L'imaginaire spirituel de C.S. Lewis

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Au centre de l'œuvre de Lewis il y a le message chrétien. Sa mission commence avec sa conversion au christianisme. Celle-ci est d'abord intellectuelle et littéraire. Le mythe y tient une place de choix. Comment convaincre ses contemporains en voie de déchristianisation de la nécessité d'un retour au christianisme ? Cet ouvrage étudie l'articulation entre l'expérience religieuse et la fiction. Il contient une présentation chronologique des articles portant sur les sujets littéraires, philosophiques et sociétaux écrits pas Lewis.
Publié le : lundi 1 mars 2010
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EAN13 : 9782296246997
Nombre de pages : 352
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L’IMAGINAIRE SPIRITUEL DEC.S. LEWIS

Expériencereligieuse etimagination
dans son œuvre de fiction

Reproductions dela couverture:
la déesse KUBABAdeVladimirTchernychev ;
LaDameVertedeSophieWarzecha

Directeurde publication: MichelMazoyer
Directeur scientifique: JorgePérezRey

Comité derédaction

Trésorière: ChristineGaulme
Colloques : Jesús Martínez Dorronsorro
Relationspubliques : AnnieTchernychev
Directrice du Comité de lecture: AnnickTouchard

Comitéscientifique,série monde moderne, mondecontemporain
Jean-MichelAymes(Université deParis III),AntonioBarragan (Université de
Cordoue),RégisBoyer(Université deParis IV-Sorbonne),ClaudeHélènePerrot,
(Université deParis I-Panthéon-Sorbonne),PatrickGuelpa, (UniversitéCharlesde
Gaulle-Lille3),Hugues Lebailly, (Université deParis I-Panthéon-Sorbonne),
GeorgeMartinowsky(UniversitéClermont II-BlaisePascal),JorgePaulMirault
(Professeurde philosophie),PerezRey(Université deParis I-Panthéon-Sorbonne),
HélènePignot, (Université deParis I-Panthéon-Sorbonne),Olga Portuondo
(Université d’Oriente),AnnieTchernychev(Université deParis
I-PanthéonSorbonne),RichardTholoniat(Université du Maine)

Ingénieurinformatique
PatrickHabersack (macpaddy@chello.fr)

Avecla collaborationartistique deJean-MichelLartigaud,
etdeVladimir Tchernychev

Cevolumeaété imprimé par

©AssociationKUBABA,Paris
L’Harmattan,Paris
ISBN :978-2-296-10911-7
EAN :9782296109117

DanielWARZECHA

L’IMAGINAIRE SPIRITUEL DE C.S.LEWIS

Expériencereligieuse etimagination
dans son œuvre de fiction

Préface dePatrickGuelpa

AssociationKUBABA,Université deParisI,
Panthéon –Sorbonne,
12 Place du Panthéon75231ParisCEDEX05
L’Harmattan, 5 -7rue de l’EcolePolytechnique
75005Paris

L’Harmattan

BibliothèqueKubaba
Sélection d’ouvragespubliés
http://kubaba.univ-paris1.fr/

RevueKubaba
L’Eau:symboles, croyanceset réalités.
La Marginalité:entre l’exclusion etlatransgression.
La Marginalité:utopie et réalité.
La Ville:fondation etdéveloppement(2 volumes).

ChezL’Harmattan
Cahiers Kubaba
FêtesetFestivités
Ritesetcélébrations.
La campagneantique:espacesauvage,terre domestiquée.
La campagnecolonisée.

CollectionKubaba
SérieMonde moderne,Mondecontemporain
LeLys:poème marial islandais,PatrickGuelpa
Un homme de désirs.Le poète islandaisEinarBenediktsson,PatrickGuelpa.
Leselfesde falaises,PatrickGuelpa
La Voluspá,PatrickGuelpa
Toiqui écoutes,Jón Óskar,traduction deRégisBoyer.
LeVillage,JónúrVör,traduitde l’islandaisetprésenté parRégisBoyer.
Histoire ethistoiresdeRussie,AnnieTchernychev.

SérieActes
(Ed.Mazoyer,Pérez,Malbran-Labat,Lebrun)
L’arbre,symbole et réalité,Actesdes1èresJournées universitairesdeHérisson,
Hérisson, juin, 2002.
Ville etpouvoir:originesetdéveloppements.
Le pouvoiretàlavilleàl’époque moderne etcontemporaine.
Actesdu colloquesurlavilleaucœurdupouvoir,PremierColloque
international deParisorganisé parlesCahiersKubabaetl’Institut
catholique deParis,Paris, décembre,2000 (2volumes).

In memoriamJacquesSys

Préface

DanielWARZECHAenseigne l’anglaisàl’UniversitéCharlesdeGaulle
–LilleIIIdeVilleneuve d’Ascqdepuisde nombreusesannéeset s’est
passionné pourlamythologiecomparéeainsique pourlavie etl’œuvre de
CliveStaplesLEWIS, l’auteurduMonde deNarnia.Le7novembre2008, il
a brillamment soutenu sathèse deDoctoratà LilleIIIsurlesujet suivant:
«Vers unerhétorique de lapersuasion:réactivation desmytheset
réécriture(s) dansl’œuvre deCliveStaplesLEWIS(1898-1963) ».
C.S.Lewisétaitencore ilyapeu un inconnupourmoiavant queDaniel
n’attire l’an derniermonattentionsurlui parlebiaisde monséminairesurla
Völuspá(«La Prédiction de la Voyante »,célèbre poème de l’Edda).Cet
auteurnord-irlandaism’estdoncdevenuplusfamiliergrâceàson
remarquabletravail.
Si l’artdeLewis trouveson inspiration dansla Bible (onserendvite
comptequ’ilveutpersuaderen douceurde la«vérité duchristianisme »,
pour reprendre letitre d’un exposé du CardinalRatzingeren l’an2000àla
Sorbonne,àl’invitation desphilosophes), l’angle d’attaque,si l’on peutdire,
sesitue danslamythologie etle fantastique, mélangeaussi détonnant
qu’étonnant qui fait qu’on pourraitcroire, de primeabord, n’avoiraffaire
qu’àdescontespourenfants.Maisnousnousapercevonsdansletravail de
DanielWarzechaqueLewispartdesmythespourarriverauxrites, oudu
moins suggérerlaparenté entrecesdeux termes.En effet,Lewis veut
amener son lecteur sur un plan incliné, le faireréfléchiràpartird’histoires
invraisemblables qui empruntent quelque peuauxgrandsmythesduNord
ancien pourlesquelsil nourrissaitdepuisl’enfanceunevéritable passion,à
l’instardesonamiJ.R.R.Tolkien.C’estainsique le message évangélique
transparaîtàtravers uncertainsnombre d’exemplesdansles«Chroniquesde
Narnia»surtout,carc’estlàqu’ontrouve le plusd’allusionsàlamythologie
nordique.
Pourne prendrequ’unseul exemple, lafigure dulionAslan (en langue
turque:« lelion »)ressembleà ceque l’Eddaen prose,celle deSnorri
Sturluson (qui écrit vers1220), nousditdeBaldur, dieubon etlumineux qui
connaît une fintragique puisqu’il estassassiné indirectementparle perfide
Loki.On peut voirencesdeuxpersonnagesdesfigureschristiques,car
bonnes, justes, innocentesetoblatives.Maisàladifférence deBaldur, le lion
deLewiscomporteuncaractèresalvifique évident quisuggère
immédiatement unrapprochementavecleChrist.

