Discours de Robert Bourassa après l’Accord du lac Meech

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Discours de Robert Bourassa après l’Accord du lac
Meech
Robert Bourassa
Discours original
Alors, vous me permettrez, au début, de souligner pendant quelques secondes
l'excellent travail qui a été accompli dans cette première partie de la session, cette
année, qui impliquait des lois très importantes pour l'ensemble des Québécois.
Sur le plan politique, toutefois, on doit constater que, à l'ajournement de cette
première partie, l'accord du lac Meech n'est pas ratifié. Donc, la résolution du
Québec qui a été adoptée il y a trois ans, moins une journée, n'a plus d'existence
juridique. Au nom de tous les Québécois, je vais exprimer ma profonde déception.
Déception qui s'explique, monsieur le président, par tous les efforts qui ont été faits
par différents gouvernements depuis une dizaine d'années. Il y a dix ans, à la suite
du référendum du 20 mai 1980, le gouvernement du Québec de ce temps, dirigé
par monsieur Lévesque, avait fait plusieurs efforts pour réintégrer le Québec dans
la constitution canadienne. Il avait fait preuve, si je réfère à une expression utilisée
par le chef de l'opposition cet après-midi, d'une grande flexibilité. Mais avec un
résultat, évidemment, décevant puisque le Québec avait été exclu de la constitution
canadienne.
En 1985, nous avons proposé au Canada anglais des conditions qui ont été jugées
par tous comme étant modérées et raisonables. À trois reprises, nous nous
sommes entendus sur l'ensemble de ces conditions, et je veux, à cet égard ...
Publié le : jeudi 19 mai 2011
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Discours de Robert Bourassa après l’Accord du lac Meech
Discours original
Robert Bourassa
Alors, vous me permettrez, au début, de souligner pendant quelques secondes l'excellent travail qui a été accompli dans cette première partie de la session, cette année, qui impliquait des lois très importantes pour l'ensemble des Québécois.
Sur le plan politique, toutefois, on doit constater que, à l'ajournement de cette première partie, l'accord du lac Meech n'est pas ratifié. Donc, la résolution du Québec qui a été adoptée il y a trois ans, moins une journée, n'a plus d'existence juridique. Au nom de tous les Québécois, je vais exprimer ma profonde déception. Déception qui s'explique, monsieur le président, par tous les efforts qui ont été faits par différents gouvernements depuis une dizaine d'années. Il y a dix ans, à la suite du référendum du 20 mai 1980, le gouvernement du Québec de ce temps, dirigé par monsieur Lévesque, avait fait plusieurs efforts pour réintégrer le Québec dans la constitution canadienne. Il avait fait preuve, si je réfère à une expression utilisée par le chef de l'opposition cet après-midi, d'une grande flexibilité. Mais avec un résultat, évidemment, décevant puisque le Québec avait été exclu de la constitution canadienne.
En 1985, nous avons proposé au Canada anglais des conditions qui ont été jugées par tous comme étant modérées et raisonables. À trois reprises, nous nous sommes entendus sur l'ensemble de ces conditions, et je veux, à cet égard, remercier tous mes collègues qui ont appuyé le Québec, et je signale encore le travail particulier qui a été fait par le premier ministre de l'Ontario, monsieur Peterson. Le 9 juin dernier, monsieur le président, nous avons une nouvelle fois signé une entente. Tous les premiers ministres se sont engagés à tout mettre en oeuvre pour faire adopter la résolution avant le 23 juin. On doit constater que deux provinces ne l'ont pas fait, et n'ont pas l'intention de le faire. En 1987, il y avait eu une entente, à la suite de trois changements de gouvernement, la signature qui avait été donnée par les provinces n'a pas été respectée; cette fois encore, en 90, deux provinces qui s'étaient engagées à tout faire pour faire adopter la résolution, n'ont pas respecté leur engagement.
Jusqu'à 1985, on disait:What does Quebec want?Nous avons exprimé clairement les demandes du Québec. ...et toute l'équipe du gouvernement, et je veux rendre hommage au ministre responsable, député de Jean-Talon, qui a fait un travail extraordinaire dans la réalisation de ce dossier et avec toute son équipe.
Donc, depuis 1985, la question est:What does Canada want? ...eton attend encore la réponse du Canada à cet égard. Monsieur le président, le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. Merci.
Partial translation
So, you will allow me, from the start, to underline for a few seconds the excellent work that has been accomplished in this first part of the session, this year, that comprised very important laws for all Quebecers.
As far as politics are concerned, however, we must realize that, at the adjournment of this first part, the Meech Lake Accord is not ratified. Therefore, the resolution of Quebec that has been adopted three years ago, minus one day, has no legal existence anymore. In the name of all Quebecers, I will express my profound disappointment. Disappointment that is explained, Mister President, by all the efforts that have been made by different governments since about ten years. Ten years ago, following the referendum of May 20, 1980, the Government of Quebec of that time, led by Mister Lévesque, had made many efforts to reinstate Quebec in the Canadian constitution. He had shown, if I refer to an expression used by the Leader of the Opposition this afternoon, of a great flexibility. But with a result obviously
disappointing since Quebec had been excluded from the Canadian constitution.
[...] Until 1985, they said:What does Quebec want? [inEnglish in the original speech] We have clearly stated the demands of Quebec. [...]
Therefore, since 1985, the question is:What does Canada want?[also in English] ...and we are still waiting for the response of Canada in this respect. Mister President, English Canada must understand very clearly that, no matter what anyone says and no matter what anyone does, Quebec is, today and forever, a distinct society, free and capable of assuming its destiny and development. Thank you.
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