Achille Tatius

De
Publié par

Cet essai vise à faire connaître un auteur tardif, peu étudié dans le cursus des langues anciennes et qui a longtemps été présenté comme un rhéteur sans grand intérêt. Même si Les aventures de Leucippé et Clitophon présentent des lieux communs et répondent aux normes littéraires du roman hellénistique, il s'agit aussi d'une oeuvre tout à fait singulière, originale sur bien des points. Les étudiants candidats au concours de l'Agrégation trouveront là un outil intéressant.
Publié le : mardi 1 novembre 2011
Lecture(s) : 33
Tags :
EAN13 : 9782296472150
Nombre de pages : 130
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat








ACHILLE TATIUS

ou la contestation
du genre romanesque

























Collection KUBABA
Série Eclectique







Valérie FARANTON




ACHILLE TATIUS
ou la contestation
du genre romanesque



Préface de J. P. LEVET







Association KUBABA, Université de Paris I,
Panthéon – Sorbonne,
12 Place du Panthéon 75231 Paris CEDEX 05

L’Harmattan
Reproductions de la couverture :
Couple en mer 20 x30 acrylique et encre sur papier de Josiane Chagot
La déesse KUBABA de Vladimir Tchernychev




Directeur de publication : Michel Mazoyer
Directeur scientifique : Jorge Pérez Rey


Comité de rédaction

Trésorière : Christine Gaulme
Colloques : Jesús Martínez Dorronsorro
Relations publiques : Annie Tchernychev, Sylvie Garreau
Directrice du Comité de lecture : Annick Touchard

Comité scientifique
Sydney H. Aufrère, Sébastien Barbara, Marielle de Béchillon, Pierre
Bordreuil,
Nathalie Bosson, Dominique Briquel, Sylvain Brocquet,
Gérard Capdeville, Jacques Freu, Charles Guittard, Jean-Pierre Levet,
Michel Mazoyer, Paul Mirault, Dennis Pardee, Eric Pirart, Jean-Michel
Renaud,
Nicolas Richer, Bernard Sergent, Claude Sterckx,
Patrick Voisin, Paul Wathelet

Ingénieur informatique
Patrick Habersack (macpaddy@free.fr)


Avec la collaboration artistique de Jean-Michel Lartigaud,
et de Vladimir Tchernychev


Ce volume a été imprimé par
© Association KUBABA, Paris
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56495-4
EAN : 9782296564954
Bibliothèque Kubaba (sélection)
http://kubaba.univ-paris1.fr/

CAHIERS KUBABA
FÊtes et Festivités
Rites et Célébrations
La campagne antique : Espace sauvage, terre domestiquée
La Campagne colonisée Barbares et civilisés dans l’Antiquité.
Monstres et Monstruosités.
Barbares et civilisés
Comment peut-on être barbare ?
Histoires de monstres à l’époque moderne et contemporaine.
Le Banquet à travers les âges de Pharaon à Marco Ferreri

COLLECTION KUBABA
1. Série Antiquité
Dominique BRIQUEL, Le Forum brûle.
Jacques FREU, Histoire politique d’Ugarit.
——, Histoire du Mitanni.
——, Suppiliuliuma et la veuve du pharaon.
Éric PIRART, L’Aphrodite iranienne.
——, L’éloge mazdéen de l’ivresse.
——, L’Aphrodite iranienne.
——, Guerriers d’Iran.
——, Georges Dumézil face aux démons iraniens.
——, La naissance d’Indra.
Michel MAZOYER, Télipinu, le dieu du marécage.
Bernard SERGENT, L’Atlantide et la mythologie grecque.
Claude STERKX, Les mutilations des ennemis chez les Celtes préchrétiens.
Jacques Freu et Michel Mazoyer
Vol. 1 : en collaboration avec Isabelle KLOCK-FONTANILLE, Des
origines à la fin de l’Ancien Royaume Hittite.
Vol. 2 :, Les débuts du Nouvel Empire Hittite.
Vol. 3 :, L’apogée du Nouvel Empire Hittite.
Vol. 4 : Le déclin et la chute du Nouvel Empire Hittite.
Michel MAZOYER (éd.), Homère et l’Anatolie. AZOYER et Olivier CASABONNE (éd.), Mélanges en l’honneur du
Professeur René Lebrun :
Vol. 1 : Antiquus Oriens.
Vol. 2 : Studia Anatolica et Varia.
Sydney H. AUFRÈRE, Thot Hermès l’Égyptien. De l’infiniment grand à
l’infiniment petit.
Richard-Alain JEAN et Anne-Marie LOYRETTE, La mère, l’enfant et le lait en
Egypte ancienne.
Daniel GRICOURT et Dominique HOLLARD, Cernunnos, le dioscure sauvage.

