Couleurs de transfert

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Mathilde goûte le fruit interdit de la littérature. Délice de disposer de sa tête en toute fantaisie. Créer des personnages hauts en couleurs de transfert, dans un joyeux remodelage. Brouiller les pistes, au point de ne plus reconnaître le tien du mien, alors qu'elle avait été payée durant cinq décennies pour démêler les voix qui habitaient chacun. La liberté que donne la fiction lui faciliterait le sevrage. Émotion de la rencontre psychanalytique, assignation impérieuse, dérive flottante, fleuret moucheté, galop à cru, mise à distance humoristique, dramatique, nostalgique... C'était méconnaître l'insistance de réminiscences troublantes.
Publié le : mercredi 2 mars 2016
Lecture(s) : 17
EAN13 : 9782140003202
Nombre de pages : 186
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Mireille NathanMurat
Couleurs de Psy Fictions Psy Fictions transfert
Couleurs de transfert
Psy Fictions
Mireille Nathan-Murat
Couleurs de transfert
Psy Fictions
Du même auteur
Chez un autre éditeur : Deux matinées, juillet août 1973 texte de Mireille Nathan-Murat, publié dans Entre la mort et la famille : la crèche Jacques Hassoun Petite Bibliothèque Payot, N° 314, 1977.
Un éternel Retour, texte de Mireille Nathan-Murat, publié dans Non Lieu de la Mémoire La Cassure d’Auschwitz Coauteurs, Jacques Hassoun, Annie Radzynski Bibliophane, 1990.
ChezL'Harmattan: Poursuivi par la chance De Marseille à Buchenwald Mémoires partagées 19006/1996 Mireille Nathan-Murat, Coll. Mémoire du XXe siècle L’Harmattan, 1996, ISBN : 2-7384-4677-9. © L'HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782343082837 EAN : 9782343082837
Mes remerciements pour leurs enseignements aux analysants qui m'ont fait confiance et dont le souvenir a pu inspirer de loin et après coup mes divagations ; toute ressemblance fortuite avec les personnages fictifs ne saurait être que le fruit des surprises de l’écriture ;
aux « quelques-uns », collègues amis, qui m'ont encouragée à écrire, dont Annie Anquetin, Jean-Pierre Bourgeron, Mona Boutaleb, Marie-France Caillaud, Anne Demazure, Chantal Desaer, Diane Kolnikoff, Alain Lemosof, Christine Leprince, Nata Minor, Simone Molina, Francesca Mosca, Thérèse Petitpierre, Sophie Pierre, Jacqueline Rousseau-Dujardin, Agnès Verlet ;
à mes amis romanciers, Michel Rostain, Laure Técher, à Chacha Danaux Kravetz, à Vivienne Méla, à ma sœur Michelle de Rousiers, à ma cousine, Sonia Lawniczak, à mon oncle Roger Parienty, à ma tante, Annie Hubault, à mes fils, Mao et Corto Péninou, au fumeur de cigares.
En souvenir de Nicolas Degenhardt, Maître yoga, à l'humour affectueux, mitraillé à Paris en terrasse de café à 37 ans le 13 novembre 2015.
À sa fille Althéa, 7 ans, dont il aimait citer les mots d'enfant.
Exergue
à Couleurs de transfert
Psy Fictions
Tu ne devineras jamais !
« Le transfert, destiné à être le plus grand obstacle à la psychanalyse, devient son plus puissant auxiliaire, si l'on réussit à ledevinerchaque fois et à en traduire le sens au patient. »
SigmundFreudFragment d'une analyse d'hystérie, « (Dora) », p. 88Cinq psychanalyses1954., PUF,
Prologue
« Vous faites de la littérature. Ce n’est pas ce que j’attends de vous. Observez. Testez. Soyez rigoureuse dans le décryptage des protocoles. Écoutez. Décrivez. » Et surtout : « Ne devinez jamais ! », lui avait ordonné, en guise de Onzième Commandement, sa Responsable de stage à l’hôpital psychiatrique, une femme énergique, docteur en psychologie. Docteur sans « e » car, dans les années soixante, on ne féminisait pas les grades universitaires et hospitaliers.
Cinquante ans plus tard, libérée de ces doctes injonctions, Mathilde Tandoura goûte le fruit interdit de la littérature. Fictions psychanalytiques. Enfin s’offre à elle les délices d’avoir sa tête à soi. Non, la retraite ne serait pas seulement ce renoncement à « prêter son appareil psychique », comme disaient ses aînés de la Société savante où elle avait fait son parcours du combattant de psychanalyste patentée. Les rencontres psychanalytiques, par leur fréquence, leur durée, ont une telle spécificité dans la qualité des échanges, des émotions, la sollicitation réciproque de mécanismes de pensée inconscients… La liberté que donne la fiction lui faciliterait le sevrage, une certaine mise à distance, souvent humoristique, parfois dramatique, encore très nostalgique de tant de vivacité. Mathilde allait se payer le luxe de revisiter ses souvenirs dans le désordre. Créer des personnages dans un joyeux remodelage. Brouiller les pistes, au point de ne plus
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