Des techniques aux stratégies d'écriture dans l'oeuvre romanesque de Tierno Monémembo

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Cet essai, bâti à partir des sept premiers romans de Tierno Monénembo, entreprend une mise en relief des stratégies narratives au-delà d'une simple technicité scripturale. Son roman n'est pas neutre face aux monstres politiques et sociaux et tourne aussi en dérision ces peuples confiant leur destin et leur gestion sur la foi d'un simple sourire ou du bagout de l'homme politique. Cette démarche convoque ainsi une écriture de l'excès qui convertit le paradigme du réalisme cru du roman africain en un paradigme de l'hyperréalisme.
Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782296448100
Nombre de pages : 285
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Des techniques aux stratégies d’écriture dans l’œuvre romanesque de Tierno Monénembo
Adama Coulibaly Des techniques aux stratégies d’écriture dans l’œuvre romanesque de Tierno Monénembo Préface de Pierre Nda L’HARMATTAN
© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13251-1 EAN : 9782296132511
À mon père, parti dans la paix de Dieu,  À ma mère, Pour tout ce que vous m’avez donné par la grâce de Dieu. À mon épouse,  Pour la tonne de patience dont tu as fait preuve au cours  de la réalisation de ce travail.  À Assita Nourah,  À Sarrah Khadidja, mes princesses,  À Abdoul Karim Ramadane, mon fils, Pour que la nostalgie ne vous empêche pas d’être ce que vous
PREFACE La production romanesque en Afrique noire francophone connait un foisonnement sans précédent et un renouvellement régulier de l’écriture. La dynamique novatrice, insufflée par les écrivains de la seconde génération, soutenue et entretenue ar des auteurs plus jeunes, ne manifeste aucun signe d’essoufflement. Bien au contraire, les romanciers rivalisent d’ingéniosité et de créativité en recherchant de nouvelles voies, de nouvelles formes d’écriture, de nouvelles stratégies romanesques pour créer des œuvres toujours plus originales. Les efforts d’innovation thématique et la recherche constante de rénovation du roman africain (et plus précisément des procédés de création et des techniques narratives) sont si remarquables qu’ils ne laissent personne indifférent. Et, pour une fois, observateurs, critiques et chercheurs en littérature africaine sont unanimes sur sa vitalité et son évolution. Cela, on le doit, sans nul doute, à l’imagination créatrice féconde des écrivains, à la licence inventive et à l’audace productrice d’auteurs iconoclastes et innovateurs comme Kourouma, Sony Labou Tansi, Jean-Marie Adiaffi, Boubacar Boris Diop, Henri Lopes, Alioum Fantouré, Tierno Monénembo et autres, sans compter les écrivains des dernières décennies, souvent formés dans les universités occidentales, et qui sont au fait de la chose littéraire, des techniques romanesques et des nouveaux procédés d’écriture.Leurs écritures, souvent inédites, et leurs textes protéiformes, multidimensionnels et transculturels s’inscrivent dans la recherche d’une nouvelle esthétique africaine et dans la volonté d’une création romanesque moderne. Avec les ressources et les procédés de la tradition orale africaine, avec des techniques nouvelles ou étrangères, avec les nouvelles formes d’écriture contemporaine, les romanciers négro-africains essaient de faire du neuf, puisant librement leur inspiration là où ils la trouvent et usant tranquillement des pratiques littéraires qui leur siéent et des modèles qu’ils préfèrent ou qu’ils remodèlent à leur guise, toutes choses qui favorisent et intensifient les transferts culturels et le recyclage littéraire. Les romanciers africains des nouvelles générations affirment leur liberté d’expression et de création, et leurs œuvres se présentent, non
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seulement comme des actes conscients de subversion des codes et des significations romanesques mais aussi de transformation du genre. Le roman étant par excellence un champ d’expériences particulières de création, un espace privilégié des nouvelles stratégies d’écriture, l’originalité de la création romanesque des auteurs africains se trouve principalement dans cette capacité de produire des œuvres neuves, inédites, singulières, des œuvres de qualité, avec pour préoccupation majeure d’écrire autrement, de chercher toujours à innover. Nombre de ces romanciers s’inscrivent dans une esthétique de déconstruction, de transgression et de rupture. Coulibaly Adama s’est intéressé particulièrement à l’un d’eux, un auteur fécond, célèbre mais peu étudié : Tierno Monénembo dont l’écriturea retenu spécialement son attention. Il lui consacre ce livre, fruit de plusieurs années de minutieuses recherches. Son livre est une magistrale analyse de cette création romanesque. Remarquable et originale est l’étude qui est faite ici. En effet, pour une fois, un critique africain, dédaigne, pour ainsi dire, le contenu thématique et idéologique des œuvres pour s’attacher essentiellement aux procédés de création littéraire et aux techniques d’écriture ; l’accent est mis sur les matériaux et les procédés de construction ou de fabrication du texte romanesque. Le texte est mis à plat et analysé dans sa dimension littérale, c’est-à-dire dans sa matérialité, son organisation, dans sa texture et dans sa technicité ; ce qui est assez rare chez les critiques du roman africain, préoccupés trop souvent par des analyses du discours des récits et de l’idéologie des auteurs.Si Tierno Monénembo apparaît comme un auteur structural, Coulibaly nous le fait découvrir aussi comme un auteur scriptural, c’est-à-dire un écrivain chez qui l’écriture est primordiale et déterminante, un écrivain chez qui la construction du texte de fiction se fait , non pas par la mise en place d’une charpente narrative préétablie, mais par des impulsions et des orientations que la logique de l’écriture donne au récit et aussi par les multiples formes que prend le texte au fur et à mesure qu’il s’écrit et que l’histoire se déroule…L’intérêt du livre de Coulibaly se trouve ici : l’auteur présente le montage du texte et la construction du roman chez Tierno Monénembo, à travers les matériaux et les procédés scripturaux utilisés, à travers les stratégies narratives et discursives mises en œuvre.L’analyse met bien en évidence la structure des récits et leurs liens avec l’esthétique de la déconstruction ; la spatialité, presque entièrement
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urbaine, révèle la ville dans ce qu’elle a de déshumanisant et de tragique. Quant à la temporalité, dominée par le présent, elle actualise la réalité sociale qu’elle éclaire en la situant dans l’instant, dans l’éphémère... L’étude des personnages montre des protagonistes sans statut narratif défini et sans profondeur, des personnages dégradés qui incarnent ou dévoilent la dégradation politique et la déchéance sociale. C’est pourquoi la carnavalisation littéraire est la forme privilégiée des romans de Monénembo ; elle accompagne ou dit une société de la surface et du simulacre…Sur l’œuvre romanesque et l’écriture de Tierno Monénembo, Coulibaly vient d’apporter une contribution scientifique importante : son livre est solide, bien documenté, bien conçu, bien écrit, avec des analyses aussi fines que rigoureuses, des commentaires aussi riches que pertinents, des conclusions aussi justes qu’ouvertes…Un livre aussi dense et d’une telle facture apparaît comme un ouvrage de référence que chercheurs, critiques, enseignants et étudiants doivent posséder ou lire absolument. Avec ce premier livre de cette qualité, Coulibaly Adama se positionne d’emblée comme un critique sérieux et un spécialiste avéré de Tierno Monénembo, un auteur sur lequel on peut compter pour d’autres publications savantes. Puisse ce livre, d’une lecture attachante et rassurante, connaître le meilleur sort qu’il mérite !
N’DAPierre Professeur titulaire de Lettres Université de Cocody-Abidjan
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