Par-delà les dunes

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Par-delà les dunes est la traduction en français - réalisée sous la direction du Dr Abubaker Bagader - de l'ouvrage en anglais Beyond The Dunes qui offrait pour la première fois, la diversité et la richesse de la littérature saoudienne contemporaine. Mansour al Hazimi, Salma Khadra Jayyusi et Ezzat Khattab ont réuni une sélection variée de poèmes, d'histoires courtes, d'extraits de nouvelles, biographies et romans qui offrent un aperçu fascinant des enjeux et tensions d'une société qui s'efforce de concilier mondialisation et modernité avec des valeurs traditionnelles fortement ancrées.
Publié le : vendredi 1 mai 2009
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EAN13 : 9782296217553
Nombre de pages : 629
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Par-delà les dunesLettres du monde arabe
Collection dirigée par Maguy Albet
et Emmanuelle Moysan
Mounir FERRAM, Les racines de l'espoir, 2009.
Dernières parutions dans la collection écritures arabes
N° 231 F alih Mahdi, Embrasser lesfleurs de l'enfer, 2008.
N° 230 Bouthaïna AZAMI, Fiction d'un deuil, 2008.
N° 229 Mohamed LAZGHAB, Le Bâton de Moïse, 2008.
N° 228 Walik RAOUF, Le prophète muet, 2008.
N° 227 Yanna DIMANE, La vallée des braves, 2008.
N° 226 Dahri HAMDAOUI, Si mon pqys m'était conté, 2008.
N° 225 Falih MAHDI, Exode de lumière, 2007.
N° 224 Antonio ABAD, Quebdani, 2007.
N° 223 Raja SAK.KA, La réunion de Famille, 2007.
Avec lapermission de Dar al-Mufradat
@L'Harmattan, 2009
5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan l@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-07577-1
EAN:9782296075771Édition française
sous la direction de Dr Abubaker Bagader
Par-delà les dunes
Anthologie de la littérature saoudienne moderne
L'HarmattanCette anthologie est dédiée, avec admiration et confiance, à la
nouvelle génération d'écrivains, hommes et femmes, qui voit le jour en
Arabie Saoudite. Entre leurs mains repose la ferme perpétuation de la
tradition littéraire de leur pays, lui-même berceau du riche héritage arabe depuis des temps immémoriaux.Sommaire
Comité sci: ntf ique de Dar al-Mufradat xv
Préambule et remercèm ents XVI
Introducto n I
Premè re Parte
Poésè
I. Les Pb it rs
Abdallah al-Ji isal Al S ud
Illuminato n 59
Muhammad Seed al-Amoudi
Quatuor 61
Muhammad Id san Awwad
Secrets de la vè et de la nature 62
Muhammad Id san Ji qi
Quatuors 64
Ahmad al-Ji si
Elle et la lumi: re 68
Ahmad tQ de el
Uncn 69
Id san Abdallah al-Quraishi
Poèmes brefs 70
Husan Sirhan
Effondrement du corps 72Par-delà les Dunes
II. Les h vateurs
Usama Abd Rahman
La mère de I'histoire 74
i wziyya Abu Khalil
Tuful : l'arc-eH ciel de midi 76
Deux petites filles 77
Avant-goût de la mort 78
Un expérè nee 79
Après le temps 80
i isal Akram
Un moment de rêve 81
Muhammad al-Ali
Quad j'écris sur l' amour 83
Adnan al-S yyii al-Awwami
La robe 85
Ali Bafaqeeh
86'Urwa le Hors-la-loi
Ahmad Bahkali
Nada (poème à sa fille) 87
S d al-Bawardi
Rebelle à l'amour 90
Nasser Bouhain il
À Quoi Rêvez-vous? 92
Lulu Buqshan
Les Femmes et un caravan de douleur 94
Huda al-Dag faq
Écho 96
Un petit arbre 96
De bois 96
viSommaire
Tendresse 97
Départ 98
Adi:u 98
Pour quoi les lieux me quittent 99
Réalisato n 99
i wzi al-Dahhan
Chants on riques dans le temple du si ence 100
Ali AI-Duman
Les sg Il s 101
Muhammad aI-Duman
Roses dormant dans les papiers 105
Désespoir 106
Muhammad ltI iby
Les tm es qui demeurent 107
S d al-Id mazan
Un stylo 109
Muhammad bIt il al-Id rbi
Les an ées maudites 111
S lih al-Id rbi
La solitude de la nuit 112
Ashjan al-Hil di
La guerre des lun s 113
Ibralrin al-Husan
Chaque fois que le souvenir hen it 116
Un jour 118
Servi: tte 118
Id slrin al-Jahdali
Le sang d'une n discuta le évil ence 119
viPar-delà les Dunes
Nayf aI-Juhan
L'ambre et I'herbe 121
Ghassan al-Khunaizi
Femme de ln et de coton 123
Shadiya 123
L'expérè nee des sens 125
Ghail a aI-Mati a
Pour les vi les ouvertes, pour le soleil et les amoureux 126
Muhammad S d al-Mishan
Laila 128
Ahmad al-Mulla
La route 129
Bois 129
Khalil Mustafa
Rythme I 130 II 130
Un pre re sn cère 130
Abd al-Rahman al-(Q oud
Un fragment oubli: de la nuit 132
Lateefa (Q ri
Je suis lequel des deux? 134
i tin a al-(Q rÏ1
Résistance 136
Mon rêve 136
Un vile 137
Ghazi al-Qusaibi
La lune et la rein des g tans 138
H san al-S b
Envi: 141
Lune de Séville 141
viSommaire
Abdallah al-S far
Le repas des étrag ers 143
Abdallah al-S khan
Un mythe 145
Ahmed al-S lh
Rêve cauchemardesque 147
Confessim s (extrait) 150
Husan S hil
Voix et voyag 153
Jasin al-Suhayyh
Ton peg Il écrit mon destn 154
Ahmad Sa d al-Tayyar
Langag 155
Muhammad al-Thubaiti
Ii les 157
Ali al-Umari
Un miroir 162
Coq 162
Thurayya al-Urayyi:i
Questo ns 163
167Nomme-le à ta guise
Abdallah S lih al-Uthaymeen
Légende 169
Ibrahim al- Wazzan
Rével 172
ixPar-delà les Dunes
Deuxèm e Partie
Nouvelles
Muhammad Alwan
175L'histoire débute an si
Abdallah Bah ashwan
Rével de bon e heure 178
wziyya al-Bakri'
Un vè en pape r 186
Badriyya al-Bishr
La responsh le d'école 189
à! mza Muhammad Bogary
La ruelle sombre 192
S d al-Dosari
Le miroir 195
Khaleel al-Fuzai
Loin de la maison 197
Maryam al-Ghamidi
La fille n sensée qui tenta de chag er
Les traditim s du vllag 200
Noura al-Ghamidi
Dans la longue manche de mon grand-père 203
Ashiq al-à! dhal
Le marcharl d'ânes 209
Husan Ali Husan
Le départ 212
Uman a al-Khamees
S lama l'omanaise 214
xSommaire
Najat Khayyat
Un jour le soleil se lèvera 218
i hd al-Khi aiwi
Trois épisodes 222
Hiyam al-Mlle h
Mn utes folles! 224
Abdallah al-Nasser
Muzna 227
H san al-Ni'mi
236Notes de bas de pag de l'histoire de Lai a
Lai a al-Ohaii ib
Mouvement d'un statue 239
Abdallah al-$ lmi
L'histoire d'un pont 245
Abd al-Aziz al-$ qh i
Ta nuit n'est pas la mien e et tu n'es pas moi 247
Khairiyya Ibralrin al-$ qqaf
Et le pas chag ea 250
Ruqayya al-Shh eeb
L'appel 254
Shareefa al-Shamlan
S èn s de vi: 258
Hussa Muhammad al- Tuwaj iri
Mes cheveaux ont poussé à n uveau ! 261
Qumasha al-Ulayyan
Des jouril es sans espoir 265
xiPar-delà les Dunes
Troisè me Partë
Extraits de romans
à! mza Muhammad Bogary
Le quartè r protégé de S fa 271
à! mid Damanhury
Le prix du S(1rf ice 299
Turk al-à! mad
AI-Adama 313
Lai a aI-Juhan
Le paradis dévasté 322
Abdu Khal
La mort passe ici 334
Abd al-Aziz al-Mishri
Les bastim s 352
Ibrahim al-Nasser
Un déchirure dans I'ha it de la nuit 362
Quatrè me Partë
Théâtre
Abdallah Abd al-Jabbar
Les démons muets 379
Mi ha Abdallah
Le secret du talisman 392
Raja Alem
La derà re mort de l' (1 teur 399
Ahmad al-Mulla
Le souffleur 422
xiSommaire
Muhammad al-Uthein
Les an ées mag res 434
Ch què me Partë
Écrits autobo graphiques
Abd al-a ttah Abu Madyan
L'histoire du jeun Mufatah 463
Azeez Diya
Ma vi: entre la faim, l'amour et la guerre 473
Khalil Ben Sultan Ben Abd al-Aziz
Un guerrè r du désert 490
Mansour Ben Muhammad al-Khiraj i
Sous les pallettes du métè r : scènes de ma vi: passée 508
il san Naseef
Mémoires d'un étudiant 522
Abd al-Aziz al-Rabee
Mémoires d'un efi ant sag 546
Ahmad al-Siba'i
Mon journal 556
Sultana al-Sil airi
Autobo graphè d'un auteur 569
Sixième Partë
Don ées Bog raphiques
Auteurs 581
Comité S èn tf ique 603
xiet mité Si entf qu e
Présile tl :
Professeur Mn sour Ibrhi rn h -Id zin i
Membres:
lid h Abd h- Ralrin bu Mutlq h- Ahrndi
Professeur Abd h- Rahmn h- Tayyb h- AR ni
Professseur Ezzat Abd h- Majif Khatth
Dr Abd Allh bu fài d h- Mu'ql
Professeur Mn zouq bu i ta bu Tunbak
Dr Mujb S 'if h- Zahrn iPréambule et Remerce ments
Deux événements culturels de preme r plan furent célébrés en Arh e
S oudite au cours des dem ères an ées. Le preme r a coïncii é avec l'An 419
de l'hég re, à l'occaso n du centenaire de la fod ato n du Royaume d'Arh e
S oudite; le deuxè me a eu le u en l'an 2000, lorsque Riyad fut désg it e
«tt: pitale de la culture arh e ». Les n stituton s culturelles et éducatives,
an si que les médias d'Arh e S oudite ont particp é Il tivement à la
promoto n de ces événements, n n seulement au n veau régo nal et dans le
mod e arh e, mais également à l'échelle n ternato nale.
Le Comité I) en tf ique des Éditon s Dar al-Mufradat a apporté sa
contributon à la célébraton des deux événements sous la forme d'un
anthologe en dix volumes de la littérature saouden n contemporan e qui ont
été réalisés sous la directo n du Dr Mansour Al-il zin i et du Dr Ezzat
Khatth . Par la suite, le Comité s'est efforcé d'élarg r son engag ment dans
cette directo n en recrutant des spécialistes pour traduire des extraits de cette
littérature en ag ais. Cet ouvrag est la traducto nf rançaise de ces mêmes
extraits.
