Les frontières de l'imaginaire

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Quelles sont les limites heuristiques de l'espace décrit par les structures anthropologiques de l'imaginaire ? Une explorations des fondements théoriques de l'imaginaire et une analyse de ses multiples champs (la ville, le jeu, la convivialité, etc.) se côtoient pour délimiter, par leur interaction même, ce champ interdisciplinaire.
Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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EAN13 : 9782296279766
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Les frontières de ['imaginaire

Directeurs: Gilbert Durand, professeur émérite à l'Université de Grenoble, et Michel Maffesoli, professeur de sociologie à la Sorbonne Paris V. Secrétaire de rédaction: Patrick Tacusset, maître de conférences sociologie à l'Université Paul Valéry de Montpellier. en

Coordination: Brigitte .Fourastié, sociologue au Centre d'études sur l'actuel et le quotidien (CEAQ), Sorbonne Paris V. Fax: 42 72 5970. Martine Xiberras, département de sociologie à l'Université Paul Valéry. Toute correspondance concernant la rédaction doit être adressée à : Patrick Tacussel, Département de Sociologie, Université Paul Valéry, B.P. 5043, 34032 Montpellier Cedex. Comité: Pietro Bellasi,professeur de sociologie à l'Université de Bologne (Italie). Marie-Hélène Dayan, maître de conlérencesà l'Université Paul Valéry de Montpellier. Edgar Morin, sociologue et épistémologue, directeur de recherche au CNRS. Roberto Motta, professeur d'anthropologie à la Fondation Joaquim Nabuco de Recife (Bresil). Jean-Bruno Renard, maître de conférences ~n ,socioloa.ie à rUniversité ~aul Valéry. Viola ASacbs, professeur de "lltterature a PariS VIII. PatrIck Tacussel,maltre de conférences à l'Université Paul Valéry de Montpellier. Louis-Vincent
Thomas, professeur émérite à la Sorbonne Paris V.

Maquettiste: Jean Constance, étudiant en sociologie à l'Université Paul Valéry, Montpellier III. Editeur: L'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris. Tél. 43 26 04 52. Fax 43 25 8903.

Conditions d'abonnement: Abonnement 1993(N° 9 et 10) - France: 300 F - Etranger: 350 F Le numéro: 90 F Règlement à adresser à: L'Hannattan, 5..7rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris.
Les Cahiers de l'Imaginaire sont publiés avec le concours du Département de Sociologie de l'Université Paul Valéry, Montpellier III. @ L'Harmattan, 1993 ISBN: 2-7384-2022-2

Dossier:

Les frontières de l'imaginaire

Daniel Ra~aud Pour une schématologiecritique des stimulianxiogènes.

de l'imaginaire

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9
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Rommel Mendes-Leite Des vicissitudesd'être un authentiquemacho Frédéric Monneyron Intersexualitéet expériencedes limiteschez Jerzy Kosinski Claudine Harocbe La convivialitéface au pouvoirpolitique Jean-Pierre Martignoni Jeux, joueurs, espaces de jeu: le turfiste Traki Zannad Mémoire collective

...

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Gérard Bucher Retour à la genèse

:~... ."' Martine PaoliwElzingre Imaginaire et visions du féminin: la création dans le vêtement contemporain

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Jacques Maltcheff Alain Médam : Mondes juifs, renvers et l'endroit Brigitte Fourastié Michel Maffesoli: La Transfiguration du politique Philipl!e Joron SylvIe Joubert: La Raison polythéiste. Essai de sociologie quantique

l37

Henri Leroux
Pierre Sansot.: Les Gens de peu uuu uu uu uu 149

Éditorial

l'heure où les instances institutionnelles accordent avec parcimonie les honneurs de la légitimité scientifique, et tandis que les comités de rédaction ouvrent timidement les portes de leurs revues aux jeunes chercheurs, nous nous félicitons d'accueillir des témoignages venus d'horizons divers: mathématiques, littérature, histoire, et bien sûr sciences sociales, parce que tous se reconnaissent dans la thématique de l'imaginaire. Dans ce numéro tout particulièrement, la diversité des contributions, tant par leurs objets de recherche que par les multiples entrées proposées, nous invitent à un~ réflexion sur les limites ou frontières de l'imaginaire. Face à la fécondité complexe de ces approches, force nous est de constater que l'espace de réflexion qui nous anime et nous 5

