Association internationale des travailleurs ; son origine, son organisation... Conférence publique faite... par M. Robert de Massy,...

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H. Herluison (Orléans). 1871. In-8° , 31 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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ASSOCIATION
INTERNATIONALE
DES TRAVAILLEURS
ORLEANS, IMP. DE G. JACOB, CLOITRE SAINT-ÉTlENNE, 4.
ASSOCIATION
INTERNATIONALE
DES
TRAVAILLEURS
SON ORIGINE, — SON ORGANISATION, — SES MOYENS D'ACTION,
SON BUT ET SON RÔLE DANS LES INSURRECTIONS.
CONFERENCE PUBLIQUE
Faite à Orléans, salle de l'Institut, le 10 novembre 1871
Par M. ROBERT DE MASSY
DÉPUTÉ DU LOIRET
ORLEANS
H. HERLUISON, LIBRAIRE-ÉDITEUR
17, RUE JEANNE-D'ARC, 17
1871
ASSOCIATION
INTERNATIONALE
DES TRAVAILLEURS
MESSIEURS,
Les travaux de la dernière session m'ont donné l'oc-
casion et imposé le devoir d'étudier avec soin et sans
prévention l'Association internationale des travail-
leurs, dont le développement préoccupe à cette heure
les gouvernements de tous les pays.
Il m'a semblé que je ferais une chose à la fois
intéressante et utile, si je venais exposer publique-
ment, au milieu de ceux qui m'ont donné une in-
signe marque de confiance en m'honoraut de leurs
— 6 —
suffrages, ce qu'est cette Société, quels ont été son ori-
gine, son organisation, son but et sa participation
dans les événements que nous venons de traverser.
Les documents abondent; je choisirai ceux dont la
véracité est indiscutable et pour ainsi dire officielle.
La durée limitée d'une conférence me laissera peu de
place pour mes réflexions personnelles. Je viens vous
offrir des lectures instructives bien plus qu'un dis-
cours étudié.
— 7 -
I
ORIGINE.
L'Exposition universelle de Londres fit naître en
1862, entre des ouvriers de nations différentes, le rap-
prochement qui devait engendrer l'Association inter-
nationale des travailleurs.
Des souscriptions privées, et surtout des subven-
tions de la commission impériale, présidée par le
prince Napoléon, permirent à des délégués élus par
les ouvriers des principaux corps d'état de l'industrie
parisienne d'aller à Londres, dans le but de voir et
d'étudier l'Exposition.
Ces délégués furent reçus avec de grandes démons-
trations de fraternité par les sociétés ouvrières an-
glaises, qui sont nombreuses et puissantes.
Le 5 août, dans un banquet des travailleurs, à la
taverne des Francs-Maçons, on se promit de rester
— 8 —
unis et d'entretenir une correspondance sur les ques-
tions économiques intéressant le prolétariat.
Ce premier germe ne tarda pas se développer. Un
meeting organisé à Londres au mois de septembre
1864 en faveur de la Pologne, et auquel avaient été
convoqués des représentants habilement choisis des
classes ouvrières de plusieurs nations, fournit l'occa-
sion de poser les bases d'une association commune.
Il fut convenu qu'un règlement serait préparé par un
Comité central provisoire, et que pour affirmer l'exis-
tence de l'Association, un congrès général d'ouvriers
serait réuni à Genève en 1866.
- 9 —
II
ORGANISATION.
Le travail n'a pas de frontières, et les ouvriers
n'ont pas de patrie : tel est le principe fondamental
de l'Internationale. De là le caractère à la fois nou-
veau et redoutable de cette association cosmopolite.
Elle est un État dans les États et au-dessus des
États. Ses ramifications dans toutes les nations de
l'Europe et même en Amérique lui donnent aujour-
d'hui la prétention d'étendre partout son empire et
d'embrasser le monde.
L'organisation est simple. La Société a son pou-
voir législatif et son pouvoir exécutif. Un congrès an-
nuel, composé de délégués élus par les sections, fait
les lois et réglements. Un conseil général ou comité
central administre et exécute. Le siége du conseil gé-
— 10 —
néral est à Londres. Il peut être déplacé et fixé ail-
leurs par décision du congrès.
Le conseil général compte dix-huit membres; la
plupart sont anglais ou allemands ; deux seulement
sont français. Ce conseil s'adjoint autant de secrétai-
res qu'il y a dans l'Association de nations ou de langues
diverses. Ces secrétaires sont chargés de correspon-
dre avec les sections fédérées des nations près des-
quelles ils sont accrédités.
Partout où l'Internationale pénètre, elle crée des
groupes ou sections.
Des conseils fédéraux forment le trait-d'union en-
tre les sections et le conseil général. Chacun de ces
conseils a son secrétaire de correspondance. Les
membres des conseils fédéraux sont élus par leurs
sections respectives et révocables à chaque moment.
(Art. 5 du réglement.)
On le voit, le comité central de Londres est le gou-
vernement de l'Internationale; la section en est la
commune. La section a la liberté de faire son régle-
glement intérieur, mais elle demeure soumise, pour la
discipline fédérale et l'exécution des décisions du con-
grès, à une rigide centralisation. L'art. 14 de son
réglement est ainsi conçu : Il est libre à chaque sec-
tion de rédiger ses statuts particuliers conformément
aux circonstances locales et aux lois de son pays, en
— 11 —
tant qu'ils ne sont en rien contraires aux statuts et ré-
glements généraux.
Chaque affilié reçoit une carte et un livret.La carte,
qui porte un numéro, est le signe de reconnaissance
et le passeport; le livret, dans lequel se trouvent les
extraits des réglements et des résolutions des con-
grès, est comme le catéchisme de l'ouvrier. Le tré-
sorier y inscrit les cotisations qui sont payées par
semaine ou par mois. J'ai entre les mains un de ces
livrets; je lui emprunterai d'importantes citations.
En dehors des cotisations mensuelles, des appels
sont faits, et des souscriptions sont ouvertes quand les
grèves nécessitent des subventions ou des emprunts.
Tels sont les cadres, l'organisme et les subdivi-
sions de cette vaste Association. Nous allons étudier
son fonctionnement et préciser son but.
— 12 -
III
BUT ET MOYENS D'ACTION.
Je le demande aux hommes de bon sens, est-ce à
l'étude pacifique des problèmes sociaux que peut con-
venir et correspondre cette vaste organisation?
L'Association internationale des travailleurs a eu
quatre congrès dont elle a publié les comptes-
rendus (1); elle a fait paraître vingt-neuf journaux :
quatre en Belgique, trois en Suisse, un en Italie, six en
Espagne, le reste en Hollande et dans les divers États de
l'Allemagne. Quelles découvertes a-t-elle faites dans ce
domaine spéculatif de l'économie politique ou sociale?
quelle théorie nouvelle a-t-elle enfantée? Étudiez les
discours de ses congrès, la polémique de ses journaux,
(1) Ceux de Genève en 1866, de Lausanne en 1867, de Bruxelles
eu 1868, et de Bâle en 1869.

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