A chacun son riad

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Publié le : vendredi 1 novembre 2002
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EAN13 : 9782296301740
Nombre de pages : 215
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Noël Castet

A chacun
son Riad
Mémoires

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

Vous avez dit, Espoir...
Savoir se garder du hasard contraire Accepter la part que le destin nous donne Ce n'est ni fatalisme, ni renoncement, Que l'on puisse rebondir à la prochaine mais faire donne.

Le moindre levier, en y mêlant l'effort, S'offrira à nous, mais sachons le prendre. Trop souvent en désespoir on a tort De chercher ailleurs, pour comprendre Que, c'est d'abord de nous, que dépend notre sort. Quand oubliant la froidure des errances On conserve malgré tout, au fond de l'être, La saveur du meilleur des souvenirs d'enfance, La richesse est plus grande qu'elle ne peut paraître. Gardons-nous d'excessives demandes, Espérons du ciel qu'il veuille donner, A tous, la paix que les cœurs attendent Et de nos égoïsmes soyons préservés. La condition sur terre de cela nous éloigne Mais ce n'est qu'apparence, confort du moment, La vérité enfouie en nous témoigne Le bonheur en ce monde de se voir autrement. Noël Castet

Préface

Dans la tourmente générale qui embrasa, à cette époque, le monde en guerre, nul n'échappa à l'onde de choc, étendant son rouleau destructeur sur les êtres et les choses. Au-delà même du « théâtre des opérations », c'est ainsi que l'on désignait le lieu où les belligérants
s' étri paien t.

Défaite, hllmiliée, la France s'enfonçait, groggy, dans une nuit de doute et de souffrance. LAfrique du Nord, un premier temps épargnée territorialement, ne subit alors qu'indirectement les effets du conflit. Le franchissement de la Zone libre par les troupes du Reich allait accentuer le repli du Maroc sur lui-même, dans une sorte de neutralité affichée qui, disait-on, devait tenir le pays à l'abri des tentations allemandes de l'envahir. C'est du moins ce qui émanait des échos filtrant de la résidence générale à Rabat, siège du Général Nogues. Apparemment, seule une commission d'armistice, au demeurant discrète auprès des populations, pouvait rappeler aux réalités de la situation.

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Ce n'est pas sans scrupules que l'on peut évoquer les difficultés affrontées par l'entourage d'Eugène en cette période, aussi cruelle pour tous. Les calamités qui fondirent sur cette famille pourraient en effet apparaître comme de banales péripéties, un simple état d'inconfort matériel au regard des souffrances endurées par la multitude. Mais ne trouve-t-on pas là témoignage que les plus fragiles, ceux en particulier dont le statut social n'offre aucune marge de manœuvre, livrés comme brin de paille au gré des flots, se déstabilisent davantage que les autres, lorsque le contexte général s'aggrave. Après l'avoir maintenu sur son réseau du bled, des années durant, les chemins de fer du Maroc venaient d'attribuer à Albert D. .. un poste à Casablanca. Cette nomination marquait la fin d'un purgatoire. Un moment, ce chef de famille put entrevoir, pour les siens, la perspective d'une vie enfin rendue à la normale. Lembellie fut de courte durée! Notre imagination se plaît à placer le jardin de nos rêves dans une réalité terrestre. Le Riad se prête à cette évocation. Du titre de ce livre À chacun son Riad il ne faut retenir que le sens d'un souffle qui ouvre à l'espérance. S'il s'agissait d'une affirmation, elle pourrait être trompeuse, voire provocante au regard de la destinée humaine pour qui rien n'est jamais acquis. 10

Les Roches noires

- Naissance

de Monique

Du promontoire que formait le haut de la rue, le regard sur la mer se perdait au lointain. Là où le ciel d'un soir finissant s'absorbait en rideau pâle, zébré des derniers rayons solaires, dans une immensité gris acier, scin tillan te. Sur ce fond, aux limites circulaires, imprécises, la découpe des terrasses blanches bordant la côte des Roches Noires 1 déployait sa dentelle. Ce n'est pas cette beauté émouvante de puissance naturelle qui fascinait les personnages placés en observation derrière le rideau tiré des fenêtres d'une villa de la rue Michel de l'Hôpital. Le spectacle qui les retenait se déroulait tout près d'eux, de l'autre côté de la chaussée, dans le terrain vague, d'où montaient les bruits et les cris.