A

"-

rassemble ntest pas encore prêt à se refermer sur l'attitude propre à la recherche de cette fin de millénaire: le dogmatisme, le sectarisme, ou l'« intelligence aveugle» (E. Morin, lntoduction à la pensée complexe, ESF, 1990). L'article de Raynaud qui inaugure cette exploration nous enseigne que, sans être pour le moins iconoclaste, il est possible de discuter, voire d'améliorer les fondements des structures anthropologiques de l'imaginaire. La thématique de la sexualité alternative contemporaine nous montre aisément comment r.approche en tennes de socioanalyse des images collectives reste porteuse pour dévoiler les significations des statuts accordés à la figure du macho (Mendes-Leite), ou à celle du transsexuel (Monneyron). La contribution de Claudine Haro'che construit un corpus de données propres au XVIIe siècle, mais elle utilise aussi la notion d'imaginaire pour désigner les effets sur la conscience collective de la politique Richelieu, pour imposer jusque la convivialité littéraire les normes d'un pouvoir centralisateur. La thématique du n'apparaît plus comme un objet est analysé sous rangle de fimaginaire. Martignoni par l'ensemble sens subjectifs par acteurs dans leurs pratiques Enfin, l'article Traki Zannad, la des recherches inaugurées Alain Médam, confinne propre à et nous propose une dans les de Casablanca. Dans la rubrique D'autre part, nous proposons est retracer à travers deux symbolique - la l'apparence symbolique du corps produits sur contemporain* Finalement, la thén1atique de l'imaginaire ouverte par Gilbert Durand (Les Structures anthropologlquesde l'imaginaire, 1969) comme cet «ensemble et des relations d'images qui constituent le capital-pensée de l'ho/no
8

sapiens » reste un territoire qui nfenfinit pas de se
se structurer~ à ces contrées imme,nses,dont commencent à prendre consistance, nous ne pouvons 6

et de
confins

susciter chez nos lecteurs cette étincelle ou cet aiguillon propre et nécessaire à fonder la recherche de la :post-modemité.
Martine Xiberras Université Paul Valéry, Montpellier III.

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DOSSIER

Pour une schématologie critique des stimuli anxiogènes de l'imaginaire
Daniel Raynaud

INTRODUCTION

La critique que je propose ici ne discutera que trois sources: la thèse de Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l'imaginaire, le test psychologique construit à la même époque par Yves Durand, l'AT9, et les premiers résultats d'une schématoIogie de l'imaginaire. Ces trois sources, bien que fortement interconnectées, laissent apparaître des points de rupture, notamment sur le problème des valences négatives de l'imaginaire. 9

Certaines images n 'obéissant pas au canevas théorique des Structures et de l'AT9 nous conduiront à faire l'hypothèse d'une loi de couplage permettant une redéfinition des structures imaginaires, puis d'en tirer quelques conclusions quant au choix des stimuli anxiogènes de l' AT9.
I : LES BASES THÉORIQUES 1. LE FONDEMENT THÉORIQUE DES STRUCTURES

Les Structures anthropologiques de l'imaginaire reposent sur un appareil minimal de concepts fondamentaux dont le premier est l'angoisse de mort. En tant que négation de l'homme et de sa culture, elle constitue selonG. Durand le premier moteur de la production imaginaire. Le rôle psycho-biologique de l'imagination

sera

donc,

selon

l'anthropologue,

« l'acte

négatif»

