La mémoire littéraire de la guerre d'Algérie dans la fiction algérienne contemporaine

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Comment la littérature intègre-t-elle la mémoire individuelle et collective de la guerre d'Algérie ? Et plus précisément : comment cette mémoire prend-elle forme dans les oeuvres d'écrivains aussi divers que Myriam Ben, Rachid Boudjedra, Assia Djebar, Rachid Mimouni..., qui ont vécu cette guerre en position de colonisés - et bien souvent de combattants, et plus souvent encore de victimes ?
Publié le : samedi 1 décembre 2012
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EAN13 : 9782296511989
Nombre de pages : 362
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Désirée Schyns
La mémoire Littéraire de La guerre d’aLgériedans La fiction aLgérienne francophone
Études transnationales, francophones et comparées Transnational, Francophone, and Comparative Studies
La mémoire littéraire de la guerre d’Algérie dans la fiction algérienne francophone
Études transnationales, francophones et comparées Transnational, Francophone and Comparative Studies Collection dirigée par /Book Series Directed byHafid Gafaïti Les mouvements migratoires dans le monde ont donné naissance à des diasporas et des cultures immigrées qui simultanément transforment les sociétés et les immigrés et contribuent à la formation d’identités et de cultures globales ou transnationales. Le but de cette collection est d’explorer les processus à partir desquels ces phénomènes ont donné naissance à des cultures nationales et transnationales ainsi que d’analyser les modalités selon lesquelles les diasporas contribuent à la production de nouvelles identités et discours qui défient les modes de pensée traditionnels sur l’identité, la nation, l’histoire, la littérature, l’art et la culture dans le contexte postcolonial. Elle vise à contribuer aux débats sur ces phénomènes, leurs problématiques et discours à partir d’une perspective interdisciplinaire et plurilingue au-delà des cloisonnements idéologiques, politiques ou théoriques. Elle a également pour but de renforcer les liens entre la théorie critique et les études culturelles. Finalement, son objectif est de développer les relations entre les études francophones, anglophones et comparées dans un cadre transnational.  Cette collection tente de multiplier les échanges entre les universitaires et étudiants francophones, anglophones et autres et de transcender les barrières culturelles et linguistiques qui caractérisent encore nombre de publications. Migratory movements in the world have led to the formation of diasporas and immigrant cultures that transform both societies and immigrants themselves, while contributing to global or transnational identities and cultures. The aim of this book series is to explore the processes by which these phenomena led to the constitution of national and transnational cultures. In addition, it studies how diasporas contribute to the construction of new identities and discourses that challenge traditional ways of thinking about identity, nation, history, literature, art and culture in the postcolonial context. It aims to contribute to the discussion of these issues from an interdisciplinary and multilingual perspective beyond ideological, political and theoretical exclusions. Its objective is to reinforce the links between critical theory and cultural studies and to develop the relations between Francophone and comparative studies in a transnational framework.  This book series attempts, on the one hand, to enhance the communication and to strengthen the relations between Francophone, Anglophone and other scholars and students and, on the other hand, to transcend the cultural and linguistic barriers that still characterize many publications.
