La nouvelle poésie d'Afrique noire francophone

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Ce livre vise surtout à montrer que les oeuvres poétiques de Jean-Marie Adiaffi, Noël X. Ebony, Frédéric Titinga Pacéré, Sony Labou Tansi et Facinet s'inscrivent dans une dynamique d'innovation, de rénovation et de transgression. Cette écriture singulière fonctionne à l'aune de la rupture. Ces oeuvres poétiques révèlent une écriture singulière aussi bien au niveau du style d'écriture que de la thématique. Elles se trouvent aux antipodes de la poésie des classiques d'Afrique noire francophone.
Publié le : mercredi 15 juin 2016
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EAN13 : 9782140012303
Nombre de pages : 226
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PascalASSOAN’GUESSAN
LA NOUVELLE POESIE D’AFRIQUE NOIRE FRANCOPHONE Ruptures, rénovations et transgressions
La nouvelle poésie d’Afrique noire francophone Ruptures, rénovations et transgressions
Pascal ASSOAN’GUESSANLA NOUVELLE POESIED’AFRIQUE NOIRE FRANCOPHONERuptures, rénovations et transgressions L’Harmattan
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08209-7 EAN : 9782343082097
A Pierre N’DA, mon maître Chantal ASSOA, mon épouse N’guessan Gnanminwa Marie-Emmanuelle, ma fille!
INTRODUCTION De par notre formation universitaire, l’approche des textes poétiques d’Afrique noire francophone se présente à nous soit en termes d’« étude des conditions verbales, formelles, de la 1 littérarité » , soit en termes d’examen des « procédés internes 2 du texte littéraire » . Dans le présent ouvrage, la seconde perspective de lecture de texte, c’est-à-dire celle de la poétique a pris quelque peu le dessous sur l’approche stylistique qui n’est tout de même pas absente. Ainsi, le souci d’une réflexion sur la façon dont ces œuvres poétiques sont écrites, recyclées ou rénovées a, pour l’essentiel, guidé notre choix méthodologique et théorique. Ce livre est motivé par le constat que nous avons fait à propos de l’écriture poétique de certains auteurs d’Afrique noire francophone. Il s’intéresse au "zèle novateur" dans la poésie africaine de langue française. Pour nous, il s’est agi d’en savoir davantage sur certaines des révolutions opérées çà et là par des poètes issus de pays ayant en commun le même héritage colonial et la langue française. Le corpus d’étude est constitué de huit œuvres poétiques. Il s’agit notamment deD’éclairs et de foudresetGalerie infernale de Jean-Marie Adiaffi, deDéjà-vude Noël X. Ebony, deQuand s’envolent les grues couronnéesetPoèmes pour l’Angola de Frédéric Titinga Pacéré, dePoèmes et vents lissesetLe quatrième côté du trianglede Sony Labou Tansi et dePoèmes sans papiers ou opéra-slamde Facinet. La démarche vise, avant tout, à montrer que ces œuvres poétiques s’inscrivent dans une dynamique d’innovation, de rénovation et de transgression. Elle n’est, en outre, pas sans mettre en exergue cette écriture singulière qui fonctionne à l’aune de la rupture.
1 ème Georges MOLINIE,La stylistique, Que sais-je édition?, Paris, PUF, 2 corrigée, 1991, p. 3. 2 ème Vincent JOUVE,Poétique du roman,Paris, Armand Collin, 2 édition, p. 3.