Dans cette anthologe , n us présentons un vue g it raIe des évoluto ns
littéraires et culturelles dans l' Arh e S oudite modem, depuis la péro de
n augurée par la conquête de Riyad par le roi 'Abd al-'Aziz Al S oud en
1902 jusqu'à n s jours. Nous pouvons distn guer, grossè rement, quatre
étapes de la ve littéraire et culturelle au cours de cette péro de. La premè re
étape, celle des commencements, s'étend approxin ativement sur les vn gt
premè res ait es de l'histoire modem du Royaume, de 1902 à 1923. La
deuxè me étape fut un péro de d'expérin entato n et de développement. À
partir de 1954, avec l'arrivée des revenus pétrole rs, la culture littéraire fut
larg ment stin ulée par le développement du système éducatf. Au cours de
cette troisè me étape de développement, qui culmn e au mie u des an ées
soixante-dix, on assista non seulement à un rével très sensible des g mes
tradito n Is tels que la poése, mais aussi à un audace n vatrice et un désir
d'expérin entato n dans des g mes n uveaux ou peu pratiqués jusqu'alors
dans la littérature saoude n ,par exemple le théâtre et la ficto n
Le dialogue entre modem té et tradito n s'est perpétué jusque dans la
littérature contemporan e, qui concerne la dem ère parte de ce volume. Il vaPar-delà les DUB s
sans dire que ces dff érentes étapes, dont chu un s'étend sur près d'un quart
de sè cIe, n peuvent être séparées arbitrairement les un s des autres. Elles se
chevauchent mutuellement. Toutefois, chaque étape possède ses traits
distn ctf s, lesquels ont concouru de flf on sg n ficative à l'évoluto p au fi
des ans, des formes littéraires, de la pensée et de la culture. La littérature
saoudien e particp e au développement de l'ensemble de la littérature arh e,
mais reste toutefois larg ment mécon ue.
Ce volume a pour vocato n d'n ite r le lecteur occidental à la littérature
saoudien e moderne. Le Dr Sima K Jayyusj qui dirg e le prestg e ux
Programme pour la traductô n de la littérature arb e (PROTA), nous a fait le
grad hon eur de superviser l'édito n en lag ue ag laise. Nous n us sommes
efforcés, dans cet ouvrag , grâce au traval collectf de pluse urs traducteurs
et correcteurs; n tamment Alessia Wei, Françoise Chin ard, Maron Romap
Jean Libreiro, Pascal {i:uchard et Jérôme Metellus, de permettre à un lectorat
francophone de savourer la beauté et la qualité de ces g mes littéraires
n uveaux. Nous formulons l'espoir que cet ouvrag offrira au lecteur un
aile substante lIe pour se familiariser avec l' éted ue de la culture saoude n
contemporan e.
Comité Ii ientifique (Dar al-Mufradat)Introducto n
I. Géographie
Le Royaume d'Arh e S oudite s'étend sur la majeure parte de la
pén nsule arh ique. Le plus ancien témoig age documentaire sur le 0 m de la
pénn suIe arh ique est peut-être ce il dith du Prophète: «La péninsule
arh ique n verra jamais cohh iter deux relg 0 ns ». Cette appellato n se
retrouve par la suite dans les livres de g ographes arh es, an si dans le titre
du livre d'Al-il madhan, «Les caractéristiques de la péil nsule arb ique »,
de même que dans les chron ques et Isossaires de pluse urs pays.
La plus ancienn mento nd es «Arh es» est une n scrp to n du roi
Assyre n Shalmanesar III (858-824 apr. I.-C.) quif ait mento n de l'existence
d'« Arh es» sous l'autorité d'un roi dénommé «Jud bou» (Jundub), les
sujets duquel s'étaen t ligués contre le roi Shalmanesar, qui les avait défaits.
Personn n peut assurer avec certitude qu'l s'ag ssait des Arh es au sens
larg ou plus sin plement des Bédoun s qui prirent part à la guerre contre
Shalmanesar. Il est très probh le que les Assyren s faisaient référence à un
« émirat» arh e qui domn ait la parte 0 rd de la pén nsule arh ique.
Le Royaume d'Arh e S oudite est situé à l'extrémité sud-ouest de l'Ase,
ce qui pIll e ce pays dans un posito n unique au point de rencontre des
contn ents du Ve ux Monde: Ase, Afrique et Europe. Il occupe près de
quatre-vig ts pour cent de la pénn suIe arh ique. De ce fait, ses caractères
g ographiques sont vare s, en termes de structure g ologique et de formato ns
rocheuses, n eluant tous les types de roches volcaniques, sédimentaires et
métamorphiques. L'Arabe S oudite est entourée: au nord par la Jordan e,
l'Irak et le Koweït; à l'est par le Golfe, le (Q tar, le Bahreïn et les Émirats
Arh es Un s ; par le Sultanat d'Oman et la République du Yémen au sud;
enfip par laM er Roug à l'ouest. Le Royaume se situe à la rencontre du 25e
parallèle Nord et du 45e Mérii e nEst.
Des déserts sh Ion eux et 0 n sh Ion ux recouvrent un grad e parte
de l' Arh e S oudite, qui bag na dans les eaux au cours des péro des humii es
de la préhistoire. Ces eaux furent parmi les premè res à disparaître pour faire
pIll e aux déserts, parmi lesquels les plus fameux sont le Quarte r Vii e,
AdDahna situé entre le Quarte r Vii e et le mont Touweiq, le Grand Néfoud au
o rd-ouest du Mont Touweiq, AI-Dahna' al-Sharqiyya à l'est de AI-Majma'a
et de AI-Zulf, et AI-Nafud Al-Shamaliyya qui s'étend entre le Djebel
Shammar et Dawmat AI-Jad al. S ns doute par l'effet des chaîn s dePar-delà les Dunes
mo~ es côtè res stu ées daa les pm e s ouest et sud, qui il terdisent ux
vents humiles l'uc ès vers l'intérieur des terres, l'Arhe S udte se
cm ctér~e de f!fo n g it rre pR un cIima sec et très cha d tout a long de
l'a ée. Toutefo~, ces plit es ID es se sont révélé être un territ fertle pour
la prop~ on de semences socre s, culturelles et poltqu es qui ont
il fluencé la régo p et le monde.
II. Histoire
L'Arh e S udite pré~ Imi que étit un terrto Te de cIa s et de confits,
de contrebad e et de pav reté. Le Prophète Mohm med est it en 570 j)r .
J.ç da un fmi lIe de moc hd s de La Mecque. Il s'in plqu it uti' ement
da la ve soca le de La Mecque Ii re urement à l'époque où I reçut un
révéltD n de De u, con ue comme son «Appel ». Be n qu'l it été in plqu é
da les poltqu es il tertrba les et les uti; tés de it g ce, I s'eng a da s
un prti)u e de jeÛll et de contempltD n {ès t a cours de l'un de ces
jeûn s que, selon la croyne ~la mique, l'Ang Gh re 1 lui réct a les
comma demetB de De u pour l'humit té.
él ép~od e eut le u pluse urs a ées lia t que Mohm med n procIme
publqu ement sa misso n Il fut ax pr~ es liec la colère et l'hostlté de sa
trbu, les Kore~h, ttl et si be n que lavi d ete envers ses discp les devil t
il supporth le. Il dona l'ordre à ses comp~ ons d'émg rer en Abyssil e et,
pR la sute, fut contrit t lui même de s'il stl11er à Médin . Médil e devil t la
cp tre du monde ~lm qu e, et cet éta de fit perdura sous l'ère des tro~
premers eli es historq ues.
L'expaoo n de l'Islam da la péil lID le I1h qu e il tervil t en réu to n a
revers que représentala veto Te milta e des Byzti a ax dépens de la
Perse en 622. En conséquence de l'expulso n des Perses de la Grad e ~r e
qui s'ensui't, la péil au le ah qu e devil t le n uveau front da la ri'h té
constre entre ces deux lJl ds empires. 8us le Ii: fa de 'Ali bIA bi Talb
(656-660 j)f. I.-G, le centre du {i: lifu s e dépl!fa de Médil e à Kufa en
Irk Lorsque, ultéreur ement, le {i: lifu fut cédé a premer eli fe
Ommeyd e et fod !eu r de la dya ste Ommeyd e (660-750), Mu'wi ya bn
Abi Bfya p ce dem er fit de Dama le centre de son pouvoir et la cp tre de
l'ÉtatBlm qu e.
Après que les Abbas il es eurent hérté du {i: lifu en 132/750 et qu'l s
eurent été délivrés de la rébello n des chites (eux-mêmes {f les à' Ali Ibn
Abi Talb), le poids poltqu e de la péil au le I1h qu e a sein du monde
~lm qu e n cessa de décroître. Les {i: lifes hb asile s lui prêtèren peu
d'tt ento p si ce res t pends la péro de du pèlem g rtu el (il jj). € fut
it sil e ca en 845 lorsque, des trbus bédouil es ~a t mis à su Médin et
ses re tDu rs, Ie {i: life hb asil e It Wathiq el10 ya son Ie utens Bag a It
Kh eer pour me cesser les troubles pour la durée du pèlem g . Alors que le
2Itr oducto n
pouvoir h bassil e décIn il, un certit 0 mbre d'ÉttB n dépenda s firent
leur ppa rio n da la pén nsule I1h qu e.
Après la chute du calfn hb asil e sous la presso n des Mong Is en 1258,
le contrôle du Hi ja fut traf éré ux sulta mm eluk, dont le pouvoir
s'éth in posé en Ég pte en 1250. Après H'oi r vit cu les Mog oIs, les
Mameluk g uveril n la Gill e Syre et le H dja. Ils g uveril n sur le
Hi ja à !mer s la désg tV n de dig tre s ('Alwi ahr fu) Ja t le tir e
de pm ce de La Mecque.
Au début du XVIe sè cIe, le mod e musulma (d'Ase occilen tre) éth
div~é entre trois empires qui se disputit n la suprémtr : les S filil es en
Perse, les Ottoma et les Mameluk. Des afro tern ents eurent lieu
occai onn llement entre Ottoma et Mameluk en Ég pte, en ~ e et da
le H dja. Les Ottoma défirent les lors de la badlle de M~
Dh q en 1516, en réponse à quoi l'Empire mm elukf ut cédé ax Ottoma s
qui etr èrent en Égp te en 1517. L'Émir de La Mecque, Ba f BI1k n II,
envoya son fils Abu Nami a Blta n ottoma en sg ne d'Ii égeo e. Le
Hi ja fut lu rs as ujetti a pouvoir Ottoma Parmi les ma f esttD s de
cette soum~so If g urh l'offrd e de prè res a bénéfCe du Blta n ottoma
penda les sermons du vendredi, prè res qui ~ èren l'j)P robato n pa le
Blta n du nouvea pouvoir du Ba f, la pré sene d'un représenta du Blta n
das le g uvern men de Médn e, la désg tV n du chek h de la Mosquée
S crée de La Mecque, it si qu'un pm des revens douan ers de Djedda
III. L'État saoudien
Évolutb Il socb -poltqu es
L'histoire de l'État sau dien peut être dv~ ée en tro~ étp es
chroo logqu es. La premère étp e fut n aB rée pa la rencontre historqu e
entre le réformateur relig eux fie k h Muhmm Ii bn 'Abd Ir Wahhh et
l'Imm Muhmm Ii bn S oud en 1744, rencontre lors de lqu elle Is
s'en~ rent mutuellemenà répd re 1'~1m. €he étpe s'n terrompt H'ec
la défie du premer Étn saude p en 1818, file ax Turcs ottoma
conduis pa le Wali (gouvern ur) d'Égypte, Muhmm Ii 'Ali Pasha
La secod e étp e commene pa l'H'èn ement de l'Imm Turk bn
'Abdl11ah bn Muhmm Ii bn S oud en 1820, et s'Ilh ève pa l'exil des
dirg ea sirS oud qui quttèr ent le Nejd lors du coup de mit de AI-Rashid
en 1891. La troisè me étp e fut in pulsée pa le combat etr epr~ en 1902 pa
'Abd Ir 'Aziz bn 'Abd Ir Rahma bn i ~h bn Turk Al S oud pour
reconquéri la couron de ses oêtr es, et éth Ir l'État saud e nn odeme.
{ès t cette troisè me étp e qui foum t le contexte le plus sg n ficatf pour
la compréhenso n de la lttér ttu re qui est l'objet du présent volume. Le Roi
'Abd Ir 'Aziz a un fié l'État sau dien, a posé les fod tV s d'un PJS de
3Par-delà les Dunes
vat e étendue sur les run es de l'Empre ottomJl et file à uo myriie de
pm cr at és et de cla s trb ax essin és sur l'ensemble de la pénn suIe
ID qu e. Le Roi IlCOmplt cette tâche en metUt en œuvre unf a cea de
prouesse milta e et de discern men poltqu e.