1. Un quartier populaire de Casablanca. Il

Un groupe de gamins avait investi les lieux. Des tas de traverses de voies ferrées, entreposées là dans la matinée, subissaient les assauts des garnements du quartier, attirés par l'aubaine. Les plus grands, mesurant leur force, soulevaient les lourdes pièces de bois, les faisaient glisser des hauteurs de la pile, guettant les effets de leur chute, et leur fracas sur celles qui les avaient précédées au sol. Bientôt, ce ne fut qu'enchevêtrement, sur lequel des artistes du moment, bras écartés en balancier, évoluaient dans des numéros d'équilibre. D'autres, réfugiés sur un amoncellement, défendaient au corps à corps ce fortin contre des assaillants décidés à les déloger. On glissait, on s'écorchait, les cris, les appels couvraient le bruit des traverses déplacées, malmenées, dans le chaos du champ de jeux. Les traverses! Sur un grand wagon plat spécialement réservé à leur transport, elles avaient suivi, par le train, le récent déménagement de la famille, depuis le dernier poste de l'Oued Yquem. Chaque année, Albert ne manquait pas d'utiliser ses droits pour en acquérir de nouvelles. Trimballées au gré des mutations à travers le réseau. À quel usage futur les destinait-il ? Le mystère restera complet.

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Peut-être leur masse importante leur conférait-elle une valeur de refuge suscitant un attachement inexplicable. Pour l'heure, Odette s'inquiétait, maudissant cette encombrante possession. Si un enfant se blessait? À observer la grappe de gamins voltigeant sur les piles en bascule, l'imminence de l'accident se faisait sentIr. - Eugène! Va avertir ton père, il faut faire quelque chose avant qu'un de ces gosses ne se casse une jambe. - Où vais-je le trouver? - Renseigne-toi à la gare, ils doivent te dire où est le chan tier. Eugène enfourchait déjà sa bicyclette, mais il se ravisa. Labandonnant à l'intérieur de la cour, il franchit le portillon et traversa la rue en direction du champ des ébats. Il sentait dans son dos peser le regard de sa mère qui devai t l'0bserver à travers la vitre. Devant lui, du grouillement confus n'émergeait aucun signe d'une aide particulière, un contact, permettant d'engager le dialogue. Le jeu continuait, ignorant sa présence. Il se sentait désarmé. Les expressions, les jurons qui fusaient d'un groupe à l'autre, dans un argot de quartier, mêlant l'andalou, l'arabe, le français au portugais... 13

accentuaient la difficulté de sa tâche, jusqu'à sa tenue vestimentaire qui lui paraissait trop différente de celles des enfants de la rue, avec lesquels c'était le premier contact. Mais il fallait arrêter le manège. Avisant un grand gaillard, portant targiya enfoncée jusqu'aux yeux, qui lui paraissait le plus déluré, il vint lui tapoter l'épaule. Lautre se retourna, distrait, avant de réaliser que le petit bonhomme qui l'interpellait ainsi semblait vouloir lui délivrer un message sérieux, qu'il ne comprenait pas ou dont il feignit de ne pas mesurer l'ampleur. À la grande stupeur d'Eugène, qui n'en laissa rien paraître, un déclic se fit. Le grand s'interposa lorsqu'un des plus furieux s'avança menaçant, l'invective aux lèvres. - Fous le camp, dégage! - Laisse Pedro! Ça ira petit, on s'en va. La nuit qui tombait ne devait pas être étrangère à cette soudaine décision. La bande se dissipa, laissant derrière elle le terreplein jonché de traverses éparpillées, dans un total désordre, sur lequel le silence revint. :ridée de réunir les enfants au salon venait d'Albert. En prévision de l'heureux événement attendu, chacun devait exprimer sa préférence pour le prénom de celui ou de celle qui, dans les prochains jours, allait venir agrandir le cercle familial. 14

Odette rejoignit son petit monde, la discussion allait bon train. Calendrier en main, on sélectionnait, défendant âprement son choix. Finalement un large consensus se fit, ce serait Monique si c'était une fille. Ce fut une fille, dont la naissance en cet été 40 vint apporter une joie, une lumière, une chaleur nouvelle dans ce lourd climat général qui avait suivi la signature de l'armistice. Les enfants, Victor, Catherine, Eugène, dont l'âge s'échelonnait entre 5, 7 et 10ans, n'avaient pas échappé à l'ambiance délétère qui sévissait depuis la défaite consommée. [attitude des parents, leur tristesse par moments, quelques paroles échangées, des silences inhabituels les avaient sensibilisés, au point qu'ils partageaient par intuition, même chez les plus jeunes, la gravité de la situation. Il est vrai que sur un plan plus proche, depuis leur récente venue ici, à Casablanca, une série ininterrompue d'événements fâcheux avait ajouté à la morosité ressen tIe par tous. Ce fut tout d'abord cette malheureuse petite chienne, Rita, qui perdit la vie, en restant suspendue par sa laisse trop courte au mur de clôture qu'elle venait de franchir dans un bond fatal. Puis l'élevage de cochons d'Inde, objet de toutes les attentions d'Eugène, décimés en une nuit de carnage par 15