11

Ladémarche deLewisne laisse pasd’êtreàtoutle moins singulière:de
lamythologie nordique en passantparWagnerpouraboutirauChrist!Il est
vraique lesillustrationsde laTétralogieparArthurRackham (Siegfried
découvrantBrünhild, notammentdans«SiegfriedandtheTwilightofthe
Gods») ontfortementmarqué le jeuneLewis.
Cecheminement qui mène dupaganismeauchristianismereflète
exactementlapensée decertainschercheurs quisupposent que l’auteur
demeuréanonyme de laVöluspáétait sansdoutecequ’il estconvenu
d’appeler«unbon païen ».
Intéressante égalementestl’analyse de ladémarche deLewis:ilréactive
laméthodescholastique:de lalectioen passantparlaquestiopouraboutirà
ladisputatio.Ilargumente égalementde façon dialectique pourdonnerdes
raisonsdecrédibilité, facilitantainsi le «sautde lapensée » pourparvenirà
lafoi.C’est queLewisestavant tout uncérébral, etc’estlàson originalité.
Sa conversionauchristianismeanglican estavant toutaffaire d’intelligence,
de philosophie, deraisonnement,cequi estensoi extraordinaire.Car
l’histoire duchristianisme nousapprendquebien plus que parles
raisonnements théologiques, lesconversions se produisentgénéralement
grâceaucontactpersonnel,àla charité fraternelle,àl’exemple («Voyez
comme ils s’aiment», disait-on despremierschrétiens).
L’idée deLewis selon laquelle « lavieilleculture européenne et
occidentale »est un mélange dechristianisme etde paganismesevérifieà
l’exemple de l’Islande encoreaujourd’hui, oùlesgensen général n’opposent
pasdu toutlesdeuxetrevendiquentleurattachementàl’une etàl’autre
culture (il fautdirequ’ils’agitde 95 % de protestantsluthériens).Voyezà
ceteffetle grand poèteEinarBenediktsson, morten 1940,qui enveloppait
ses thèsesmysticisteset spiritualistesdans un mixte lexical pagano-chrétien
(Un homme dedésirs,auxéditions L’Harmattan,p.208-212).
Lewisa,semble-t-il,saisi laquintessence dece paganisme pour se
l’appropriereten faire la base desa conceptionchrétienne,sans solution de
continuitéavecle passé païen.Celaressortclairementdesesécritset
naturellementaussiquand il expliquesa conversion.
C’estainsique l’auteurdece livreanalyse lerécitlewisien dans
plusieursoeuvres romanesqueset quelquesfragmentsdeLewis:
-LesChroniquesdeNarnia(TheChroniclesofNarnia),son oeuvre la
plusconnue, écrite entre 1950et1956et quiconnaîtactuellement un grand
succèsaucinéma.Ellecomporteseptparties:1/LeNeveudumagicien
(1955),2/LeLion, la Sorcièreblanche etl’Armoire magique(1950),3/Le
Cheval et son écuyer(1954), 4/LePrinceCaspian(1951), 5/L’Odyssée du
passeurd’aurore(1952),6/LeFauteuil d’argent(1953) et 7/La Dernière

12

Bataille(1956). À noter que lesadaptationscinématographiques se font
dansl’ordrechronologique de l’écriture.
Viennentensuite
-La Trilogiecosmique(TheCosmic Trilogy),
-LeGrandDivorce(TheGreatDivorce), «sorte de fableallégorique
dantesquesurlethème de l’enferetduparadis»,
-Tactique duDiable(TheScrewtapeLetters),
-UnVisage pour l’éternité(TillWeHaveFaces).
Dans toutescesoeuvres, le problème dumal occupeune placecentrale.
DanielWarzechadémonteavectalentlesmécanismesde l’architectonique
du récitetc’estavecunevéritable empathiequ’il nousprésenteC.S.Lewis
etnousle faitaimer.
Enfin l’ouvragecomporteunavantage pratiqueappréciable et utile pour
les spécialistesetlesnon-spécialistesdeLewis:dansla bibliographie (pp
308-40) l’auteurprésente de façon ordonnée etchronologiquetousles
articles,conférencesetessais surdes sujetslittéraires,sociétaux,
philosophiquesetreligieuxécritsparLewis.Cetravail est,àma
connaissance, inéditdanslarecherche lewisienne francophone et
anglophone.

