L'empreinte de Zeami dans l'art japonais

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« Comment attirer et séduire le public ? » : telle est la question clé à laquelle a essayé de répondre, dans ses traités, le créateur du théâtre Nô, Zeami (1363 ?- 1443 ?). Sa pensée a laissé l'empreinte dans la postérité de concepts tels que le kata, une forme anonyme et pré-personnelle, ou le ma, l'esthétique du dépouillement, qui constituent les caractéristiques essentielles de la culture japonaise, qui ont imprégné tous ses arts. À l'opposé de la vision occidentale, cette recherche met en lumière celle des arts traditionnels japonais, qui propose une voie pour accéder à un champ plus vaste et plus profond de la conscience.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
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EAN13 : 9782140011160
Nombre de pages : 268
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, Leur merveilleuse »).
, et circonstancielle, des arts traditionnels japonais, qui propose une voie pour
Docteure en philosophie/esthétique de l’EHESS, qualiIée aux fonctions de Maître de conférences et professeur de approfondit sa recherche sur la danse et le théâtre japonais par ses expériences artistiques sur scène, sous le nom de Shimehiro Nishikawa. Elle dirige l’association Zea qui promeut cet art en France (http://www.shimehiro-nishikawa.fr).
Sekoguchi
AyaSekoguchi
L’EMPREINTE DE ZEAMI DANS L’ART JAPONAIS LA FLEUR ET LE NÉANT
Préface d’Augustin Berque
L’EMPREINTE DE ZEAMI DANS L’ART JAPONAIS
La fleur et le néant
L’univers esthétique Collection dirigée par Véronique Alexandre Journeau
Indépendamment des critères esthétiques propres à une époque et à une culture, il semble bien qu’une esthétique générale puisse être approchée par l’étude des réactions psychiques au contact des œuvres. Distinctement des jugements théoriques et du goût, la perception sensible, pour subjective qu’elle soit, conditionnerait une appréciation sur la qualité d’une œuvre qui dépasse le temps et l’espace de sa création : elle révèle des effets plus ou moins consciemment insufflés par le créateur et ressentis par le récepteur, de l’ordre d’une intuition artistique, tantôt agissante tantôt éprouvante. La collection vise à développer ces recherches sur « la pensée créative » et « l’émotion esthétique » simultanément en comparatisme entre cultures (en particulier occidentales et asiatiques), et en correspondance entre les arts (perception par les sens) et avec les lettres (en particulier poésie). Déjà parus Musique et effet de vie, sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, Préface de Danièle Pistone, 2009. Arts, langue et cohérence, sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, 2010. Musique et effet de vie, sous la direction de Véronique Alexandre Journeau. Avec la participation de Jean Ehret. Préface de Danièle Pistone, 2010. Polytonalités, sous la direction de Philippe Malhaire, Préface de Danièle Pistone, Postface de Véronique Alexandre Journeau, 2011. Musique et arts plastiques : la traduction d’un art par l’autre. Principes théoriques et démarches créatrices, sous la direction de Michèle Barbe, Préface de Michel Guiomar, Postface de Véronique Alexandre Journeau, 2011. Le Surgissement créateur : jeu, hasard inconscient, sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, Préface de Menene Gras Balaguer, Postface de Danièle Pistone, 2011. Entrelacs des arts et effet de vie, sous la direction de François Guiyoba, 2012. Les Nibelungen deFritz Lang, musique de Gottfried Huppertz, sous la direction de Violaine Anger et Antoine Roullé, préface de Jean-Loup Bourget, 2012. Métaphores et cultures. En mots et en images, Véronique Alexandre Journeau, Violaire Anger, Florence Lautel-Ribstein, Laurent Mattiussi (dir.), 2012. e Polytonalité, des origines au début du XXI siècle, exégèse d’une démarche compositionnelle, sous la direction de Philippe Malhaire, 2013. Opéra à l’écran : opéra pour tous ? Nouvelles offres et nouvelles pratiques culturelles, sous la direction de Jean-Pierre Saez et Gilles Demonet, 2013. Notions esthétiques. Résonances entre les arts et les cultures, Véronique Alexandre Journeau, Muriel Détrie, Akinobu Kuroda, Laurent Mattiussi (dir.), 2013. L’art et l’esthétique du vide, Kim Hyeon-Suk, 2014. Rythmes brésiliens. Musique, philosophie, histoire, société, sous la direction de Zélia Chueke, 2014. Poétique de la musique chinoise, Véronique Alexandre Journeau, 2015. Notions esthétiques. La perception sensible organisée, Véronique Alexandre Journeau et Christine Vial Kayser (dir.), 2015. Mallarmé et la ChineMattiussi, 2015., Laurent
Aya SEKOGUCHI
L’EMPREINTE DE ZEAMI DANS L’ART JAPONAIS
La fleur et le néant
Préface d’Augustin Berque
L’auteure voudrait exprimer ici toute sa gratitude à Mr. Augustin Berque (Professeur émérite à l’École des hautes études en sciences sociales), directeur de la thèse, qui a accompagné ses recherches en lui prêtant toute son attention et en formulant des conseils toujours judicieux qui lui ont permis d’enrichir ses analyses et d’affiner sa vision. Elle aimerait aussi remercier feu Mr. Katô Shûichi (écrivain, critique) qui l’a aidée à trouver des références, notamment pour Zeami, indispensables pour ses recherches, et qui a répondu à ses questions par de nombreuses correspondances, ainsi que par des entretiens à Paris et Tôkyô. Elle tient à remercier feu Mr. Shimeo Nishikawa, son premier maître de nihon-buyô, qui lui a fait découvrir le plaisir de danser dès son jeune âge et Mme Yûko Nishikawa, son maître actuel, ainsi que son père, Mr. Senzô Nishikawa, chef d’école, Trésor national vivant, qui l’ont toujours soutenu dans ses recherches, et dont les instructions artistiques lui ont prodigué inspiration et réflexion. Elle voudrait enfin remercier son mari qui l’a toujours encouragée dans ses travaux.
