Ecrits sur la littérature coloniale

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Aimé Merlo alias Marius-Ary Leblond et Georges Athénas sont deux cousins originaires de la Réunion. Au début du XXe siècle, ils se font praticiens, historiens, critiques. Leurs écrits sur la littérature coloniale présentent un intérêt triple, avec notamment des renseignements bio-bibliographiques, des jugements sur des ouvrages de l'ère coloniale. Quant à la "théorie" coloniale, elle garde un intérêt documentaire incontestable : elle laisse apercevoir les rouages d'une logique devenue opaque, qu'il convient d'élucider.
Publié le : dimanche 1 avril 2012
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EAN13 : 9782296487666
Nombre de pages : 274
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INTRODUCTION : APOLOGISTES DE LA GRANDE FRANCE DES LETTRES I Une polygraphie coloniale à quatre mains Le nom de plume composé Marius-Ary Leblond cache deux cousins originaires de la Réunion, Georges Athénas (1877-1953),aliasLeblond, et Aimé Merlo (1880-1958), Marius 1 aliasAry Leblond . Le jeu onomastique ne s’arrête pas là : au (de)gré de leur collaboration, le pseudonyme collectif se décline aussi comme « MariusetAry Leblond » et se décom-pose, au besoin, pour certaines publications, récompenses et titres officiels, en « Marius Leblond » et « Ary Leblond ». S’ajoute, finalement, à la liste des collaborateurs de leur revueLa Vieun autre nom de plume collectif « José Melila », 2 orthographiée aussi « Mélila » . Et pour compliquer davan-tage la question de l’identité scripturale, Athénas et Merlo emploient alternativement la première personne du singulier et du pluriel, ou même l’insaisissableon, au fil de leurs textes. En 1906, l’Académie française leur décernait le premier prix pourLa Grande Ile de Madagascar; l’Académie Gon-court couronnait leur romanEn Franceen 1909. En 1937, ils 1  Pour de plus amples renseignements biobibliographiques sur Marius-Ary Leblond voir Benjamin Cazemage,La Vie et l’œuvre de Marius-Ary Leblond, Nîmes, Éditions Notre-Dame, 1969 et Catherine Fournier,Marius-Ary Leblond, écrivains et critiques d’art, Paris, L’Harmattan, 2001. 2  Sans s’attribuer la tâche ingrate (et quasi impossible) de démêler les parts respectives de Georges Athénas et d’Aimé Merlo dans la genèse de leurs écrits, notre choix réunira des textes signés par tous les pseudonymes énumérés plus haut ; les déviations de la forme de base « Marius-Ary Leblond » seront indiquées dans les notes en bas de page.
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remportèrent de nouveau le Grand prix de l’Académie française pourVercingétorixsuivi du Grand prix de l’Empire en 1943 pour l’ensemble de leur œuvre. Que reste-t-il, pour-tant, de cet opus prolifique et varié ? Peu de chose, à en juger par le nombre de rééditions contemporaines de leurs ouvrages et la mince bibliographie critique qui lui est consacrée. En 2009, une journaliste réunionnaise en pèlerinage au cimetière Vaugirard à Paris s’étonna que la tombe de Georges Athénas « ne comporte aucune plaque à la mémoire de Marius Le-blond, [dont le] nom n’y est pas même mentionné : c’est l’oubli complet d’un homme auquel aucun hommage n’est 1 rendu » . Il ne faut guère chercher loin pour expliquer les raisons de cet oubli. Si les récompenses officielles ne manquèrent point aux cousins réunionnais, surtout sur la fin de leur carrière, l’accueil que leur réservaient les milieux littéraires et intellec-tuels fut moins unanime : tandis qu’un Apollinaire leur dédicaça « Schinderhannes » desAlcools, qu’un Pierre Mille 2 trouva leur romanUlysse, Cafre, André Gide« étonnant » 3 les traita de « deux sots » . La plus grande partie de leur œuvre demeure, en réalité, étroitement liée au projet colonial français, à ses institutions et discours officiels, et ne manqua pas de susciter des réactions opposées. Romanciers, conteurs, historiens, critiques littéraires et d’art, anthropologues, les Leblond incarnent le type même du polygraphe colonial. Les cloisonnements génériques et disci-plinaires s’avèrent en effet peu étanches devant l’universa-lisme républicain qu’ils propagent. Considérés dès les années 1  Dominique Jeantet, « Hommage à Marius-Ary Leblond », http:// www.reunionnaisdumonde.com [consulté le 6 septembre 2011]. 2 Pierre Mille, « La Littérature coloniale », reproduit dansBarnavaux aux colonies, suivi d’Écrits sur la littérature coloniale, Paris, L’Harmat-tan, « Autrement Mêmes », 2002, présentation de Jennifer Yee, p. 183-188. 3 André Gide,28 juillet 1929, Journal, t. II (1926-1950), Paris, Gallimard, La Pléiade, 1997, p. 136.
