L'ironie dans le roman français depuis 1980

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Nous assistons aujourd'hui à une production abondante d'oeuvres littéraires et artistiques qui sont caractérisées par une "légèreté méditative". La présente étude tente de montrer, à travers l'analyse de l'oeuvre de Jean Echenoz, Eric Chevillard, Jean-Philippe Toussaint et Christian Gailly, que l'ironie postmoderne, comme l'ironie en général, est non seulement un mode de discours particulier, mais aussi et surtout une vision du monde qui résulte de la condition de l'individu contemporain.
Publié le : mardi 1 janvier 2013
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EAN13 : 9782296513921
Nombre de pages : 308
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L’ironie dans le roman français depuis 1980
Echenoz, Chevillard, Toussaint, Gailly
L’ironie dans le roman français depuis ͳͻͺͲ
Echenoz, Chevillard, Toussaint, Gailly
Critiques Littéraires Collection dirigée par Maguy Albet Dernières parutions Gilles GUIGUES,Rilke, l’existence en figures. Étude philosophique du poétique, 2012.Jeanne-Marie CLERC,Etty Hillesum écrivain. Écrire avant Auschwitz, 2012.Ali ABDOU MDAHOMA,Le roman comorien de langue française,2012. Mehana AMRANI,La poétique de Kateb Yacine. L’autobiographie au service de l’Histoire, 2012. Tommaso MELDOLESI,Textes et poèmes autour de l’accident ferroviaire de Meudon, 1842. Une poésie de la catastrophe, 2012. Jean-Louis CLUSE,Saint-John Perse, le poète en ses miroirs. Le même, l’autre et le multiple, 2012. Mamadou KALIDOU BA,Nouvelles tendances du roman africain francophone contemporain (1990-2010). De la narration de la violence à la violence narrative,2012. S. SEZA-YILANCIOGLU (dir.),Nedim Gürsel. Fascination nomade, 2012.Myriam TSIMBIDY et Aurélie REZZOUK (sous la dir. de),La jeunesse au miroir. Les pouvoirs du personnage, 2012. Richard Laurent OMGBA et Désiré ATANGANA KOUNA (dir.),Utopies littéraires et création d’un monde nouveau, 2012. Jean-Louis CORNILLE,Les récits de Georges Bataille. Empreinte de Raymond Roussel, 2012. Samia SELMANI,Romans francophones et représentations du féminin, 2012. Laurence OLIVIER-MESSONNIER,Guerre et littérature de jeunesse (1913-1919). Analyse des dérives patriotiques dans les périodiques pour enfants, 2012. Ali CHIBANI,Tahar Djaout et Lounis Aït Menguellet. Temps clos et ruptures spatiales, 2012. Alexandru MATEI,Jean Echenoz et la distance intérieure, 2012. Mohammed-Salah ZELICHE,Mohammed Dib, L’homme épris de lumière, 2012. Claude HERZFELD, Stendhal, La Chartreuse de Parme. Héroïsme et intimité, 2012. Titaua Porcher-Wiart,Pierre Jean Jouve, Mystère et sens dans l’œuvre romanesque,2012. Georice Berthin MADEBE, Sylvère MBONDOBARI, Steeve Robert RENOMBO,Les chemins de la critique africaine, Actes du colloque international de Libreville, 2012.
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Echenoz, Chevillard, Toussaint, Gailly
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00838-7 EAN : 9782336008387
Remerciements
Je remercie M. Alain Schaffner, mon directeur de recherche, qui m’a accompagnée amicalement tout au long de ma recherche. Je remercie également les trois autres membres du jury, M. Bruno Blanckeman, M. Claude Coste et M. Pierre Schoentjes, pour leurs précieux conseils et leurs chaleureux encouragements. Je tiens à exprimer, par la même occasion, ma gratitude à Mme Marie-Madeleine Fragonard sans qui ce travail n’aurait peut-être pas eu lieu. Enfin, je remercie sincèrement tous mes proches qui m’ont soutenue dans ce long parcours.
Introduction
L’ironie est de retour. Nous assistons aujourd’hui à une production abondante d’œuvres littéraires et artistiques qui sont caractérisées par une « légèreté méditative ». Cette vogue d’ironie qui a fait son entrée en France à la fin des années 1970 et au début des années 1980, a une extension considérable : non seulement elle dépasse largement les domaines de la représentation et s’étend aux discours de divers ordres de la vie sociale, mais elle ne se limite plus à une seule aire culturelle pour devenir un phénomène partagé par différentes cultures avec des dates d’apparition différentes et des formes variables. Cette ironie est souvent qualifiée d’ironie postmodernedu fait de ses liens avec l’ensemble des symptômes culturels de la société postmoderne. L’ironie postmoderne s’est affirmée dans la création littéraire hexagonale après l’expérimentation d’un certain formalisme littéraire incarné par le Nouveau Roman et avec l’ascension d’une nouvelle génération d’écrivains des Editions de Minuit que la critique a regroupés sous l’étiquette d’« impassibles ». Les romanciers les plus représentatifs de ce courant sont Jean Echenoz, Eric Chevillard, Jean-Philippe Toussaint et Christian Gailly. Ces quatre écrivains, par la qualité de leur travail, leur sens de l’observation de la vie contemporaine, la rénovation des techniques narratives et l’invention d’expressions langagières singulières, sont représentatifs des 1 romanciers de « fictions joueuses ». Ils sont intéressants dans la mesure où leur création est modelée par l’esprit du temps et ils sont encore dans la période de création d’une esthétique particulière qui leur est propre ainsi qu’à leur époque, et qui les différencie de leurs prédécesseurs immédiats. Ce qui relie ces écrivains, outre des thématiques communes, c’est l’esprit ironique qui imprègne la majorité de leur production littéraire. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à souligner leur affinité pour l’ironie, qu’ils remplacent parfois 2 par le mot « humour ». Pour Jean-Philippe Toussaint, l’ironie (ou l’humour), qu’il a mise en avant dans ses premiers romans, était la priorité dans sa création romanesque : « […] j’essayais de traiter sur le mode de l’humour en proposant une vision du monde. L’humour, à ce moment-là, était une priorité. C’était même un 3 critère esthétique pour juger de la réussite d’une page . » Pour Jean Echenoz, l’ironie est la distance que l’écrivain met entre l’histoire et la représentation. Elle garantit l’efficacité de l’écriture : « […] il y a la dimension ironique, dont je ne peux pas me passer. A un moment, 1 Le terme est de Bruno Blanckeman. Nous y reviendrons. 2 Nous reviendrons sur cette discussion autour de l’ironie et de l’humour dans le cadre de la « postmodernité ». 3 « Ecrire, c’est fuir », conversation à Canton entre Cheng Dong et Jean-Philippe Toussaint, les 30 et 31 mars, 2009, in Jean-Philippe Toussaint,Fuir, Paris, Les Editions de Minuit, coll. « double », 2005 pour la première édition, 2009 pour la présente édition, p. 183.
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