Avec le soutien de LangArts (http://langarts.hypotheses.org)
Création de la couverture Véronique Alexandre Journeau
Réalisation infographique
Frédéric Vialle
Illustration de couverture : Shimehiro Nishikawa [nom de scène de l'auteur]©Patrick Berger
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08450-3 EAN : 9782343084503
PRÉFACEpar Augustin Berque
AVANTPROPOSpar Aya Sekoguchi
SOMMAIRE
9
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LA VISION THÉÂTRALE DEZEAMI Les traités de Zeami 19 L’arrièreplan et ses caractéristiques 19 L’évolution de la pensée de Zeami 23 La fleur : le métier (waza) et l’esprit (kokoro) 35 La fleur 35 Le métier (waza) / le répertoire (≀ᩘmonokazu) 40 L’esprit (kokoro) 60 Le degré de l’art 70 L’habile (к᡻), le maître confirmé, le degré où s’acquiert la renommée universelle (ཙлȃ਽ᵋȧᗇȠս) 70 Le degré de l’aisance (ᆹǢս) et le degré de la maturité (䯼ǴȠս) 72 Les neuf degrés (஑఩) 80 Le rapport entre l’acteur et le public 93 Les arts procurés par la nonconscience de l’acteur 93 L’émotion suscitée chez le public 116
LA VOIE DE LART La voie de l’art La formation de la voie de l’art au Moyen Âge La voie de l’art à partir de l’époque prémoderne LekataLekatadans le nô, le kabuki, lenihonbuyôL’efficacité dukataLa nonconscience (↓ᚰmushin) Le processus de l’appropriation dukataLekiLa signification dukiLekidans la voie de l’art La respiration LemaLa signification dumaLemaen tant qu’absence d’expression
CONCLUSION
ANNEXES Indexdes nomspropres IndexdenotionsRéférences bibliographiques
 125  125  131  136  136  142  150  168  177  177
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PRÉFACE Augustin Berque
Je suis particulièrement heureux qu’arrive à publication l’ouvrage d’Aya Sekoguchi – à l’origine une thèse soutenue à l’École des hautes études en sciences sociales – parce que cette réalisation a quelque chose de paradigmatique. C’est là en effet un travail qui réussit à concrétiser – à faire croître ensemble,cum crescere –la recherche conceptuelle et un art corporel, la danse traditionnelle japonaise ditenihon buyô, que Mme Sekoguchi pratique depuis l’âge de huit ans ; ce à travers l’étude scrupuleuse des textes du grand théoricien du théâtre nô, Zeami, et leur double mise en regard avec, d’une part, la philosophie de l’école de Kyôto et, d’autre part, la mésologie (l’étude des milieux) qui s’est développée dans le sillage d’Uexküll et de Watsuji. C’est une synthèse argumentée entre l’esprit et le corps, l’individuel et le collectif, l’Orient et l’Occident, qui réussit à surmonter l’aporie devant laquelle, voici plus de deux mille ans, buta Platon dans leTimée: penser rationnellement lachôra,cette ancêtre de la problématique des milieux, qui est paradoxalement à la fois l’empreinte et la matrice de l’être concret, la genesis.
Pareille synthèse, c’est ce que l’art incarne depuis les origines, mais que justement la raison peine à saisir. C’est bien pourquoi le rationalisme occidental, depuis Platon et Aristote, en a forclos le principe. Platon l’a fait comme on le sait en excluant symboliquement les poètes de laRépublique, Aristote en excluant le tiers – à la fois A et nonA – du raisonnement logique. Et pourtant, la réalité humaine inclut nécessairement le tiers, puisqu’elle est écotechnosymbolique, et que le symbole (à commencer par le langage) est justement à la fois une chose et autre chose, A et nonA.
D’avoir montré comment la théorie de l’art du théâtre de Zeami réussit cette synthèse, et de l’avoir explicité dans un cadre rationnel tout en respectant les exigences de l’érudition, voilà le plus grand mérite de la recherche de Mme Sekoguchi. C’est une avancée notable non seulement dans le domaine de la japonologie ou dans celui de la théâtrologie, mais également aux plans philosophique et anthropologique. Plus spécifiquement, c’est un apport substantiel à la mésologie – ici, spécialement, l’étude des milieux humains, où l’on ne peut abstraire les uns des autres les systèmes
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