les chats du quartier, les traitant comme de vulgaires rongeurs. Victor, qui bascula, tête en arrière, d'un rebord de fenêtre et s'ouvrit le cuir chevelu sur une grille en métal placée au sol. Enfin, la mésaventure survenue à Albert. Son épouse venait de lui panser à la main droite une petite plaie qu'il s'était faite au chantier. Sur le seuil de la maison, il s'apprête à rejoindre son travail. Il embrasse sa femme, prend une cigarette, l'allume, une petite explosion sourde! Sous l'action de l'éther, le pansement s'enflamme. Le temps d'entrer précipitamment dans le salon, d'enfouir la main sous un coussin, il est trop tard. La gaze restera collée à la chair, brûlure au deuxième ou troisième degré. Malgré la rapidité des soins, il gardera des séquelles, une main douloureuse, fragile, dont deux doigts seront légèrement palmés à la base, réunis entre eux par une petite membrane qui s'est sournoisement formée au cours de la longue guérison.

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Mutation à Pédala

La loi des séries dirons-nous? Il faut le croire si on y ajoute l'effet désastreux d'un ordre de la compagnie qui un peu avant la rentrée d'octobre renvoyait tout ce petit monde à Fédala 1, nouveau lieu de mutation d'Albert. De prime abord, cette décision, bien qu'elle vînt modifier les projets en cours, n'avait en soi rien d'alarmant. Mais très vite, on commença à s'interroger, lorsque la hiérarchie marqua quelques hésitations. Albert avait été convoqué par son supérieur, le chef de district. - Mon Cher, je suis très ennuyé! Notre direction a quelque peu anticipé sur la libération du poste qui vous était destiné ici. Étonnement de l'intéressé. - Je ne comprends pas?

1. Actuellement Mohammedia, ville côtière située à 27 km au nord de Casablanca.
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- Il s'agit d'un léger contretemps, nous le réglerons dès que possible. En attendant j'ai une proposition intéressante à vous faire. Il s'agissait de diriger un chantier aux confins sahariens, maroco-algériens, pour la construction de la ligne de chemins de fer du Méditerranée-Niger qui devait relier Bouarfa à Gao. - Acceptez! De notre côté, nous rechercherons une solution pour assurer le logement de votre famille ici. Songez que la direction de ces travaux représente pour vous une occasion exceptionnelle de promotion. Ce qui se tramait n'était pas du goût d'Odette. Son intuition féminine aux aguets, depuis la déception qui avait suivi le départ de Casablanca, l'incurie des services lui apparaissait avec plus d'acuité qu'à son mari, pris dans la nasse des ordres et contrordres. - Combien de temps resterais-tu absent? - Comment aurons-nous de tes nouvelles? Albert, qui s'était retrouvé un moment désemparé, sans affectation de poste, avait pratiquement donné un accord de principe à son supérieur. - On parle de deux périodes de six mois, entrecoupées d'un repos compensateur. Le chef de district, très coopératif, propose de mettre, pour un an, sa villa à notre disposition. Durant cette période, sa famille s'installera à Rabat. 18

- Et par la suite! intervint Odette. Où irons-nous?
Tu sais très bien qu'avec l'afflux des réfugiés, il est pratiquement impossible de trouver actuellement un logement ici. Mon Dieu! Nous n'aurions jamais dû quitter Casa! - Ne t'inquiète pas, dans un an j'aurai terminé mon séjour à Bouarfa, tout s'arrangera. - Et si tout cela n'était qu'un piège? La réaction de sa femme ne le surprit qu'à moitié. Ce sentiment lui avait déjà traversé l'esprit. Pourquoi l'avoir fait venir ici, alors qu'il était notoire que le titulaire du seul poste existant était solidement installé sur place pour longtemps. À Casablanca, l'important service de la voie assurait à Albert une pérennité de fonction. En le mutant avec armes et bagages à Pédala, où finalement elle ne lui attribuait aucun poste stable, sa hiérarchie le plaçait en porte-à-faux. S'agissait-il d'une manœuvre préméditée? Linterrogation demeure. Quoi qu'il en soit, le voilà désormais à la merci de sa direction pour accepter, sans autre choix, d'être expédié au désert. Le départ du père marquera le début d'une lente détérioration de tout ce qui forme la vie familiale.