PatrickGuelpa,
UniversitéCharlesdeGaulle-LilleIII,
Villeneuve d’Ascq

13

Préface.............................................................................................11
Abréviations........................................................................... 17
Introduction ...........................................................................25
Lerécitlewisien ..................................................................... 55
Chapitre 1Diversitéet unité..................................................59
1.1TheChronicles ofNarnia...................................................... 60
1.2TheCosmic Trilogy............................................................... 84
1.3TheGreatDivorceetTheScrewtapeLetters......................... 87
1.4TillWeHaveFaces................................................................ 91
1.5Lesfragments........................................................................ 94
Chapitre 2Principes théoriques ..........................................105
2.1Prémissesplatoniciennes..................................................... 106
2.1.1LesFormes..................................................................... 106
2.1.2Ascension etdescente ..................................................... 108
2.1.3Méthode platonicienne.................................................... 112
2.2Conception du récit.............................................................. 117
2.2.1Imitation .........................................................................117
2.2.2Transposition .................................................................. 120
2.2.3Supposition et "fantasy".................................................. 121
2.2.4L’intrigue ........................................................................ 124
2.2.5Solidarité et sens............................................................. 127
ChapiArchitectotre 3niquedu récit lewisien.....................135
3.1Le périple etlaquête............................................................ 135
3.1.1Approchetypologique ....................................................136
3.1.1.1Nominations............................................................ 137
3.1.1.2Dédoublements........................................................ 144
3.1.1.3Une nouvelleanthr14opologie ....................................6
L’animalit14é .........................................................................7
La créationr155édimée ............................................................
3.1.2Mission etinitiation ........................................................ 156
3.1.3Lechoix.......................................................................... 159
3.2Pensée magique ...................................................................166
3.2.1Sentimentesthétique ....................................................... 168
3.2.2La HauteMa1gie ..............................................................70
3.2.3Causalit1é .........................................................................72
3.2.4Un procédé narratif ......................................................... 174
3.3L'espacesémantisé............................................................... 174

15

3.3.1Origine etinterdépendance ............................................. 176
3.3.1.1Cerclesetcentres..................................................... 177
3.3.1.2Débutsetfins........................................................... 180
3.3.1.3Cérémonial .............................................................. 184
3.3.2Espacespluridimensionnels............................................ 186
3.3.2.1Élasticité .................................................................. 187
3.3.2.2Dimensionsociale et spirituelle............................... 192
3.3.2.3Lanature participative ............................................. 197
3.3.3Espacesporteursdesens................................................. 199
3.3.3.1Allégorisation despointscardinaux........................ 200
3.3.3.2SaintAnne’s vsBelbury..........................................206
3.4L'opacité dumal ..................................................................210
3.4.1Paradoxes........................................................................212
3.4.1.1Inanité dumal ..........................................................212
3.4.1.2Origine.....................................................................214
3.4.1.3Figuration ................................................................216
3.4.2Manifestations................................................................218
3.4.2.1Jonction ...................................................................219
3.4.2.2Torsion ....................................................................222
3.4.2.3Stratégie diabolique .................................................224
Lerapt.................................................................................224
Tromper..............................................................................227
Le langage ..........................................................................228
Abolition.............................................................................233
3.4.3Réponses.........................................................................235
3.4.3.1Résistance................................................................236
3.4.3.2Obéissance...............................................................238
3.4.3.3Sacrifice et vicariance .............................................239
3.4.3.4Batailles...................................................................241
3.4.4PolémiquesCette hideuse puissance..............................244
3.5Performativité ......................................................................247
3.5.1Auto-implication.............................................................255
3.5.2Convaincr..................................................................e !258
3.5.3Jane etMarkStuddock....................................................261
Conclusion ...........................................................................279
«Conversio »...................................................................281
Processus............................................................................282
Annexes................................................................................289
Bibliographie........................................................................301

16

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24

Introduction

e
CliveStaplesLewis,célèbreapologisteanglican duXXsiècle,a
1
produit une œuvre dense,atypique etprotéiforme.Lewisest unauteur
2
inclassable."Hewill notfitintoapigeon-hole".Laformule dédiéeàson
amiCharlesWilliams,aprèslamortdecelui-ci, pourrait toutaussibien lui
êtreappliquée.Lewisaécritenvironcentcinquante poèmes,cequi
représente presque neuf millevers.Un grand nombreaété publiéàtitre
posthume.LespoésiesdeLewis sontmaintenant regroupéesdans trois
3
recueils.Ilaécrit troislivresàportéeautobiographique,un journal intime
4
danslesannées1920,cinq romans, dont troisdescience-fiction.Ses
ouvrages religieux se décomposenten deuxlivresde fictionreligieuse

1
Desonvivant,Lewisaécritetpublié30livresde fiction, d’apologétique etde
critique littéraire,soit5681 pagesde prose.Si l’onajoute les11 ouvragespubliés
àtitre posthume (soit 2089 pages),celafait untotal de7770pagesde prose.Ce
total exclutla correspondance et,biensûr, lapoésie envers.Si l’oncumule le
tout, l’œuvre deLewis représente prèsde 12000pages(11732pagesprécisément
àl’exception de lapoésie).
2
EPtoCW,Preface,vi.
3
Spirits inBondage: a Cycle ofLyrics(1919,SanDiego,NewYork,London: A
HarvestBook,HarcourtBrace& Company, 1984)regroupe 40poèmes(soit
1206 vers) écritsdanslesannées1910.'Dymer'(1926),'Launcelot'(débutdes
années1930),'TheNamelessIsle'(1930) et 'TheQueen ofDrum'(1918-1938)
ontétéregroupésdansNarrativePoems(1969,London: FountPaperbacks,
1994.).Les quatre poèmescomptent4482 vers.Poems(London: A Harvest
Book, 1964,réédité en 1992.)compte 105 poèmes totalisant 3162 vers.La
poésie deLewiscompte 8850 vers.
4
Autobiographie:AllMyRoadBeforeMe: TheDiary ofC.S.Lewis 1922-1927(San
Diego: A HarvestBook –Hartcourt,Inc., 1981),ThePilgrim'sRegress: An
AllegoricalApologyforChristianity,ReasonandRomanticism(London: J.M.
nd
Dent, 1933.2ed.London: GeoffreyBles, 1943.FountPaperbacks, 1998.),
SurprisedbyJoy:theShape ofMyEarlyLife(London: GeoffreyBles, 1955.
Fount,HarperCollins, 1998.1955) etA GriefObserved(London: Faber& Faber,
1961).
Romans:TheCosmic TrilogyregroupeOutofTheSilentPlanet(1938),Perelandra
(1943),ThatHideousStrength: a ModernFairy-TaleForGrown-ups(1945),
publiésinLondon: JohnLane,theBodleyHead, 1945.TheBodleyHead& Pan
Books, 1989.TheDarkTower(fragment retrouvé date desannées1938-39) est
un manuscritinachevé publié inTheDarkTowerandOtherStories.London:
Collins, 1977.TillWeHaveFaces: A MythRetoldestpublié en 1956(London:
GeoffreyBles,HarvestBook, 1984).