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1900-1910 comme des spécialistes des colonies, ils se voient invités à traiter de sujets aussi disparates que « Le Prolétariat aux colonies », intégré auxProlétaires intellectuels en Franced’Henri Béranger, ou s’interrogent sur des considéra-tions anthropologiques et historiques comme dans « La Race 1 inférieure », par exemple . II Écrits sur la littérature coloniale Moyen de propagande des plus efficaces aux yeux des Leblond, la critique littéraire ne peut que se tailler une place de choix dans leurs écrits sur les colonies. Insérées à la fin d’un ouvrage sur la déchéance du « génie français » à la veille de la Grande guerre (La France devant l’Europe, 1913) ou parsemant les fascicules des deux revues qu’ils éditèrent (La Grande France, 1900-1903, etLa Vie, 1911-1953), les considérations littéraires, telles que pratiquées par Marius-Ary Leblond, font partie intégrante de leur programme idéologique. Vu la cohérence des idées qui traversent l’ensemble de l’œuvre colonial des Leblond, il pourrait sembler illogique, voire anachronique, d’en extraire une partie selon les dé-coupages disciplinaires actuels. Le besoin s’imposait, toute-fois, d’opérer un choix au sein d’une production aussi vaste que méconnu. Au travers des références récurrentes à un répertoire d’auteurs et d’œuvres, la présente sélection aura, nous osons l’espérer, le mérite de présenter une cohésion bi(bli)ographique et thématique, plutôt que disciplinaire. Il n’en demeure pas moins que la « littérature », telle que Marius-Ary Leblond l’entendent, déborde souvent le domaine des belles-lettres, s’assimilant à l’acception qu’a le mot literaturedans les cultures anglophones. Ainsi, de grandes
1 Prolétaires intellectuels en France, Paris, Éd de laRevue;, 1901 « La er Race inférieure »,La Revue de Paris, le 1 juillet 1906, XIII, nº 4, p. 104-130.
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1 œuvres « d’histoire ou de voyages » (5) sont signalées dans une étude du roman colonial, en raison de « la plus magnétique influence » (5) qu’elles exercèrent sur le genre romanesque ; les pages sur les prosateurs réunionnais ou antillais confondent romanciers, conteurs, historiens, cri-tiques et hommes politiques. Citons aussi l’intitulé d’une rubrique deLa Vie,qui oscille nonchalamment entre « meilleurs romans coloniaux » et « meilleurs livres colo-niaux » au gré des fascicules. Cette insensibilité que les Leblond semblent manifester à l’égard des questions de genre relève, en réalité, d’une tendance plus générale : parmi les œuvres concourant auGrand Prix de Littérature Coloniale, on retrouve le même mélange du fictionnel et du factuel ; un reportage y côtoie un roman, un témoignage va de pair avec des contes et des récits de voyages. La littérarité de la « littérature coloniale » – et Jean-Claude Blachère a été perspicace à ce sujet dans sa préface duLivre du pays noirde 2 Roland Lebel – réside surtout dans une certaine manière d’appréhender et de décrire les colonies ; manière qu’il incombe au critique colonial d’apprécier selon des critères que nous détaillerons plus loin.Le choix de textes permettra au lecteur de dégager quelques constantes d’une réflexion féconde, de même qu’une évolution interne dont l’organisa-tion du présent volume tâche de rendre compte. Or, force est de constater que la plate-forme des Leblond varie peu à l’épreuve des grands bouleversements historiques qui ponc-tuèrent leurs longues carrières. Qu’il s’agisse de revigorer l’esthétique romanesque française, de redresser le prestige national ou de défendre la nation pendant les deux guerres mondiales, la solution des Leblond demeure simple : la
1  Les numéros de page entre parenthèses dans le texte renvoient au volume présent. 2  Roland Lebel,Le Livre du pays noir, présentation et étude de Jean-Claude Blachère avec la collaboration de Roger Little, Paris, L’Har-mattan, « Autrement Mêmes », 2005, p. xiv-xxi.
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