2. Série Éclectique (littérature, essais, pédagogie)
Élie LOBERMANN, Sueurs ocres.
René VARENNES, Au-delà des mots.
Annie TCHERNYCHEV, Une saison russe.
France DUHAMEL, Arrobazze, le petit thon des mers.
PatrickVOISIN, Il faut reconstruire Carthage.
Christian BANAKAS, Les difficultés de l’anglais. La voix passive.
Les paronymes.
Paul MIRAULT, Une initiation à la philosophie de Claude Tresmontant.
Lydie GARREAU, Louis-Joseph Lebret, Précurseur de Vatican II.
PREFACE


Spécialiste confirmée du roman grec depuis la soutenance de
sa thèse à Limoges il y a quelques années, Valérie Faranton
dispense désormais un enseignement universitaire à Arras.
Son excellente monographie consacrée à Achille Tatius
propose une présentation à la fois claire, pratique, fine et érudite
d’une œuvre que l’on a pu à juste titre qualifier de
1« foisonnante » .
Tous les aspects conventionnels et surtout originaux de
Leucippé et Clitophon y sont exposés méthodiquement et
analysés avec une exactitude et une précision qui bénéficient
d’une connaissance approfondie et bien maîtrisée des traits
caractéristiques de ce roman si particulier ainsi que du support
des acquis parfaitement assimilés d’une substantielle
bibliographie.
L’étude s’ouvre sur une présentation du genre romanesque
en Grèce, destinée à faire apprécier ce qui constitue l’intérêt
majeur de la structure et du contenu de l’ouvrage, de la
conception de l’intrigue et de son déroulement, de l’inspiration
et de l’écriture de son auteur.
On découvre ensuite, à travers des approches différentes
habilement adaptées aux réalités décrites (elles sont d’ordre
littéraire, rhétorique, lexical ou anthropologique), tout ce qui
contribue à constituer la richesse et l’intérêt de la création
artistique d’Achille Tatius. Citons, sans prétendre donner une
liste complète, les topoï et la manière dont ils sont exploités, les
caractères spécifiques de l’énonciation, le goût de la variation,
l’importance des ekphraseis, la saveur de l’exotisme considéré
sous ses différentes formes, la variété des digressions,
l’enchaînement des épisodes, la description du monde animal et
végétal, le sens de la nature, la psychologie des personnages,
l’action des forces du destin, la suite des péripéties, l’évocation
de l’amour, la création d’un univers éloigné des représentations

1
S. Saïd, M. Trédé et A. Le Boulluec, Histoire de la littérature
grecque, PUF, Paris, 1997, p. 511.








traditionnelles, aucun de ses traits importants n’étant négligé
etc.
L’examen rigoureux de très nombreux passages choisis en
raison de leur caractère particulièrement significatif permet de
saisir progressivement et de l’intérieur le processus
d’élaboration romanesque et de découvrir pour les apprécier
tous les éléments qui différencient l’inspiration d’Achille Tatius
de l’art des autres romanciers grecs.
Particulièrement riche en informations et en analyses,
l’ouvrage de Valérie Faranton sera utile non seulement à tous
les lecteurs qui souhaiteront acquérir une connaissance sûre du
genre littéraire et de l’auteur concernés, mais encore, et avec
une égale efficacité tant il est bien construit et dense, à tous les
spécialistes en quête d’une érudition limpide et féconde de
nature à contribuer avec succès à nourrir un commentaire
approfondi et varié des principaux passages et des thèmes
majeurs d’un ouvrage que ses qualités ont fait inscrire au
programme actuel de l’agrégation.



Jean-Pierre Levet
Professeur à l’Université de Limoges















12







INTRODUCTION



Le genre romanesque dans l’Antiquité et son contexte – la
seconde sophistique.


Pierre Grimal, dans l’Introduction du volume aux Romans
grecs et latins, qu’il a traduits, propose une mise au point
synthétique des diverses problématiques liées à l’avènement du
genre romanesque. Nous en retraçons ici les axes principaux.

On a longtemps prétendu que c’est la Seconde Sophistique,
ermouvement se développant à partir du 1 siècle après J.C., qui a
permis l’émergence du roman : elle aurait opéré une synthèse
entre deux genres antérieurs : les récits amoureux de l’élégie
alexandrine et les histoires de voyage. C’est en particulier l’idée
d’E. Rohdes, premier philologue à s’être intéressé aux romans
èmegrecs, à la fin du 19 siècle. Aujourd’hui, cette idée est
largement remise en cause : bien des érudits – à commencer par
P. Grimal – ont montré que la littérature grecque offrait bien
d’autres sources possibles aux romans : l’épopée homérique, la
tragédie, les récits de voyage, les récits de combat. Certains
schémas ou motifs pourraient aussi avoir été empruntés aux
mythes : les reconnaissances d’enfants, les substitutions
d’enfants, les retournements de situation… Enfin, l’écriture
historique, telle qu’elle a été pratiquée par Hérodote et
Xénophon, semble également avoir fourni des éléments propres
à inspirer le roman.

Ces romans sont probablement l’œuvre de rhéteurs,
sensibles à l’esthétique de l’écriture. L’une des caractéristiques
du roman est d’ailleurs la volonté des auteurs de mettre en
lumière tout leur art : art de l’invention, de la composition, de la
description (dans les portraits comme dans les paysages ou les
œuvres d’art). La manière dont Achille Tatius introduit son récit
est assez emblématique : un narrateur anonyme nous présente








Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.