Le Curieux XIXème Siècle

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Mirbeau, Geffroy, Huysmans, Rachilde, Mallarmé, Allais ou Renard, animèrent cette queue de siècle que d'aucuns, comme Léon Daudet, qualifièrent de stupide, et qui traîna pêle-mêle, l'affaire Dreyfus, les premières oeuvres de Proust, les lois de séparation de l'Etat et de l'Eglise, l'érection de la tour Eiffel, les attentats anarchistes, ou les salons des Indépendants. Décadente, leur Belle Epoque le fut, certes, comme la nôtre mais leur Décadence à eux fut créatrice.
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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EAN13 : 9782296465886
Nombre de pages : 231
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Le Curieux XIXème Siècle
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55259-3 EAN : 9782296552593
Samuel Lair Le Curieux XIXème Siècle Groupes et individualités à la Belle Époque L’Harmattan
Espaces Littéraires Collection dirigée par Maguy Albet
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À Paul Lair
 PRÉFACE Le XIXème siècle, un théâtre de figures seules Une série d’études de plus sur le XIXème, dira-t-on. À quoi bon consacrer un volume supplémentaire à ces écrivains que deux siècles, dorénavant, séparent de nous ? C’est que, ce début de XXIème siècle, les lecteurs du XIXème l’ont tout entier. Le parcours politique hésitant, capricieux, erratique, de Mirbeau ; le caractère féminin des suffrages littéraires et des votes politiques, versatiles et aériens comme l’inspiration ; les positionnements féministes campés par le critique Rachilde, auteur par ailleurs – et sans solution de continuité – vigoureusement antiféministe ; la promotion romanesque du rôle des femmes du peuple chez Marguerite Audoux ; la valse-hésitation entre athéisme et aspiration religieuse, le tout sur fond d’atmosphère mystique ; les évolutions individuelles du mouvement satanique à la pensée catholique la plus austère ; ces personnalités-là gravitent bien autour d’un centre qui ne nous est pas si étranger. Il s’agit, encore et toujours, de se comprendre soi-même davantage qu’autrui, de dévoiler ou tout à l’inverse de taire le plus intime de soi, de s’assurer de pouvoir laisser une trace qui s’inscrit elle-même dans la durée. C’est délibérément que nous avons privilégié les rapprochements de figures littéraires qu’éloignèrent, en leur temps, leurs tendances esthétiques autant que leur sensibilité. Pourtant, c’est avec l’intuition que l’observateur du XXIème siècle pouvait envisager cette kyrielle d’artistes comme une famille, avec ses liens d’intimité, ses cousinages, son sentiment de la fratrie, ses passions et ses jalousies, que nous avons tâché de réunir ces visages. Situés chronologiquement avant Proust, ils composèrent ce que d’aucuns nommèrent avant-siècle, ou fin-de-siècle, en une manière d’interrègne interlope de la littérature post-naturaliste.
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Entre la silencieuse Marguerite Audoux et la cinglante Marguerite Eymery, il existe un vertigineux fossé, en dépit de leur origine provinciale à toutes deux. Du doux Geffroy au volcanique Mirbeau, de l’hilarant Allais au discret Mallarmé, on entrevoit bien qu’une même préoccupation du beau poétique anime les artistes, mais sur des modes bien différents. Mais certains thèmes et schèmes romanesques font fi des délimitations littéraires. La récurrence de certains motifs, chez Rachilde, permet de libérer la continuité profonde d’une œuvre décadente, dont certains s’étaient empressés de faire apparaître le caractère insulaire et fermé de chaque opus. Le motif de la porte et du seuil, ailleurs, se décline sur le mode de la clôture recherchée, dans l’œuvre catholique de Huysmans, comme il irrigue les nouvelles de Villiers de l’Isle-Adam pour qui il incarne sans conteste un avatar du passage vers l’au-delà. Chez Allais, les espèces du titre et du sous-titre figurent une sorte de déclinaison plus triviale de ce glissement entre le monde de l’intériorité et l’univers extérieur au corps du texte. Mais la réalité est plus profonde : la dialectique du clos et de l’ouvert sert de socle à la création. La clé de la poétique mallarméenne, par exemple, justifie que la critique se penche sur l’ouverture et la fermeture de tout son dispositif textuel. L’idée fixe Le thème du ressassement, quant à lui, dépasse la simple implication naturaliste d’une illustration de l’ennui, pour s’articuler au plus intime de la création. La formulation litanique de listes à n’en plus finir, noms de Saints ou de plantes, dans l’œuvre catholique de Huysmans, n’est pas sans rappeler une sorte de survivance de la fidélité réaliste au détail dûment vérifié, fourvoiement naturaliste qui mènera à la rupture de Huysmans et dont l’expression est cristallisée dans la préface de 1903 : « le naturalisme s’essoufflait à tourner la meule dans le même cercle». À la même période, Zola engage sa seconde fresque romanesque, cyclique, par définition.Fécondité, en 1899, exploite et radicalise l’écriture de la répétition, sous la forme du
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