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Nous aurons recours à un certain aspect de la poétique qui s’entend comme « l’étude des procédés internes du texte 3 littéraire » . Nous voulons essentiellement apporter un éclairage nouveau sur cette nouvelle forme d’écriture poétique qui est tout de même sujet à débats. Cet objectif suscite au moins une interrogation majeure, à savoir : en quoi ces œuvres poétiques révèlent-elles que l’ensemble caractéristique des choix, conscients ou non, que fait un écrivain dans le cadre du genre littéraire, de son écriture, de son style et de sa thématique relève d’une écriture singulière ? En d’autres termes, en quoi, d’une certaine manière, l’écriture poétique dans le corpus d’étude se distingue-t-elle de la façon habituelle et traditionnelle d’écrire la poésie ? Aussi importe-t-il de savoir, d’une part, à quel (s) niveau (x) se situe l’originalité de ces textes poétiques, d’autre part, de quelle (s) manière (s) ils contribuent à l’émergence d’une nouvelle poésie africaine d’expression française ? La plupart de ces œuvres poétiques se trouvent aux antipodes de la poésie des classiques occidentaux et de celle des 4 classiques d’Afrique noire francophone . Mais, il ne s’agit surtout pas de chercher à savoir comment un texte poétique peut être considéré comme un chef-d’œuvre alors qu’il contient des éléments incompatibles avec la norme poétique habituelle. L’expérience a montré que les Hommes de culture ayant la langue française comme langue officielle d’expression, sont sujets à l’éternel embarras entre écrire comme un bon élève de l’école française pour un lectorat français et, utiliser la langue française comme langue d’écriture tout en demeurant ancré dans le terroir africain. À travers les œuvres formant notre d’étude, on constate que les poètes Jean-Marie Adiaffi, Noël X. Ebony, Facinet, Frédéric Pacéré Titinga et Sony Labou Tansi ont choisi la seconde alternative en cédant aux délices de la liberté langagière.
3 Vincent JOUVE,Poétique du roman, op.cit.,p. 3. 4 Le terme classique d’Afrique noire francophone désigne les pionniers de la poésie négro-africaine d’expression française. Il s’agit, entre autres, d’Aimé Césaire, de Léopold Sédar Senghor, de Léon Gontran Damas…
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Sans toutefois cesser d’être de la poésie, leurs poésies se présentent, par endroits, comme des créations singulières au carrefour de plusieurs genres. Aussi, pour une bonne compréhension de l’objet de notre étude, il apparaît intéressant de mettre l’accent sur quelques-unes des caractéristiques de la nouvelle poésie d’Afrique noire francophone. Cela passe par un examen minutieux de certains de ses attributs, et par l’évocation des éléments qui manifestent cette façon spécifique et nouvelle d’écrire la poésie. La plupart de ces textes poétiques se situent dans la période post-négritudienne. Ainsi, sur l’axe chronologique, ils devraient faire dire de leurs auteurs qu’ils sont une nouvelle génération de poètes (la génération post-négritudienne). Mais, sur la question, il faut se garder de toute certitude au sens triomphant du terme. Ce travail revient, d’une certaine manière, à définir l’esthétique d’une poésie de la rupture ; or le mot rupture traduit l’idée de brisement, de fracture, de séparation d’avec l’ancien ordre. Il traduit aussi l’idée de nouveauté et d’invention. En littérature, les ruptures s’opèrent aussi bien dans l’ordre de la thématique que dans celui de la forme du texte. Au plan thématique, une œuvre littéraire est dite œuvre de la rupture, lorsque les thèmes qui y sont abordés se soustraient des thèmes du moment. C’est dans ce sens que Locha Mateso a pu écrire ce qui suit au sujet de l’œuvre poétique de Miézan Bognini Joseph qui apparaît, pour lui, comme une œuvre de rupture : « Sa poésie, l’une des premières à s’écarter des « canons » de la négritude, se donne comme le lieu d’une quête qui, au-5 delà du « nègre », concerne l’homme et son environnement.» . Au plan formel, le caractère nouveau de la poésie s’observe à travers une écriture qui fait fi des normes formelles établies non seulement par le genre poétique, mais aussi, et surtout par la poétique de la poésie négro-africaine telle que tracée par les pionniers que sont Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, David Diop…
5 Emmanuel LOCHA MATESO,l’Anthologie de la poésie d’Afrique noire d’expression française, Paris, Hatier, 1987, p. 105.
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