À cette époque, la Gill e-Bretg 0 constiu it un pu~ sne poltqu e
m~ ure et ses forces étil n positon it es ax frontè res nord et est de la
pénn suIe, it si que da s quelques secteurs mérii 0 a x. Le Roi comprt
qu'l lia t le choK entre afro rer la superpu~s ne in péra le ou pllVenr à
un comprom~ liec celle-ci Il convit qut hhle men la Gill e-Bretg 0
que l'un fictD n de la régo n du golfe sous la domitD n des AI-I) oud
gt tra t la sécurté du pas ~ vers les colone s brta n qu es en Ase . lIT
successo n de triés culmn aa vec l'Accord de Djedda en 1927, ax termes
duquel la Gm de-Bret~ e recoit ssit l'n dépendn e du Hi ja, du Nedj,
et de leurs terrtor es dj Ilen ts, sous le pouvor souverit du Roi' Abd It
'AZF:.
Be n que le pllte liec la Gm de-Bretg 0 it conféré a Roi 'Abd It
'Aziz un lia t~ n estin hIe da sa conquête des royaumes et prn cr at és
de la pénn suIe, n mbre de ces pm cr at és bénéfca ent as si de protecteurs
étr!! rs, quels qu'ls soient. Da les ca où I 0 put s'as urer la vetoi re
milta e, le Roi coopér;t consen tt ax fini lIes drg eres des
encour~ metE fin er s et des chn g s a sein du nouvel Éttl
Le p~s dont le Roi Abd It 'Aziz étit pllVenu à s'empœr étit un
ma Igme d'Il ettr~me , de pav reté, de ma va éttl sit tile ,de vo lence et
de sous-développement. On 0 trouvat pa d'ensembles urbit s développés,
à l'exception d'un poig ée de viles telles que La Mecque, Djedda et
Médio . Das l' objectf de mettre à contrbut 0 n le désert et la popultD p et
d'a surer la sécurté n tére ure, le Roi eg ~ a un mb te ux progrmm e de
modern stD net d'm én~ men du terrtor e. Le Roi Abd It'Az F: s'efforça
de sédentœ er les populato s du désert et de mettre fin à leur ve tn ém te
en quête permo re d'eau et de pâtur~ . Il n star a ce qui devn t conn
da l'histoire de l'Arhe I) oudite sous le n m de ltJa r, terme qui
désg it des vila g s ou dés de petie tl11e bâtes à proxin té des puts, de
f!fo n à ce que les Bédoull s s'y n stl11en Il mt à disposto n des Bédoun s
des serve es soca ux comme des écoles, des clin ques et des n frat ructures
Jj oIes. Ces mesures encour~ rent les hh ta s du désert à cho~i u n
mode de ve plus conforth le et à ha d ono r le style de ve n md e.
Des progrmm es g it mx d'n structo n élémetR ie da les domit es
relg eux, soca ux et économqu es IlCOmp~ rent ces mesures, et des
échag es commerciI x commeoèr ent à se développer entre ces régo B, les
in plUt 0 s de ltJa r et les vile s. À l'époque où le Roi Abd It 'Aziz entra
à La Mecque en 1925, I réforma la structure dm n ~t rtile du Hij a en
vg ueur ax temps révolus du pouvoir Ottoma et HIl hémit. Il comprt
toutefois que la régn qu'l g uverit se devit de me file ax défI> des
temps modernes en se dotan d'uo n uvelle org n stD n dm n ~t rt1We.
4Itr oducto n
L'un des preme rs pa da la directo n d'un réorgit stV n fut l'n stiu to n
du Mjii; IfB ura ou 6h seil d'Ir Bur a «(1 Bei 1(1 lID lttf ).
Le Roi n vta des person es n strutes, des Chek hs et des commerçm de
La Mecque à se ras embler et à distn ger u mile u d'eux ung roupe de
personn s qum fiées. €J:t e n tü ve condu~ t à l' électo nd u 6h sel d'Ir
Bur a qui tn t sa premè re séa ce à La Mecque en févre r 1925. Be n que le
premer 6h sel it été d~s ous l'a il e suva te, les 6h sel s postére urs
as umèrent un pm substti lIe de l'dm n ~tr tV n locale, en pm culi er
pour ce qui est de l'pp ICa 0 n de la Ba ria ou Loi ~la mique.
Le trba l~m e domit. la ve du désert et des vila g s. DaB l'enceire de
leurs murs, les dés étn tl en pr~ e à toutes sortes de dissenso III poltqu es.
En outre, des pilla ds mel;la e tl les CRavo s commercre s qui tra sta ent
de vile en vile.
La ve da le désert étit rude. La sécheresse, les épi! émes et les
migD III de sut erelles occason i1 tl beaucoup de souffro e ux
hh ta s. Les cofi lits perpétuels entre trbus ger rères in plqu n tl que,
n déped mm ent des rudes cod to III tu relIes, la v e étit plein de
d~ eL €ilx qui vva e tl da les vila g s jou~ sa ent probh lemetl de la ve
la plus fill e u début du XXe sè cleo Les vila g s étn tl d~p osés ut our des
o~ et des pm e s les plus reculées des vlié es où se trouvae tl des cours
d'eu. Les ressources provenn tl de l'g cult ure, du commerce, de
l'élev~ et de la producto n m~ it e locale. Les vll~ s lia ent un
fonto n d'n termédi1e entre les mnc hd sn stlié s en vile et les Bédoun s
wa tl da le désert, et foum ssn tl à chll un des deux sociétés ses propres
produts it si que ceux de l'ut reo
Les vile s COBtiu a la soce té urban e sa udienn se trouvnn t sur les
côtes oren tre et occidetre . Leurs hh ta s trnl11 nn t da le commerce,
l'a t~a tI, la pêche et la pêche des perles. On trouva t égre metl des dés à
l'n tére ur des terres da des régo B ~ oIes telles que (Q seem et ses
envron S. La ve urbit e œt it pa moo tone et n déda g it pa sa pm de
). Leréjou~ so es. €lIe s-ci reposa ent sur la SRO n du hl jj (pèlem ~
commerce extéreu r étit en proe ux prœ s; la mer étit in prév~bl e et les
mouvements des bœa ux souvent fife ctés pa des com dértD B poltq ues.
La producto n ~ ole déped it de la plue, qui étit n termtten te, et les d'in port-export étnn t n fluencés pa l'offre et la dema de
it si que pa d'u tres problèmes.
llJ fo~ que les condito B furent réune s, les opportun tés de trna 1et de
commerce se multp 1èret! en pm culi er prè s la découverte du pétrole et la
as De des vile s n dustre lIes, qui tria e tl les g B de pm out. ébi
condu~ t à la forma 0 n de communut és 0 uvelles, plus homog n S. De
ombreux cha g metE da la culture soca le s'ensuirf ent.
Afin de cin enter la sth lié, le g uvern metl commeça à n vestr da
ses ressources tu relIes et humit es et s'ore ta vers le développement et
l'extenso n des servces soca ux et culturels. Cette ère débuta en 1953 et
5Par-delà les Dunes
perdura sous les règ es des rois S oud, i çh, Khalil et Fh d, tous fils du
Roi Abd Ir 'Aziz Al S oud.
La soce té saud e D fut déconcertée pa cette trsf ormato p dont elle
D pouvit m ir ~er lafo rce n la cd ence. bJ des spec ts de cette étp e fut
la croissD e de l' émg rtV n depu~ le désert et les vila g s en direction des
vile s, qui offril n de melleures opportuntés de tnrh, de revenus,
d'éduca 0 p it si qU'UD plus hat e qulté de ve . bJ at re fit n uvea fut
la premere ppa rio n des femmes sur la scène publqu e, où elles trlin llil n
da la n uvelle économe. élte plus lJl de pIrt cp tV n à l'écon mie se
reflétit da s UD présene n édt e da s les discours et les écris publCs. A u
cours de cette étpe, l'épu~em ent des vre urs socn les ni enD s, des
trdi to s et des coutumes fut ressenti très fortement. Le beson d'experts
étra!!: rs da les domit es techn ques et éductf s, as sibe n qu'en mit -
d'œuvre, lin t exposé l'Arhe Sud te, à un degré sa précéden da s son
histoire, ax n fluences n tern to Ir s.
Tad ~ qu'ax dissenso s poltqu es da les territores se substtu it peu
à peu la cohéso n sous la domn tV n d'UD seule at orié , à l'n tére ur de
chq ue secteur de n uvelles dff érendJi os écon miques et culturelles
voyae n le jour. Les communat és trdi to D lIes éclatil n du fit des
n uveax in pértJi fs et des opportun tés écon miques, les div~o III entre
rehe s et pa vres se substtua n ax Di es confits de cla et de trb us.
L'ensemble de ces fate urs contrbua à créer uns entin en collectf de
fratu re n tére ure et de confuso n qui est presque devenu un stéréotype da
les études consar ées à l' Arhe S udte.
Éductim et culture
Les deux mosquées sar ées de La Mecque et de Médn e ont été de hat s
le ux de l'enseig ement tout a log de l'histoire de l'Arhe S oudite. À
l'époque ottoma e, elles acu em ent des cercles d'études, qui étil n
fréqueres as si be n pa des pèlem s que pa des résil ents. Enm ng des
cercles d'étude ex~t iln t des écoles d'Éttt da s la wiJl et (d~tr et
dm n ~t rtf ) du Hi ja qui étil n dm n ~t rées selon le système éductf en
vg ueur da les at res distrcts ottoma.
L'éduca 0 n publq ue à la fil du XIXe et a début du XXe se cle
comprenit le n vea élémetit e, le n vea n termédi1e et le second de~,
cha un d'eux comprena tro~ Ii es d'étude. On trouvit égre men des
écoles n dustre lIes et des écoles ~o les, it si que des éthl ~sem ents de
forma 0 n d'enseig tI; . Le g uvero men turc cos entt des efforts pour
relever le n vea d'éduca 0 n da la wi Jlet du Hi ja à pa tf de 1908.
Parliè lement ax écoles publqu es, des écoles prY ées ex~t il n à La
Mecque, à Médn e et da pluse urs at res viles du Hij a. €pen da ,1
rex ~t it prtJi quement acu n système éductJÏ f structuré à l' extére ur du
Hij a penda le premier quIrt du XXe se cleo
6Itr oducto n
Sus les ères ottoma et hah émte, les biblo thèques et ma ons
d'édto n se trouvaen t da les deux vile s SRres et da l'ensemble du
Hi ja. Les bbli othèques publqu es et pri'é es étil tl des composares
essentelle s de la ve spirtu elle à La Mecque et à Médn e. Muhmm Ii
Labeeb AI-Bato un, ut eur de «Voyg dg le Hl jl1 » a metO n é
pluse urs bbli othèques qu'l découvrt da ces deux villes lors de sa vi;te
en 1909.
Grâce ax mosquées, pluse urs tnr aux d'études furetl pubIc s. Des
mg an es tels qu'AI-ljJa prop~ rent des écrits upr ès d'un l~
udi ence. La lttér tu re fi pa joué un rôle m~ ur da les publCtJi oa de
l'ère hah émte ou de l'ère ottoma e. Aucun concepto nm oderne de la
lttér tu re n vt le jour H'a t l'n staurtD n du pouvoir des Sud, péro de à
put r de lqu elle le PJS s'est trouvé de plus en plus exposé ux courtI;
n tellectuels n tern to ux ,u mometl même où unp rogrmm e to h
d'éduca 0 n permettit à un 0 uvelle g it ru 0 n d'écri'R a sau diens de
commerer etr e eux ces 0 uvelles tendo es.
llJ Drec to n de l'Éduca 0 n fut formée dès 1926, penda t la deuxè me
D e du règn du Roi 'Abd Ir' AZF: à La Mecque. Douze écoles furent
ouvertes da un premer temps, et ce 0 mbre fut porté à 27 écoles da
l'ensemble du PJS pr ès un dizit e d'a it es. Au début, la Drec to nf ut
confrontée à urm qu e d'enseg tt; qum fiés da les écoles élémeti1e s
et n termédiRe s. En conséquence de quoi, la Drec to n créa en 1927
l'la tiu t Éducatf Su de p Iii n de surmorer ces cae DeS . Un école fut
mise sur pied à La Mecque en 1935 da s le but spécfqu e d'élever les
étuditt; sau diens ux stda rds n tern to ux et de leur permettre de
poursuirr e leur forma 0 n da d'u tres put e s du mod e ID e, plus
put culi èrement en Égp te.
