Darwinisme et littérature de science-fiction

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Il a paru intéressant de considérer de près, dans le cadre d'une approche des relations entre science et littérature, un exemple de poétique de la science, et ce au sein d'un genre littéraire a priori prédisposé, la science-fiction. Le présent ouvrage veut montrer comment le darwinisme et plus largement l'évolutionnisme - théorie scientifique et controverses elles-mêmes renouvelées jusqu'à nos jours - accompagnent dans ses différentes manifestations l'évolution du genre littéraire.
Publié le : jeudi 1 décembre 2011
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EAN13 : 9782296474611
Nombre de pages : 314
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DARWINISME
ET LITTÉRATURE DE SCIENCE-FICTION
Cognition et FormationCollection dirigée par Georges Lerbet et Jean-Claude SallaberryLes situations de formation sont complexes. Elles s'appuient sur des processus cognitifs eux aussi complexes. Appréhender ces situations et ces processus signifie que les sujets (chercheurs, formateurs, "apprenants"...), leurs milieux et leurs relations sont considérés comme des systèmes autonomes en interactions. Cela conduit à mettre l'accent sur une nouvelle pragmatique éducative développée au fil des volumes de la collection. Déjà parus B. CLAVERIE,L’homme augmenté, Néotechnologies pour un dépassement du corps et de la pensée, 2010. B. CLAVERIE, J.-C. SALLABERRY, J.-F. TRINQUECOSTE,Management et cognition. Pilotage des organisations : questions de représentations, 2009. Guy BOY et Jean PINET,L’être technologique. Une discussion entre un chercheur et un pilote d’essais, 2008. Max PAGÈS,L’implication dans les sciences humaines. Une clinique de la complexité, 2006. Mylène ANQUETIL-CALLAC,L’accueil de l’expérience,2006. Bernard CLAVERIE,Cognitique, 2005. Franck VIALLE,La construction paradoxale de l’autonomie en formations alternées, 2005. F. MORANDI et J.C. SALLABERRY (Coord.)Théorisation des pratiques,2005. Jean-Claude SALLABERRY,Dynamique des représentations et construction des concepts scientifiques, 2004. Yvette VAVASSEUR,Relation pédagogique et médiation de la voix, 2003. Martine BEAUVAIS,« Savoirs-enseignés » - Question(s) de légitimité(s), 2003. Christian GERARD, Jean-Philippe GILLIER (coord.),Se former par la recherche en atlernance, 2001. Pierre PEYRÉ,Compétences sociales et relations à autrui, 2000. André de PERETTI,Energétique personnelle et sociale,1999. Edgard MORIN et Jean-Louis LE MOIGNE,de la complexité L’intelligence , 1999. Christian GÉRARD,Au bonheur des maths,1999. Georges LERBET,L’autonomie masquée.Histoire d’une modélisation,1998. Jean-Claude SALLABERRY,Groupe, création et alternance, 1998. Lev VYGOTSKY,Théorie des émotions,1998.
Philippe Clermont DARWINISMEET LITTÉRATURE DE SCIENCE-FICTIONPréface de Jean-Claude Sallaberry
Du même auteur F. BERTHELOT et P. CLERMONT, (dir.) :etColloque de Cerisy : Science-fiction imaginaires contemporains.Paris, éd. Bragelonne, coll. « Essais », 2007, 464 pages. P. CLERMONT, (dir.) :Enseigner la littérature de jeunesse – Culture(s), valeurs et didactique en question. Strasbourg, éd. du Scéren – C.R.D.P. d’Alsace, 2008, 275 pages. P. CLERMONT, A. HUFTIER et J.-M. POTTIER, (dir.) :Un seul monde. Relectures de Rosny aîné. Presses Universitaires de Valenciennes, 2010, 350 pages. B. BENERT et P. CLERMONT, (dir.) :Contre l’innocence – Esthétique de l’engagement en littérature de jeunesse. Peter Lang, 2011, 456 pages.© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56551-7 EAN : 9782296565517
SOMMAIRE Préface........................................................................................p. 9Introduction……………………………………………………... p. 13 Chapitre premier : Sources scientifiques des motifs littéraires p. 23Chapitre II : Premières influences du darwinisme -Trois fondateurs de la science-fiction moderne……………….. p. 61 Chapitre III : Premières variations…………………………… p. 109 Chapitre IV : L’adaptation et les images du devenir humain... p. 155 Chapitre V : L’évolution et la fin……………………………… p. 209 Chapitre VI : Darwinisme, poétique et esthétique de la science-fiction…………………………………………………………… p. 24Conclusion générale…………………………………………… p. 293 Bibliographie…………………………………………………… p. 297 Table des matières……………………………………………… p. 307
