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"J'ai eu le bonheur et le malheur de naître différent" PETRUCCIANI) (Michel  "S'il est des frayeurs, ce sont les nôtres : s'il est des abîmes, ce sont nos abîmes ; s'il est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer. Si nous construisons notre vie sur le principe qu'il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous parait encore aujourd'hui étranger nous deviendra familier et fidèle. Comment oublier ces mythes antiques que l'on trouve au début de l'histoire de tous les peuples, les mythes de ces dragons qui, à la minute suprême, se changent en princesses ? Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions." Rainer Maria RILKE,Lettre à un jeune poète,  Grasset, (coll. "Les Cahiers Rouges", Paris, 1937).
Introduction:  Le choix d'une telle recherche n'était pas purement universitaire. En effet, étant atteinte d'une déficience motrice depuis ma naissance, j'avais lu le roman de Jean-Dominique Bauby,Le Scaphandre et le Papillon, quelques mois avant de porter mon choix sur un thème, mais la perspective de travailler plusieurs années sur la déficience corporelle, motrice dans la littérature ne m'était pas familière. Il m'était particulièrement difficile de m'impliquer affectivement dans ce travail, pour des raisons que l'on comprendra aisément : se confronter à des évidences douloureuses concernant le handicap, évidences que je savais justes, pour en avoir vécu la plupart. (Regard social, interrogation sur soi). J'ai alors choisi de travailler sous un angle plus distant, "détaché", en faisant abstraction de mes émotions et de mon expérience de vie, et mes recherches se sont à ce mo-ment avérées beaucoup plus tolérables.  C'est en lisant des ouvrages sur le handicap, en rencontrant notamment François Suchod (aliasDolsky) que ma François réflexion s'est construite, et que j'ai compris qu'il s'agissait d'une étude nécessaire, non seulement pour ma propre construction, mon évolution personnelle, mais également parce que peu de choses avaient été réalisées à ce jour sur le thème du handicap sur le plan littéraire.  Les recherches entreprises pour déterminer si le thème du handicap moteur en littérature avait déjà été traité m'ont amenée à constater que rien, ou si peu, n'avait été fait à ce sujet, dans le domaine des thèses et ouvrages critiques. Il existe cependant quelques articles portant sur les personnages handicapés dans le roman.
 En revanche, de nombreuses études ont été faites sur le handicap au niveau sociologique, et ce, à tous les niveaux : déficience mentale, intégration, insertion professionnelle, emploi, accessibilité des lieux publics... etc. Bien que ces différentes études participent à mes recherches, elles ne peuvent en faire partie intégrante, puisqu'elles n'abordent que rarement l'aspect littéraire du handicap, ou ne font que le survoler.  La littérature de jeunesse orientée "handicap" a été quant à elle considérablement étudiée (je pense entre autres au travail de 1 recensement de Catherine Exertier) . Enseigner la différence par l'intermédiaire de la lecture ouvre la porte à toutes les tolérances. La littérature adulte est un peu moins bienveillante dans le traitement qu'elle accorde notamment au regard, à la pitié, la compassion envers un personnage handicapé. La recherche dans le thème du handicap au niveau littéraire était sous - exploitée, voire absente. Élaborer un corpus d'œuvres romanesques du handicap ne fut pas aisé. Ma réflexion s'est en premier lieu portée sur les handicaps moteurs, ayant trait à la corporalité, en écartant la pléthore d'œuvres romanesques traitant des handicaps mentaux. Première sélection. Puis recenser les auteurs classiques des auteurs plus contemporains et des auteurs dits "amateurs" sans tomber dans un choix cornélien, rester dans le littéraire sans se restreindre non plus … Il me semblait nécessaire de combler ce vide, notamment sur le plan narratif, afin de déterminer quelle est l'écriture véritable du handicap. Quels sont les recours littéraires utilisés par les auteurs pourdire le handicap, quelle est leur motivation profonde ? Existe-t-il un imaginaire du handicap et quel est-il ? Quelle portée a-t-il ?
1 Catherine EXERTIER,Entrez dans un livre, lecture et enfance handicapée(Bibliothèques Municipales, Ville de Grenoble, 1995)
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