Hommages à Driss Chraïbi

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Esprit fort et audacieux, Driss Chraïbi a bravé, sa vie durant, les tabous et la répression. Devancier génial et déroutant, il n'a pas cessé de déranger et d'innover en matière de thèmes et de genres littéraires. Son anticonformisme a valu et vaut encore à l'écrivain et à ses écrits attaques, louanges, polémiques parfois violentes, notoriété mythique et méconnaissance de son oeuvre.
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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EAN13 : 9782296532052
Nombre de pages : 152
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Zohir EL MOSTAFA
Hommages Zohir EL MOSTAFA à Driss Chraibi
Hommages à Driss Chraibi
Approches littéraires
HOMMAGES À DRISS CHRAIBI
Approches littéraires Collection dirigée par Maguy Albet Dernières parutions Mokhtar ATALLAH,Études littéraires algériennes, 2012. Sous la direction de Mokhtar ATALLAH, Le Culte du Moi dans la littérature francophone,2012. CALISTO,Lou Andreas-Salomé ou le paradoxe de l’écriture de soi,2012. Florence CHARRIER,Le Procès de l’excès chez Queneau et Bataille, 2012. Mansour DRAME,Poésie de la négritude, 2012. Mamadou Abdoulaye LY,La Théâtralité dans les romans d’André Malraux, 2012. Dominique VAL-ZIENTA, Les Misérables, l’Évangile selon “saint Hugo” ?, 2012.Yannick TORLINI,Ghérasim Luca, le poète de la voix, 2011. Camille DAMÉGO-MANDEU,Le verbe et le discours politique dans Un fusil dans la main, un poème dans la poche d’Emmanuel Dongala, 2011. Agnès AGUER,L’avocat dans la littérature de l’Ancien Régime,2011. Christian SCHOENAERS, Écriture et quête de soi chez Fatou Diome, Aïssatou Diamanka-Besland, Aminata Zaaria,2011. Sandrine LETURCQ,Jacques Sternberg,Une esthétique de la terreur,2011.Yasue IKAZAKI,Simone de Beauvoir, la narration en question,2011. Bouali KOUADRI-MOSTEFAOUILectures d’Assia Djebar. , Analyse linéaire de trois romans :L’amour, la fantasia,Ombre sultane,La femme sans sépulture, 2011. Daniel MATOKOT,Le rire carnavalesque dans les romans de Sony Labou Tansi, 2011. Mureille Lucie CLÉMENT,Andreï Makine, Le multilinguisme, la photographie, le cinéma et la musique dans son œuvre,2010 Maha BEN ABDELADHIM,Lorand Gaspar en question de l'errance, 2010.
Zohir EL MOSTAFA
HOMMAGES À DRISS CHRAIBI L’Harmattan
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-29056-0 EAN : 9782336290560
 A mon maître feu D. Chraïbi  Vos actes et vos paroles survivront  longtemps à vos cendres.
 Je tiens à remercier vivement  mon ami et collègue Mohammed  EL BOUZIKI pour son aide  et ses conseils précieux.