d'insubordination de l'image à l'existence mortelle. Cette angoisse

s'apparente en quelque sorte à un « mécanisme de déclenchement»
des représentations (Durand, 1960, 468-470, position contraire de J. Chateau, Les Sources de l'imaginaire, 247 sq.). Sans insister davantage sur les implications psychologiques de ce postulat, indiquons qu'en dérive celui de la sémanticité de l'image (Durand, 1960, 60; 1979,56-60). Car c'est dans le combat contre l'angoisse de mort que se valorisent les images, passant du coup de simples signes à ces grands foyers sémantiques universellement constatés.. De cette stratification des niveaux'du sens découle la « plurivocité» constitutive du symbole. Nous en venons au second postulat des Structures, celui qui vraisemblablement occupe la place centrale de l'édifice. G. Durand met sur pied la notion de « trajet anthropologique », postulant en cela une «genèse réciproque qui oscille du geste pulsionnel à l'environnement matériel et social» (Durand, 1960, 38). Ce trajet - que nous serions tentés d'appeler trajet assimilo-accomodateur si
nous n'en voulions laisser la parenté à Gilbert Durand

-

statue une

nature humaine «potentielle, n'existant qu'en creux et ne passant à l'acte que par l'actualisation singulière d'une culture » (Durand, 1979, 26). Le trajet anthropologique fait en quelque sorte la jonction entre les impératifs culturels et psycho-biologiques. Les 10

premiers, exogènes, énoncent que l'environnement matériel, technologique, climatique, social, etc., exerce une «pression du milieu» sur l'image. Ce qui frappe, donc, c'est l'extrême concrétude du symbole envers et contre toutes les théories irréalisantes.Les seconds, endogènes, énoncent que la représentation prend naissance sur le socle pulsionnel d' Homo Sapiens,ce que Gilbert Durand formulait alors en reprenant les « dominantes réflexes» de l'école de Léningrad, qui forment l'appareil minimal de la tripartition des structures (Durand, 1960, 47-48),et qu'Yves Durand note HE (héroïque, schizomorphe), DU (double univers existentiel, synthétique), MY (mystique, glischromorphe).L'édificedes Structures ne repose que sur ces trois points de rebroussement théoriques: l'angoisse de mort, la culture, les dominantes réflexes (ces deux derniers constituant le trajet anthropologique).

Comme l'a noté Yves Durand, l'anthropologue

« décrit

séparément les Visages du Temps et les procédures de créativité de l'imaginaire (structures) visant à contrôler les images mortifères» (Durand, 1985, 203). Cette présentation en a parte des symboles négatifs postule l'unité du régime de l'angoisse, c'est-à-dire énonce l'indépendance de cette constellation d'images par rapport aux structures imaginaires" G. Durand reconnaît cependant que ces images apparaissent fréquemment sous un mode hyperbolique pour les structures schizomorphes, sous un mode euphémique en ce qui concerne les structures glischromorphes,en vertu même d'une certaine adhésivité environnementale de celles-ci. En .cequi concerne l'exposé des symboles thériomorphes (animé, dévoration, agressivité, gueule dentée), nyctomorphes (ténèbres, choc noir, etc.), et catamorphes (chute, vertige, écrasement), nous renvoyons simplement à l'exposé des Structures (Durand, 1960, 71 sq.) et aux commentaires du psychologue chambérien (Durand, 1985, 152 sq.)"
2. LE FONDEMENT THÉORIQUE DE L'AT9

Yves Durand a tenté de vérifier expérimentalement la thèse des Structures. Chez le psychologue, l'héritage des Structures est net, même s'il reconnaît qu'au «départ de cette argumentation, il y a sans doute une hypostase de la temporalité mortelle envisagée en 11

tant que processus originel de l'imaginaire» (Durand, 197,0, 161sq.; 1985, 183). Outre le stimulus central (le personnage), le test propose la combinaison de huit stimuli, dont chacun représente une modalité expressive de l'imaginaire: stimuli anxiogènes: la chute le monstre l'épée le « cyclique» le refuge l' animal l'eau

stimuli résolutoires:

stimuli complémentaires:

Le stimulus central et les stimuli de complément resteront sans discussion ici. Ces derniers ne visent en effet qu'à renforcer la cohésion, qu'à préciser la tonalité imaginaire de la réponse, et ne typifient aucunement le mécanisme psychologique fondamental que veut étudier l' ÀT9. Les stimuli que je nomme résolutoires ou « anxiolytiques» correspondent aux instruments de maîtrise de l'angoisse déclenchée. TIsse répartissent au sein de la tripartition imaginaire (HE épée, DU cyclique, MY refuge). Quant aux stimuli
« anxiogènes », ce sont des éléments qui relèvent d'un choix

optimal d'images d'angoisse (Durand, 1985, 187). Parmi les images thériomorphes (l'animé, la dévoration), nyctomorphes (les ténèbres) et catamorphes (la chute), Yves Durandne retient que deux images: la chute et le monstre. Postulant comme Gilbert Durand l'unicité du régime de l'angoisse, Y. Durand constatera après coup qu'au «sein de la série négativë, l'imaginaire prend des tonalités et des modalités d'expression et de représentation différentes selon les structures» (Durand, 1985, 202).
Le premier degré de critique

-

interne

-

consistera

à

comparer les résultats escomptés et ceux obtenus expérimentalement. Les réponses au test AT9 dénotent tout d'abord 12

une nette potentialisationde l'angoisse, une ambiance « bucolique»
des réponses mystiques, en accord avec la procédure générale d'euphémisation de cette structure imaginaire. il faut admettre en revanche une mauvaise performance du stimulus anxiogène de la chute. Car la conclusion d'Yves Durand «avec 49,4% les symboles de vie relatifs à la chute représentent le plus faible pourcentage après le symbolisme du monstre» (Durand, 1988, 196) ne saurait faire illusion. Le fait qu'un stimulus obtienne- un fort pourcentage anxiogène n'est pas une preuve suffisante de son efficacité. TIfaut corrélativement que son pourcentage de vie soit faible. Lorsqu'on a un ensemble de traits couplés, leur polarité passe en effet leur quantité respective. En conséquence, il nous semble plus pertinent de recourir à une balance, d'appliquer ce que la sémiotique américaine appelle du nom de contrastive-iden tificational features à chacun des stimuli, d'après les données fournies par l'auteur (Durand, 1988, 211-2): stimulus Monstre Chute Feu Epée Animal Cyclique Eau Personnage Refuge mort / vie 78,0 » 04,0 22,9 « 49,4 22,4 « 55,4 21,0 « 59,7 Il,8 « 62,0 07,8 « 65,6 07,1 « 68,9 09,5 « 70,5 06,0 « 75,7 nature anxiogène non-anxiogène "
" " "
" " "

Ce tableau montre que les stimuli résolutoires remplissent le rôle escompté, mais que seul le monstre peut être considéré comme stimulus anxiogène acceptable. La chute, comme élément générateur d'angoisse, semble expérimentalement se détourner de sa fonction initiale. Les résultats indiquent une banalisation morphologique et une minimisation constante de son rôle: 67,9% de chute d'eau, 46% de rôle décoratif (Durand, 1988, 148 & 174).

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3. LA THÈSE DUSCHÈME La thèse que je soutiens se fonde sur le postulat central d'une base kinésique de la pensée symbolique. Elle énonce en somme la priorité du schème sur l'image. J'ai montré (Raynaud, 1990,231263) comment on pouvait parvenir à une description du champ schématique à partir de quatre variables indépendantes, dont une (la vergence) corrobore la tripartition des structures de l'imaginaire. Monter, séparer, ouvrir, etc., sont des schèmes divergents; balancer, tourner, passer, etc., sont des schèmes avergents; finir, descendre, accumuler, etc., sont des schèmes convergents. La définition suivante énonce le passage du schème au symbole :un symbole est le produit de [' actualisation et de la valorisation d'un schème. C'est dans le sens restreint, articulé par le mythologème vie et mort, que j'emploie le terme de valorisation et son produit: la valence. Celle-ci peut être analysée selon une échelle bipolaire, que nous réduisons méthodologiquement à un bipôle,analogue au clivage actantiel. Comme le rappelle Yves Durand, «les forces actantielles peuvent se différencier en deux voies divergentes et contraires: l'une correspondant à l'expression et à la manifestation de la vie; l'autre sous-tendant la dimension de l'angoisse et la polarité négative que constitue la mort.» (Durand, 1984, 204). Compte tenu de l'équivalence partielle schème / actant, nous observerons alors une valence positive si le symbole donné se présente comme affinnation ontologique; une valence négative si, au contraire, celui-ci réalise unenégativisation ontologique de 1'homme. Il semble donc utile de différencier, comme nous l'avons proposé, les phénomènes appartenant au champ schématique, de ceux dépendant du champ imaginaire. Seul nous imponant ici le mécanisme de valorisation, les stimuli de l'AT9 admettent les équivalents schématiques suivants:

