Cent lettres de Paris

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Tout au long des années 90, Lucian Raicu a été au micro de l'émission en langue roumaine de Radio France Internationale. En 2010, sortait à Bucarest Cent lettres de Paris, choix posthume d'une centaine de ces prises de vue « à chaud » de la vie littéraire et culturelle parisienne. Dans cet ouvrage, nous retrouvons ce Raicu, maître du croquis au fusain, du petit angle insoupçonné qui vous redessine tout un paysage, mais aussi son style particulier « interpellant » le lecteur.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140001017
Nombre de pages : 356
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LucianRAICU
 Cent lettres  de Paris Traduit du roumain par DominiqueILEA
Lettres Roumaines
Cent lettres de Paris
Lettres roumaines Cette collection est consacrée à la littérature roumaine classique et contemporaine. Elle accueille des œuvres traduites du roumain ou rédigées directement en langue française.
LucianRAICUCent lettres de Paris Traduit du roumain par Dominique ILEA
Ouvrage traduit et publié avec le soutien de l’Institut culturel roumainPremière édition :O sutãde scrisori din Paris, Cartea Româneascã, Bucarest, 2010 © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08371-1 EAN : 9782343083711
Tout Paris dans un grand millésime
Tout au long des années 90, Lucian Raicu a été, au micro de l’émission en langue roumaine de Radio France Internationale,la plume et la voix d’une série de chroniques hebdomadaires, dont certaines seraient relayées par les revues roumainesRomânia lite-rarãde Bucarest etVatrade Târgu-Mureş.
En 2010, sortait à Bucarest, aux éditions Cartea Româneascã, Cent lettres de Paris,choix posthume d’une centaine de ces prises de vue « à chaud », au jour le jour, de la vie littéraire-culturelle parisienne, de la lettre et du vécu : parutions, conférences, expo-sitions, interviews radiophoniques ou télévisées…
Nous y retrouvons ce Raicu maître du croquis au fusain, de la fléchette qui fait mouche, du petit angle insoupçonné qui vous redessine tout un paysage – tel (mutatis mutandis) un Philippe Sollers dansLa Guerre du Goût. Mais aussi son style particulier, « interpellant » le lecteur, l’en-traînant dans un « dialogue » très animé ponctué de discrètes confessions intimes, aux accents parfois familiers mais d’une haute tenue – c’est pourquoi ces textes à vocation d’abord orale n’ont pas eu besoin de « toilettage », de réajustements, ayant déjà (pour reprendre la formule que lui-même employa à propos du dernier livre d’Albert Camus) « tout ce qu’il faut, là où il faut ». Des textes à lire d’une traite, à peine jalonnés de pauses respi-ration ; en voici quelques aperçus : Benjamin Fondane – ce prophète imprudent…
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Pascal, Bernanos ou Paul Ricœur – interrogations sur le mal et la souffrance ; cependant assorties d’une espèce de « vie mode d’emploi » – comment « savoir jouir loyal de soi-même » (dirait Montaigne)…
Le rire de Voltaire ou de Cioran – haro sur le cliché… Réflexion sur le « style » qui seul pourrait sauver le monde – avec Proust et Deleuze… Fascination pour la voix – de Mauriac, de Barthes… Prospections du côté d’Ionesco ou de Gherasim Luca… Dégonflage de la baudruche Paul Claudel… Portrait attachant d’Antoine Blondin, « le flâneur de la rive gauche »… Tout Paris dans un grand millésime.
Dominique ILEA
Né en 1934 à Iaşi, capitale historique et culturelle de la Moldavie roumaine,Lucian Raicu(pseudonyme de Bernard Leibovici) est l’un des meilleurs essayistes roumains de la seconde moitié du e XX siècle, dont les études sur Gogol, Tolstoï, Thomas Mann et Ionesco font autorité.
Diplômé de la faculté de lettres de l’Université de Bucarest, puis de l’école de littérature « Mihai Eminescu », travaillant comme rédacteur des revues bucarestoisesGazeta literarã(l’actuelle România literarã) etViaţa Româneascã, il se voit (en 1958) limoger de cette dernière, et bientôt exclure de l’Union des écrivains de Roumanie : le régime communiste ne veut plus de Juifs dans son paysage culturel.
