Littératures d'ailleurs

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Introduites en France depuis la Renaissance, les oeuvres littéraires étrangères sont devenues plus nombreuses et accessibles dans la seconde moitié du XXè siècle. Cet ouvrage dresse une synthèse transversale de la situation des littératures étrangères en France, et brosse une vision générale de leur histoire et des obstacles à franchir pour les diffuser de manière plus large et plus consciente.
Publié le : jeudi 1 juillet 2010
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EAN13 : 9782296262744
Nombre de pages : 280
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    DES LITTÉRATURES ÉTRANGÈRES ENFRANCE
Espaces Littéraires Collection dirigée par Maguy Albet Dernières parutions Hassan WAHBI,La beauté de l'absent, 2010. Claude HERZFELD,Paul Nizan, écrivain en liberté surveillée, 2010. Charles WEINSTEIN (textes réunis par),Récits et nouvelles du Grand Nord, 2010. Paul TIRAND,Edmond Combes. L'Abyssinien. 18121848. La passion de l'Orient, 2010. Paule PLOUVIER,Pierre Torreilles Poète, Entre splendeur hellénique et méditation hébraïque du souffle,2010. Tommaso MELDOLESI,Sur les rails. La littérature de voyage de la réalité aux profondeurs de l’âme, 2010. Cynthia HAHN (coordonné par),Ezza Agha Malak. À la croisée des regards, 2010. Miguel COUFFON,Marlen Haushofer. Écrire pour ne pas perdre la raison, 2010. David L. PARRIS,Albert Adès et Albert Josipovici : écrivains d’Egypte d’expression française au début duXXe siècle, 2010. Arnaud TRIPET,Poètes d’Italie. De saint François à Pasolini, 2009. Miguel COUFFON,Le Signe et la convention. Hommage à Ingeborg Bachmann, 2009. Patricia IZQUIERDO,Devenir poétesse à la belle époque (19001914). Étude littéraire, historique et sociologique, 2009. JeanPierre BRÈTHES,D’un auteur l’autre, 2009. Thierry POYET,Du romancier aux personnages. Éléments didactiques pour l’étude de quelques personnages littéraires, 2009. JeanYves POUILLOUX et MarieFrançoise MAREIN,Les voix de l’éveil. Ecritures et expérience spirituelle, 2009. Gizelda MORAIS,Réveillez les tambours, 2009. Claudine MONTEIL,Simone de Beauvoir. Modernité et engagement, 2009. Irena KRISTEVA,Pour comprendre la traduction, 2009.
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© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296125070 EAN : 9782296125070
A une époque de langages conflictuels [...] le roman est, sera et devra être l’un de ces langages.Il devra surtout être l’arène où tous pourront se donner rendez-vous. Le roman, non seulement comme lieu de rencontre de personnages, mais lieu de rencontre de langages, de temps historiques différents et de civilisations qui n’auraient sans cela aucune chance d’entrer en relation.Carlos Fuentes,Géographie du romanLe monde a rétréci, les échanges mondiaux sont permanents, et si nous croulons, certes, sous la camelote internationale, notre vraie chance est dans cette nouvelle ouverture et ces contacts, par la lecture, par les voyages, avec toutes les parties du monde.Jean-Luc Toula-Breysse,Cultures du monde en FranceLesœuvreslittéraires dépassent les frontières, elles dépassent les langues grâce aux traductions, elles dépassent aussi les usages sociaux et certaines relations humaines particulièrement formées par l'histoire et le lieu, mais l'humain qu'elles révèlent en profondeur est universellement communicable à l'humanité entière. Gao Xingjian,La raison d’être de la littérature
Si la situation leur semble favorable, les littératures venues d’ailleurs préoccupent peu les pouvoirs publics. Aucun discoursofficiel n’existe sur le sujet ; les politiques se désintéressent de la question, comme si les échanges littéraires n’étaient pas d’importance pour mesurer le degré d’ouverture aux civilisations étrangères... Pourtant, l’ouverture aux littératures venues d’ailleurs interroge l’intérêt porté à l’autre.choc desEn ces temps de « civilisations », alors que la France adopte une attitude de moins en moins accueillante pour les étrangers et que les reconduites à la frontière se multiplient, la question semble pourtantd’actualité. Pascale Casanova nous rappelle le danger de cette attitude dans laRépublique mondiale des lettres(Seuil, 1999), en remarquant que les nations refermées sur elles-mêmes, « préoccupées de donner une définition d’elles-mêmes, reproduisent en circuit fermé leurs propres normesad infinitum, les déclarant nationales et donc nécessaires et suffisantes sur le marché autarcique du territoire national ». Se pencher sur la diffusion et la promotion des littératures étrangères permet ainsi de se faire une idée dudegré de tolérance et d’intérêt de la population française envers les mondes étrangers. Bien sûr, la lecture d’œuvres