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Odette n'avait pas trente ans. Elle restait seule, en cette période difficile, avec quatre enfants. La bonne volonté de tous n'était pas contestable, chacun à son échelle, sauf bien entendu le bébé de deux mois, s'employant à alléger les difficultés de leur mère. Mais pour Eugène, l'absence de l'autorité paternelle allait modifier quelque peu son comportement. Insensiblement, tout en apportant son aide et peutêtre fort de cela, au fur et à mesure que son rôle s'étoffait, cautionné par une débrouillardise qualifiée d'exceptionnelle qui, en cette période de pénurie, lui permettait de faire des merveilles au profit de tous, il se démarquait de toute surveillance. Laîné de la famille n'avait pas son pareil à dénicher, pour le bébé, les précieuses boîtes de lait concentré sucré « Gloria, Montblanc, Moutatchou », qui existaient encore en quelques Hanouts au fond des ruelles de la kasbah. À ramener un sac de pommes de terre acquis à bas prix chez le fellah. Ou à se procurer des boîtes de sardines, confiture et autres, cédées dans d'excellentes conditions par quelque employé d'une conserverIe. Sans compter les attentes interminables entreprises avant l'aurore devant le rideau baissé des stalles du marché, dans la perspective d'obtenir le fameux saindoux, la graisse de porc qui, à l'heure du petit-déjeuner, suppléait à l'absence de beurre. 20

La faculté d'aller, de venir, servie par tous ces bons prétextes de services rendus, lui convenait bien. Entre autres, elle lui facilitait toute explication lorsqu'il s'attardait dans d'interminables parties de billes avec les copains, ou dans des matchs de foot improvisés sur un terrain vague, entre équipes de quartiers ou entre les « Français» et les « Arabes». Dans ce dernier cas, les premiers nommés devaient enlever leurs souliers afin que sur ce plan tout le monde fût à égalité. La partie se déroulait, pieds nus sur un sol de terre, avec creux et bosses au milieu des cailloux. Cet abus de liberté n'était pas sans conséquences sur ses résultats en classe. Peu après son admission à l'école primaire de Fédala, au vu de son niveau scolaire, le directeur de l'établissement avait décidé de lui faire sauter le cours moyen deuxième année, et de l'accueillir dans sa propre classe, dite supérieure, de préparation au Certificat d'études. La compétition qui régnait dans ce véritable sanctuaire, dominé par de grandes filles de 14 ans, qui, le certif en poche, s'offraient, en « roue libre» et avec délectation, une année de perfectionnement avant d'arrêter leurs études, tourna à sa déconfiture. Le « stetch » (son surnom venait du bruit émis par ce personnage truculent lorsqu'il éternuait), le stetch donc entendait maintenir son score touchant les 100 °10 de réussite à cet examen mythique qu'était le Certificat d'études. 21

Les performances d'un Eugène dissipé ne l'incitèrent pas à le présenter. Lélève dut attendre l'année suivante pour échapper à l'univers du primaire, en réussissant l'examen de sélection d'entrée en 6e au lycée Lyautey de Casablanca. La pension! Un temps il en fut question, mais bien vite cette solution dut être abandonnée. La pénurie était passée par là. Il apparut impossible de réunir le trousseau minimum demandé, sauf à dépouiller tous les lits de la maison... une façon de laisser la famille dans de beaux draps! Une autre voie existait, qui tenait de l'espoir, mais aussi de l'angoisse, par rengagement qu'elle supposait. Elle nécessitait une décision dont l'ampleur dépassait les capacités d'appréciation du gamin. C'était le séminaire de Rabat. Laumônier de la troupe de scouts, qui tenait Eugène en grande estime, le relançait à ce sujet. Fort de l'accord obtenu auprès de ses supérieurs ecclésiastiques, il lui garantissait des études secondaires sans bourse déliée. Ses parents se gardèrent d'influer sur son choix. Il resta seul face au dilemme. Accepter aujourd'hui, c'était s'exposer immanquablement à décevoir un jour la confiance dont il aurait été l'objet. Il ressentait cela comme une trahison à venir. .. perspective insupportable. 22

En approchant du moment fatidique de prendre une décision, il renonça. Dès lors, on opta pour une solution intermédiaire, la demi-pension au lycée de Casablanca, où il se rendrait chaque jour par le train.

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Le confort des magasins

Au cours des deux années écoulées depuis la venue à Fédala, le sort de la petite famille n'avait cessé d'aller en se dégradant. Si tout d'abord, dans les premiers temps, l'habitat s'était révélé relativement confortable: on avait aménagé dans une villa, au milieu d'un grand jardin, planté de bananiers et d'orangers, nul n'échappait au vide existentiel que créait l'absence d'un père retenu sur son lointain chantier de Bouarfa. Bien vite, le terme d'un an fixé pour l'occupation de la villa fut atteint, le chef de district, sous la pression de sa femme, voulut récupérer son bien. Cet engagement avait été quelque peu oublié. Quand on réalisa qu'aucun logement n'était disponible dans la région, le désarroi fut complet. Odette, seule, sans appui, dut obtempérer et libérer les lieux. S'attribuant « générosité et grande mansuétude », la Compagnie accepta que la famille pût se loger dans d'anciens magasins désaffectés proches de la gare. Il s'agissait de deux pièces totalement nues, sans aucune

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