27

L’imaginaire spirituel deC.S.Lewis

5
("theological fantasies") et septlivresapologétiques.Lewisa aussicomposé
6
septcontespourenfants.L'éruditarédigé etpublié desonvivant sixlivres
7
decritique littéraire, dontcertains sontencore des références.Une
soixantaine deconférencesetanalyseslittérairesde l'auteurontété publiées
8
àtitre posthume.Lewisa aussiàsonactif environunecentaine d'articles

5
ReligiousFantasies:TheScrewtapeLetters(1942.London: GeoffreyBles,Fount,
HarperCollins:1998.),suivi deScrewtapeProposesa Toast(1959.Publié inThe
World'sLast Night andOtherEssays.A HarvestBook. 51-70) etTheGreat
Divorcea Dream(London: GeoffreyBles, 1946.HarperCollins, 1997).
Oeuvresapologétiques:TheProblem ofPain(London: GeoffreyBles, 1940.Fount,
HarperCollins, 1998.),MereChristianity(London: GeoffreyBles1952.Fount,
HarperCollins1997)quireprendBroadcastTalks(1942),ChristianBehaviour
(1943) etBeyondPersonality(1944),TheAbolition ofMan orReflectionson
EducationwithSpecialReferencetotheTeaching ofEnglish intheUpperforms
ofSchool.[Conférencesdonnéesàl’université deDurham en février1943
OxfordUniversityPress, 1943.Nashville: Broadman& HolmanPublishers,
1996.],Miracles: a PreliminaryStudy(London: GeoffreyBles, 1947.Fount,
HarperCollins, 1998),ReflectionsonthePsalms(London: GeoffreyBles, 1958.
Fount,HarperCollins, 1998),TheFourLoves(London: GeoffreyBles, 1960.A
HarvestBook, 1991) etLetters toMalcolm: ChieflyonPrayer(London:
GeoffreyBles, 1964.A HarvestBook, 1991).
6
TheChroniclesofNarnia:TheMagician'sNephew(1955),TheLion,theWitch&
theWardrobe(1950),TheHorseandHisBoy(1954),PrinceCaspian(1951),
TheVoyage oftheDawnTreader(1952),TheSilverChair(1953) etTheLast
Battle(1956).Éditionutilisée pourles septcontes,London: HarperCollins, 1980.
7
TheAllegoryofLove,a StudyinMedievalTradition(London: Oxford: Oxford
UniversityPress, 1936),ThePersonalHeresy: A Controversy.E.M.W.Tillyard
& C.S.Lewis(London,NewYork: OxfordUniversityPress, 1939),A Prefaceto
ParadiseLost(1942.London: OxfordUniversityPress, 1961),English
Literature intheSixteenthCentury[ExcludingDrama](London: Oxford
UniversityPress, 1944).StudiesinWords(1960.Cambridge: Cambridge
UniversityPress,2004.),AnExperimentinCriticism(1961.Cambridge:
CambridgeUniversityPress,2003).
8
TheDiscardedImage: AnIntroductiontoMedievalandRenaissanceLiterature
(1964.Cambridge: CambridgeUniversityPress,2004),StudiesinMedievaland
RenaissanceLiterature (1966.Cambridge: CambridgeUniversityPress,2000). ),
OfOtherWorlds,EssaysandStories(1966.SanDiego,NewYork,London: A
HarvestBook:1975),Spenser'sImagesofLife(Cambridge: Cambridge
UniversityPress, 1967),SelectedLiteraryEssays(Cambridge: Cambridge
UniversityPress, 1969),OfThisand otherWorlds(1982.London: Collins,

28

Introduction

traitantdesujets théologiques,sociétauxoulittéraires.Ilsontété publiés,à
lasuite deconférences, decoursoudesermons, dansdiversjournauxou
revuesbritanniquesetaméricainsdeson époque.Ils sontmaintenant
9
accessiblesdans une dizaine derecueils.Toutesavie,Lewisaréponduàun
courrierabondant,cequireprésente descentainesde lettresconsignéesdans
divers recueils.Cettecorrespondancecolossale,représentantplusdetrois
10
millecinqcentpages,apresque été entièrementpubliée.L'ensemble de
cette œuvreaétéréalisé par un lecteurinsatiable,un écrivain prolifiqueà
l'imagination luxuriante et un penseur quisevoulait rigoureux.Qu'est-cequi
poussecetamoureuxdesmotsàécrire?Qu'est-cequianimecetéruditpoète
etcroyant ?
Toutesavie,Lewisaétéconsumé par un «feudévorant», pour
reprendreune formule duprophèteJérémie:«Ilyadansmoncœurcomme
un feudévorant /Qui est renfermé dansmesos./Je m’efforce de lecontenir,
11
etje ne le puis».Amor est ignis jugiterardens(l’amourest un feu qui

1989).OnStoriesandOtherEssays onLiterature(SanDiego,NewYork,
London: A HarvestBook, 1982).
9
TheWeight ofGloryandOtherAddresses(1949.NewYork: HarperSanFrancisco,
2001),TheWorld'sLastNightandOtherEssays(1960.SanDiego: a Harvest
Book,HartcourtInc., 1987),ChristianReflections(London: GeoffreyBles,
1967.FountHarperCollins, 1998.),TimelessAtHeart,EssayonTheology
(London: CollinsFountPaperbacks, 1970),CompellingReason,Essayson
EthicsandTheology(publié d’abord dansUndeceptions,London: GeoffreyBles,
1971.FountHarperCollins, 1996),God intheDock:EssaysonTheologyand
Ethics(London: Collins,FountPaperbacks, 1971.EerdmansPublishing
Company,2000),Fern-seedandElephantsandOtherEssaysonChristianity
(London: Collins,Fontana, 1975.FountHarperCollins, 1998),PresentConcerns
A CompellingCollection ofTimely,Journalistic Essays(SanDiego: a Harvest
Book,HartcourtInc., 1986).
10
LettersofC.S.Lewis,Editedandwitha MemoirbyW.H.Lewis, (1966,San
Diego,NewYorkLondon: A HarvestOriginal –Harcourt,Inc. 1993),Letters to
anAmericanLady(1971.GrandRapids: EerdmansPublishingCompany, 1996),
TheyStandTogether,TheLettersofC.S.Lewis toArthurGreeves:1914-1963
(London: Collins, 1979),TheCollectedLettersofC.S.Lewis,VolumeI: Family
Letters1905-1931(NewYork: HarperSanfrancisco,2004),CollectedLetters,
VolumeII: Books,BroadcastsandWar1931-1949(London: HarperCollins,
2004) etCollectedLetters,VolumeIII: Narnia,CambridgeandJoy, 1950-1963
(NewYork: HarperCollins,2006).
11
Jérémie20:9.La Bible.NouvelleÉdition deGenève, 1979.SociétéBiblique de
Genève.

