Les écritures de l'horreur en littératures africaines

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Dire, raconter, déclamer, jouer et conter l'horreur dans le texte africain, comment et pourquoi ? Ce livre analyse ainsi le mode opératoire du motif de l'horreur dans le discours romanesque, poétique, théâtral, oral (conte) africain. Il s'ensuit une polytonalité qui aide à saisir le motif horrifique dans sa multidimensionnalité littéraire et sa polysémie (valeurs et enjeux) à travers les analyses qui portent sur l'horreur de l'écriture et l'écriture de l'horreur dans le champ littéraire africain.
Publié le : mardi 15 mars 2016
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EAN13 : 9782140005145
Nombre de pages : 446
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qui aide à saisir le motif horrifique dans sa multidimensionnalité littéraire et sa
s’attarde sur le scripturaire, la scénographie. Il s’agit de la lecture horrifique qui
l’excentricité, etc. La seconde aborde la thématique horrifique : guerre, violence,
l’horreur problématisent la figure du sujet postcolonial africain ainsi que celle de
Maurice Bandaman : une lecture deAu nom de la terre
Etudes africaines
Série Littérature
Sous la direction de Bidy Cyprien B Moussa C Bassidiki K
Les écrituresdel’horreuren littératuresafricaines
LES ÉCRITURES DE LHORREUREN LITTÉRATURES AFRICAINES
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
VAUDELIN (Pierre),Afriquéconomie, Entre défis urbains et émergence économique, 2016.BARBET (Clotilde),Les rébellions touarègues au Nord-Mali, 2016. AMBOULOU (Hygin Didace),Le droit des investissements et l’analyse économique de l’espace OHADA, 2016.SOHI BLESSON (Florent),les traces du premier administrateur Sur colonial du Haut-Cavally (Côte d’Ivoire), Laurent Charles Joseph (1877-1915), 2016. DAMIBA (François-Xavier),Les Moosé du Burkina Faso, 2016. ADAMA (Hamadou) (dir),Patrimoine et sources de l’histoire du Nord-Cameroun, 2016. TARCHIANI (Vieri) et TIEPOLO (Maurizio),Risque et adaptation climatique dans la région Tillabéri, Niger. Pour renforcer les capacités d’analyse et d’évaluation, 2016. TAPOYO (Faviola),Les règles coutumières au Gabon. Parenté, mariage, succession, 2016. AMOUZOU (Esse),L’Afrique noire face à l’impératif de la réduction des naissances, 2016 BRACK (Estelle),Les mutations du secteur bancaire et financier africain, 2016 RIDDE (Valéry), KOUANDA (Seni), KOBIANE (Jean-François) (éds.),Pratiques et méthodes d’évaluation en Afrique, 2016 NKERE (Ntanda Nkingi),Clitorisation de la fille Mushi : antithèse de la Mutilation, Génitale Féminine, 2016 UWIZEYMANA (Emeline),Quand les inégalités de genre modèrent les effets du micro-crédit, 2016.
Sous la direction de Bidy Cyprien BODO, Moussa COULIBALYet Bassidiki KAMAGATE
Les écritures de l’horreur en littératures africaines
L’HARMATTAN
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Introduction
Ecrire, notait Stephen King, c’est aussi savoir être à l’écoute du 1 « grand prédateur qui patrouillait quelque part dans la jungle. » Ce propos envisage et pense l’écriture comme acte de mettre l’horreur en mots, de la circonscrire dans l’espace de la page. L’écriture de l’horreur s’en trouve défendue. Aussi, son œuvre,Anatomie de 2 l’horreur, est-elle une réflexion sur les modalités de cette forme d’écriture dans l’espace littéraire occidental, notamment américain.