Un preme r gmpe d'étuditt; sau diea f ut envoyé en Égp te en 1926.
La Scon de Guerre mondire n terrompt cette poltqu e, même si celle-ci fut
repri; e en 1942, lorsque les écoles stPuden n s s'gt d ren t et devn rent
mieux org n sées. Le 0 mbre de diplômés saud e a da les iat tu ts et les
un verstés en Ég pte étit de 34 étuditt; entre 1946 et 1949 et s'élevR t à
192 étuditt; en 1950, sa metO n er les élèves scolt1Ï;é sen Égp te da
les écoles élémetR re s et secod Res. bJ rppo rt g uvern meth sur les
étuditt; sau diea à l'étl1! er préci; e que dix-n uf Saoudiea étudiil tl
ax Étts -bJ sen 1951. Da les dem ères a ées du rè!!: du Roi Abd Ir
'Aziz, l' éduca on a pro~ss é s15n ficHWemet\ sa se restren dre ux
écoles corit ques élémetœ s et secod Re s.
Pour en venr u joumme , un ut re fate ur culturel d'in portoe ,0 us
remnqu ons que pends sa péro de de g sttO n (1924-1953) 1 étit limité à
un peti 0 mbre de quotii en s et de mg an es, qui it m oia ont joué un
rôle détermn s en termes d'évoluto a lttér Res et en ttra tl des
n tellectuels de toutes sensbl tés. Le premer de ces journx fut Mm
hQura qui rempll;lit AI-ljJa à La Mecque. Be n qu'l it été, à sa pR uton ,
un jourh office l, 1 regorg it d'ut Cie s à sujet lttér Re, historq ue et
7Par-delà les Dunes
SOCR 1. Il joua égre men un rôle cha nè re da le renouvea du mouvemen
lttér Re.
bJ at re jou~ le fit h- fti z pnu en 1932, exerça un n fluence
{j} a Meux encore, fitlttér Re égre à celle d'Mm h- h- fti z fut,
comme le soulig it son propret Re, « la voix du renouveau de la Ittér tu re
du Hi ja ». Ha, ce tir e fut éphémère, comme ce fut le ca de n mbreux
at res joumx . Il cessa de plÛt re en ra~on du mqu e de ppi er pends la
&0 d e Guerre mod re . Lorsqu'} pnu t à n uvea en 1946, ce fut sous le
fi udiyyh. Après fitn m de AI-Bfa d h- h- fil ,un at re jo~
AIMadih ,pnu t en 1937. Non conten de se consllre r ax questo s
lttér Res ,ce jourh couvrit égre men les sujets socux et historq ues. Il
triR t égre men les n forma 0 s locre s et les jjf Res n tern s de Médn e.
Errn Hg des tro~ jOUfBX précédemmen dés, trois magi n s furen
pubIC s a cours de la même péro de: Islh ,AI-Mha l, et L'Appel
Musulmll Le preme r, Islh ,pnu t à La Mecque en 1928 et fut décrt comme
un «jourh relg eux, scen tf qu e et soch ». Il étit dirg é et édt é pa
fie k h Muhammad il mid Ir i qj un fie k très estin é de la Mosquée
Azhl1, qui étit lu rs à la tête du Dépm ement d'Impression et d'Édto n à La
Mecque.
Le secod mg an e, AI-Mha l, pnu t à Médin en 1937. {èt it u n
mesu el «a servce de la lttér tu re, de la culture et du SH'oir ». Le
propre tRe et éditeur en étit le célèbre at eur 'Abd Ir 4!i dous Ir Asa ri
AI-Mha I s'n téressit pm culi èrement ax n uveux g res Ittér Res
comme les roma, les n uvelles, la crlqu e lttér Re et la traduction. À
l'opposé, L'Appel Musulmrt fod é à La Mecque en 1937, se présentit
comme un m ~ n e consll ré ax « queston s relig euses, SOCR les et
historqu es ». Ss pnu to s étil n mesu elles, en l~ ue ID e et en mIR
et} étit dirg é et édté pa Musti'a Andaqri
L'étpe suva te de l'évoluto n de la lttér tu re so udienn fut« l'étj) e
du renouvea» ,stu ée entre l'Il cesso n a trône en 1953 du Roi Sud, fils du
Roi 'Abd Ir 'Aziz, et l'H'è n men du Roi i yçh en 1970.
élt e péro de con ut un n tensf cHi on des progrmm es ntD ax
d'éduca on. Le premer Miin ère de l'Éduca on du Royume fut créé en
1953 et fut suvi de l'ouverture d'un certiI n mbre d'écoles, d'n stiu ts et de
collèges à trn ers le Royum e. Le Mn ~t ère créa des postes dm n ~t ni s
destn és à superv~er les un tés techn ques et dm n ~t rt1Wes qui veniln t
d'être mises sur ped, et} mt égre men en pIlle des sections spéd1i sées
da les progrmm es, it si que des dm n ~t rtD s n dépends es pour
l'ensei!! men élémentRe et l' enseg n men secondRe . Le Roya me fut
dv~ é en 21 crcon scripto s éducHWes et des pouvoirs dm n ~t rtf s et
fin ers cos il érh les furent ttr bué s ax directeurs de ces
crco acrp to B, de f!fo n à leur donn r les moyens de superv~er leurs écoles
respectve s.
L'évoluton la plus sg n ficHWe de cette pérod e en termes d'H' né es
lttér Re s fut cependa t le développement de l' ensei!! men supéreu r.
8Itr oducto n
L'ensei!!: men s upére ur débuta en Arh e S udte H'ec la créatim
d'écoles professon elles, comme l'École de vrm tO n des Es eig tI; à La
Mecque en 1952, qui devn t ultére urement la i culté de L'Éductt 0 n À
Ryd h, la Ir ulté de la Bu ia fut nag urée en 1952 et la i culté de la
Lag ue Arhe en 1954. €S un verstés devae n consttu er plus tad Ie 0 yu
fod !eu r de l'bJ versté bJim h -Q! ra à La Mecque et de l'Un versté
Islm qu e Imm Muhammd Ben-I) ud à Ryd h.
Devtt l'ag mettti on du 0 mbre de diplômés de l'enseign men
secod i1e et les besois en trn hIe urs hat ement qulf es, l'il ée prt corps
de créer un un versté n tO le . L'bJ vers té du Roi I) oud ouvrt à Ryadh
en 1957, d'ho rd sous la forme d'un fllu lté de Lettres, à lqu elle
s'aso cer ent pa la sute pluse urs at res fil ultés: Si ences, Pha mil e,
(ùn merce, I~ n ere, AfP Dm ie, S e DeS de l'ÉductO n et Médecin.
En 1961, l'bJ ver sté Islm qu e fut fod ée à Médin ,comprentt les
i'ulté s de la Bu ia, de la Propg to n de la foj des Org n es de la relg 0 p
du 6fa p des Études Islm qu es, de laL !!e Rh e et des Blh. L'lnsttu t
6pé re ur de Drot fu t fod é à Ryadh en 1966. La fod tO n d'at res
un verstés suVt: L'Un versté du Roi Abd Ir 'AzF: à Djedda en 1967,
l'bJ ver sté Islamique Muhmm d bn I) oud à Ryd hen 1974, l'Un versté
du Roi i hd des Pétroles et des Mn era à Dammam en 1975 et, plus
récemmet} l'bJ vers té du Roi i yçh à Abha en 1999.
Les premère s ma~on s d'édto lID odemes furent créées dum t la même
péro de, produ~a t des péro diques tels que AI-Yamm a et Ryadh. Parmi les
mg an es figr il n AI- Yamm a et AI-Jof a.
Le développemen de ces 0 uveax média fut stin ulé pa les efforts de
l'Admin strtD n Générre de la Rd 0, de la Presse et de l'Édto n fod ée en
1954 (qui devn t plus tad le Mn ~t ère de 1'111 ormato ~. élt e
dm n ~t rtOn dona Ilcè s à des ressources, en vue du développement de la
presse, de la rdi 0 et de la télév~i on et leur conféra unp rofesso n Ii sme
sa précédent.
À lam ême époque, Ryadh fut égre men le témoin de la coat ructo n de
bbli othèques comme la Bbl 0 thèque Sud en n , la Bbl 0 thèque Nato le
et la Bbl 0 thèque de la vn dtO n du Roi Abd Ir AZF:. €S structures
œta en pa seulemen des bblo thèques, ma des éth lissements culturels
qui produ~R ent un trH'R 1 de preme r pIa tout a log de l'a ée comme
des sémn i1e s spéchi sés, des con~s , et des pubIC tOn s de livres et
d'études spéchi sées.
llJ lJl de pat e de cette 0 uvelle n dustre modem du SH'O r étit
destn ée à mettre en lumière le pas é culturel de l' Arh e S udte, et
beac oup d'ouvrg s de référence sur les proverbes sau diens, les usg s
Ofax ,le folklore et Ian ytholog e furent pubIe s a cours de cette péro de.
Le livre à fPS tra g d'AbdhIh bn Khamee, Lité rtu re populi:1e de la
Pénil suie Arb que (1958), pa exemple, rase mbla pour la preme re fo~ les
diverses trdi to III littérares orre s et écrt es du p~s , et eut un in pllt
in porta sur les futures g il rtD s d'écrVR s sau diens.
9Par-delà les Dunes
La péro de de modem stD n (1970-2000) est la plus rche et la plus
complexe de l'histoire du Royam e, pa ce que c'est da cette péro de que la
cd ence des tra sformtt 0 IIIs oCRles explos;t pm cp re men à la sute du
boom pétrole r des Ji es soixa te-dix. Da s la sphère lttér Re , les
progrmm es éductf s m~ en œuvre da s la péro de du renouvea
commenère n à porter leurs fruts .
De même, en rHo n de l'essor de l'ensei~ men da le PJs , c'est a
cours de cette péro de qu'un gi n mbre de S oudiens ont pu Wer étudier
à l'ét~ eL Etr e 1975 et 1985, envron 20.000 S oudiens étudiil n ax
ÉttB -bJ s, dont lam.iD rlé est depu~ lors rentrée a PJs pour s'eng r
da des car ère s éducHWes et da la sphère culturelle.
élte péro de a as si vu S'IlCroître le n mbre de bblo thèques publiju es
da le PJs . Elles sont a n ombre de 68, répat es das 66 vile s, H'ec un
moyenn d'une bbl 0 thèque pa vile, à l'excepto n de Ryd h, qui dispose de
trois bbli othèques. €S chiffres n pren ent pa en compte les bbli othèques
un versti1e s, n celles des n sttu ts et centres de recherche.
Au mie u des Ji es soixa e-dix, l'État se mit à pk onner des soirées
lttér Res . €S évènements étiln t destn és à succéder ax soirées prVé es qui
se tenil n le plus souvent a domicle d'écrVa n s en vue. On trouve
IltU ellemen qun ze de ces « clubs» lttéra res da l'ensemble du PJS , et
ceux-ci représeren t le «can» pm cpa I à trn ers lequel le g uvern men
s'efforce de fill ter l'Ilc ès de la popultD n à l'at contemporD .
En conséquence de quoj le PJ s, at refois décrl comme un terre en
frch e, culturellemen repIC e sur elle-même, est devenu urb lio n d'oxyg n
n tellectuel pour la régo p produ~a t des romui ers, des poètes et des
at eurs drm ti}u es de sttu re n tera to re . Depu~ les trente dem ères
Ji es, les écrivit s ont fit preuve d'um vea u de consce ne remaqu hIe
qua ax courtI; poltiju es et culturels n tera to ax . Néa mon s, pour
as si cosmopoltes qu'l s soient, les écrV it s présentés da ce volume
pat g n sa s conteste un ITéductb le sensbl té sa udienn .
