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Andreï Makine et la francophonie

De
302 pages
D'origine sibérienne, Andreï Makine, arrivé en Paris en 1987, a commencé à écrire ses romans en français. Son oeuvre, dense et diverse, récompensée de nombreuses fois (Goncourt, Médicis...), notamment Le Testament français, est étudiée dans cet ouvrage. L'auteur dépasse la simple autobiographie pour construire une "géopoétique" de l'auteur : "monde en archipel", son univers permet l'émergence de connexions et de liens qui redéfinissent son univers littéraire. Un essai expérimental.
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Andreϊ Makine et la francophonie Pour une géopoétique des œuvres littéraires
ErzsébetHarmatH
Andreϊ Makine et la francophonie Pour une géopoétique des œuvres littéraires
Pour une géopoétique des œuvres littéraires Andreϊ Makine et la francophonie
AndreϊMakine et la francophonie
LITTÉRATURES COMPARÉESCOLLECTION DIRIGÉE PAR PIERRE ZIRKULI « Liberté et refus des frontières (linguistiques et/ou culturelles). Ce sont là sans doute deux principes fondamentaux de l’activité comparatiste… »(Didier Souiller)  Les méthodes comparatives touchent tous les domaines des sciences de l’homme – des études littéraires, linguistiques, historiques à la psychologie et aux sciences politiques. Notre collection propose un approfondissement de ces méthodes en publiant des études de littératures comparées. Hormis les chercheurs travaillant en France, les auteurs sont des universitaires étrangers dont la langue de travail (ou l’une des langues de travail) est le français. Une attention toute particulière est accordée à la promotion d’une nouvelle génération de comparatistes. Placée sous le signe de la liberté et du refus des frontières, cette collection est littéraire, ce qui veut dire qu’elle se met au service de la compréhension et de la découverte.Déjà parus :Ildikó LėRINSZKY, L’Orient de Flaubert. Des écrits de jeunesse à Salammbô : la construction d’un imaginaire mythique: Pierre. Préface Brunel. Ioana VULTUR,Proust et Broch : les frontières du temps, les frontières de la mémoire.Préface : Antoine Compagnon. Eric FOUGÈRE,Îles et balises. Escales en littérature insulaire.Corin BRAGA,Le paradis interdit au Moyen Age. La quête manquée de l’Eden Oriental.Préface : Jean-Jacques Wunenburger. Nadège LE LAN,La demoiselle d’Escalot, 1230-1978. Morte d’amour, interdits, temps retrouvé.Préface : André Lorant. Michel KAPPES,Roman et mythes. Rilke, Bachmann, Plath. Alexandre PRSTOJEVIĆ,Le roman face à l’histoire. Essai sur Claude Simon et Danilo Kiš.Préface : Jean-Pierre Morel. Eric TOUYA DE MARENNE,Musique et poétique à l’âge du symbolisme. Variations sur Wagner : Baudelaire, Mallarmé, Claudel, Valéry. Corin BRAGA,La quête manquée de l’Avalon occidentale. Le paradis interdit au Moyen Age – 2 .Marta CICHOCKA,Entre la nouvelle histoire et le nouveau roman historique. Réinventions, relectures, écritures. Michel AROUIMI,Les Apocalypses secrètes. Shakespeare,Eichendorff, Rimbaud, Conrad, Claudel, Tchékhov, Ramuz, Bosco, Carlo Levi.Anikó ADAM,La poétique du vague dans les œuvres de Chateaubriand.’Vers une esthétique comparée.Carole BISENIUS-PEPIN,Le roman oulipien. Préface : Pierre Brunel. (Suite : à la fin de l’ouvrage)
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Erzsébet Harmath AndreϊMakine et la francophonie Pour une géopoétique des oeuvres littéraires Préface de Ricard Ripoll
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09113-6 EAN : 9782343091136
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à K.