29

L’imaginaire spirituel deC.S.Lewis

brûlecontinuellement).Lewisfait siennecette phrasetirée deTheImitation
12
ofChristdeThomasàKempis,un deseslivrespréférés.Les termesde
"longing"etde"desire"apparaissentfréquemment sous saplume.Ilqualifie
l’expérience «romantique »qui dominason enfance et sonadolescence de
"intense longing".Pourle médiévisteLewis, le jardinclôturé dansleRoman
de laRoseévoque «"l'autre monde"non pascelui de lareligion maisde
l'imagination, le paysdudésir, leParadis terrestre, le jardinàl'estdu soleil et
1314
àl'ouestde lalune. »Cette «dialectique dudésir» ,sembleaussiavoir
été, pourl'auteur, le moteurdesaquête esthético-spirituelle et un garde-fou
pourcelle-cicontretousles succédanésetlescontrefaçons.Parnature,cette
recherche est trèsplatonicienne.En effet, l'homme dans saquête du«bien »
15
suprleême («bienquerecherchetoutl'univers» ),doitfaire preuve de
vigilance etde luciditéàl'égard debiensmoindreset trompeurscar

12
TheLatinLetters ofC.S.Lewis.SouthBend,Indiana:1998.Letter17,71.La
citation est tirée deTheImitation,Book 4,Chapter4.Desonvrai nom,Thomas
Hemerken (1379 ou1380- 1471) est unthéologienchrétien hollandais.Il est
probablementl’auteurdeDeImitationeChristi, écritentre 1390et1440.Par
«sesexhortations utilesàlaviespirituelle », le livrealongtempsétéconsidéré
comme l’œuvre laplusinfluente de lalittératurechrétienne.Encyclopaedia
Britannica,DVD2005.
13
DansAL,Lewis soutientlathèseselon laquelle le déclin desdieuxantiquesestle
résultatde leurallégorisation.Progressivement,souslaplume desauteurs
antiques, ilspersonnifientdes vicesetdes vertus.Cette déperdition permettra
danslalittératureultérieure l'introduction de la"romance", mélange de
fantastique etde merveilleux."[…]the decline ofthe gods, from deity to
hypostasisand from hypostasis to decoration,wasnot, for them orfor us,a
historyofsheerloss.Fordecoration maylet romance in.The poetisfreeto
invent,beyondthe limitsofthe possible,regionsofstrangenessandbeautyfor
theirownsake.[…] Under the pretextofallegory something else has slipped in,
andsomethingso important that the garden intheRomance oftheRose itself is
onlyone of its temporaryembodiments–somethingwhich,undermanynames,
lurksat theback of most romanticpoetry.Imean'the other world'not religion,
butimagination; the land of longing,theEarthlyParadise,the garden eastofthe
sunandwestofthe moon."AL75-6.
14
"The dialecticofDesire, faithfullyfollowed,wouldretrieveall mistakes, headyou
off fromall false paths,and forceyounot to propound,butlivethrough,asortof
ontological proof."PR,Preface.xv.
15
Boèce.Consolation de laphilosophie(DePhilosophiaeConsolatione,VIème
siècle).Paris: ÉditionsRivages, 1989, 145.

30

Introduction

tous ces biens« fantômes» «trompent» notre désir;
recherchés« envude »'autresbiens, ilsappellent unbien
dernier,aimable pourlui-même et«terme »stable de nos
16
errements.
C'estle désir qui, pardescheminsdétournés, mènera Lewisà Dieu.C'estle
désir qui,telunventattisantlesbraises,soufflerasurlesmotifsdesa
recherche inlassable etmaintiendraen lui laflamme évangélisatrice.Àpeine
converti, levoilàdéjà apologistezélé !En lui,résonne le «compelle
intrare»,qui l'a bouleverséau seuil desa conversion et qui l'anime dudésir
de persuader:
Thewordscompelle intrare,compelthemtocome in[…]
properly understoodtheyplumbthe depth ofDivine mercy.
The hardnessofGod iskinder thanthesoftnessof men,and
Hiscompulsion isourliberation (SBJ178).

Mais qui doncvise-t-il?Son lectoratcertes,qui devientde plusen
plusfourni,sonauditoire lorsdesesconférencesou sesjoutesoratoiresavec
un opposantàsa cause.Maisau-delà,Lewispointeversl'universel en
s'adressantàsoncontemporain, «l'homme occidental moderne »,vivant
dans uneculture post-chrétienne et setarguantd'avoirdesconnaissances
17
scientifiques,cequi l'exonère, dumoinsle pense-t-il, decroire.Dans
18
"ModernManand hisCategoriesofThought",unarticle écriten 1946pour
cequiallaitdevenir, deuxansplus tard, leConseilMondial desÉglises,
Lewisposeun diagnosticsurlasociété moderne.Selon lui, ellesouffre de
plusieursmaux:lafin de l'éducationclassiquequiapour résultat« d'isoler
l'espritdans sapropre époque »(62), lamixitéquiapourconséquence de
déplacerlespréoccupations vers« des questionspsychologiquesou
sociologiques»audétrimentde lamétaphysique.Ilya,aussi,cequ'il
nomme «l'historicisme »,unavatardudarwinismesocial oula croyance

16
VictorGoldschmidt.Platonisme et penséecontemporaine.Paris: Librairie
PhilosophiqueJ.Vrin, 1990,22.
17
AvecdesaccentspascaliensLewisinvite l'homme moderne pétri deconvictions
scientifiques(sujettesà caution d'aprèslui)às'oublierdansla contemplation de
« l'infinimentgrand »."Itis thecreative evolutionist,theBergsonian orShavian,
or theCommunist,whoshouldtremblewhen he looks upat the night sky."Il le
qualifie plusloin de"modernvaguely religiousman","Dogma andthe
Universe",God intheDock:EssaysonTheologyandEthics.London: Collins,
FountPaperbacks, 1971, 1979.EerdmansPublishingCompany,2000, 44, 47.
18
PresentConcerns61-6.

