Mongo Beti romancier et l'église catholique romaine

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La lecture des treize textes de fiction produits par Alexandre Biyidi-Awala, alias Eza Boto, alias Mongo Beti, permet de constater qu'il y est toujours question de l'Eglise catholique romaine. Un tel constat nous a amené à nous demander tour à tour pourquoi un romancier qui s'est dit, ou que l'on a dit agnostique, voire athée, a puisé abondamment, et de façon si récurrente, le matériau de sa production littéraire dans le christianisme en général, l'Ecriture sainte et l'Eglise catholique romaine en particulier. Les éléments de réponses, qui prennent principalement appui sur la méthode sémiotique et aussi sur la critique thématique, mettent en évidence l'anticléricalisme du romancier, idéologie qui n'est pas forcément synonyme d'irréligion.
Publié le : jeudi 1 juillet 2010
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EAN13 : 9782296255456
Nombre de pages : 393
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Cet ouvrage est dédié à trois chrétiens catholiques romains : Joseph KOUMA(19351974),Victorine NDZIÉ(19371999) etEngelbert Donatien Marie ÉBÉDÉ(19652005)
Remerciements
Je tiens à dire merci à toutes celles et à tous ceux qui, personnes physiques et morales, m’ont permis de conduire à son terme la belle aventure de plus de dix ans qu’aura été la préparation de ma thèse de doctorat d’État ès Lettres et Sciences Humaines (option : Littérature africaine) soutenue le samedi 28 février 2009 à l’Université Gaston Berger de SaintLouis du Sénégal sous le titreChristianisme, Église catholique romaine et création romanesque chez Mongo Beti, et dont l’élaboration du présent ouvrage aura constitué un prétexte à réécriture. Ma pensée va en premier lieu à Monsieur le Professeur Mosé CHIMOUN non seulement pour la spontanéité avec laquelle il avait, en août 2004, accepté de parrainer ce travail aussitôt qu’il en avait été saisi du projet par simple courrier électronique, et alors même qu’on ne se connaissait pas, mais aussi pour toutes les facilités qu’il a bien voulu m’accorder pour que ce projet fût mené à bien. En lui témoignant une fois de plus ici de toute ma déférente gratitude, je voudrais lui dire combien j’ai été touché par sa simplicité, notamment à la faveur des nombreuses séances de travail que nous avons eues à Yaoundé et à Foumbot lors de ses congés au Cameroun, et par son accueil fraternel lors de mon séjour à SaintLouis du Sénégal. Il s’agit là de bienfaits qui s’oublient difficilement. Je pense ensuite à l’École normale supérieure de Yaoundé dont le soutien m’a rarement fait défaut, et surtout à l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) qui, grâce à la bourse de mobilité qu’elle m’a accordée, a rendu possible le voyage au pays de Léopold Sédar Senghor.J’exprime également ma gratitude à tous mes amis et parents, collègues et anciens professeurs, pour l’appui aussi précieux qu’inestimable et désintéressé que chacun d’eux m’a apporté. S’il n’est sans doute pas possible de les nommer tous, quelquesuns en revanche ont droit à la citation. Ce sont : Basile Dieudonné AMOUGOU, Gabriel Nicolas ANDJIGA, Marthe Isabelle ATANGANAMINKOABOLO, AlexisBienvenu BELIBI, Dominique Emmanuel BENGONO, JeanGodefroy BIDIMA, André ESSOMBAMVONDO, JeanJacques Marie ESSONO, Salvador EYEZOO, Françoise GABET, Annie JOSSE, Jacinthe NKONGOLO MBIYA TSHILANDA, MarieChantal KOUMA épouse GAMMA, Barnabé MBALA ZE, Bernard MBASSI, Éloi MESSI METOGO, MathieuFrançois MINYONONKODO, Henri MOUKOKO GOBINA, Alphonse MOUTOMBI, André MVESSO, NDZIÉ AMBENA, Marie André NGO MAON, PaulRené NTONGA, Richard Laurent OMGBA, LouisMartin ONGUÉNÉ ESSONO, Sonia RODRIGUEZ, Fidélie TANG NTSAMAépouse NDZENGATANGANA,HelgeVIDARHOLMet Krzysztof ZIELENDA. Comment ne pas saluer à leur juste valeur les sacrifices de tous ordres consentis depuis plus d’une décennie par Angèle MONA Z: Maurice, Marie et ses enfants Claude, Carine, JulienneÉdith et FranckVictor, pour faire avancer ce travail qui m’avait pratiquement éloigné d’eux ? Et Angèle aura tout sacrifié. Servant à l’occasion de jury expérimental, elle aura régulièrement vu ses nuits de sommeil écourtées lorsque je croyais avoir une intuition à éprouver, c’estàdire à lui présenter et à discuter avec elle. Ses réactions immédiates, souvent faites de questions simples, voire naïves, m’ont toujours amené à repréciser, à recentrer, à corriger, à nuancer, à élargir, à rétrécir, à ajouter ou à effacer. Une véritable praticienne de la maïeutique en somme. Je voudrais la remercier pour sa contribution hautement appréciée et surtout pour sa patience.