SOMMAIRE
PRÉFACE..................................................................................... 7 INTRODUCTION......................................................................... 13 PARTIEILA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ET LES LITTÉRATURES FRANCOPHONES........................................................................ 19 LA CRITIQUE MAKINIENNE............................................. 25 PARTIEIICADRE THÉORIQUE DU RHIZOME MAKINIEN:THÉORIE WESTPHALIENNE ET DELEUZO-GUATTARIENNE........................47 II.1.GÉOCRITIQUE MULTIDISCIPLINAIRE....................... 52 II.1.1.L’ESPACE EN MOUVEMENT OU LES THÉORIES DU TROISIÈME ESPACE:EVEN-ZOHAR,LOTMANETDELEUZEGUATTARI......................................... 69 II.1.2.LA MULTIPLICITÉ DES MONDES...................... 80 II.1.3.ÉLÉMENTS GÉOCRITIQUES.............................. 85 II.2.LA GÉOPHILOSOPHIE DEGILLESDELEUZE ET DE FÉLIXGUATTARI............................................................ 95 II.2.1.L’ARCHIPELETLE MONDE EN DEVENIR...... 100 II.2.2.LE DEVENIRETLE RHIZOMEETLELISSE.... 108 II.2.3.LA MONADEETLE VIRTUELETLE PLI........ 115 CONCLUSION................................................................ 123
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PARTIEIIILES AGENCEMENTS DU RHIZOME MAKINIEN.......................... 125 III.1.ESPACE-TEMPS:THÈMES-STRUCTURES DYNAMIQUES............................................................... 126 III.1.1.ESPÈCES DESPACESETTEMPS SÉRIELS..... 126 CONCLUSION................................................................ 160 III.2.SUJET:LE SUJET EN PROCÈS,SUJET EN DEVENIR161 III.2.1.DE L’«HOMO SOVIETICUS»AU SUJET NOMADE.................................................................. 162 III.2.2.GÉOGRAPHIE SENSORIELLEETPOLYSENSORIALITÉ MAKINIENNE..................... 177 CONCLUSION................................................................ 191 III.3.LE RHIZOME(TRANS)GÉNÉRIQUE DEMAKINE.... 192 III.3.1.ÉCRITURES DE SOI À LAMAKINEETMULTIDIS-CIPLINARITÉ TRANSGÉNÉRIQUE............. 193 III.3.2.MIGRATION DANS LA LITTÉRATURE:LESSAI CONTEMPORAIN COMME RHIZOMEÀ LAMAKINE ET LA RE-PRÉSENTATION SPATIALEDE LAFRANCE.......2..80................................................ III.3.3.CRITIQUE DU MONDE DOMINÉPAR LIMAGE OULEMONDE SELONGABRIEL........ 225 III.3.4.LES OUVRAGES-PHOTOS......................442........ CONCLUSION................................................................ 261 CONCLUSIONLE DEVENIR NOMADE DEMAKINE......................................... 263 INDEX..................................................................................... 271 BIBLIOGRAPHIE...................................................................... 277
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PRÉFACE
« Le dévoilement des instants éternels » prologue à POUR UNE GÉOPÉTIQUE DES ŒUVRES LITTÉRAIRESANDREÏMAKINE ET LA FRANCOPHONIEd’Erzsébet HARMATH La critique universitaire s’intéresse depuis longtemps aux « écrivains de la frontière », ces auteurs entre deux lieux, deux patries, deux langues, deux cultures. De nombreuses contributions dans ce domaine ont permis de mettre en place des concepts – centrés autour de l’interculturel – et de créer des discours capables de cerner les multiples phénomènes qui miroitent autour de cette étrange figure que constitue l’écrivain bilingue.  Malheureusement, trop souvent, la thématique qui découle naturellement de l’imaginaire de l’exil qui accompagne les œuvres de ces auteurs termine par gommer l’écriture qui la sous-tend. Le fond empêche de voir la forme. Et alors l’analyse littéraire finit par présenter le monde intime dudit écrivain à partir de ses expériences personnelles, quant elle ne se limite pas à signaler les jalons d’une vie souvent mouvementée.