31

L’imaginaire spirituel deC.S.Lewis

naïveque le progrèshumain estparti derien (64).En outre, l'influence du
marxismequi, en mettantl'emphasesurle prolétariatetlesluttes sociales,a
opéréunrenversementdes valeurs religieuses.Leshommesneconsidèrent
plusDieucomme leurJuge maisaucontraire,cesonteux qui lui demandent
descompteset s'érigenten juges. «Ilsn'ontpasdesentimentsdecrainte, de
culpabilité, oud'effroi »(65).Enfin, ilsnesontplusintéresséspar« la
question de lavérité oude lafausseté » maisils se demandent seulement si
unechose est«rassurante, exaltante ou socialement ut(ile »65).Mais, le
plusgraveàses yeux,c'estle déni deraisonauprofitde «vaguesnotions»
issuesdufreudisme oude larelativité d'Einstein (65).Enconclusion,telles
sont« lescaractéristiquesduclimatmental danslequelun évangéliste doit
19
travailler».Danscecontexte, dequoi l'évangélisteLewis veut-il
convaincresoncontemporain?De l'urgence du salut,certes, maisd'abord du
bien-fondé intellectuel etesthétique de lafoi.Celle-ci, en effetnesignifie
pasobscurcissementde laraison.Bienaucontraire, lafoi estfondée en
raison.Lewisfait sienne ladeviseaugustinienne:intellige utcredas(tudois
comprendre pourcroire).Pourlui,comme pourlesphilosophesmédiévaux
qu'il étudie, ils'agitd'atteindre l'idéalaugustinien, «d'une foi enquête
20
d'intelligence » (selon laformule d'Anselme,Fidesquaerensintellectum).

19
"Such, in myopinion,arethe maincharacteristicsofthe mentalclimate inwhicha
modern evangelisthas towork"."MODERN MAN"/PrC66.
20
EdouardJeauneau.Laphilosophiemédiévale.Paris: PUF, 1963,31 et42.
Anselme (1033ou1034-1109) estle premierà avoir tenté de démontrer que la
foi est rationnelle.Animé parlafougue évangélisatrice, l'archevêque de
Cantorbéry(1093),a cherchéàprouverdansleMonologion, l'existence deDieu
en faisant référence nonàdesarguments théologiquesmaisphilosophiques.
«[Anselme]ditexplicitement que,sisespreuves sontcellesd'uncroyant, ilveut
pourtantlesdévelopperdetelle façonqu'ellespuissentconvaincre mêmeun
incroyant. »KurtFlasch.Introductionàlaphilosophie médiévale.Fribourg:
EditionsUniversitaires, 1992, 58.Toutesproportionsgardéeson pourraitétablir
e e
un parallèle entre ladeuxième partie duXIsiècle etlapremière partie duXX
siècle,quitoutesdeuxconnaissentdesbouleversementsmajeurs quivont
fragiliserlesesprits.Àl'époque d'Anselme, mêmes’il est« devenu
économiquementetmilitairementfort», l'Occidentestnéanmoinsmenacé par
e
Byzance, lesJuifsetlesArabes(68).De plus, leXIsonne le glasde l'empire
carolingien dans saprétentionaudominium mundic'est-à-direvouloir regrouper
touslespeuplesd'Europesousla bannière de la chrétienté (82).Lapremière
e
moitié duXXsiècleaétésecouée pardeuxconflitsmondiauxdévastateurs qui
ontdétruitlesfondementsmême de la culture occidentale.Danscesdeux
époques troublées,Anselme etLewis sontmusparcette même flamme etce

32

Introduction

«Lafoi, don deDieu, doitêtre nourrie,soutenue parl'exercice, d'uneraison
21
humaine;lafoichercheDieu, maisc'estl'intelligencequi letrouve. »
Aussi pourLewis, il ne fautpasprendre lechristianismeuniquementdans
sonacceptionreligieuse maisaussi dans sadimensionculturelle,
philosophique etlittéraire.Mêmes’il estdubitatifquantàlavaleur salvatrice
de la culture, ilreconnaîtnéanmoins qu'elleconduitcertainespersonnes
«surlaroute deJérusalem »car

la culture est un magasincontenantlesmeilleures valeurs
(subchrétiennes).Ces valeursen elles-mêmes relèventde l'âme
(psyche), non de l'esprit(pneuma).MaisDieua créé l'âme.Par
conséquent,ses valeurscontiennentcertainement unrefletou
22
unavant-goût("antepast") des valeurs spirituelles.

Dece fait, la culture, «mêmesi[elle]nesauverapers« peonne »,ut
prédisposeràla conversion », «conduirecertainesâmesauChrist», oubien,
toutaumoins, enamenerd'autresdans« lesfaubourgsdeJérusalem » (29).
Voilàpourquoi, l’auteur se faitl'avocatde la«vieilleculture européenne et
23
occidenta,le »qui estparadoxalementetheureusementàses yeux,un
mélange dechristianisme etde paganisme.Lewislégitimece dernier,qu'il
trouveassezproche dupremier, entant quesystème de pensée etd'êtreau
24
monde.Aussirecommande-t-il pour sescontemporains,cetterétrogression
salvifiquequi est«ce mouvementderetouraux sources, deretouràl'origine

désirdeconvaincre lesincroyantsouleshérétiquesdubien fondé de lafoià
l'aide de laraison.
21
MichelMeslin, «saintAugustin »,Encyclopædia Universalis2004.L'excellent
article deMeslin, outrequ'il donneunbonaperçude lavie etde l'œuvre
prodigieuse d'Augustin, metaussi en évidence desconcepts théologiques que
reprendra Lewiscommecelui de la« participation » de l'hommeàladivinité.Il
est«capable deDieu» malgréson péché parcequ'il estimago dei.Rencontrer
Dieuest sonultime destinée.Lewisa aussirecoursàdesprocédés rhétoriques
comme parexemple, lesanalogiesde la Trinité danslanature ouencore
l'approche deDieuàl'aide desimages.
22
"[…] culture isastorehouse ofthebest(sub-Christian)values.Thesevaluesare in
themselvesofthesoul, not thespirit.ButGodcreatedthesoul.Its valuesmaybe
expected,therefore,tocontainsomereflection orantepastofthespiritualvalues.
They willsave no man."CHRISTIANITY"/CR28-29
23
"DeDescriptione"/SLE12.
24
Pourlui, le païen n’estpasanti-chrétien."ThePagan isessentially,the
preChristian, or sub-Christian,religiousman"("POETRY"/WEIGHT119).

