fin aux poids, aux récits d’oppression Laisser le souffle infiltrer les images qui n’ont d’autre intuition que ce rythme revenant sans cesse sur lui-même et délivrant la féérie des terres désolées. Le souffle est la sève du corps qu’elle prolonge et ramifie, lui conférant la délicate ampleur. C’est aussi le guérisseur qui permet au marcheur d’être la boussole de sa propre traversée de la douleur.Il y a une juste mutation des choses au cœur même de leurmodularité au fil de leur tâtonnement. Il est alors une figure qui ne se ressemble pas grimpe et se glisse comme une panthère aussi silencieuse qu’invisible. Les jambes se prennent au coup des girafes, elles happent l’air qui les rétribue en légèreté ou bien en densité sans matière 5
apparente. La densité du corps est cette tête d’épingle décorée d’un vide bénéfique et sacré. Une dynamique de trajectoires dont un mouvement s’extrait Et fait fi d’une improbable résistance Ainsi créée, fait retour au silence avant dissolution Philippe Raynaud renoue avec l’unité immémoriale de la connaissance, de la rêverie et de l’énergie dont le centre est l’immobilité soluble dans le paysage. Le poème accompagne la création et sa disparition, il emprunte le corps du poète pour se plier dans la subtilité des procédés, dont l’apparence est un bonheur duquel il faut se saisir et se dessaisir d’un seul élan. On serait tenté d’évoquer alors une sagesse venue du fond de l’Asie la plus pure, mais Philippe Raynaud sait maintenir la distance du véritable errant dans son territoire réel. Il ne s’agit pas de pays déclaré mais de sol qui est à la fois le présent et le symbole de lui-même, qui l’élargit, le déforme, le compense. Le territoire du réel qui porte l’abstraction jusqu’à de nouvelles concrétions, comme franchir la vie sur plusieurs montures dont la vitesse ou décélération marque les formes, les reliefs et la pensée qui est source des éclairs. Territoire qui éblouit frontalement la démarche et la rend féline et souple comme matière d’Eole. Nous avançons, pierre après mètre. On quitte les heures, apprenant des averses. Le poète est un mélangeur de substances, il donne les particules changeantes d’une vision mais ne la laisse pas s’installer comme une rentière. Elle est la fille des intempéries etrassemble parfois arbre et corbeau Ensemble, ils croassent. Seule une flamme indécise nourrit la célérité des rencontres du marcheur et la pause qui fixe dans le poème une sieste à la verticale quasi ailée. Que l’on marche, que l’on songe ou que l’on dorme, un poème frémit comme une fenêtre entrouverte par hasard qui amène la brise de l’absolu. Philippe Raynaud est toujours
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au bord d’une quête perfectible qui se laisse distraire par ses aspérités. Philippe Raynaud est dans la sobriété du goutte-à-goutte qui est le tracé même du labyrinthe de l’âme. Il est dans le reflet du monde et de ses plis invisibles revêtant selon l’humeur la simple et immense beauté du paysage humain et au-delà de l’humain, minéralité et reliefs de la soif. Le poète a perçu la nécessité de créer une architecture mouvante qui fait œuvre et pèlerinage à la fois. Ce livre allie le léger et le dense avec la maîtrise des sages qui ne sont dupes de rien mais savent faire remonter les eaux souterraines de l’innocence. Il faut lire ces poèmes dans un état de méditation active, comme rééquilibrer le monde à partir du tranchant des falaises et c’est là que les assises deviennent pérennes puisque renouvelées par les pieds épurés dans leurs bottes se prêtant à la magie dont s’est toujours abreuvée la nature jusque dans ses villes les plus inhospitalières. Michel Cassir
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