10Itr oducto n
IV. Introduction à la littérature Saoudienne moderne
Poése
Vers la fin de l'ère ottomo et sous le régin e hll hémite du Hi ja, les
provn ces du Nejd, du Hij a et de l'Assf ont as ~t é à l'émerg ne de
quelques voix poétiques de renom. Leur popuhté a condut pluse urs
histore» lttér i1e s de l'époque à en file metD n H'ec dm i1D n et estin e,
et à les décrie comme les pierres ~ ulit es de la lttér tu re saud en Il
modern .
L'un de ces voix fut le poète Ibrh im Ir Asa ubi (1848-1913). Il édt
l'un des in ms de la Mosquée sllr ée de Médn e, et se fit conÎtre pa ses
voyag s en ~r e et en Égp te, it si que pa ses reltim s H'ec les écrivit s et
fiW es de proue du renouvea ID e. Al-Asa ubi écri't à la fin de savi e un
poème da lequel 1 cri iju it le POUVOfottoma et ses {i: lifes, et où il
metdt l'Ilc ent sur la fuI esse de la Na 0 p qu'l ttrbua t à son
éloi!!: men de l'~la m et de ses enseig ements. Le poème étit sa
précédent pa sa Wu lence criiju e à l'encontre du pouvoir ottomap et fut
in médirem ent populite .
Outre Al-Asa ubj n us devo» m ento Il r 'Abd Ir Jaleel Ba rd h,
Othma Ir Radhj 'Abd Ir Muhsn Ir S hhii (1874-1931), le poète de la
Révolte Arh e à La Mecque, Aw a 'Ishkj 'Abd Ir Wahi! Ir Jawhari Ir
Mk i (1861-1893) qui fi las é qu'un pett n mbre d'écris sur la poésie
mo ureuse et enfin Muhammd Ir 'Id ai (1848-1931) qui étit it en
Algére et vécut à Médill . Il fut probhle men l'un des poètes du Hij a les
plus doués de cette péro de. Be n que n us Il disposo» que d'un pett
n mbre de ses poèmes, ceux-ci témoig ent toutefois d'unst yle fiui! e et de
contenus n n vtt s.
Al- 'Id ai exprin a da s ses poèmes des opin ons poltq ues sur les
évènements de son temps. Il fit pm e des poètes qui crii quèrent
vg oureusement la Révolte Arabe et ses We s européens, à la lumière de sa
propre expéren ce da l' Algére sous occuptim tiv Be.
M es fruts de la misso n (dâw a) de fie k h Muhmm d bn 'Abd Ir
Wahhh da le Nejd fut le renouvea de la poésie écrite en ID e clas qu e
près des il es de préémn ence de la poése dœctœ da la régo n S
misso n a égœ men fill té la diffuso n de contenus relg eux, n n seulemen
chez les poètes du Nejd, ma encore apr ès d'a tres poètes qui furent
n fiuencés pa cet pp el et lui portèrent ultére urement pp ui a Yémen, da
l'Assf et da les régo» qui devn rent les Émirts Arh es bJ ~.
éS développemetI; condu~ fen t à l'émerg ne d'un n uvea COUID t de
poésie relg e use. bJ des plus célèbres de ces poètes fut Bla in a bn
S hma (1853-1930) qui édt it da la provn ce de l'Assf et H'R t voyg é
da sa jeull sse en comp~ e de son père. Ibn S hma est reconn comme
l'un des plus fine ux poètes d'Ir dâw a, et le plus déterrnn é d'entre eux.
IlPar-delà les Dunes
bJ at re poète n fluencé pa l'p peI de ne k h 'Abd lt- Wahhab fut
Ahmd bn' Ali bn M~ hrf (?-1868) qui vécut à Ahsà ,perl a le deuxè me
règo des Saud, et connt le Pm ce i yçh bn Turk. lIT put e de son
diwll conte tm n certit 0 mbre de poèmes en forme de fb le, da lesquels
les dilD ges des person ~ s, oiseux et it maux, apI ent à encourg er uo
condute hoo rh le et uo hat e morh t é.
éi1: it s des poètes de l'AssI à la fin du XIXe sè cIe étn n ~s us de
fini lIes renommées pour leur érudito p tels que Mubark 'Abd lt- Qdi r,
lt'Anji et quelques atr es. Leur poésie se cmtér~it pa l'h sence
d'ji fectti on da le portrit sn cère de leurs condito R de ve . élt e poésie
s'hst enit de toute méd~n ce et 0 recherchat pa le proft. Elle se
distn gR t en outre pa uo dimeoo nn tV Ii ste qui f BR t écho ux
évènements poItiju es da la rég on du Golfe.
bJ exemple en est le poème écrit pa ne k 'Abd lt-'Az F: bn 'Abd
ltLateef lt- Mubnk (1893-1925). ne k h 'Issa Al Khalif;t qui régit t sur le
Bhr eïp fut cha sé pa son fils il md qui s'empna du trône. DaR s on
poème, AI-Mubnk exprin e ses crRres file à la moree des mb tOR
européeno s da le Golfe. (ès t un poème extensf qui condm 0 la
poItiju e bria n iju e da le Golfe, put culi èrement a Bahreïn Il se
distn ge pa la sn cérité du ton vn dictf , et exhorte la popultV n à se
préparer a d~ er pressenti en éleva le n vea de consce ne et de
solii nié da la régo n
À (Q teef se trouvnn égœ men des poètes de premer pIn tels que
Bt lt- Badr et 'Ali lt- Jashi (1886-1957). €S dem ers perpétun nies
formes trdi to n elles de la poése héroïque et élégqu e at our de la ve du
Prophète et d'a tres sujets relig eux. €S poèmes étn n camt éœ tiju es pa
leur cIimtt 0 stig iju e pronoué ,en dépit d'uo structure trdi to 0 lIe.
En résumé, la poésie œta t pa entè rement exempte des défut s de son
temps: style peu coloré, pav reté lig u~tiju e, jeux de mots, récurrence de
motf s trd ton 0 Is, réadj) ttV n de styles et de modes de peree Di es.
Par We urs, un 0 mbre restrein de poèmes étit en réson ce H'ec les
évènements relig eux et poItiju es de l'époque. Nous H'on s metO n é plus
hat l'n fluence de l'pp el (dâw a) de ne k h 'Abd lt- Wahhh sur la poésie,
it si sur les évènements poItiju es a Hi ja et da le Golfe. Les poètes de
cette péro de 0 pouvn ns 'empner des at res questo R de soce té, comme
celles qui trap na sn n da des condito III de ve rendues diffCle s pa
l'g 0 m e, la pav reté, la peur et l'n sécurié lee à l'n sth Ité poItiju e.
Les premers sg 0 s de renouvea Itt érit e firent leur ppa rio n a
Hij a da le premier quut du XXe sè cIe, comme ce fut le ca da les
at res p~s Rh es à l'exception de l'Ég pte et de la Gill e ~ e. €S deux
dem ers p~s ont émerg plus tôt de leur ~ol ement poItiju e et n tellectuel, à
SH'O I a début du XIXe sè cIe, en s'ouvrtt à la culture occiien tœ pa
différentes voies telles que les bourses d'études et la présene d'in portre s
misson s et délé~ R occiien tœs .
12Itr oducto n
ilia hi store III et un verstn es de cette pérod e ont consilé ré la
premè re pHUto n d'un jourh a Hi ja en 1908 comme un sg n de
renouvea Itt ére e. €è i éta t dit, l'évèn men m~ ur que fut la Révolte
Arabe à La Mecque en 1916 et la fod tV n du jourh AI-fjJa comme sa
pèce mît resse la même Ji e. élte a ée-là, beaucoup de figr es
dOmllre s des domit es Ittér HeS , n tellectuels, un verstR es et
jourli; tqu es et qui étil n pm ~a III de la révolte condute pa le ne rf
III; sein bn Ali vn ren à La Mecque. Pami eux se trouvae nt: Foud
h(Q ssh et Omar Bk r. En seKhateeb, Muhib h- Dn h- Khree b, Kamil
hjog a à la révoluto n à La Mecque, Is cherchae n à échapper à
l' oppresso n du pouvoir ottoma à Dama, lequel H'R t durci la répresso n
envers eux en ra on de leur rés~ to e à la « Turquf ea ton» et de leur lutte
contre la suppresso n de la l~ ue, de l'hértg e et de l'il entté I1h es.
éS hommes étil n des figr es Ittér HeS de premer pIa et des éCrVRB
confirmés ta pa leur peBé e que pa leur style. Leurs écrits et poèmes, qui
furent pubIC s pa AI-fjJa ,firent éclore un consce ne n uvelle a sein de
la jeun sse du Hij a, qui lisit H'il emen les m des de ce jourh et en état
fortement n fluencée.
Le frot de ces n temt 0 B se mit festa peu de temps pr ès sous la forme
du Ivr e «La litértu re du Hl ja », pHU en 1926, qui fit fiW e de
précurseur de la Ittér tu re modem du Royam e. Les écrV it s et
n tellectuels d'AI-Qbla exercèren un forte fi luence sur le Ih e, à trn ers
leur pp el à la réforme tV re et a renouvea Ittér He . Le livre contenit
la poésie et la prose d'un jeun g it riD n d'écrva n s don le style et la
pensée s'étil n formés sous le régin e ha hémite. Il étit pubIc et préfaé
pa l'un des plus émn ents pionn ers de cette péro de, Muhm md Br our
hS ban En outre, ce dem er en a fio é la publCtJi on. Cè tit l'un des plus
nd ents pm~a B de la réforme et de la pensée éclR rée à l'ab e du renouvea
Ittér He . DaB sa préfae, h-S ban évoque son h !tern ent deva l'état de
la Ittér tu re du Hij a et son ItChiBm e en compila ~on H'ec le reste du
mod e I1h e.
La secto n Poése du livre contenit les écrt s d'a teurs qui WR ent
devenr n fluents: Muhmm d il ssa Awwd, Abd al-Wahhh Ashi,
Muhmm d S 'il h- Amoudi et Muhmm d Br our h- S bba lui-même,
don l' œuvre étit remaqu hIe pa son excepto n lIe sensbl té poétqu e. Il
est tout as si évil ent que le livre fut n fluencé pa les il ées de la rena sa ce
littéri1e da la Grad e ~ e, en Égp te et a Mahjll (l' Amérqu e du Nord
et l' Amérqu e du Bd où s' étil n n stW és des émg rtI; ID es), don la
producto n poétique reflétit elle-même l 'n fluence du poète Ibo -mé reR n
Meh el Nuain a (1889-1988) et du poète syre n Bda wi h- Jabh
(19061982). éS écrits étil ng it rre men n fluencés pa le style et la pensée du
Mahjll ,it si que pa B ud h- Khateeb et les at res pon n ers du rével
Ittér He I1h e. éS producto B s ont fortement maqu ées pa leur ton
orto re, en pm euli er lorsqu'elles évoquent la réforme et exhortent la
popultV n a progrès et a développemen La plupa t des écrits crti quil n
13Par-delà les Dunes
les condito a prédomia es à l'époque et le sous-développement da les
sphères Ittéri1e et socre. On as ~ta t égre men ax premères tentt1Wes
de crlq ue Ittér re. Du poin de vue historq ue, ce Ivr e est un documen
lttér re et historq ue in porta pour l'étude de la it sa ce de la lttér tu re
sau dien e modern .
bJ at re ouvr~ n du lé «Décll1l1 ô n de pelSlée »pHU t en 1927 et
s'ju uta à la somme déjà in portre de crlq ues à l'encontre de l'état de la
lttér tu re et de la poése à l'époque. L'at eur en étit Muhm md il sa
Awwd (1902-1980) et I étit composé d'un compiltU n d'a tCle s déjà
pHUS da la presse. Awwd pl it t le chemin en vue de l'pp trto n du
mouvement romtit ue pa son ttq ue féroce contre le trdi to Ji; me da
son ate Ie fine ux «La littértt ure du Hij a ». €I tit s crli ques ont
recon un sin ltu de entre «Déclati on de pesée» (1927) d'un côté, et
»2(1923) de l'at reoAwwd étit en effet«Le Dva n »1(1921) et« Le crbl e
un dm rteu r de Ir Aqqd (1889-1964), et I in tit son style de crlq ue
Vfu lete. B Œt yle faa t égre men pIll e à l'fO n e, à l'in ~ de la crlqu e
de la trd to n IlCOmplie pa Me hel Nuain a D'a tre pa t, Awwd étit
n fluencé pa le poète ég pte nAh md Zak Abu-B di (1892-1955), H'ec
lequel I étit en très boa termes. Il fut en outre l'un des voix quj a
Hij a, pri ent pat i en fire ur des idées et des théores de l'école Apollon de
poésie romtit ue.3
Avan d'à order les tris distn ctf s du renouvea qui fi son ppa rli on
da la poése saude n e, glc e à dye rses fi luences et à des écoles
lttér res telles le Div ~ les écrl s des poètes et crli ques du Mhj a et ceux
de l'école Apollon (ou Apollo), n us devons sg re r que sa chron log e
coïnit a H'ec le renouvea d'un style de poésie plus trdi to n lle da son
conten et sa f orme. Deux représenttE m~ urs de ce style furent
Muhmm d bIA bdM h bn ilia in een (1854-1944) et Ahmd Ibrh in Ir
Ghazzw i (1901-1980).