33

L’imaginaire spirituel deC.S.Lewis

25
et àl'originaire. »Car,comme le ditBoèce, le genre humain «séparé desa
26
source,se désintègre. »Le drame dupost-chrétien,c’est qu’il «coupé de
27
son passéchrétien etpar voie deconséquence deson histoire païenne »,
tantest sibienqueLewis se demandes'il ne faudraitpas«sere-convertirau
28
vrai paganismeavantdeseconvertirauchristianisme. »Dans une lettreà
OwenBarfield (1939) ilreconnaîtla« dette énorme »qu’ilavis-à-visdu
paganisme."Myown debts to it[Heathenism] are enormous– it was through
29
almostbelieving inthe gods thatI cametobelieve inGod."Ensomme,
l'hommea besoin derenouer, de plusieursfaçons,avecles racinespaïennes
etchrétiennesetc'està cette missionqueLewis vas'adonnerdans sesécrits.
Cethomme,qu’ilaen ligne de mire, il levoitdans satotalité
30
«triunitaire »ou sa« divisiontripartite »(corps,âme etesprit).Si la
culture oulalittératures'adressentàsonâme,si lareligionrépondaux
attentesdeson esprit,Lewisn'en oublie pasmoinslasatisfaction desbesoins
ducorps.Ilrappelle ladistinction grecque dumot«vie » dans sonacception
biologique (bios) et saportéespirituelle (zoe),qu'il n'oppose pas,carelles
toutesdeuxproviennentdeDieu.Laviebiologique, du reste, mêmesi elle
estfrappée parladégénérescence, lui «ressemble »à cause de
l'extraordinairevitalitéconstatée danslanature.Chezl'homme, lavie
biologique (bios) estl'objetde l'attention divine encequ'elle devientle
réceptacle de laviespirituelle (lezoedivin), (MC131-2, 182) etelle fera
l'objetde larésurrectionàlafin des temps.Àl'instardesaintPaul,Lewis
insistebeaucoupsurladimensioncharnelle et sensorielle de larésurrection
(MALCOLM121,MIR155).Dans safiction, il « glorifie »àmaintes reprises
leslimitations terrestresdesespersonnages:les scènesderepasne
manquentpas, lesommeilréparateuretlamanducationsont souventévoqués
positivementet, de façon générale, lespersonnagesdoivent sanscesse faire

25
JacquesSys.Le temps et l'histoire dansl'œuvre deC.S.Lewis(Thèse deDoctorat,
ParisVIII, 1986), 10.
26
Boèce.Consolation de laphilosophie199.
27
"ThePost-Christian iscutoff fromtheChristian pastandtherefore fromthePagan
past." "Descriptione"/SLE10.
28
"Isometimes wonder whether weshall nothavetore-convertmentoreal
paganismasapreliminary toconvertingthemtoChristianity"("MODERN
MAN"/PrC66).
29 er
1 juin 1939 (CL II262).
30
"Thetripartite division ofMan intoBody(SarxorSôma,Psyche,andPneuma)"
(CLIII430).

34

Introduction

appelàleurs sens,cequi est un préalableaubonsenset uncheminversle
salut.
Cetteapologétique,assez singulière,setrouve donc aucœurde la
démarche lewisienne.Y-a-t-il pourautant une méthode?Sarhétorique
(définiecommeartdecommuniqueravecefficacité) passeconjointementet
de façon interdépendante parle moyen de laraison etle prisme de
l'imagination.En effet, lesdeuxaspects sechevauchentet s'interpénètrent
dans toute l'œuvre.Ils reflètentcette dualité enLewis,celuiquiraisonne et
31
celuiqui imagine.Lesdeux tendent versl'unité."I am primarilyanarguer
32
notan exhorter",avoue-t-il."I always useapredominantlyintellectual
33
approach",renchérit-il.À certainségards, ladémarche deLewispartage
quelques ressemblancesaveclaméthodescolastiquequi «conduitde la
34
lectioàlaquestioetde laquestioàladisputatio. »En fait, laméthode
médiévale partde lalecture des textes(sacrésd'abord, puisprofanes)qu'elle
questionne.Elleconsiste ensuite «àl'établissementd'une problématique »,
qui donne lieuàun débat.Danslascolastique,une grande place est
consacréeau raisonnement.Elnfin, «adisputes'achèvesur une
35
conclusio. »Beaucoup d'articlesoudeconférencesdeLewisempruntent
lesmêmesprocédés rhétoriquespourconvaincre:le pointde départest un
texteque l'auteur questionne etproblématise.Cetexteconduitàun débat
écrit(commeThePersonalHeresy) ou réel (nombreusesconférences
publiques).Etc’estdanslaconclusioqueLewisaffirme,souventde façon
trèsmilitante,sathèse.En outre, il est rompuàl'artde la Dialectique,au
sensmédiéval du terme, empruntéauTriviumdesSeptArtsLibéraux."This
36
means simply theartof disputation." "[…]we mustlearn fromDialectic
how totalksense,toargue,to proveand disprove"(DI188)Maisc'est sans
doutePRqui nousfournitlesmeilleuresillustrationsde laméthode
scolastique,revue parLewis,avecen plusladramatisationallégorique.

31
IrèneFernandez.Mythe,raisonardente.AdSolem,2005, 40-68.L'unité
s'accomplitpar«unchristianisme libérateur» (69).
32
16juillet1946(CL II718).
33
"MODERN MAN"/PrC66.
34
JacquesLeGoff.La civilisation de l'occidentmédiéval. 1964.Paris: Flammarion,
1982,317.
35
LeGoff.La civilisation318.
36
DI189.