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Préface L’ouvrage que Auguste OWONOKOUMA met à la disposition de la communauté scientifique est un produit qui arrive à la bonne heure. Mongo Beti dont la production romanesque est rangée tantôt parmi lesclassiques africains, tantôt parmi lesclassiques du monde, a fait l’objet de beaucoup de controverses, d’abord en tant que homme de culture ensuite comme écrivain. En sa qualité d’homme de culture, il a été de son vivant accusé d’anticléricalisme et d’athéisme. Comme écrivain, son œuvre, fondée généralement sur la mise en scène de la tragédie de la condition humaine avec pour toile de fond les milieux ecclésiastiques du Cameroun, a permis à ses détracteurs d’y puiser les preuves de son anticléricalisme et de son athéisme. La mort de l’illustre écrivain a donné l’occasion à l’universitaire camerounais de dresser un bilan exhaustif de sa vie et de son œuvre. e En 1994 déjà, il avait présenté une thèse de doctorat de 3 cycle intituléeL’Adjuvant dans la dynamique de la confrontation chez Mongo Beti, publiée chez L’Harmattan en 2008. Bâti sur quatre romans, à savoirMission terminée,Le Roi miraculé,Remember RubenetLa Ruine presque cocasse d’un polichinelle, ce travail ne s’était intéressé qu’à une des facettes de l’engagement de Mongo Beti : la confrontation. Ayant mûri dans la recherche, surtout dans le domaine des écritures missionnaires, A. OWONOKOUMA a voulu compléter son analyse sur Mongo Beti par le traitement des données sur le christianisme d’une part, et sur l’Église catholique romaine d’autre part. La complémentarité de ces deux dernières pistes vient du fait qu’elles permettent de voir comment l’Écriture sainte est enseignée et mise en pratique tant du côté des missionnaires que de celui des fidèles. En lecteur attentif et patient, le critique littéraire a pu constater qu’aucun des treize textes de fiction de Mongo Beti n’est étranger à la peinture du christianisme et de l’Église catholique romaine, ni n’échappe aux citations, références et allusions bibliques, même si l’un ou l’autre de ces aspects est plus dense dans certaines œuvres que dans d’autres. C’est pourquoi il a articulé son travail autour des trois centres d’intérêt suivants : le christianisme, l’Église catholique romaine et la création romanesque. Il se dégage des textes de fiction de Mongo Beti, depuisSans haine et sans amourjusqu’àBranlebas en noir et blanc, une forte atmosphère religieuse d’obédience catholique romaine. Autant les œuvres foisonnent de personnel missionnaire et d’intertextes bibliques, autant les personnages laïcs mis en scène font montre d’une grande culture biblique. Auguste OWONOKOUMA s’est proposé de rechercher non seulement les raisons du paradoxe ayant poussé Mongo Beti, qui s’est proclamé et/ou que l’on a proclamé athée ou agnostique, à puiser régulièrement dans le christianisme, l’Écriture sainte et l’Église catholique romaine, mais aussi l’apport du christianisme, de l’Écriture sainte et de l’Église catholique romaine dans sa production littéraire. Sachant, notamment depuis la critique deL’Enfant noirde Camara Laye jusqu’aux théories de l’écriture romanesque développées dans plusieurs numéros dePeuples noirs/Peules africains, la conception que Mongo Beti s’est faite de la création littéraire en général et du roman en particulier, l’essayiste a également voulu s’intéresser à ce que cette manie des références au christianisme et à l’Église catholique romaine pouvait permettre au romancier de dénoncer. L’hypothèse générale qu’il formule est que la présence permanente de l’Église catholique romaine ainsi que les multiples références à la Bible laissent transparaître la relation du romancier au christianisme et à
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l’évangélisation missionnaire et postmissionnaire. En d’autres termes, Mongo Beti auraitil pu écrire ses romans tels que nous les connaissons sans une prise en compte du christianisme et de l’évangélisation missionnaire ? De cette problématique développée dans les trois parties de l’ouvrage, il se dégage l’immense dette de Mongo Beti envers le christianisme et l’Église catholique romaine, laquelle amène l’analyste à conclure que le romancier camerounais n’aurait pas connu le rayonnement international qui a été le sien s’il n’avait pas exploité le matériau mis à sa disposition par le système et l’institution examinés. Il s’ensuit aussi alors la confirmation de l’anticléricalisme de Mongo Beti, mais pas nécessairement son athéisme ou son agnosticisme. Son anticléricalisme s’explique par les critiques acerbes formulées contre le christianisme et l’Église catholique, et contre le personnel missionnaire expatrié qui a toujours été de connivence avec le pouvoir colonial. Avec ce travail qui convoque plusieurs méthodes de la critique littéraire moderne, dont principalement la sémiotique, le spécialiste de Mongo Beti livre une analyse sans complaisance des œuvres du corpus aboutissant à la compréhension de la position du romancier camerounais visàvis du christianisme et de l’Église catholique romaine. Il s’agit donc là, selon nous, d’une explication et d’une conclusion définitive des débats sur un auteur aux œuvres fort controversées. Il va sans dire que je recommande vivement aux amateurs des Lettres africaines et des BellesLettres tout court la lecture de cet ouvrage, premier travail de recherche scientifique à porter sur l’œuvre complète de Mongo Beti, eu égard à ses nombreuses qualités : un sujet riche et original, des concepts majeurs définis avec précision, une langue simple et correcte, une bibliographie dense et bien organisée, un plan cohérent, équilibré et progressif, une revue de la littérature pertinente, des méthodes critiques présentées avec finesse et exploitées judicieusement à partir des références théoriques et pratiques parmi les meilleures dans les domaines étudiés, une argumentation rigoureuse laissant entrevoir chez l’auteur une aptitude remarquable à exposer ses idées puis à défendre ses points de vue avec pertinence. Un travail de haute facture intellectuelle pour tout dire. À chacun de ces amateurs, je dis :Tolle,lege. MOSÉCHIMOUNProfesseur titulaire de littérature comparée et de langue allemande Université Gaston Berger SaintLouis (Sénégal)
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