QP qu' n fluencés à des de~s vIi s pa le style poétique oe pies
n uveax poètes contn uèrent à composer da s le style trd ton n l, en
pat euli er da le cas des po gr qu es, da la constructo n des ouvertures
de poèmes, da le choK des termes, des structures, du style et des in ~ S.
€tt it s poèmes d'Ibniliin een s'ouvrent, da la trdi to n du style
poétq ue oen ,pa un scène de hlte deva des run es et la recherche de
que les chm eax n s'éloi!!: n vers quelquel'à ri de l'être cher, H'a
destn tU Tg lore use. Ss poèmes reflètent la conas De pp rofondie d'un
hértg e culturel très De n et un fini lit é étendue H'ec la poése
trdi to n lle. éP enda ,cet hérlg e lu urdit son vocabulre poétqu e pa
un termn ologe obscure et des expresso III très éloig ées de n s us~ s
présetB .
Par Me urs, Ibn iliit meen peut être rpp roché, à certit s égads, du
poète it oclassqu e égypte n Mhm oud S mi Ir Barudi, que certit s crlq ues
consit èrent comme le premer poète du mod e ah e à H'oir resttu é
plen ement sa pu~s De clas qu e et sa vfli té à la poésie ah e.
14Itr oducto n
4AI-Ghazzw i étit conn sous le n m de «S M~ sté il SSft> en Iii on
de la proxin té et de l'estin e du roi Abd Ir AzF:. AI-Ghazzwi vécut as ez
log mps pour consllr er des pa égyrqu es ux fils d'Abd-Ir AZF:, les rois
Sud et i yçh S poése se cmtér~e pa un tre n évd en da s la
composto n des ouvertures, pa la sobre té de la l~ ue et unv och uln e
poétqu e mnq ué pa la culture cid n e.
6h1 me n us l'H'OIII dt précédemmet} Muhm md il ssa Awwd fut,
pmn i d'a tres, n fluencé pa 1 e romti; me et son ppr oche de la littérature.
À trners cette n fluence, 1 chercha à combn er la poése et l'a lyse crtq ue.
{ès tun ap ect qui l'a distn gé a sein de la g in1t 0 nd e n vœ urs. En
fil, Awwd représente un phénomène unqu e que l'on n retrouvera
peutêtre jma ~ da la lttér ttu re sa udienn . Jusqu'à la fin de ses jours, Awwd
fit preuve d'un esprt rerte, toujours tten tf et de de n uveautés. Cèt itH'
la clé de sa person lté et le secret du respect dont l' entourim t ses étuditt;
et dm rœur s.
Sn livre Décll1l1 ô n de pelSlée contenit n mbre de ses opn oa et dée s
sur le beson d'n n vtD n da la lttér tu re et la poése. Il crtqu it H'ec
at tt de vg ueur le mode de ve domia t et rallit quelques-un s des
coutumes, trdton s et pratqu es SOCR les de la soce té du Hij a, qu'l
décrVa t comme rétrogrde et fig e da le pas é. À ses yeux, la lttér ttu re
jouit un rôle in porta et fod me th pour mori ser les cha g metE à
venr. Dalll Ie reg~t re poétque ,Awwd défed it Ie recours ax mythes et 1
s'do n it a vers Ibre et à la poésie en prose, en Il cord H'ec l'école
Apollon S poésie reflétit ces ore ttJi ons. Les thèmes de ses poése s en
pp elil n a renouvea et à la réforme, et 1 s'efforça d'd opter de n uvelles
formes d'écrtu re poétq ue, certit s de ses poèmes réun ssil t} pa exemple,
pluse urs types de rin es.
Be n que ses ten t1Wes de recours ax mythes et de rupture H'ec les styles
trd to n Is m n pa été totre men couron ées de succès, elles
encourg rent les expérin enttV III d'a tres poètes da la même drecto n
Les lin tes de la poésie d'Awwd découlen de son n clitV n ben con ue à
la controverse, a débtt et a r aon n men Plus encore, 1 renforça la pesé e
rtD n lIe et la phlo sophe da la poésie, a détrin ent de l'in g tV n et
de l'émoto n €S apec ts condu~ ren son mi égypte p Ahmd Zak
AbuSd j à décrie ses vers comme la «poése de la phlosop hie ». Par l11eur s,
Awwd n prenit pa le temps de polr son l~ ~ ou de rév~ er ses
poèmes, ce qui peut explq uer le cmtèr e pros8:)u e de beaucoup de ses
poèmes et la pa vreté de son voch uln e.
L'in portae d'Awwd da l'histoire des d ées lttéri1es en Arh e
S oudite dépa se, toutefois, sa sttu re de poète. Le cour~ H'ec lequel 1
s'en est pr~ à la trdi to p son enthousam e pour l'n n vtV p son hon êteté,
sa sn cért é, sa combatirté da la défeae de ses posito a et le soute n ben
conn qu'l j)po rta ax jeun s tre tE lui ont ~ é un pIlle un que pmn i
les écrV it s de sa g it rtD n
15Par-delà les Dunes
~ lques tris de romri sme pp HUrent, quoique tin il ement, da les
poèmes d'un certa 0 mbre de comp@; oa d'Awwd : III; sein £h Ji
il mza Bi hm et Muhmm d il ssa Iii €S trn ts se retrouvim t
égre met\ da un mon dre mesure, da les producto a des poètes
suva ts: Ibrhi m il shim F Ii Tahir Zamk hsharj Abdh lh Ir i i;h et
quelques ut res.
€: qui a rase mblé les romri ques fut la révoluto n contre le
dessèchemen de la poése trdi to ol le. $ n à la tu re et à la forme de
cette rébello p elle diffère d'un poète à un ut re, y compri; da le même
p~s. ébi s'explqu e pa la diversté des objectfs et des fate urs
psycho log ques et culturels de même que pa l'envron n men uq uelle poète
est as ujetti et uq uel 1 doit s'dp ter. De ce poin de vue, la poése
sau dien e n fit pa excepto n
Outre les théores de l'école du Div II et du groupe Apollon, les poètes de
l'époque subren t égre menl'n fluence d'u tres poètes romri ques ah es
de preme r f@; , pam i lesquels: Bi;h m Ir Khouri (1884-1968) u Lba ,
Ali Mahmoud Taha (1901-1949) et Ibrh in Nj1i (1898-1953) en Égp te,
AISb bi (1909-1934) en Tun se et Iliyya Abu-Mdi (1890-1957) ux
ÉttBbJ s.
Le climtt de romti; me qui prédomn it da s le mod e ah e, da s le
courtt des Ji es trente et q~ , les fi luença égh ement, et leurs
poèmes étil n empreitB de tri;t esse et de pessimisme, de questo n ements
et de médiüD a perplexes sur l'éng me de la ve. Leurs pas 0 a et leurs
préoccuptV III étil n dri g es vers la femme et la tu re, et leurs poèmes
submerg s pa la douleur, la soltu de, la perte et le désespor . bJ tel ace n
sur la souffro e person elle condui; t certa s poètes à lire xcès d'égoti;m e
et de oci; si;m e, u détrin en de la souffro e huma e et tV Ir .
é}Je d ~ la péro de asi;t a égre men à des tentt1Wes vre ureuses de
rupture liec le vocabulare clasqu e. En effet, le I@; poétq ue~
commeça à se lbérer de sophistctJi oa et d'a tfc es n uti es et à se remplr
de rin es vg oureuses et de jh li;s ements émoto n els.
bJ bon 0 mbre de poètes de cette péro de ont n fluencé pluse urs
g il rtD a, et l'on observe des dff érences qua à la mesure liec lqu elle
les ua et les ut res do ptèrent les cm ctères du romti; me et s'{f rohi rent
des fi luences clas qu es.
Leurs poèmes, en effet, combn il n pour la plupart les coum
trdi to n I et romti} ue et serviln t la cause de la réforme, us si ben que
les débats poltqu es et n tellectuels à plus lJl de échelle, y compri; les
queston s concerna l'ensemble du mod e ah e. Les trn ts édifitI; et
morm sœur s persi;ta e t\ et le type des sujets exg eit pureté de style,
I@; ~ m~ stueux et un ton fortement 000 reo
Nous lion s dé plus hut les 0 ms de quelques-ua des poètes
réformistes. Nous Mo a à présent metO n er des noms 0 uveux de f!fo n à
étendre 0 tre chm p d'études et porter 0 tre tten ton u- delà d'un même
g il rtD n et d'unm ême type d'expére ne : Ibrhi m Bud ;t Muhammd
16Itr oducto n
S 'il Ir Musl1lm ,Muhammad S 'il Ir KhUB j Abdh lh Ir Jashi, Bt
S rn j Mhm oud Arf, Majid Ir Ii[; a j Ibrh in Ir Alln, Muhmm d
ihi m Rasheed, Bt Ir 4f ahi , Abdl1la h bn Idr~, Muhammd Ir i hd
ji et ThUfJya (Q bl.Ir Iss;t il md Ir JI
8 n us exm nons ces poètes et les compoo» à d'a tres, n us n us
rendons compte que certa s d' etre eux exprin en un tt tu de eu ers la ve
et un v~o n qui les distn gen t. {ès t ce gm pe, en effet, qui pp orte un
n uvel élément à la poésie de cette péro de.
Au sein de ce gmp e, n us devo» m ento n er Ii[; a £h a
(19161993), dont la poésie reflétit l'n fluence des g 0 rtim s précédentes pa son
style, ses in ~ s et sa composto p ma l'ouverture trdi to n lle de ses
poésies débouchat souvent, près quelques vers, sur un contenu n vœ ur.
Ii[; a £h a étit plong da les n terro~ » et son obsesso n
morbile s'exprin it de f'fo n récurrente da s dff érentes in ~ s préseres
da ses poèmes. À l'âg de cn quœ a, I commeça un ve de récluson
da un éttt de désordre psychologqu e.
bJ climtt tr~t e et tourmere domn it ses poèmes, qu'bi metim t
constmm ent ses réa to» pa trop lug bres et ses réflexo» phi osophiques
sur l'existene, la ve et le destn de l'homme. Om e peut n er que la voix de
£ha préserva son n tégrté et sa sn glnté da tous les sujets qu'l tria
Avec il mza Bi hm (1910-1973), lapo ése sau dien e tt einu n poin
culmn tt en termes de l~ ue, de composito n et de v~o n De même que
£h Ji Bi hm pp men u n g 0 rtD n plus âg e qui trH'er sa plus d'un
pérod e et qui eut recours à de n uveaux contenus à l'n téreur de formes
trdi to n lles.