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nature anxiogènes résolutoires

complémentaires

stimulus la chute le monstre l'épée le « cyclique» le refuge le feu l'eau

schème descendreentrercouper+ tourner+ contenir+

Les stimuli résolutoires se répartissent régulièrement au sein de la tripartition schématique: épée: v<O+ (divergent à valence positive), cyclique: v=O+ (avergent à valence positive), refuge: v>O+ (convergent à valence positive). En revanche, les images anxiogènes, données dans les Structures pour pendant négatif de l'imagerie schizomorphe, se trouvent être des schèmes convergents à valence négative: tendance catamorphe (chute = descendre-) ;

thériomorphe (dévoration =entrer-); nyctomorphe(grouillement =
accumuler-). Les stimuli anxiogènes retenus dans l'AT9 sont homogènes: deux schèmes convergents à valence négative (v>O-): chute, monstre. Admettant l'indépendance du niveau schématique et du niveau imaginaire proprement dît, il résulte que n'importe quel schème (quelle que soit sa vergence) peut prendre une valence négative. Nous somme alors surpris de constater que ne figurent, ni dans les stimuli du test AT9, ni dans les bases théoriques des Structures, de schème divergent négatif (v<O-).
II : LES RÉSULTATS THÉORIQUES 1. LES SCHÈMES À VALENCE NÉGATIVE

Il serait décisif, à ce point, de déterminer si le jeu des valences
est pleinier ou restreint

-

comme le postule

Gilbert

Durand.

Certes, notre étude n'apportera pas une réponse définitive à ce problème, m"aisil semble possible d'en apercevoir les contours, si l'on admet que le lexique des verbes d'action conserve la trace d'un 15

mécanisme de valorisation. L'analyse desoccurences lexicales subsumées par un schème (Raynaud, 1990, II, 273-279) met en évidence environ 7% de verbes (46 occurrences sur 625) exprimant le caractère destructeur de l'action. Nous indiquons en italiques les occurences lexicales constituant un schème (c'est-à-dire lorsqu'il existe au moins trois parasynonymes). Cette observation montre une distribution homogène des valences négatives sur les groupes schématiques symétriques. Elle rejoint l'idée d'une propriété intégratrice de l'imaginaire synthéthique (absence de formes pathologiques prolongeant cette structure) :

boîter,chanceler
casser, déchirer, fendre tronq uer jeter- 4 jeter, perdre, expulser arracher écorcher" 3 écorcher, rayer, ronger barrer- 4 barrer, entraver. gêner obstruer éclater-6 éclater. exploser, déchiqueter disloquer, démanteler, écarteler claquer, taper stagner altérer

tomber-3 tomber,décliner, chuter
mourir flétrir, rider étouffer, opprimer enfermer- 3 enfermer, sombrer, enliser étrangler enchaîner, enchevêtrer effondrer-4 effondrer, écrouler, ratatiner grouiller

Les verbes divergents à valence négative constituent cinq schèmes prégnants, dont trois d'entre eux sont des schèmes asymétriques, irréversibles. Les verbes convergents à valence négative constituent trois schèmes de moindre prégnance. Cette analyse des valences négatives sur le niveau schématique indique, de toute évidence, la possibilité d'une loi de couplage. Celle-ci pourrait s'é.noncer ainsi: une structure de l'imaginaire est constituée de schèmes directs à valence positive, et de schèmes sy.métriques à valence négative. Dans ce cadre, les structures 16

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