Julien Green et Fedor Dostoïevski

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Le présent ouvrage part du constat, que Julien Green (1900-1998) n'a lu pour la première fois Dostoïevski – Crime et châtiment – qu'à l'âge de 50 ans. Comment est-il possible qu'un grand lecteur comme Green se soit refusé pendant tant d'années à lire ce romancier majeur ? Cet ouvrage tente de répondre par une mise en parallèle des deux oeuvres pour révéler les correspondances culturelles, spirituelles et religieuses que partagent Green et Dostoïevski.
Publié le : lundi 1 octobre 2012
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EAN13 : 9782296507494
Nombre de pages : 308
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MyrIam Kissel
MyrIam Kissel
Julien Greenet Fedor Dostoïevski Une écriture mystique
Julien Green et Fedor Dostoïevski
Critiques Littéraires Collection dirigée par Maguy Albet Dernières parutions Ali ABDOU MDAHOMA,Le roman comorien de langue française,2012. Mehana AMRANI,La poétique de Kateb Yacine. L’autobiographie au service de l’Histoire, 2012. Tommaso MELDOLESI,Textes et poèmes autour de l’accident ferroviaire de Meudon, 1842. Une poésie de la catastrophe, 2012. Jean-Louis CLUSE,Saint-John Perse, le poète en ses miroirs. Le même, l’autre et le multiple, 2012. Mamadou KALIDOU BA,Nouvelles tendances du roman africain francophone contemporain (1990-2010). De la narration de la violence à la violence narrative,2012. S. SEZA-YILANCIOGLU (dir.),Nedim Gürsel. Fascination nomade, 2012.Myriam TSIMBIDY et Aurélie REZZOUK (sous la dir. de),La jeunesse au miroir. Les pouvoirs du personnage, 2012. Richard Laurent OMGBA et Désiré ATANGANA KOUNA (dir.), Utopies littéraires et création d’un monde nouveau, 2012. Jean-Louis CORNILLE,Les récits de Georges Bataille. Empreinte de Raymond Roussel, 2012. Samia SELMANI,Romans francophones et représentations du féminin, 2012. Laurence OLIVIER-MESSONNIER,Guerre et littérature de jeunesse (1913-1919). Analyse des dérives patriotiques dans les périodiques pour enfants, 2012. Ali CHIBANI,Tahar Djaout et Lounis Aït Menguellet. Temps clos et ruptures spatiales, 2012. Alexandru MATEI,Jean Echenoz et la distance intérieure, 2012. Mohammed-Salah ZELICHE,Mohammed Dib, L’homme épris de lumière, 2012. Claude Herzfeld, Stendhal, La Chartreuse de Parme. Héroïsme et intimité, 2012. Titaua Porcher-Wiart,Pierre Jean Jouve, Mystère et sens dans l’œuvre romanesque,2012.
Myriam Kissel Julien Green et Fedor Dostoïevski Une écriture mystique
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Avant-propos
à Nivoelisoa G.
« Si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Cette phrase est devenue une trop célèbre formule – excessivement commentée, en fait galvaudée et déformée car sortie de son contexte. Mitia rapporte à Aliocha une conversation avec Ivan : « Pour Ivan il n’y a pas de Dieu […]. Je lui demandais : "Alors, tout est permis ?" » (Les Frères Karamazov, p. 745). Cette phrase doit sans doute sa célébrité à la puissance formidable, terrifiante qu’elle recèle. Tout serait permis à l’homme, maître de la nature au sens grec dephusis, tout ce qui existe, animé et inanimé, proche et lointain. Cette revendication de pouvoir illimité, consé-quence sans restriction de l’absence de regard moral, et d’un anthro-e pocentrisme érigé en loi suprahumaine, s’est réalisée au XX siècle ; beaucoup de critiques ont fait de Dostoïevski l’annonciateur des e guerres, génocides et camps du XX siècle, massacres divers dont J. Green fait en permanence état dans leJournalreviendrons– nous sur cette conception de Dostoïevski prophète – et qui se poursuivent e au XXI avec une brutalité sans borne. De plus, les monothéismes placent l’homme, hiérarchiquement et eschatologiquement, au centre de la création, lui conférant ainsi tous les droits, notamment sur les animaux et les plantes. Julien Green fait à plusieurs reprises allusion à ces paroles. Ainsi dans leJournalécrit-il : « Un mot de Dostoïevski dans un autre roman me revient à l’esprit :Si Dieu n’existe pas, tout est permis» (t. V, 13 août 1957). Né protestant dans une famille américaine du « Sud », puis converti au catholicisme en avril 1916, Green n’a jamais, malgré 1 de violentes crises spirituelles, par exemple en 1939, perdu la foi . Dostoïevski est le créateur de personnages puissants : hommes, femmes, enfants ; puissants et humbles ; assassins et victimes, crimi-nels en pensée ou en acte ; socialistes, nihilistes, slavophiles, révolu-tionnaires, athées. Leurs revendications, spirituelles ou politiques, sont indissociables de leur existence romanesque. Mais n’assimilons pas le romancier à ses personnages : l’écrivain russe non plus n’est pas un
1  Sur le parcours religieux de Green voir notammentJulien Green en liberté, entretiens avec Marcel Jullian, t. VIII, p. 1171-1295sqq.
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