Je viens du jardin des cafés

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Au pays de l'ensète et du coton, où la Reine de Saba et l'empereur Ménélik sont encore présents, Nicole Faucon-Pellet nous offre, avec cette onzième parution une fiction en hommage à l' Éthiopie, à ses coutumes et à ses femmes encore malmenées.
Publié le : jeudi 5 novembre 2015
Lecture(s) : 5
EAN13 : 9782336396293
Nombre de pages : 136
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Nicole Faucon-Pellet
Je viens du jardin des cafés
Une vie éthiopienne
Une vie éthiopienne
Ecrire l’Afrique Ecrire l’Afrique
Je viens du jardin des cafés
Une vie éthiopienne
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.Dernières parutions El Hadji DIAGOLA,Merci, les femmes !, 2015 Paterne BOGHASIN,La ruine et la malédiction, 2015 Jean-Baptiste BOKOTO APANDA,Une histoire de violences, Je suis Charlie au Congo, 2015 Jean DUBUS,Là-bas, entre terre et ciel, 2015. Fred JULIANI,Contes et mécomptes d’Afrique et d’ailleurs, 2015. Jean-François Sylvestre SOUKA,Madame Gentil, 2015. Thierry VUNOKA,Héros anonymes, 2015. Jérémie MULIKARE,La vie des pygmées Batwa au Rwanda, 2015. Irène ASSIBA d’ALMEIDA et Sonia LEE,Essais et documentaires des Africaines francophones. Un autre regard sur l’Afrique, 2015. Jean-Pierre EYANGA EKUMELOKO,Enfin éclos d’un vase clos, 2015. Jules ERNOUX,La Précarité quotidienne en Afrique de l’Ouest. Culture et développement, 2015. Éric BOUVERESSE,Celui qui voulait être roi. L’Afrique, terre des esprits, 2015. Joseph Marie NOMO,L’envers de l’argent,2015. Françoise UGOCHUKWU,Bribes d’une vie nigériane. Mémoires d’une transformation identitaire, 2015.Athanase RWAMO,La rue, refuge et calvaire, 2015. Judicaël-Ulrich BOUKANGA SERPENDE,Et si brillait le soleil…, 2015. Abdoulaye MAMANI,À l’ombre du manguier en pleurs,suivi deUne faim sans fin, 2014. Baba HAMA,Les amants de Lerbou, 2014. Parfait DE THOM ILBOUDO,L’Amante religieuse, 2014.
Nicole Faucon-Pellet
Je viens du jardin des cafés
Une vie éthiopienne
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Du même auteur
Aux Édîtîons e Regard du Monde : Terre d’Ardèche, Terre de Passîons () a Tuade du Cochon () ïustratîons Vîncent Baaÿ Ardèche Soeî d’Orage () Aux Édîtîons a Bouquînerîe : a Dernîère Charbonnîère de ’Ardèche () Photos de Jean-Marc Peet En coaboratîon : îthographîe de Jean-Pîerre e Breton ()
En auto-édîtîon : e Secret de a Rabassîère () Prîx Maassîs  a Rabassîère au Pays des Bergers () e Fournî de César () e oup de a Batîque ()
Aux Édîtîons Pumes d’Ardèche (jeunesse) : Petîte îane ()
Aux Édîtîons des Régîonaîsmes : o Secret de a Rabassîèra () Traductîon en provença de Marîe-Chrîstîne Rîxte
© 'Harmattan,  -, rue de 'Écoe-Poytechnîque,  Parîs http://www.harmattan.r dîfusîon.harmattan@wanadoo.r harmattan@wanadoo.r ïSBN : ---- EAN : 
ux heures chaudes de a journée, sous e Icus géant, A Kakîdan rassembe ses hommes. — N’oubîez jamaîs vos ancêtres. ïnassabement, î enseîgne aux jeunes ’hîstoîre du peupe oromo. — ï y a ort ongtemps, nos pères ont quîtté a Corne de ’Arîque. Pendant pusîeurs saîsons, a grande sécheresse a sévî, décîmant es troupeaux de chameaux, de zébus et de chèvres. Aors, e patrîarche a réunî e campement et décaré : — Nous sommes contraîns de partîr, de quîtter nos terrîtoîres somaîens pour aer sous des cîeux pus céments. es chameaux chargés des queques bâtons  exîbes destînés à monter es tentes, des nattes, des caebasses, es chèvres assurant pénîbement queques îtres de aît par jour : a coonne afamée, s’est mîse en route, progressant doucement vers e Sud éthîopîen. — Cea prît des unes et des unes. Au cours de cette épuîsante mîgratîon, es Oromos pérîrent en grand nombre. es enants tombaîent, enseveîs rapîdement dans e sabe,