35

L’imaginaire spirituel deC.S.Lewis

Enfin, onretrouve le même degré d'engagementchezLewis quechezles
penseursmédiévaux, pour qui
cequi importe,c'est que[laconclusio] contraigne l'intellectuel
àl'engagement.Il ne peut secontenterde mettre enquestion, il
doit secompromettre.Auboutde laméthodescolastique, ilya
37
l'affirmation de l'individudans saresponsabilité intellectuelle.
Quand l'apologisteLewisparle ouécritouvertement,sa
démonstration faitappelàlaraison, maiscelle-ci passe nécessairementpar
letruchementdesimagesetdesmétaphores.L'imagination est seconde, elle
est servante de laraison.De plus, pourétayerouillustrer sadémonstration,
Lewisa aussi,accessoirement,recoursàdesformesderécitsd’imagination
(laparabole,"fantasy", le mythe oul'allégorie).Enrevanche,quand le
38
« poète »,au sensaristotélicien ,s'exprime,c'estavant toutl'imagination
qu'ilsollicite, lasienne etcelle dulecteur.Maispourautant, l’intention
didactique n’estjamaisloin etleraisonnementest sous-jacent.Laraison est
seconde.Ellese metau service de l'imagination.L'apologisteavancealors
masqué,àl'imadege «sallégoriesmédiévalesetdesmasquesde la
39
Renaissancde »anslesquelles«Dieuapparaît très souventincognito. »
Maisenaucuncas, pourLewis,raison et/ouimagination nesontdesfinsen
elles-mêmes.Elles sont,comme la Joie, desoutilsdivins qui « pointent vers
unechoseautre etextérieur(e »SBJ185) et qui doiventinciterle
40
lecteur/auditeuràse mettre enroute.Il ne fautpasconfondre le pointde
départetl'arrivée,comme lesouligneLewisencitant saintAugustin dans
l'épigraphe dudernierchapitre deSBJ:«C'est unechose devoirde loin le
41
paysde lapaix[…]et uneautre de prendre lecheminquiyconduit. »

37
LeGoff.La civilisation318.
38
"Le poète doitêtre poète (litt.compositeur) d’histoires(mûthon) plutôt(mallon)
que de mètres(metrôn) pourautant(hosoi)qu’il estpoèteselon lareprésentation
(katatènmimésin), et qu’ilreprésente desactions…"Aristote,Poétique,Chap.
9.PourLewis, il existeunestricte équivalence entre le poète etlecompositeur
de mythes("the poet,the myth maker","DOGMA"/GiD41).
39
"Inthe medievalallegoriesandtherenaissance masks,God, ifwe may say so
withoutirreverence,appearsfrequently,butalwaysincognito"(AL356).
40
"The intellectandtheconscience,as wellas the orgyandtheritual mustbe our
guide"(SBJchap.xv).
41
Aliud est silvestricacuminevidere patriam pacis… etaliudtenereviam illuc
ducentem.StAugustine,Confessions,VII,xxi inSBJ, 179.Traduction d'Irène
Fernandez.Mythe400.

36

Introduction

Dans une étude portant surlapoésie deCharlesWilliams,Lewisévoque « la
42
doctrine de l'amour» dansThe Figure of Beatrice.Commechez son maître
Dante, l'« expériencebéatricienne »provoqueunevision intense et
glorieuse duparadis.MaispourLewis quicommenteWilliams, il faut se
garderdes'attacheràl'expérience furtive de peurd'en oublier son objet.Elle
est«unevision fugitive decequi estéternellement réel »:
The greatdangerislest[one]should mistakethevisionwhich
is reallyastarting pointforagoal;lest[one]should mistake
43
thevision ofParadiseandthearrivalthere.
Lewisestmûparlapassion desmots sanscessealimentée par
d'innombrableslectures.Àla clôture desa carrière d'enseignantetde lettré,
il publieStudies inWords(1961),un essai écritàl'intention desétudiantset
desécrivains, mais qui,au-delà, estdestinéàtoutlecteuraverti ("the highly
intelligentandsensitivereader"(4) ouencore"thewisereader"(5)).Ils'agit
d'une étude «philologiqu(le »'évolution des sonsen moins) decertains
mots-clés(comme"Nature","Sad","Wit","Free","Sense","Simple",
"ConscienceandConscious","World","Life")queLewisaglanésaugré de
seslecturesetdontilchercheàétablirles«relations sémantiques» (2),
depuisleurétymologie,aufil du tempsetdes usages.Bienconnaître les
mots, leur sensobvie maisaussi leur signification désuète oucachée,c'est
pourle lecteur unecondition du«bien lire »encomprenantcequ'avoulu
écrireunauteur("Wewant to findthesensetheauthorintended"5).
Expliqueravecsoin lesconceptsauxquelsl'apologisteseréfère faitaussi
partie intégrante de larhétorique de lapersuasion lewisienne.Sadevise:
bien expliqueretcorrigerlesconceptionserronéespourmieuxconvaincre
ensuite.Pouratteindrecebut, on ne peutpasfaire l'économie de laraison
dans toute démonstration.Ainsi, on peutnoterdansTheProblem ofPain
(1940),Miracles(1947) etMereChristianity(1952),ses troislivres
apologétiquesmajeurs, lesouci detoujourséclaircirlasignification d’un
mot.Queslignifie «'omnipotence deDieu»?Qu'implique la«bonté de
Dieu»?(PAIN13et 23).DansMC,Lewis voit trois sensde lamorale ("The
ThreePartsofMorality", 57-62).Il expliqueavecpédagogie,àl'aide
d'imagesparlantescequesontles trois vertuscardinales(63-67)qu'il

42
TheFigure ofBeatrice,a Study inDante(1943).
43
"TheBeatrician experience doesnot usuallylast[…] The gloryis temporary;in
that senseBeatrice nearlyalwaysdies.But thetransitory vision isnotnecessarily
avision ofthetransitory.Thatitpassesdoesnotprove itahallucination.Ithas
been in factaglimpse ofwhatiseternally real"(AT116-7).

37

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