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Au village du roi Kami

De
110 pages
À tout prix, Tambo veut réussir. Faire sa place. Devenir quelqu'un. Car son père lui a expliqué que les politiciens avaient remplacé les prêtres dans le coeur des gens, le jeune homme décide de s'inscrire à la faculté de droit. Alors que le royaume subissait jusqu'alors la dictature du parti unique, le pays connaît un vent de liberté que Tambo s'empresse de mettre à profit. Il crée son association et devient très vite un éminent politicien. Bientôt nommé secrétaire général d'un nouveau parti, le pouvoir et l'argent lui tendent les bras. Il ignore encore que le royaume de Kami vivra ses dernières heures dans le sang... Entre conte satirique et fable politique, Jean Aimé Ntumba Biduaya pose un regard sans concession sur une certaine Afrique. Dérives autocratiques, querelles de chefs de guerre, corruption, arrivisme: "Au village du roi kami", la fiction rattrape la réalité avec une lucidité déconcertante. Acide, grave, édifiant.
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Du même auteur Lamentations des fils, Recueil des poèmes, Collectif Champs qui chantent, Kinshasa, 1995 Mois d’Émoi, Recueil de poèmes, Collectif Saintes Scènes, Kinshasa, 1996 Scandales, Recueil de poèmes, Collectif Pèlerin d’Airain, Kinshasa, 1996 Tutu et les marches d’une marche inexorable, Roman de société, éditions Publibook, Paris, 2008 Examining the Presentation of Annual Financial Reports in the Accounting system of Democratic Republic of Con-go : A comparative approach with Reference to the International Financial Reporting Standards, Thèse de doctorat en vue de l’obtention du titre de docteur en administration des affaires, université Argosy, Washington DC, États-Unis, 2010.
Jean Aimé Ntumba Biduaya Au village du roi Kami
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119777.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
À tous ceux qui luttent contre l’injustice de quelle que nature que ce soit, À mes parents, mes frères et sœurs, Et à ma famille, particulièrement à Fidèle Ntumba et Dieu Merci Ntumba, À tous mes collègues de service qui ont œuvré pour ProVIC DRC & USA Je dédie ce livre.
I Tambo est né d’une famille de fonctionnaires dans un royaume où régnait Kami, un roi puissant, téméraire et devenu par la suite esclave d’une classe que lui-même avait créée. Kami était à ses débuts un souverain qui ne parlait que des intérêts de ses sujets malgré le fait qu’il fût impitoyable et tuât dès qu’une herbe bougeait contre sa volonté. Il avait hérité d’un trône où le royaume était éco-nomiquement puissant ; tous les autres autour de lui en dépendaient beaucoup. Il avait renforcé cette position à force de travail et était devenu un roi populaire. Kami jouissait d’un amour et d’une estime sans nom de sa popu-lation. Le père, un ancien attaché de bureau de première classe de l’époque, avait élevé Tambo dans une certaine disci-pline. Devenu fonctionnaire sous le gouvernement Vamba qu’il admirait le plus jusqu’à sa mort, il éduqua Tambo dans les normes en se disant : « Mon fils devra faire ce que Vamba n’a pas pu faire. » Car Vamba était son mo-dèle. Tambo fit ses études à l’école primaire des prêtres de son royaume et se décida à entrer à l’école secondaire gé-nérale afin d’accéder au petit séminaire pour devenir prêtre « car, se dit-il, les prêtres de chez nous sont les hommes les plus respectés dans le royaume et partout ail-leurs ». Le collège Saint-Michel qu’il choisit pour aller étudier était distant du royaume où il vivait avec ses parents. Il lui fallait marcher sur plus de vingt kilomètres pour atteindre
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le lieu afin de s’y inscrire. C’était en août, après la clôture des cours en juillet. Tambo se réveilla un peu tôt, prit son sac d’école et son certificat d’études primaires, la gibecière de son père, de-venu chasseur après la retraite. Il marcha seul, tout seul jusqu’à atteindre la mission pour obtenir son inscription en première année. Il y arriva la nuit. Il se rendit dans le village qui entourait le bâtiment et demanda où il pouvait juste passer sa nuit pour accéder le lendemain au bureau. L’établissement était construit loin de la cité sur une colline, entouré d’un village tentaculaire où la majorité des habitants servaient la messe du dimanche. Le jeune homme fut reçu par un vieux du village, serviteur de la paroisse comme tant d’autres, qui lui donna une natte pour étaler au sol. Tambo s’endormit alors profondément. Il était 5 heures du matin lorsque la cloche de la mis-sion sonna pour la messe matinale. Le vieil homme se leva pour aller à l’office et réveilla entre-temps Tambo. Celui-ci se brossa les dents avec un morceau de bois destiné à cet usage, qui était rangé dans son sac. Il se débarbouilla ensuite. On lui servit le petit-déjeuner. Alors qu’il voulait commencer à manger, le papa lui rappela qu’il fallait prier et réciter « Notre Père » une fois et la prière avant le repas. Le vieil homme les entonna et tout le monde reprit le re-frain. Le repas terminé, il dit encore la prière d’après le manger, accompagné de ses convives. Tambo se rendit à la mission. Une file d’attente se te-nait devant un prêtre à la barbe pendante jusqu’à la poitrine qui posait des questions aux candidats et inscrivait les noms pour l’examen d’admission. L’enfant arriva de-vant l’homme de Dieu : — Comment t’appelles-tu ? — Tambo, rétorqua-t-il. — Quel est ton nom de baptême ?
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