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 Le travail d’Andreï Makine – celui qui apparaît sous ce nom mais également celui qui figure sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde – peut être placé sous l’angle de la « frontière » et son œuvre est d’ores et déjà une référence pour ceux qui traquent les exils littéraires. Makine est devenu l’exemple même, pour certains, de cet écrivain qui assure le passage entre deux cultures et qui n’appartient en propre ni à l’une ni à l’autre. L’appellation d’écrivain « franco-russe » montre à quel point les origines sont des marqueurs, au-delà de la langue de l’écriture de l’œuvre. Car il faudrait bien distinguer, et de façon encore plus manifeste pour un écrivain, la naissance et l’écriture. Certes, les origines constitueront le plus souvent un fond prioritaire, un arrière-plan fantasmatique pour les uns, réels pour les autres, mais ce sera la mise en forme, la langue choisie, qui marquera de toute évidence « l’inscription nationale » de l’écrivain.  L’histoire est pleine de ces écrivains, pour n’en citer que quelques-uns : Samuel Beckett, qui écrit dans les deux langues, mais qui utilise le français pour la plupart de ses textes ; Agustín Gómez-Arcos, exilé en France, qui écrit ses premiers textes en espagnol (théâtre, poésie), puis qui adopte le français pour les romans qu’il écrit lors de son exil ; Milan Kundera, qui finit par écrire directement en français… Ces écrivains ont changé de lieu, quelques-uns considèreront même de patrie sentimentale, pour des raisons politiques le plus souvent et leur déplacement a supposé un déplacement dans ce qu’il y a de plus intime et de plus ancré en l’homme, la langue maternelle.  Force est de signaler cet espèce de chiasme entre une langue dite « maternelle » et une appartenance géographico-politique-sentimentale appelée « patrie ». Ce que les écrivains de la frontière abandonnent, lorsqu’ils décident de n’écrire que dans une seule langue, c’est bien la représentation de la mère, cette langue apprise naturellement qu’ils délaissent pour une nouvelle langue,
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étrangère, qu’ils vont s’approprier, mais en laissant toujours des traces de l’autre langue, de la langue originelle, en conservant un accent qui en fera à jamais, ne serait-ce que dans l’imaginaire des nationaux, des étrangers. Des perpétuels étrangers, déplacés, minoritaires, « mineurs » dans le sens deleuzien, voilà ce que sont les écrivains de la frontière, car ils choisissent l’un des deux côtés de cette frontière, en fait très peu souvent l’espace intermédiaire où les deux langues pourraient partager un espace commun.  La ligne de démarcation est vite située entre le fond et la forme : le fond, les origines ; la forme, cette langue à apprivoiser. Entre le père, représentant de cette patrie qui vacille, mais qui restera pour la plupart un point de référence, vite mythifié, et la mère, symbole de la langue à laquelle ils vont renoncer pour construire leur nouvelle écriture. Et pour construire une nouvelle mère, non plus imposée mais choisie, qu’ils vont conquérir.  Andreï Makine se débat entre ses deux figures : son œuvre ne parle que d’espaces russes, d’un passé qu’il a vécu, d’une histoire qui est la sienne (enfance, adolescence), mais avec une langue étrangère, même si pour lui il est question d’une « langue grand-maternelle ». Sa langue est étrangère par la représentation que les autres s’en font, par l’accent qui marque la distance, par la précision avec laquelle il l’utilise, langue littéraire, plus que parlée, langue apprise dans les livres, langue transmise par une autre que la mère. Cette langue est à la recherche d’une patrie, d’un nouveau père symbolique. Elle crée la différence, elle marque une frontière à dépasser.  La patrie, c’est la langue. Tel est le constat des écrivains. On écrit toujours dans une langue étrangère, nous le savons grâce à Jacques Derrida, à Hélène Cixous, mais aussi grâce à James Joyce, et avant lui, grâce à Lautréamont… Tous des écrivains étrangers d’une façon ou d’une autre, écrivains « mineurs », qui déplacent la
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