Noé, la suite...

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Paul-Louis Martin, conscient de n'avoir pas terminé sa quête de l'univers animal, commencée dans "Quoi de neuf Monsieur Noé?" nous propose ici douze nouveaux contes, encore plus fouillés, délirants et insolites. Les animaux se déchaînent pour interpeler les humains, qui, la plupart du temps, minables et désorientés, errent dans leur semblant de raison et leur humanisme désuet. Finalement les animaux triomphent, car ils ont un atout majeur: ils ne se prennent pas au sérieux...
Publié le : jeudi 28 juin 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748387285
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748387285
Nombre de pages : 96
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Paul-Louis Martin
NOÉ, LA SUITE…
 
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IDDN.FR.010.0117589.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
MERCI Au peintreYves Cass,qui ma autorisé aimablement à utiliser son merveilleux tableauLArche de lEspérance, pour illustrer la couvertureÀGeneviève Clavel, détective infatigable des moindres coquilles et broutilles ÀAuguste Grandclerc, italianiste distingué (Jo-La-Terreur) ÀVika Goncharuk, chère amie ukrainienne (Katchtanka) ÀUsha,de lÎle Maurice (Zanimo cest nozami)
L’angoisse du gecko lorsque tintent les premières coupes de champagne
L’ANGOISSE DU GECKO LORSQUE TINTENT LES PREMIÈRES COUPES DE CHAMPAGNE
Cétait une nuit dété plus belle que le jour, au ciel des mil-lions détoiles, lair toujours chaud, et malgré lheure tardive, quelques cigales crissaient encore de temps à autre. Les Maroky avaient organisé sur leur terrasse, une soirée avec de nombreux invités, qui commençaient à arriver. Il était 22 heures environ. Du monde, beaucoup de monde, beaucoup de beau monde. Attiré par la lumière et les insectes qui virevol-taient autour des lampes, le gecko commençait à saliver. Quel magnifique festin que ces mouches, ces moustiques, ces cou-sins et ces pucerons ! Il restait immobile, plaqué sur le mur de verre, prêt à happer le premier imprudent qui viendrait à sapprocher de lui. La foule des invités grossissait, les conversations allaient bon train. On parlait de tout et de rien. Surtout de rien ! Tout ce petit monde marchait dans tous les sens, chacun parlant à cha-cun, chacune à chacune, et le brouhaha samplifiait, tandis que le gecko commençait à sinquiéter. Les Humains allaient-ils faire fuir les insectes, et donc le priver de dîner ? Enfin, le maître de maison apporta le champagne. Les bou-chons fusèrent ; lun dentre eux faillit atteindre le gecko, mais personne ne sen aperçut. Tous les invités servis, les coupes de champagne commencèrent à tinter, à sentrechoquer. On en-tendait : Santé !Salute Langoisse envahit notre !! Tchin-tchin gecko. Une angoisse irrépressible, sournoise, affreuse. Ses membres tremblaient, son regard sembrumait, son ouïe subis-sait les conversations de plus en plus fortes, les cris, les exclamations, les rires.
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L’ANGOISSE DU GECKO LORSQUE TINTENT LES PREMIÈRES COUPES DE CHAMPAGNE
Le gecko voulait senfuir mais il était paralysé, hypnotisé. Fi-gé tel une statue, il senfonçait progressivement dans la dépression. Emma, sa coupe de champagne à la main, rêvassait, tandis quun beau jeune homme lui faisait la cour. Cétait un bellâtre, dont le visage exprimait toutes les vertus à lexclusion dune seule : lintelligence. Sa voix et son rire révélaient une bêtise sans bornes. Il lui parlait de croisières en bateau à voile, de par-ties de golf au Maroc, de sa nouvelle BMW. Mais Emma, le regard fixé sur la paroi de verre, tout en lécoutant distraite-ment, distinguait une sorte de lézard, aux pattes toutes rondes, au corps translucide, de couleur beige clair, qui était dune im-mobilité totale, comme mort. Son chevalier en était aux charmes de Courchevel, avec ses stars de cinéma, ses pistes de ski fantastiques, et ses soirées branchées, quand elle lui dit sou-dain : « Regardez, là-haut, le lézard » Le type ne vit rien du tout, trouvant déplacé lintérêt dEmma pour un autre être que lui. Remarquant cette indiffé-rence, Emma versa du champagne sur ses mocassins bien cirés. Supportant loffense, il ne bougea pas, et même se mit à rire, tel un imbécile quil était sans doute. Puis, il claqua des talons, tel un prince russe, et partit. Ses mocassins dégoulinaient de cham-pagne, et de ce fait il pataugeait dans des flaques du précieux liquide, sous lhilarité générale. Emma, seule, sapprocha du gecko, les mains jointes, dans un geste de prière. Elle nentendait plus les bruits, les rumeurs, et les rires de la réception. Elle semblait habitée par une seule idée, un seul désir : communiquer avec ce lézard étrange, dont elle ignorait le nom réel. Elle sapprocha à environ deux mètres de lui. Mais il était assez haut. Sur la vitre. Elle avisa une chaise, monta dessus, pour sen rapprocher. Le gecko ne bougeait tou-jours pas.
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