La poétique de Kateb Yacine

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S'il n'y avait pas les massacres du 8 mai 1945, disait Kateb Yacine, je serais resté un poète obscur. Kateb Yacine a choisi de faire de son propre vécu traumatique un poste d'observation des événements qui agitaient alors le monde colonial. Il construit, en mimant le modèle sociologique de l'observation participante, une sorte de poétique participante. Ce livre se propose justement de mettre au jour les facettes de cette poétique en montrant qu'elle est largement alimentée par une si singulière autobiographie.
Publié le : lundi 1 octobre 2012
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EAN13 : 9782296506732
Nombre de pages : 168
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MehaNa AMrAni
MehaNaAMrAni
La poétiquedeKateb Yacine L’autobIogRaphIe au seRvIce de l’HIstoIRe
La poétique de Kateb Yacine
Critiques Littéraires Collection dirigée par Maguy Albet
Dernières parutions Jean-Louis CORNILLE,Les récits de Georges Bataille. Empreinte de Raymond Roussel, 2012. Samia SELMANI,Romans francophones et représentations du féminin, 2012. Laurence OLIVIER-MESSONNIER,Guerre et littérature de jeunesse (1913-1919). Analyse des dérives patriotiques dans les périodiques pour enfants, 2012. Ali CHIBANI,Tahar Djaout et Lounis Aït Menguellet. Temps clos et ruptures spatiales, 2012. Alexandru MATEI,Jean Echenoz et la distance intérieure, 2012. Mohammed-Salah ZELICHE,Mohammed Dib, L’homme épris de lumière, 2012. Claude Herzfeld, Stendhal, La Chartreuse de Parme. Héroïsme et intimité, 2012. Titaua Porcher-Wiart,Pierre Jean Jouve, Mystère et sens dans l’oeuvre romanesque,2012. Georice Berthin MADEBE, Sylvère MBONDOBARI, Steeve Robert RENOMBO,Les chemins de la critique africaine, Actes du colloque international de Libreville, 2012. N’guettia Martin KOUADIO,Poétique africaine, rythme et oralité, L’exemple de la poésie ivoirienne, 2012. Nassurdine Ali MHOUMADI,:Littérature comorienne, Mohamed Toihiri fiction d’un témoignage et témoignage d’une fiction, 2012. Adama COULIBALY, Philip Amangoua ATCHA, Roger TRO DEHO,Le postmodernisme dans le roman africain. Formes, enjeux et perspectives, 2012. Denise BRAHIMI,Quelques idées reçues sur Maupassant, 2012. Ridha BOURKHIS,Lionel Ray. L’intarissable beauté de l’éphémère, 2012. Krzysztof A. Jeżewski,Cyprian Norwid et la pensée de l’Empire du milieu, 2011. Camille DAMEGO-MANDEU, Laisse-nous bâtir une Afrique debout de Benjamin Matip. Une épopée populaire, 2011.Bogdan GHITA,Eugène Ionesco, un chemin entre deux langues, deux littératures,2011. Debroah M. HESS,Maryse Condé : mythe, parabole et complexité, 2011. Armelle LACAILLE-LEFEBVRE,La Poésie dansA la Recherche du Temps Perdude Marcel Proust, 2011. Vera CASTIGLIONE,Emile Verhaeren, Modernisme et identité générique dans l’œuvre poétique, 2011.
Mehana Amrani La poétique de Kateb Yacine
L’autobiographie au service de l’Histoire
L’Harmattan
Du même auteur
Le 8 mai 1945 en Algérie : les discours français sur les massacres de Sétif, Kherrata et Guelma, Paris, L’Harmattan, 2010. Dictionnaire Kateb Yacine, Paris, Le Manuscrit, 2008
© L’HARMATTAN, 2012 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99479-9 EAN : 9782296994799
''Ce qui est dit brièvement peut être le fruit et la moisson de quelque chose de longuement médité ; mais le lecteur qui est novice sur ce terrain, et qui n'y a pas autrement réfléchi, voit quelque chose d'embryonnaire dans tout ce qui est dit brièvement, non sans un blâme à l'adresse de l'auteur qui a osé lui présenter une nourriture encore verte, pas encore mûre.'' (Friedrich Nietzsche)
''Le jour de la séparation, au moment de nos adieux, je suspendis à leur cou des colliers dont les perles étaient mes larmes. Quand au son de la cantilène du chamelier, leurs moutures se mirent en marche, tout défaillit en moi, le cœur, la force, la constance.'' (L'Émir Abdelkader)
Introductionauf à travers des bribes de la culture familiale orale, Kateb Yacine n’avait pas accès au patrimoine littéraire arabe et PourtaSnt,en introduisant des éléments autobiographiques dans son musulman, parce qu’il ne maîtrisait pas la langue arabe. œuvre, il ne fait que renouer, sans doute à son insu, avec la tradition des écritures du moi arabe qui remonte à la période antéislamique. Une telle tradition est curieusement, et allègrement pourraiton dire, niée par une assertion sans appel de Philippe Lejeune qui assène laconiquement : « Elle [l’autobiographie] est inconnue des civilisations traditionnelles fortement hiérarchisées. Elle est proscrite, 1 de facto, par la religion musulmane » . Comment la religion musulmane proscritelle l’autobiographie ? Quel est le texte sacré qui l’interdit ? Lejeune ne le dit pas et, ajoutonsnous, il serait en peine de le dire, car une telle proscription, jusqu’à preuve du contraire, n’existe tout simplement pas. Cette position de Philippe Lejeune quant à l’inexistence de l’autobiographie dans la culture musulmane, qui confine plutôt à un 2 lieu commun qu’à une observation dûment documentée et argumentée, ne résiste pas à l’examen circonstancié du patrimoine 3 littéraire arabe et musulman. Car, autant qu’on puisse en juger, leJe1  Philippe Lejeune, « Autobiographie », dansDictionnaire des genres et notions littéraires, Paris, Albin Michel, 1997, p. 50. 2 Bien de chercheurs sur la littérature maghrébine, à la suite de Jean Déjeux, se sont engouffrés dans ce lien commun qui voudrait que l’autobiographie arabe soit une pratique récente empruntée aux modèles occidentaux. 3 Certes leJeautobiographique est le déictique auctorial le plus usité, mais il n’est pas rare que des auteurs parlent d’euxmêmes à la troisième personne. Voir à ce propos les exemples de Taha Hussein, Mouloud Feraoun, Si Moh Ou M’hand, Assia Djebar…
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