Désirée Schyns La mémoire littéraire de la guerre d’Algérie dans la fiction algérienne francophone L’HARMATTAN
© L'HAR M ATT A N, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00194-4 EAN : 9782336001944
Remerciements
Ce livre est basé sur une thèse soutenue à l’Université d’Amsterdam en 2007. Je voudrais remercier en tout premier lieu ma directrice de thèse, Ieme van der Poel, pour le soutien enthousiaste qu’elle m’a témoigné dès la première esquisse de mon projet. Je lui suis infiniment reconnaissante de sa perspicacité, de la générosité de ses conseils et de son intuition scientifique. Je remercie le comité scientifique : Ahmed Lanasri, Maarten van Buuren, Frank van Vree, Mireille Rosello, Manet van Montfrans et en particulier Christiane Chaulet-Achour qui m’a fait profiter de son immense savoir sur la guerre d’Algérie en littérature. Je la remercie vivement de la générosité avec laquelle elle m’a envoyé nombre de ses articles, indispensables à la formation de mes idées. Je remercie Hafid Gafaïti pour la confiance qu’il m’a témoignée et pour l’aide qu’il m’a apportée en vue de la publication de ce livre. Je suis reconnaissante à Andrea Esmeijer, directrice du Prins Bernhard Fonds à Amsterdam et à Lily Knibbeler, chargée de mission, pour m’avoir permis d’obtenir une bourse du fonds Anthonia Bloembergen. Ancienne enseignante de français, celle-ci a fait un legs au Prins Bernhard Fonds pour soutenir financièrement des chercheurs néerlandais en lettres françaises. Cette bourse m’a permis de prendre quatre mois de congé en 2006 pour rédiger la thèse qui forme la base de ce livre. Je rends hommage à Guy Rooryck et à Rita Godyns, du département de traductologie de la Haute École de Gand, qui ont autorisé mon absence et engagé la traductrice littéraire Katelijne De Vuyst pour me remplacer. Je la remercie vivement de son soutien et de son aide. Je rends hommage à Lila Ibrahim-Ouali et Catherine Milkovitch-Rioux, organisatrices du colloque « Regards croisés sur la guerre d’Algérie » tenu à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand en 2003, colloque qui m’a particulièrement inspirée. Je pense aussi à ASCA, Amsterdam School for Cultural Analysis et à son directeur exécutif Eloe Kingma, grâce à qui j’ai pu participer à des colloques internationaux et y présenter mon travail, notamment à Leeds, « Les femmes et la guerre » en 2006 et à l’European Summerschool in Cultural Studies à Copenhague : « Witness : Memory and the Media in Question » en 2004. Je remercie Mieke Bal pour m’avoir donné l’occasion de participer à l’un de ses passionnants Theory Seminar « World Memory, Affect and Trauma and Sound » en 2003/2004 à l’ASCA à Amsterdam.
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Je remercie Malika Mokeddem qui m’a reçue chez elle, près de Montpellier, et m’a parlé de la guerre d’Algérie dansLes hommes qui marchent. Le souvenir de notre déjeuner et de notre conversation dans son jardin ensoleillé m’est infiniment précieux. Un grand merci à Jean-Pierre Rouard, ancien proviseur du lycée français de La Haye, et juriste qui, jeune coopérant, a contribué à rédiger la constitution du nouvel état algérien, de m’avoir prêté la première édition de Contre la torturePierre-Henri Simon. À ma belle mère, Rose-Marie de Noble, pour m’avoir offert les 112 numéros deHistoria Magazine d’Yves Courrière. Et à l’écrivaine islandaise Steinunn Jóhannesdóttir de m’avoir donné la permission d’utiliser sa photo du phare d’Alger, cet « archange rouillé » qui éclaire la couverture de mon livre. Je rends hommage à trois amies, Bettina Brandt (Penn State University), Emmanuelle Radar (Université d’Utrecht) et Ingrid Paulis pour leur précieux soutien et leur savant conseil. Enfin je tiens à remercier mon mari, Philippe Noble. Entre mille autres choses je le remercie de m’avoir « nourrie » de son savoir sur l’histoire récente de son pays natal, de m’avoir aidée à réunir toute une bibliothèque sur la guerre d’Algérie et d’avoir été mon premier lecteur.
Corpus de textes