L'in ~ de la femme comme créature trÎt resse, n dB e de confiDe et
mépr~a ble est récurrente da s sa poése . él te tt tu de 0 Wen se limitit
pa ax femmes. Be n a c ontri1e , elle devn t pme n tégrre de sa
phlo sophie de la ve . Il consil érit que ce fade a de déloyat é et d'n fidéUé
domn it toutes les reltD» huma es. € poète a men un quête
perpétuelle d'a lu ises quin 'hou tt jma~. Il évoqua constmm ent la perte
des vre urs et décrVi t son sentin ent de soUu de et d'erroe da la ve.
Bi hm pa vn t à exprin er saph 10 sophe da un l~ ue rche et pu~ sœ ,
sa s Rf ecttt 0 n et plein de vth té.
Les poètes de cette péro de n furent pa seulemen n mbreux. Certa s
se distn gèr ent as si pa leur producto n h ondtt e. Parmi eux, n us devons
metD n er: Muhmm d il sa i qi (1914-2004), Tahir Zamk hshari
(1914-1987), iMb dl1lah Ir 4f ah i (1926-2004) et Ii[; a Arh
(19302002).
L'h onda ce de la producto n iju uta re n en termes de vIi té de
coren u, éttt don é que ceux-ci restèrent n cha g s et ne tien t que se
répéter. L'œuvre d'un même poète devriJ, en pm cp e, conten r un certa
n mbre de poésies sa acu n pa enté les un s H'ec les at res. De plus, leur
concepton et leur pp roche étil n rn ement modifiées. À de mes excepto»
près, un même forme se retrouve da pluse urs poèmes, sa que le lecteur
17Par-delà les Dunes
pu~ se percevoir l'il spirtD n premère ou la motvtV n il tin e du poète en
question.
L'œuvre de Muhm mil il sa Iii est remple de réflexo a obscures et
il cohérentes, et se concentre excessve men sur l'il dviiu. Les
préoccupa 0 a exprin ées H'R en peu d'irerê t il dépendm men des
il fortuo s ex~t entelle s du poète. €S sentin ents ont été récurrents da son
œuvre, sa jma ~ se cr~ tl11iser da un objet plus profond, d'uo f!fo n qui
ur Ii fod u douleur il divii uelle et souffro e collectv e. 9 1 H'R t pu
Il complr cela, sa v~o n ur Ii tm scendé son cercle étrot pour embras er la
rém té de la condito n humit e.
Le l~ g de ces poètes étli dITil é, pu~ sa ,sa mf ce. €èi éttt ,I
œta t pa mis a s ervc e d'une cause quelcoqu e ou de quelque sujet que ce
soit. Au contrite, certit es producto a œta e n que des échos peu Bp rés
de voix d'a teurs ID es extére urs à l' Arhe Ii udte.
Bi ous lisez l'œuvre de Tahir hZa mk hsharj vous découvriez que la
plus lJl de pme de celle-ci se caton 0 a contexte local ou ID e. 8s
poèmes trllu ~en t égœ men la pasi on de la tu reo Il in te h- Bhb i pa
son choK du motf de lafo rêt ; ces poèmes trien t de maux be tôt ckn és
pa la ptr ne, l'espoir, le re~t et la repento e.4P qu 'h- Zamk sha i se
motr e as ez tœ tu eux pour évte r un style pompeux, le choK de ses sujets
ill pa contrbué à le distil ger des at res poètes de sa g érti on. iD
h(if ah i est un des nombreux poètes de cette péro de, be n que sa voix
s'entende à peil e da s la mas e des poètes romti} ues,o es et modernes,
qui ont il fluencé sa production. Il IlCOmplt un trn h expérin enth
substtr 1 da le domit e de la métrqu e, en dépit des limites de cette
forme, et éCrVit sur des sujets vIis, comme I étli coura pmn i les poètes
de cette g it rtD n Sn tœn t poétqu e est plus évii ent 10rsqu'l
s'ha d ono à son Bt il ct et à son optin ~t e pp étt de ve .
~ t à Ibrhi m h- Bi (1906-1974), I consttu e uo at re voix que son
rythme a distil gée des at res poètes de son temps. Son séjour prolong en
Ég pte et son éloi!!: men de l' envron 0 men conservœu r ont tous deux
contrbué à dono r Ibre cours à ses écrits sur les femmes et le vil ,das la
19it e d'h -Khayym et du fameux poète hb asii e Abu-Nuwa (763-814).
€èi éta t, son œuvre est exempte de vulgai é et d'exg rtDn S. Ss
premers écrt s pubIC s en Égp te exprin ent la l~ ueur et la n st~ e
profonde de sa tV n et de son PJS ; Is décrV ent as si se s souffra ces à
l' ét~ er et son ma que de ressources. Cèt Ii pour lui un expéren ce réelle,
qu'l dépeg il t H'ec uo évii ente spota éité et bea coup d'émoto n
Avec l' émerg ne de la secod e g it rtD n du mouvemen romti que,
un certit n mbre de poètes hm t pa été recon us à lam esure de leur
producto n poétique. En effet, I est possble que des spécm stes de la poésie
g é leurs n ms.sou dieno il n it Is
€S poètes étil n doués d'un il stn ct ntu reI pour créer de n uveaux
contextes et se prémuil r contre les clch és. bJ bon exemple en est Adna
hS yyii h- Awwmi (né en 1937) qui se consllr a à lm uvelle in g poétique
18Itr oducto n
et s'efforça de sm la réa té quotil en ne da un l~ g cIit et préd .
Da son recueil n tiu lé «rvg e désolé» (Bu ih- Yabb) pnu en 1992,
hAwwmi recrée uo SH'eur locl~ qui s'aco mp~ e de l'nô me de la terre et
du le u, pour offri un peitu re du cd re tu reI, de ses hà tn s et des
n terreltV a entre eux. Da ses poèmes, on rencontre des expresso a
émouvre s sur les le ux et les vile s H'ec lesquelles 1 étit fini 1er ou da
lesquelles 1 H'a t vécu, da la put e oren th e du Royam e. {ès t là un trit
d~t n ctf, qu'l pa tg égœ men H'ec un certit 0 mbre de poètes
or15n res des mêmes régo a. l1J at re put culai é de la poése de
hAwwmi est l'usg fréquent de termes tels que 'ba ya (il bt trdi to 0 1)
et qil â (voile) qui tous deux soulig ent l'tt ahe men du poète à son
envron 0 men 8s poèmes d'm our et ses récts consar és ax femmes sont
souvent moulés da u n style Ira tf qui pp orte à ces thèmes un dya misme
plen d'a in tV n et de vth té.
En 1960, Abdhla h bn Idr~ fit plÛt re son ouvrg Les poètes
contemporit s du Nejd, qui est l'un des preme rs ouvrg s de ce g Te à se
consar er ax poètes du Nejd. Le livre contenit des poèmes de : Nas er bu
lm il, Muhmm d h- i hd h- Iss;t Muhm md h- Bla in a h- B bl, Abd
h- Rahma h- Mao ur, Muhm md h-Ami r h-Ru mh ,fit d h- Bawn dj
j ill ma bn S yya et Ibrhi m h-Abdlih h ill in een, il md h- JI
Awaji. él ouvrg 0 us rj)p elle le Ih e plus Di en, La litértu re du
Hl ja . En effet, Les poètes cotem porit s du Najd 0 se contentat pa de
puble r des extra ts des preme rs poètes du Nejd, son conten metdt
égœ men en rele f une étj) e 0 uvelle da l'histore de la poésie
sou dien e, pour ce qui est de ses contenus et de ses styles.
Pour ce qui est des conten s, sa pesée semble H'or été 0 ttement
fi luencée pa la révoluton en Ég pte et pa le courtt tV Ji; te m e, les
j)pe Is n tern to ax pour la Iber té, le courtt réa ste en Ittér tu re et la
mise à contrbut 0 n de la Ittér tu re da le souten ax cas es tV œ s et à
la cas e me.
ébi 0 s15n fie pa que tous les textes de ce livre soe n v il es de tout
esprt romti} ue, de cIimtt de 0 stig e et de mélo ole. Pour ce qui est du
style, le livre 0 us fit découvri les premères tentt1Wes de renoncement à la
forme poétqu e trdi to 0 lIe, d'écrtu re en vers libre et de poése en prose.
On y reconD: égœ men l'n fluence occilen tœ du symbol~me, du
surréh ~me et des trduct 0 a de la poése européeno. Les évoluto III
formelles, les cha g mem de contenus et de v~o nsu rvenus da cette
pérod e trap ffi ssent cIit ement da le recuel fj] 19 , de Naser bu
lm il (né en 1930).
Avan d'à order les poètes modern s quise sont do it s a vers libre et
à la poése en prose, 1 0 us fat metO 0 r la poése rel15e use, ou plus
exa tement celle que l'on cIas fe comme poésie ~lm que, pute prenre
de la It térature ~la mique. at e dem ère in cepte que des écrits conformes
a poin de vue de l'~la misme sur la créato n du monde. élte Ittértu re,
da sa voloté de protéger l'~la m et ses pm cp es, iolu t as si la poésie qui
19Par-delà les Dunes
s'oppose ax courtI; et il ées jug s d@; ereux pour la soce té et la
communat é. Pa mi les pm cp ax représenttt; de cette école fiW ent: Abd
h- Rahma h- AshmlNj Ibrh in Abu Aba et il beeb Mu'l11ah- Mutiri
Pour ce qui est de la poése vouée à la contesttD n poltiju e et à la
crlq ue du monde Rh e, les deux voix les plus entendues aj ourd'huison t
celles de: lit ma Abd h- Rahma et Abd h -Muhsn H leet Musl11m.
Le vers Ib re et la poése en prose
Nous devons distn ger les preme rs essa de vers Ibre et le n vea
techqu e ttei n pa cette forme poétqu e da d'a tres PJS Rh es. De
n mbreux poètes se son essJés à l'écrlu re en vers libre. Parmi eux:
Muhammli il sa Awwli, h- (if ahi , Ma sour h- il zin j Muhmm Ii
hi d h- Iss;t Ahmli h- i sj Nasser bu lm il, Muhm mli h- Amir
hRumh ,S'Ii h- Bawn di et d'a tres encore.
Les tenttlVes de ces poètes Il se sont pa H'enturées Ion du style
trlii to Il l, que ce soit da la forme ou da la métrqu e. Le contenu
demeurlt le plus souven de type romti} ue. En fil, le vers Ibre da sa
forme modem (son usg du symbol~m e, de lam ytholog e et de la
trlii to p son I@; g et ses métph ores) res t pa ppa u w t les a ées
soixa e-dix et le début des a ées qutre- vB t.
Nous H'on s soulig é précédemment l'n fluence de la pensée occilen tre
et d'écoles Ittér res comme l'existeth ~me et le surréh ~me . Pa lie urs,
le mod e Rh e et le mod e enter ont été les témoia d'évènements tels que
la Guerre des 8 Jours en 1967, les Il cords de pK de {i:mp DH'il en 1979
et l'n vao n ~r 61 en e du Lba en 1982.
Les a ées soixa e-dix ont égre menma qué un bond da le destn du
Royam e qui a consilé rh lemen modifié l' orgit stD n SOCR le et
économqu e. La g it rtD n des Ji es soixa e-dix a en effet trouvé sous la
forme du vers Ibr e unm oyen de me pIlle ax sentin ents émerg tI; et
d'exprin er leurs n que tudes pa rpp ort à larp il té du cha g men et de la
modern stD n Avan que nu s exploro a cette g it rtD p n us devoa
metO n er deux poètes m~ urs, GhaziA bd h- Rahma h- Q!; hi (né en
1940) et Muhmm Ii h- Ali (né en 1940), qui tous deux ont pm qu é le vers à
deux hémistche s et le vers libre, contrbua n lJl demen a développemen
du vers Ibre.