littéraires reste en elle-même pratiquée par un public relativement restreint.Quelques chiffres parleront d’eux-mêmes : selon différentes enquêtes et sondages effectués sur le livre et la lecture, en particulier les enquêtes sur les pratiques culturelles du ministère de la Culture, les non-lecteurs, relatifs ou absolus, représentaient environ 25 % de la population française en 1997 et ont augmenté depuis pour atteindre 30 % en 2008. A l’autre extrémité,la création littéraire et intellectuelle est susceptible d’intéresser environ 200 000 personnes seulement, soit 0,3 % de la population. Près de 13 % des Français déclaraient en 1997 ne pas posséder de livres dans leur foyer, même si seulement 4 % n’en posséderaient vraiment aucun. A l’inverse,22 % des Français possèdent deux cents livres ou davantage. Et si beaucoup de Français lisent des livres aujourd’hui, chaque lecteur lit moins qu’il y a trente ans.Plusd’unFrançais sur quatre de plus de quinzeans n’a pas lu de livres au cours des douze derniers mois, et le nombre de faibles lecteurs augmente tandis que celui des forts lecteurs est en constante diminution : 38 % de la population lit moins de dix livres par an (en comptant les bandes dessinées), contre 24 % en 1973 ; 12 % seulement lisent plus de vingt-cinq livres, contre 15 % en 1997 et 22 % en 1973. Cependant, ces chiffres ne font que donner des grandes tendances et les enquêtes permettent difficilement de dresser des portraits fidèles de
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lecteurs. Jean-Louis Fabiani dénonce ainsi des « enquêtes standardisées sur la lecture », menées «au prix de l’oubli de la diversité du livre », ce qui conduit certains à « opposer les limites des approches quantitatives aux richesses de l’investigation anthropologique, seule censée pouvoir rendre compte de l’expérience du lecteur ou de sa "carrière" au sens que la sociologie interactionniste a donné à ce mot, quitte à jeter par-dessus bord les constats les mieux établis de la sociologie des consommations 1 culturelles ».D’autre part, les chiffres moyens cachent des disparités fortes face au livre, y compris parmi les populations qui lisent. Un constat en tout cas est inquiétant: l’évolution des pratiques de lecture ne va pas de pairavec la massification de l’enseignement. C’est ainsi que l’instruction obligatoire n’a pas mené les jeunes à la lecture, etque même les études supérieures n’entraînent pas automatiquement un rapport plus étroit au livre.La lecture des jeunes à l’école puis à l’université passe d’abord par l’usage de photocopies et d’extraits de textes reproduits dans les manuels scolaires. Pour de nombreuxjeunes scolarisés jusqu’en troisième ou en terminale, les seuls livres lus intégralement sont ceux imposés par le professeur de français, et aucune habitude de lecture-plaisir ne se met en place durant la scolarité. Par ailleurs, il est estimé que près de 9 % des adultes (18-65 ans) ayant été scolarisés sont aujourd’hui en situation d’illettrisme et 4,5 % des jeunes de 17 ans. Dans une telle situation, c’est bien sûr le sort du livre en général qui est préoccupant, au-delà des seuls livres étrangers. Mais nous verrons que ces derniers peuvent avoir leur importance dans la lutte contre la disparition du plaisir de la lecture chez les jeunes. Pour quelles raisons ? Parce que les romans étrangers peuvent attirer par leur nouveauté, le dépaysement qu’ils procurent, leur style, leurs thèmes. Parce qu’ils peuvent être utilisés pour ramener au plaisir de lire, mais aussi à plus de tolérance, de connaissance des cultures différentes, parcequ’ils peuvent servir à prévenir le racisme, à aider à mieux « vivre ensemble », alors que dans notre pays «l’enjeu du vivre ensemble est aujourd’hui l’un 2 des défis les plus cruciaux du siècle qui s’ouvre». En l’absence d’enquête approfondiesur les littératures étrangères et à partir des seules données disponibles sur la population des lecteurs en France, l’impact des littératures étrangèresne peut être surestimé, même si certains romanciers étrangers connaissent une grande popularité dans notre pays, Umberto Eco ou Gabriel García Márquez par exemple. Mais contrairement à la musique et aux films étrangers, la lecture implique un acte d’approfondissement poussé d’une culture particulière. Non pas que musique
1  Jean-Louis Fabiani, « Pour une sociologie du lecteur », inLe lecteur. Approche sociologique, économique, juridique, Emmanuel Dreyer et Patrick Le Floch (dir.), L’Harmattan, 2004.2  Annabelle Albany,La France et le multiculturalisme : vers la reconnaissance publique de la diversité culturelle française ?, Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, 2004.10
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