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PRÉFACE La carte et le territoire — question pour les concepts comme pour les paradigmes Jean-Claude Sallaberry Yves Coppens, invité sur France Culture, évoquait bien sûr ses travaux, ainsi que la reprise qu’ils opèrent de la théorie de Darwin. Je retiens une anecdote, qui illustre d’entrée de jeu ce dont il est question dans l’ouvrage de Philippe Clermont. Au niveau des enjeux (latents) plus qu’à celui des idées exposées. Yves Coppens raconte ses échanges avec sa grand-mère, qui lui dit volontiers : “d’accord, toi tu descends du singe, mais pas moi !“. Ces mêmes enjeux sont, semble-t-il, perçus comme suffisamment importants, outre-Atlantique, puisque des luttes publiques sont déclenchées à propos de la présence, dans les programmes scolaires, d’apports sur les travaux de Darwin. Je choisis d’aborder ces enjeux en posant la question du “degré de réalité“ d’un outillage théorique (ou, ce qui permet de déplacer quelque peu le regard, d’un outillage de modélisation). Cela nous amènera à discerner signifié et concept, puis à interroger la “réalité“ du concept (scientifique), enfin à discuter de “l’endroit“ où peut se situer une construction théorique (ou modélisatrice) — c’est-à-dire à discuter de son statut. 2 Signifié et concept Un apport pertinent, pour mieux caractériser le concept (scientifique), est celui de la sémiologie. Le « triangle sémiotique » conçoit l’entité sémique (tout objet 3 convoyeur de sens) selon une triade"signifiant-signifié-référent" — définis ici à partir de la position des sémiologues (cf. Cuny, 1982) : - Le signifiant (Sa) constituel'aspect de saisie perceptive(pour "faire comprendre" que je veux parler de l’objet tente, par exemple, j’utilise le mot ‘tente‘). 2 Pour une réflexion plus complète sur le concept, voir Sallaberry, 2004. 3  Eco (1984) nomme ce schéma le triangle sémiotique (p.66). Il signale que ces idées sont déjà repérables chez Platon et Aristote. On les retrouve aussi chez Locke (1751). On doit à Peirce (1885) d’avoir repris et formalisé cette conception ternaire. Dans sa modélisation, les trois instances sont l’objet (réel, imaginable ou inimaginable), le représentamen (image sonore ou visuelle), l’interprétant (image « mentale » associée) (tr. fr. 1978, p. 229). 9
- Le signifié (Sé) estl'aspect production de sens: à partir de ses expériences personnelles de camping, chaque lecteur se réfère à un modèle de tente, à des conditions précises de montage, à un contexte paysager et relationnel… - Le référent est l'objet que désigne le mot. Dans une telle conception, le concept scientifique n’a pas de référent (concret) — d'où la difficulté à le construire et à le faire construire, par d'autres. On voit qu’entretenir la confusion entre signifié et concept, confusion courante depuis Saussure, comporte des avantages et des inconvénients. À la rubrique des avantages, on pourra invoquer la généralité du processus de représentation (il y a travail de représentation quel que soit l’objet), et la généralisation qui accompagne la construction de la classe d’objets. Au chapitre des inconvénients, on retiendra une cascade de confusions. La première est celle que l’on peut repérer entre dénomination et conception (je peux nommer un objet sans pour autant le penser). La deuxième concerne le processus représentationnel : un sujet n’investit pas forcément la pensée rationnelle, n’a pas toujours une volonté classificatoire quand il se représente un objet. La troisième décline la même remarque du point de vue linguistique : poser l’identité du concept et du signifié revient à passer sous silence la dérive du sens qui caractérise le signifié, à aplatir la nuance entre dénotation (sens du dictionnaire) et connotation (tout ce qu’évoque le mot). L’argument que je retiendrai comme principal pour justifier ma position de non-confusion entre signifié et concept est celui du référent. Un objet réel sert de référent à une grande partie des signifiés. Nous avons donc là une situation dans laquelle le 4 processus d’abstraction construit à la fois un mot et une représentation imagée pour représenter l’objet (concret — c’est le moment de rappeler que l’opposition abstrait/concret se place ici : l’objet réel est concret, toute représentation est abstraite ; cela ne signifie pas, bien sûr, qu’il n’y a pas des niveaux différents d’abstraction). Au contraire, dans le cas du concept (qu’il soit scientifique ou philosophique), le mot (et le signifié, c’est-à-dire la conception attachée au mot) ne renvoie pas à un objet, à un support concret. Tout enseignant sait bien la difficulté que constitue l’impossibilité de “montrer la chose“ en disant “c’est ça“. Il me semble, ainsi, peu souhaitable de brouiller les pistes en accréditant l’idée que les deux situations sont semblables. “Réalité“ et concept La question de la “réalité“ d’un concept — ou de la “sensation de réalité“ que peut lui conférer l’expérience de sa pertinence ou, de manière plus prosaïque, l’habitude collective — mérite que l’on s’y attarde un peu. Dans le beau roman
4  Ce n’est pas l’objet de ce texte de statuer sur la simultanéité ou l’antériorité (génétique) de l’un des deux aspects. 10
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