INTRODUCTION  De grands écrivains marocains de langue française nous ont e quitté en ce début du XXI s. : Driss Chraïbi, Abdelkébir Khatibi, Edmond Amrane El Maleh et Abraham Serfaty. Nous avons jugé opportun de rendre hommage à leur ancêtre D. Chraïbi. Nous lui consacrons ce modeste travail comme gage de l’attachement et de l’admiration que nous lui avons toujours voués. Nous évoquerons d’abord l’homme et les qualités qu’on lui a reconnues. Ensuite, nous parlerons du journaliste, du producteur à la radio française (O.R.T.F) et de l’écrivain et son œuvre à travers les hommages qui lui ont été rendus de son vivant et juste après sa mort.  De l’avis unanime des critiques, des chercheurs universitaires et de certains auteurs, le romancier défunt a été considéré comme un précurseur qui a su renouveler, d’un texte à un autre, ses sources d’inspiration au niveau des thèmes et des genres. Il est aussi tenu pour un grand écrivain, à en juger par les qualifications élogieuses qui reviennent sous les plumes des critiques et que nous avons glanées dans un certain nombre de leurs écrits : « grand romancier », « auteur de grand talent », « auteur fécond », « auteur doué », et nous en passons. La valeur de cet écrivain de talent réside également dans le fait qu’on l’a comparé, à plusieurs reprises, à de grands génies : F. Dard, F. Rabelais, Molière, Garcia Marquez, etc.  Comme Marcel Pagnol, D. Chraïbi nous a ému et fait rire en même temps car« On ne rit jamais assez. », disait-il. Si l’Amérique a eu un grand humoriste en la personne de Mark Twain, le Maghreb a eu son Molière, à savoir D. Chraïbi. En effet, on rit beaucoup en lisant son œuvre et particulièrement la série policière.  On a pardonné au vieux M. Twain ses excès de rage, on en a fait de même en ce qui concerne la révolte qui habitait D. Chraïbi jusqu’au dernier souffle de sa vie. Il se plaisait d’ailleurs à se définir comme étant « une grande gueule ».  Le but de ce travail, en fin de compte, est de rendre justice à notre auteur et inciter les lecteurs à découvrir et redécouvrir son œuvre riche et foisonnante et lui accorder ainsi la place de choix qu’elle mérite aussi bien au Maghreb, car le romancier fait partie
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intégrante de notre patrimoine culturel bien qu’il ait utilisé le français, qu’à l’étranger eu égard à la portée universelle de son œuvre. Cette dernière immortalisera certainement son nom grâce aux idées humanistes, révolutionnaires et visionnaires qu’elle véhicule.
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FAUT- IL PRESENTER D. CHRAIBI AUX LECTEURS ?  D. Chraïbi est né soi-disant le 15 juillet 1926 car, à l’époque, l’état-civil n’existait pas encore. Ses ancêtres sont originaires de Fès mais Driss a vu le jour à Mazagan actuellement El Jadida, ville marocaine située sur l’Atlantique, au nord du cap blanc et au sud de l’embouchure du fleuve l’Oum-er-rebia (littéralement, la mère du printemps) et à 90 kilomètres au sud-ouest de Casablanca. Son père haj Fatmi Chraïbi s’est retrouvé orphelin à l’âge de treize ans, avec sept frères et sœurs en bas âge, sans ressources et sans instruction. On retrouve cet élément autobiographique dans « Succession ouverte » où le personnage du père révèle :« La misère démente d’où nous avions émergé à l’âge de sept ans, directement vers l’âge adulte, avec cinq frères et sœurs qu’il fallait nourrir. ». Il métiers - charbonnier,pratiqua de nombreux menuisier, courtier, etc.- avant de se mettre à vendre du thé. Comme il avait le génie des affaires, il devint importateur de thé de Chine et son commerce prit rapidement une grande extension. Il acheta, par la suite, de nombreux biens, des moyens de transport, des immeubles et la ferme d’Ain Keddid, sur la route côtière d’El Jadida. Sa mort est survenue en 1957. Driss a assisté aux funérailles de ce père qu’il admirait beaucoup. Il a renoncé à sa part d’héritage. La mère, H. Zwitten, était analphabète alors que son ascendance comptait des philosophes, des théologiens et même un saint. Elle est décédée à l’âge de 85 ans. Elle a mis au monde six garçons et trois filles, si le compte est bon : Mohamed, Camel, Abdelhak, Nagib, Driss et Hamid. Ce dernier mourut à l’âge de neuf ans d’une méningite foudroyante. Abdelhak n’a fréquenté que la « contre-école » et Camel a abandonné les études primaires pour se tourner vers la mécanique. Le romancier a évoqué ses sœurs dans ses mémoires et ses interviews. Ainsi, on apprend que sa sœur Naïma est née en 1945 et qu’elle a épousé le directeur des douanes à Casablanca. Tout ce que l’on sait d’une autre sœur, Farida, c’est qu’elle est mariée avec le colonel Thami Boukhrissi. Enfin, nous ne disposons d’aucune information au sujet de sa sœur Sheena à laquelle est dédié « La Civilisation, ma mère !... ».  Driss n’avait que deux ans lorsqu’il fut placé à l’école coranique chez une tante à Fès. Il y passa trois années éprouvantes et en a gardé un souvenir amer :« Au M’sid, j’ai été soumis à un bourrage de crâne qui m’a complètement dégoûté par la suite de la religion, il fallait ingurgiter à coups de pied, à coups de gaule. ».A Fès, il
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