Les convictions de Colette

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Contrairement aux idées reçues, Colette est avant tout une femme cultivée qui a été élevée dans l'esprit des Lumières par des parents républicains et libres-penseurs. On retrouve une opposition fondamentale entre les deux sexes tout au long de son oeuvre qui traite de la condition féminine. Les principaux sujets abordés sont l'avortement, la prostitution, l'inceste, le lesbianisme, l'initiation à la sexualité et l'emprise de l'homme sur la femme.
Publié le : jeudi 1 novembre 2012
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EAN13 : 9782296509900
Nombre de pages : 282
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Paula Dumont
EspacesLlittEéraiSresCONVICTIONS DE COLETTE Histoire, politique, guerre, condition des femmes
Les convictions de Colette Histoire, politique, guerre, condition des femmes
Espaces Littéraires Collection dirigée par Maguy Albet Dernières parutions Sylvie CAMET, Nourredine SABRI (sous la dir. de),Les Nouvelles Ecritures du Moi dans les Littératures française et francophone, 2012. Samuel LAIR (sous la dir. de),Fortunes littéraires de Tristan Corbière, 2012.Claude HERZFELD,Gérard de Nerval. L’épanchement du rêve, 2012. Tommaso MELDOLESI,Textes et poèmes autour de l’accident ferroviaire de Meudon, 1842. Une poésie de la catastrophe, 2012. Ygor-Juste NDONG N’NA,La folie des discours identitaires dans les nouvelles littératures, 2012. Richard Laurent OMGBA, André NTONFO (dir.),Aimé Césaire et le monde noir, 2012. Milan BUNJEVAC,Lire la poésie d’Aleksandar Petrov, 2012. Fabrice BONARDI (sous la dir. de),LesNouvelles Moissons, 2012. Jean SÉVRY,Un voyage dans la littérature des voyages, 2012. Christine FRENOT,Théodore Monod, le poète itinérant, 2012. Anton PAVLOVITCH TCHEKHOV,Correspondant de guerre,2012. Ida JUNKER,Le monde de Nina Berberova, 2012. John BAUDE,Jean Giono, deCollineàQue ma joie demeure, Le temps suspendu, le Tout retrouvé, 2012. Éliane ITTI,Madame Dacier, femme et savante du Grand Siècle (1645-1720), 2012.Victor MONTOYA,Les contes de la mine. Conversation avec le Tio, Traduit de l’espagnol par Émilie BEAUDET, 2012. Nathalie AUBERT,Christian Dotremont, La conquête du monde par l’image, 2012. Claude FRIOUX,Le Chantier russe. Littérature, société et politique. Tome 3 : Ecrits 1969-1980, 2011
Paula DUMONT
LES CONVICTIONS DECOLETTE
Histoire, politique, guerre, condition des femmes L’Harmattan
OUVRAGES DU MÊME AUTEUR Mauvais Genre, parcours d’une homosexuelle, L’Harmattan, 2009. La Vie dure, éducation sentimentale d’une lesbienne, L’Harmattan, 2010. Lettre à une amie hétéro, propos sur l’homophobie ordinaire, L’Harmattan, 2011. Le Règne des Femmes, conte philosophique, L’Harmattan, 2012. © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00320-7 EAN : 9782336003207
Je remercie Anne Dubini, Françoise Mariotti et Simone Taillefer qui m’ont conseillée, encouragée et relue tout au long de l’élaboration de cet ouvrage. Je remercie également Odile Barrière pour le portrait de Colette qui figure sur la couverture de ce livre.