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Les persécutions, la mort de ses meilleurs amis et confrères, le poussent (en 1986) à prendre, avec son épouse, l’écrivaine Sonia Larian, la décision douloureuse (et quasi suicidaire pour un auteur parvenu à maturité dans sa langue natale) de quitter son pays qui ne semblait pas apercevoir de lueur au bout du tunnel. Ayant gagné Paris, il devient chroniqueur aux émissions en langue roumaine de Free Europeet de RFI, tout en gardant le contact avec le monde littéraire de la Roumanie postdécembriste. Décédé en 2006, ses cendres reposent au columbarium du Père-Lachaise.
Œuvres principales
Cent lettres de Paris(O sutãde scrisori din Paris), choix de chro-niques pour la RFI,Cartea Româneascã, Bucarest, 2010 – un extrait dansCahiers Benjamin Fondane,n° 13, Tel-Aviv, 2010, traduit par Dominique Ilea. Par-delà la littérature(Dincolo de literaturã), Hasefer, Bucarest, 2008.  « Journal en miettes » avec Eugène Ionesco (« Journal en miettes»cu Eugène Ionesco), Litera, Bucarest, 1993 – un extrait dansRevue des Deux Mondes,mars 2007, traduit par Dominique Ilea. Scènes du roman de la littérature(Scene din romanul literaturii), Cartea Româneascã, 1985.
La Voie d’accès(Calea de acces), Cartea Româneascã, 1982 ; Polirom, Iaşi, 2004 – un extrait dansRevue des Deux Mondes,décembre 2003, traduit par Dominique Ilea.De l’esprit créateur(Reflecţii asupra spiritului creator), Cartea Româneascã, 1979. La critique – une forme de vie(Critica – formãde viaţã), Cartea Româneascã, 1976.
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Avec Gogol. Essai sur l’inconsistance(Gogol sau fantasticul banalitãţii),Cartea Româneascã, 1974 ; éditions de l’ICR, Bucarest, 2004 – traduit en partie par Odile Serre,L’Âge d’homme, 1992 – un extrait inédit dansRevue des Deux Mondes,juin 2004, traduit par Dominique Ilea.
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Paris – ville des villes
Parmi tous les « mystères de Paris », le plus impénétrable et fascinant est sa capacité d’absorption, résistant à toutes les tenta-tives de concurrence, de rattrapage ; son aptitude à tirer profit de tous les événements historiques (la Révolution, par exemple) et de toutes les époques, de tous les renouvellements et modernisa-tions successifs. Au bénéfice de son « pouvoir », de son prestige.
S’interrogeant par quoi l’histoire « urbaine » de France se différencie-t-elle de celle d’Allemagne ou d’Italie, Georges Duby répond sans hésiter : sa particularité consiste en la « présence de Paris ». Voilà ce qui – en premier lieu – singularise la France. Celle d’hier comme celle d’aujourd’hui. Une pareille continuité au fil d’une évolution séculaire a en soi de quoi laisser songeur. Les grandes villes s’élèvent puis déchoient, leur éclat se ternit – alors que, dans le cas présent, la norme n’a plus l’air de fonctionner.
Je vais citer quelques extraits du début du livre dirigé par Georges Duby (le plus insigne historien français, après la dispa-rition de Braudel) et intituléHistoire de la France urbaine(Seuil, 1980) : le texte – clair, dense, prégnant – ne se laisse ni résumer, ni paraphraser, à moins qu’on veuille à tout prix le galvauder. Le sujet du chapitre est : Paris, que représente-t-elle pour la France, et « pourquoi » :
« Puisque, de part en part de la civilisation française, court une frontière, aussi nette peut-être qu’entre la campagne et toutes les villes : elle isole l’une de l’autre Paris et la province. L’opposition fut plus vivement ressentie dans les temps modernes […]. Sur cette opposition, les Girondins fondèrent leur stratégie ; sur elle, Balzac
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