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sans même une marque. es zébus dont es pattes Lageoaîent se couchaîent pour mourîr. Assîs sur a grande natte en euîes de bananîer tressé, tous écoutent. Même s’îs connaîssent e récît par cœur, îs suîvent sur es èvres de Kakîdan a terrîbe tragédîe quî a présîdé à eur destînée. — Nos pères nomades ont chemîné doucement, rayant avec es marchands arabes sur es côtes de a mer Rouge, essuyant es attaques des trîbus ennemîes, reusant es proposîtîons des partîsans de Mahomet, et subîssant sans broncher es pertes occasîonnées par es îons et es hyènes. Très vîeux, Kakîdan îgnore son âge. ’état cîvî n’exîste pas îcî. — Je suîs né ’année de a grande épîdémîe de peste, dît-î. Je n’aî dû mon saut qu’à a uîte de ma mère. Ses cheveux bancs restent très épaîs ; sa peau noîre parchemînée porte ’empreînte de sa ongue vîe et, dans ses yeux vîs, on ît son autorîté. Rîen ne uî échappe. e che a beaucoup écouté, beaucoup enregîstré. Sa grande mémoîre uî assure a consîdératîon de tous : jeunes et vîeux. ï jette un coup d’œî sur son audîtoîre. Assîs en taîeur, tous es hommes boîvent ses paroes. — Après des mîîers de kîomètres, afrontant e soeî de pomb, pataugeant dans a boue à a saîson des puîes, une poîgnée d’Oromos arrîvèrent enIn au centre de a paîne du Choa bordée de hauts pateaux. C’étaît au XV ° sîèce m’a expîqué un homme înstruît.
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Haymonut s’approche doucement. Ses pîeds nus ne ont aucun bruît. Ee se race a gorge pour sîgnaer sa présence. Sur un pateau, ee apporte des petîtes tasses, un pot de sucre, une énorme caetîère tradîtîonnee en terre, ventrue, avec e co ermé d’un bouchon en boîs reposant sur un anneau de Ibres tressées. De son porte-encens, s’échappent des voutes odorantes. Ee sert d’abord Kakîdan, son marî, quî a remercîe d’un sîgne de tête, puîs es hommes es pus âgés et enIn es jeunes. e cérémonîa du buna, c’est aînsî qu’on nomme e caé, achevé, ee s’éoîgne dîscrètement. Magré son âge avancé, Haymonut a encore un maîntîen de jeune Ie, e dos bîen droît, es jambes Ines et aertes, e cou pîssé de rîdes et un brîn de maîce dans ses yeux d’un noîr d’ébène. Ee manîe gentîesse ou autorîté avec tact, secouant ou encensant ’une ou ’autre en onctîon de son taent ou de sa paresse. Ee retrouve es emmes rassembées devant es huttes en ce début d’après-mîdî torrîde de a saîson sèche. Certaînes aaîtent eur bébé, d’autres somnoent ; certaînes, e cou încîné sur e tradîtîonne repose-nuque quî aît aussî onctîon de sîège, se ont tresser es cheveux par eur compagne, d’autres s’occupent à raIstoer es nattes ; es pus jeunes racent ’întérîeur des ensètes quî prospèrent autour des habîtatîons. Accroupîes, manîant e racoîr avec dextérîté, ees passent et repassent a ame d’acîer sur e tronc coupé en deux du aux bananîer posîtîonné à a vertîcae. De ce produît semî-îquîde, un peu vîsqueux, quî coue dans une caebasse, ees ont des gaettes bîen rondes qu’ees apatîssent sur une euîe de bananîer et recouvrent pareîement.
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