Le Folklore littéraire

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Longtemps négligé par la recherche universitaire, le folklore littéraire est le plus souvent considéré comme relevant de l'ethnologie, de la musicologie, de la dialectologie ou bien encore des études littéraires. Dans le but de poser les fondements de la folkloristique littéraire, cet ouvrage envisage le folklore littéraire dans son syncrétisme, en tant que phénomène constitué de trois niveaux : le texte, la texture et le contexte.
Publié le : jeudi 1 octobre 2009
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EAN13 : 9782296237728
Nombre de pages : 228
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SOMMAIRE
Avant-propos................................................................................... 9
Introduction .................................................................................. 17
Première partie. NIVEAU DU TEXTE ........................................ 35 Chapitre I. La langue et le folklore littéraire (approche interdisciplinaire)...................................................... 37 Chapitre II. Modèles de différenciation entre le folklore littéraire et la littérature ................................... 71 Chapitre III. Folklore littéraire et paralittérature .............................. 87 Chapitre IV. Prose et poésie dans le folklore littéraire.................... 101
Deuxième partie. NIVEAU DE LA TEXTURE ......................... 117 Chapitre I. Le syncrétisme du folklore littéraire ............................. 119 Chapitre II. La texture, principe dynamique du folklore littéraire ... 143 Chapitre III. La dimension dramatique du folklore littéraire........... 159
Troisième partie. NIVEAU DU CONTEXTE ............................ 171 Chapitre I. Le folklore littéraire à la lumière du contexte ............... 173 Chapitre II. Le folklore littéraire entre science et art ...................... 199 Chapitre III. Le folklore littéraire dans son environnement d'origine ........................................... 213
AVANT-PROPOS
Après un grand nombre de travaux tous consacrés aux divers aspects du folklore slovène, Marija Stanonik, chercheur à l’Institut de folkloristique auprès de l’Académie des Lettres et des Sciences de Slovénie et professeur à la Faculté de Lettres de l’Université de Ljubljana, a entrepris la difficile tâche de tirer des conclusions théoriques de son travail et de former un système cohérent. Marija Stanonik poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs comme Karel Štrekelj ou Niko Kuret et sa bibliographie est très impressionnante. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages ; depuis plus de trente ans, elle publie des dizaines d’articles par an, tant en Slovénie qu’à l’étranger, notamment en Allemagne. Consacrés aux divers aspects du folklore, ils peuvent aller des descriptions des us et coutumes de sa région natale, connue pour ses artisans cordonniers et ses dentellières, jusqu’à la théorie générale de la relation entre le mythe et le folklore littéraire, en passant par la poésie des ursulines ou l’utilisation de certains mythes dans le culte de Tito, etc. Elle dirige les cahiersTraditiones et la collectionGlasovi(Voix)comprend qui une trentaine de volumes de textes recueillis dans diverses régions de son pays. Le présent ouvrage pourra apparaître à première vue soit comme excessivement technique, s’adressant aux spécialistes de haut niveau, soit comme concernant surtout les pays slaves, avec leur spécificité (du reste, fortement exagérée par une tradition française
ancienne et persistante). Pourtant, son auteur est d’abord une praticienne, une femme de terrain, ce terrain très riche et divers de la folkloristique slovène qui comporte bien des aspects dépassant largement les aires linguistiques ou culturelles. En outre elle traite un sujet qui ne connaît pas de frontières, qui s’inscrit dans le patrimoine humain universel. « L’herbe verdit, le cheval hennit et l’homme, quand il souffre, chante », disait le poète russe Xlebnikov. Avec le folklore littéraire, toujours vivant, Marija Stanonik nous rappelle que l’on n’a pas besoin d’être Goethe ou Victor Hugo pour éprouver le désir de s’exprimer, pour participer à la création artistique. Avant la folkloristique, il y a le folklore. Il n’existe pas, à ma connaissance, de traduction de textes folkloriques slovènes en français. En fait, le folklore slovène, à l’époque romantique où l’Occident s’intéressait aux « littératures du nord », comme les appelait Madame de Staël, n’a pas éveillé l’attention en tant que tel, même si on a repéré et transcrit très tôt des lambeaux de certains chants épiques et que même le grand poète autrichien Anastasius Grün, c’est-à-dire le comte Anton Auersperg, natif de la Carniole et longtemps gouverneur de la province, compte parmi les collecteurs de chants slovènes. En réalité, c’est par le biais du folklore des Slaves du Sud, qui submergea littéralement l’Europe romantique et provoqua un véritable engouement tant en Allemagne qu’en France et en Angleterre, que les auteurs français commencèrent à porter un certain intérêt aux SlovènesLes chants populaires serbes(collectés en fait en Bosnie, Serbie et Croatie), publiés par Vuk KaradžićVienne en à 1814 sous l’impulsion du philologue slovène Jernej Kopitar, suscitèrent une vague de traductions mais également d’interrogations plus générales. T.A. von Jakob, proche du cercle de Goethe, publia en 1824 une version allemande de ces chants, version qui inspira de nombreux imitateurs et dont se servirent John Bowring pour son recueilServian Popular Poetry, publié en 1827 à Londres, tout comme Élise Voïart pour sesChants populaires des Serviens publiés en 1834 à Paris. La mode avait été lancée dans toute l’Europe et on peut déceler les échos des mélodies folkloriques sud-slaves jusque dans laSymphonie pastorale. L’interrogation théorique concernait surtout les chants épiques à un moment où la Grèce cherchant à se libérer du joug turc et où ses épopées étaient d’actualité. On avait
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