Malek Haddad,La dernière impression, in : Guy Dugas,Algérie. Les romans de la guerre(Paris : Omnibus 2002, pp. 127-207 [Paris : Julliard 1958]). Assia Djebar,Les enfants du Nouveau Monde (Paris : Collection 10/18, 1973 [Paris : Julliard 1962]). Mohammed Dib,Qui se souvient de la mer: Guy Dugas,, in Algérie. Les romans de la guerre: Éditions du (Paris : pp. 365-473 [Paris Omnibus 2002, Seuil 1962]). Mouloud Mammeri,L’opium et le bâton (Paris : Éditions La découverte 1992 [Paris : Librairie Plon 1965]). Mohammed Dib, « Naëma disparue » inLe talisman: Actes Sud Babel (Arles 1997 [Paris : Éditions du Seuil 1966]). Mohammed Dib, « Le talisman » inLe talisman(Arles : Actes Sud Babel 1997 [Paris : Éditions du Seuil 1966]). Assia Djebar,Les alouettes naïves (:Arles : Actes Sud Babel 1997 [Paris Julliard 1967]). Mohammed Dib,La danse du roi (Paris : Éditions du Seuil 1968). Yamina Mechakra,La grotte éclatée (Alger : : SNEDENAL 1986 [Alger 1979]). Assia Djebar, « Femmes d’Alger dans leur appartement » inFemmes d’Alger dans leur appartement(Paris : Des femmes 1980). Assia Djebar, « Les morts parlent » inFemmes d’Alger dans leur appartement(Paris : Des femmes 1980). Assia Djebar, « Postface. Regard interdit, son coupé » inFemmes d’Alger dans leur appartement(Paris : Des femmes 1980). Rachid Mimouni,Le fleuve détourné(Paris : Stock 1982). Myriam Ben, « Nora » inAinsi naquit un homme (Alger : La maison des livres 1982). Rachid Boudjedra,Le démantèlement (Paris : Éditions du Seuil 1982). Assia Djebar,L’amour, la fantasia (Paris : Albin Michel 1995 [Paris : Latès 1985]). Malika Mokeddem,Les hommes qui marchent (Paris : Éditions Ramsay 1990). Rachid Mimouni,La malédiction(Paris : Stock 1993). Assia Djebar,Les nuits de Strasbourg (Arles : Actes Sud 1997). Malika Mokeddem,Les hommes qui marchent (Paris : Grasset 1997). Rachid Boudjedra,La vie à l’endroit (Paris : Grasset 1997). Malika Mokeddem,N’Zid, (Paris : Éditions du Seuil 2001). Assia Djebar,La femme sans sépulture (Paris : Albin Michel 2002). Maïssa Bey,Entendez-vous dans les montagnes: Éditions de (Paris/Alger L’Aube/Editions Barzakh 2002). Assia Djebar,La disparition de la langue française(Paris : Albin Michel 2003).
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)ntroduction
En mars 2002, alors que j’avais entamé depuis quelque temps déjà mes recherches pour le présent livre, on commémorait en France la conclusion des accords d’Evian, intervenue quarante ans plus tôt. Une masse de publications accompagnaient cette commémoration. Entre 2000 et 2002 s’était opéré aussi ce que l’on a appelé « le retour de mémoire », surtout sur la question de la torture : les médias faisaient une large place à ce sujet épineux. Le journalLe Mondejoué un rôle important dans cette avait médiatisation à partir de juin 2000, quand une ancienne militante pour l’indépendance de l’Algérie, Louisette Ighilahriz, avait confié à une journaliste duMonde, Florence Beaugé, les sévices qu’elle avait subis à Alger en 1957. Elle mettait en cause les généraux Massu et Bigeard. Ce témoignage devait déclencher une avalanche d’autres témoignages : notamment ceux du général Massu, qui exprimait ses regrets, et du général Bigeard, qui niait en bloc. En 2001, un autre ancien acteur de la guerre, le général Paul Aussaresses, jetait de l’huile sur le feu en publiant son témoignageServices spéciaux. Algérie 1955-1957,où il avouait avoir torturé 1 au service de l’État français et n’en éprouver aucun regret. Les révélations d’Aussaresses, que j’avais lues dansLe Mondeen mai de cette année-là, avaient renforcé ma conviction que la guerre d’Algérie est un événement historique de première importance, sans lequel on ne peut comprendre ni la France, ni l’Algérie d’aujourd’hui. En même temps, ce spectaculaire « retour de mémoire » a infléchi de façon décisive la réflexion que je venais d’engager sur la guerre d’Algérie en littérature. Quoique née avant la fin de la guerre d’Algérie, j’ai tout ignoré de celle-ci pendant ma jeunesse, entièrement passée aux Pays-Bas. Ce royaume avait lui aussi perdu sa principale colonie, « Les Indes néerlandaises », dès 1949, après une guerre de décolonisation sanglante. L’Indonésie était devenue indépendante bien avant ma naissance et la guerre coloniale, qui s’était déroulée loin de la métropole, n’a jamais joué un rôle aussi important dans la vie des Hollandais que la guerre d’Algérie dans celle des Français. Aujourd’hui, cette guerre de décolonisation n’est plus d’actualité, tandis que s’agissant de la guerre d’Algérie, on peut parler d’un « passé qui ne passe pas », selon le mot fameux d’Henri Rousso à propos de Vichy.
1  Cf. Aussaresses, Paul,Services Spéciaux Algérie 1955-1957.Perrin 2001) (Paris : ; Ighilahriz, Louisette,Algérienne, récit recueilli par Anne Nivat(Paris : Fayard/Calmann Levy 2001) ; Beaugé, Florence,Algérie. Une guerre sans gloire. Histoire d’une enquête (Paris : Calmann-Lévy 2005).
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