Cet art de penser le pire et de l’écrire qui génère l’« impression violente causée par la vue, la pensée ou la [lecture] d’une chose affreuse ou repoussante », une « chose qui inspire ou devrait inspirer 3 un sentiment d’horreur, de répulsion » est également une expérience d’écriture et de lecture omniprésente dans la littérature africaine. Ce 4 d’autant plus que, dans la perspective de Patrice Nganang , le sujet africain (moderne voire postmoderne) et par ricochet la littérature africaine doivent être pensés par rapport à la faille du génocide (Rwandais) qui renouvelle, interroge, problématise, la solidarité légendaire négritudienne. Espace crisogène, confligène, l’univers africain est un lieu de prédilection du « grand prédateur » qui ne manque pas d’inspirer les écrivains. Un pan non négligeable de la littérature africaine répond à la nécessité de se confronter à l’horreur ambiante, de lui donner forme.
Partant, comment la littérature africaine prend-elle en charge ce motif ? Comment se confronte-t-elle à lui ? Quelle serait « l’anatomie » de l’horreur dans cet espace littéraire ? Il s’agit ainsi de relever la nature, le mode du dire, et les enjeux de l’horreur dans l’écriture africaine. Tel que posé, les différentes contributions invitent à penser l’horreur dans l’écriture et l’horreur de l’écriture en littérature africaine. Pour rendre compte de cette problématique, les analyses se sont situées dans une perspective interdisciplinaire, voire
1 Miserey, Paris, J’ai lu, coll. « Epouvante », 1992, p. 140. 2 Anatomie de l’horreur, Paris, Ed. du Rocher, 1995 [1981]. 3 Chantal Lapeyre-Desmaison, « L’écriture, une expérience de l’horreur », dans Guy Astic et Jean Marigny (dir.),Colloque de Cerisy. Autour de Stephen King. L’horreur contemporaine, Paris, Bragelonne, 2008, p. 27 (p. 25-39). 4 Manifeste d’une nouvelle littérature africaine. Pour une écriture préemptive, Paris, Homnisphères, 2007.
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intergénérique en s’ouvrant au roman, au théâtre, à la poésie, au conte (littérature orale).
Bidy Cyprien KAMAGATE
BODO,
Moussa
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COULIBALY
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Bassidiki
Une fabrique impropre :Elle sera de jaspe et de corail, un genre horrifique
Moussa COULIBALY
Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody-Abidjan, Côte d’Ivoire
Introduction
Telle que perçue et considérée aujourd’hui l’horreur est un concept doté d’une certaine appréhension. Ainsi, le genre « horreur » qui s’y rapporte se trouve difficilement définissable. Ce qui veut dire que dans l’absolu, chacun peut en avoir sa propre définition. C’est par rapport à ce concept que nous voudrions mener notre réflexion sur 5 Elle sera de jaspe et de corailde Werewere Liking. Dans cette optique, on note, à propos de ce texte, qu’il a glissé d’un genre à l’autre dans le temps. Si au départ, on pouvait qualifier ce roman de nouvelle écriture africaine, une autre perception peut, de nos jours, l’apparenter, sans ambages, au genre horrifique. D’ailleurs son sous titre, (journal d’une misovire…) chant-roman conforte nos propos à ce sujet. En effet, rien qu’à considérer ce titre, à quel genre nous renvoie ce texte ? Ne consacre-t-il pas la fin de la caractérisation genrologique en littérature ? De prime abord, cette forme qu’il revêt ne suscite-t-il pas une certaine gêne, un dégoût, une répulsion du point de vue de sa réception ? Il y a donc lieu de procéder à une relecture de ce texte tant dans sa forme que dans son contenu. On peut d’ores et déjà attester que Werewere Liking a produit un palimpseste. Dans notre approche de ce texte, nous considérerons d’abord sa structure formelle chaotique qui se présente comme la résultante « des points de pression 6 phobiques » ; ce qui nécessairement conduit à un émiettement du terreau thématique qui déroute le lecteur.
5 Werewere Liking,Elle sera de jaspe et de corail, Paris, L’Harmattan, 1983 6 Stephen King,Anatomie de l’horreur 1, Paris, Editions du Rocher, 1995, p.27
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