SOMMAIRE
INTRODUCTION ..........................................................................................9
LES ATOUTS D’UNE PIONNIERE ...........................................................13 — Une éducation singulière .........................................................................13 — Les métiers de Colette .............................................................................22 — Les opinions politiques de Colette ..........................................................32
L’ADHESION A L’IDEOLOGIE DE LA GRANDE GUERRE ..................41 — Colette et l’Histoire .................................................................................41 — Le patriotisme de Colette ........................................................................44 — Le devoir d’une journaliste en temps de guerre ......................................53
LA GRANDE GUERRE DANS LES ECRITS DE COLETTE ..................61 — La vie quotidienne ...................................................................................62 — Les bouleversements sociaux ..................................................................65 — L’amour ...................................................................................................69 — Les horreurs de la guerre .........................................................................74 — 1915, année du désespoir .........................................................................81
LES ROMANS TRAGIQUES D’APRES-GUERRE ..................................89 — La concentration dramatique ...................................................................89 — Des sujets universels ................................................................................93 — L’autre visage des hommes ......................................................................99 — La fatalité du temps ...............................................................................106 — Les dénouements ...................................................................................113
LA TRAGEDIE SURMONTEE .................................................................121 — La condamnation des valeurs paternelles ..............................................121 — L’émergence du personnage de Sido .....................................................128 — Le temps apprivoisé ...............................................................................135 — Vers une nouvelle éthique ......................................................................147 — L’apothéose de Sido ...............................................................................154
L’INIMITIE ENTRE LES SEXES .............................................................167 — Variations sur la jalousie ........................................................................169 — Solidarité entre personnes du même sexe ..............................................183 — Liens entre l’amour et l’argent...............................................................187
COLETTE TEMOIN DE LA CONDITION FEMININE ..........................193 — L’autobiographie ....................................................................................193
— L’autofiction ..........................................................................................213
COLETTE FACE A LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE .................237 — L’attitude de Colette pendant le conflit .................................................238 — La Deuxième Guerre mondiale dans les écrits de Colette .....................248
CONCLUSION ..........................................................................................259
BIBLIOGRAPHIE .....................................................................................261
NOTES .......................................................................................................271
Colette est l’une des rares femmes a être considérée comme l’égale des plus grands écrivains français. En outre, elle a suscité l’admiration de ses pairs, tels que Proust, Gide, Montherlant, Aragon et Green. Mais les ouvrages qui lui ont été consacrés sont assez peu nombreux ; seules prolifèrent des biographies qui traitent avant tout de sa vie privée. Car du fait que Colette est une femme, le regard que l’on pose sur elle est celui, réducteur, que l’on pose sur toutes les femmes. Pour s’en assurer, il suffit de jeter un coup d’œil aux livres qu’elle a inspirés :Colette intime, Amoureuse 1 Colette, Les Maisons de Colette, Colette gourmande, Secrets de la chair,etc.Excepté quelques ouvrages remarquables, comme celui de Julia Kristeva, et quelques études comme celles de Francine Dugast-Portes et Marie-Christine Bellosta, la plupart des spécialistes de son œuvre se limitent à la thématique traditionnellement réservée aux femmes sans la remettre en question. C’est assez dire que, pour nos contemporains, cette femme, quel que soit son talent, est réduite à sa sensibilité de femme, très proche de la sensiblerie. Elle reste ainsi, pour de nombreux lecteurs, un écrivain mineur, qui écrit d’instinct sur des sujets étriqués, voire sans intérêt. Ajoutons que quelques boutades de l’intéressée ont aggravé le phénomène. Ainsi Colette a-t-elle répondu un jour avec impatience, pour le décourager, à un journaliste indiscret : « Monsieur, j’écris. Faut-il encore que je pense ? » Prises au sérieux, de telles réflexions l’ont reléguée à la vie instinctive, tout en contribuant à occulter le travail rigoureux demandé par l’élaboration de toute œuvre littéraire. Pourtant, Colette a publié plus de cinquante titres, à raison d’environ un par an, pendant la première moitié du vingtième siècle. Parallèlement, de 1910 à 1942, elle a travaillé pour la presse avec une grande régularité. Miracle à coup sûr que cette abondante production due au seul instinct féminin ! Je lis Colette depuis cinquante ans parce que ses livres m’ont aidée à vivre. Certes, elle aurait ri du mot « philosophie » qui me vient à l’esprit quand je pense à ce que je trouve dans son œuvre. Mais on rencontre souvent les termes « art de vivre », voire « éthique » dans les études qui lui sont consacrées. Pour être juste, j’ajoute que Colette elle-même n’a pas incité les critiques à étudier cet aspect de son travail. Elle a toujours refusé d’émettre des idées générales, elle n’a appartenu à aucune école littéraire et surtout, elle a voulu être avant tout une écrivaine et non une femme qui pense. Or, loin d’être un handicap, une telle option est positive et rend sa pensée précieuse. Sans examen approfondi, on répète que cette romancière, qui est
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