L'expére ne poétqu e d'h -Q!;hi remonte ax a ées soixa e. Il se
distll ge de n mbreux at res poètes pa sa voix n dépenda e. Sn I@; g
est rche , cohérent et pu~ smm en évocœ ur. Le ton personll 1 de la poése
d'h- 4! sh i ill pa broullé sa perspicact é et son d~ce m men pa rj)po rt à
l'ensemble des questo a ID es et à la défense des cas es du monde Rh e.
L'llti vté mi stqu e de Muhm mli h-A Ii remonte égre men ax Ji es
soixa e. Toutefo~, sa poése ill toujours pa été rase mblée da un recueil.
Elle est in prég ée d'a g ~se et d'a xe té. L'n fluence des structures
20Itr oducto n
tnii to n lles trap tût da son l~ ~ ,en pm culi er da la pureté du
vocabulare et un dicto n rrép rochable.
La poése d'Al-Ali repose fortement sur les rche s tnii to 9 de la régo n
du g Ife ah e et 1 a recours à ces tn! ton s pour n tensf er et pp rofondr la
force d'évoctV n du poème, pour l'enrch ram oyen de divers types de
sug sto n et de s15n fictV n
Les a ées soixa e-dix et qutre -vn g; ont été le théâtre d'un florÏio n
de la poése modem ste. La rupture H'ec la versf cri on trdi to nn lle permit
d'élag rie chm p de l'Ilt irté poétqu e, d'n troduire un plus gt de vIi té
et d'offri ax poètes des moyens d'expérin enttV n contn ue, H'ec
l'rru pto n de n uveax n ms et de n uvelles g il rtD III. I) 'd
hIùn it een fut le preme r poète à puble r un recuel de poésies en vers libre,
Dessil s sur le mur, en 1977. Il fut suvi des tenttt yes de quelques jeun s
poètes.
Parmi eux, certit s poètes s'don D n exclusvem en a vers Ibre td ~
que d'a tres pratqu il n as si be nie vers Ibre et la poésie à deux
hémistche s. fDn s: Ali h- Dumit j Muhm md h- Thubatj Ahmd
hI) Ih, Muhmm d JIn h- il rbj Abdlih h- I) k h~ Abdl11ah h- Zit ,
Jdt h-S, Khadj a h-U mt1j ThufJY a h- lJ yil, Latf a (Q rj Ashja
fJI di, i tin a h- ~ ,Jasin h- Bha yyh, Ahmd fî n h- h- Zahra j I) lih
h- Zahra j Ibrh in Mf th, III; it Bha I, Ibrh in I) 'bj Abdl11ah
hRasheed, Ibrhi m h- Wafi, Ibrahim Zoulj Muhmm d Mus~y a Mubal£
III; it h- Arwi et Abdl11h h- Khashrami.
Avtt que n us commetD 9 les cm ctér~t qu es de la poése en vers
Ibre , n us devons soul15n r que les poèmes à deux hémistche s écrl s pa ce
dern er gm pe consttu il n un rupture pa rpp ort ax conventon s de la
jjf rma e n un posito npoése trdi to n lle da la mesure où 1 s
contemporan e et un l~ ~ n uveau, Ibér é de la rhétorq ue et du style
orto reo
Des crlqu es H'O ent que certit s thèmes ont dispa u de la poése en
vers Ibre, et qu'ls furent remplllés pa ce que n us pouvons ppe 1er des
ilée s ou pon ts de vue. €hit es sto es concernent le destn de l'homme,
les femmes, l'm our, la mort, les convcti 09 et il éolo15es, les débats
phlo sophiques, les cas es tV œ set communat res ,l'exil de la dé ou
du vila g ,et toutes les formes d'tt en te à la Iber té.
La poésie saude n en vers Ibr e se com re à toutes ces queston s, ce
qui lui confère it si son il entté et sa spécf et é pmn i les voix d'a tres
poètes du monde ah e. VOKqui H'R ent recours ax outls d u symbol~m e, à
l'in g œ loch, ax fiW es populre s de la pénn suIe, a v och ulR e
dœcth, à des motf s du désert comme les cm vo s, les dun s, les mélodes
et la pluie, des Bt rumetI; de musqu e comme le rba ba (vo Ion à un seule
corde), les da es et les rythmes folklorqu es, et la profonde corréltV n entre
les techn ques ci-dessus et la consce ne des hhtm de la pénn suIe.
21Par-delà les Dunes
Les tnii to s relg eus es furent égre men employées sous la forme de
références à des récts relig eux, à des évènements et person ~ s historq ues
de l'~ lm et da l'utl ~a tion d'un termil ologe relg e use.
Le drm e poétique à pluse urs voix fit son ppa to p de même que la
poésie qui in tit les dilD g es et le style Ira tf des contes populnes. Pour
ce qui est de la dicto p le vocabulne poétq ue fut l'objet d'un renouveau,
td ~ qu'} comprenit jusque-là des métph ores complexes et des excès de
muscm té. Au contri1e ,} se d~t B ua à ce momenl à pa sa douceur, le
ChOKde termes éloquetB et l'us~ d'expresso s dire ctre s et populne s
qui fa il n écho ax rém tés quotil ens et à la ve des g III ordiœ s.
Das la péro de utu elle, le Royam e comprend un certit 0 mbre de poètes
s'do n tt à la prose: i wZyYa Abu Khalil, Ahmd Ir Mull;t Muhm md
Ir Dumit ,Muhm md bJ it Ir il rbj Ma our Ir Juhail, Abdl11ah Ir
li1, Ibrhi m Ir III; it ,Ghassa Ir Khilll i et 111da Ir Dag fq.
De même que da le reste du mod e ID e, quelques crli ques en Arabe
S oudite estin ent que le poème en prose est trop VB e et mystére ux, et
qu'} n consttu e re n d'a tre qu'une tentt1We de rompre H'ec le pasé ,
d'oUVIT secrètement la porte à des personn s dépourvues de tre n poétique.
Au demeum le poème en prose ill supplre il le vers à deux
hémistche s il le vers Ibre . Il a surg da un péro de d'il tense utv té
il tellectuelle et historqu e pour in poser son propre style poétq ue. De forme
brève, le poème en prose est fod é sur le rôle cetrh d'un ilée, d'un
symbole, d'un évoctD n et sur l'écItn te conc~o n du poème. Il repose
enfu sur l'étrg eté, la d~s embla ce, et la perplexté.
La n uvelle
Les premers essa~ d'écrlu re rie en Arh e S udte sont pp HUS
entre les deux ger res da le cdr e du mouvement littéri1e réformiste. €S
essa~ furen pubIC s da des joumx et m~ il es de gt de diffuso n da
les pm cp res vile s du Hi ja.
Da ce contexte, pa plus que da d'a tres PJS ID es, les 0 uvelles n
s'extra ent pa des formes convento n lIes telles que les cores populne s,
les as emblées (mg ma s), les joutes poétqu es (munClll a) et les débtt s
lttér nes 0 ctum s (musma ra). Nul écrV it n fa it figr e de pion er,
comme c'état le ca d'Edg Alla Poe, Guy de Ma pas tt et Gog 1 en
Occil ent.
La trduc to n a joué un rôle détermil tt en ~ tt l'il térêt d'écrVa s
ID es en Ég pte et en gt de ~ e v~-à -v~ des styles modern s d'écrlu re
a ratv e et théâtrale.
L'a t de l'écrlu re a évolué progressv ement da le contexte du discours
réformiste qui en pp elit a progrès, ax H'a cées et à la modem stD n De
f!fo n g il rre , c'est le discours du «jourli.; me» qui a répd u un
diversté nouvelle de formes, d'il ées et de styles. Pluse urs crli ques ont
motr é que les premères tentatves concIuares d'écrlu re Ira We
22Itr oducto n
pmg eim t un socle commun H'ec «l'essai jourh ~t qu e » en générk et
H'ec «l' essn Ittér Re »en pm cu 1er.
L'écrtu re a rati' e représetR t l'esprt du temps et pa lit en son n m.
Elle jouit égre men un rôle cruck da le renouvellemen des styles
d'expresso n et de composition, et da la rupture H'ec la Ittér tu re de
secod ordre des péro des de décln œ re ures.
Les at eurs qui condu~ il n le mouvement de renouvea et de
modern stD n de la poésie et de l'écrtu re lI1Ji ve étiln t quelques-uns des
écrivit s de preme r pIa puble s da les quotit e B, les hebdomdi1e s et
les mew els. éi1: it s furent des jourli; tes professo n els la plus gt de
pm e de leur ex~t ence, da s des fonto s de directeur et de rédat eur en
chef. €S hommes de lettres furent les pion ers de la n uvelle élte culturelle
da un soce té qui profiit a même momen de la multp ICa 0 n des
écoles, des in primeres et des ma os d'édton . Leur soce té commeQit à
pen e à communqu er H'ec le mod e modern j)r ès des sè cles d'~o lemen
culturel.
Les itée s qui ont pris forme, a cours de la pérod e où l' écrtu re lI11iI e
s'est in posée, ont élag leur chm p et leur profondeur a fil des B. €èi
étit dû lag ement ax efforts vIis d'écrVa n s-po n ers a cours des
premères étj) es de la dya mique n uvelle d'un soce té qui trH' ersit
ellemême un processus d'évoluto n socn le.
Voici quelques n ms d'a teurs d'essa, de poèmes et de n uvelles:
Muhmm d iD Awwd, Muhmm d S 'it It Amoudi, Ibrhi m là j
Abd It Q!l dous It Asa rj Ahmd It Ba 'j Muhmm d iD i qi et
Muhmm d Ali Magra bi
~ lques-us d'entre eux tentèren égre men d'écrie des roma et des
pèces de théâtre. À cette époque, la plupa t d'entre eux occupaen t des postes
de directo n da des joumx ,mg an es, maon s d'édto n et écoles, quise
multpln e n a Hij a. Il serit erroné, toutefo~, de supposer que ces
at eurs il n disposé de conas De s pp rofondies des techn ques élho rées
d'écrtu re nartt ve. € g Te m ~ti que nouvea et ttr J tt en étit à ses
balbute mem en Arh e S udite et œta t pa encore pa venu à mtu rt é en
Ég pte, PJS dont les écrivit s étil n perçus comme des « modèles» pour
n s jeun sat eurs.
Da la péro de n tre ,l' écrtu re Ira tve modern ne s' étit pa encore
fermemen in posée, à la dff érence de l' écrtu re poétqu e et de l' essn La
premère est fortement enran ée et vénérée das notre mémore collectv e ;
le secod a rp item ent ~ é du terril, pa ce qu'l étit en phae H'ec le
n uvea moyen de communctJÏ on de mas e que représem t la presse à ce
momen 1 à.
Il res t pa surpren~ pa conséquent, que l'écrtu re nartt ve ped tt
les a ées« fod Ir ces» nous pp ffi sse ajo urd'hui f létre, teiree de
sentin entm sme et domie e pa les itée s. An si que le décrt Maoou r It
Jdn j ces récts demeurèrent jusqu'l y a peu « un at re type d' essn socn 1
qui tend à la réforme, ma n e se conforme pa ax règles et prn cp es de
23Par-delà les Dunes
l'écriu re a ratve ». Le réct œt it pa, pa lui même, le but ultin e de
l'expresso n nt~ tqu e, ma étit plutôt perçu comme un g Te présen tt
son propre ttrit pour des éCrV8 à la recherche de formes 0 uvelles et
pour des lecteurs en quête de dye rt~se men
Les recherchaen probh lement us si un échapptore u choc
et à la surpr~e cu sés pa les évènemem poltqu es qui avil n don é le u à
de brusques cha g mem de régin e. La mju rié des récts de cette péro de
conten n n des élémem qui encourg ent 0 tre combat.
Nous remnqu ons, pa exemple, que la d~t De entre l'écrVit ,le texte et
le lecteur étit plus mine que ce qu'elle ur it dû être, du fit que les
écrVit s man pulae n souvent la trme Ira We et les person~ s pour y
n troduire leurs opin os personn lIes. {ès t ce qu'ont motr é Muhmm d Ir
Sm k h et Mamu r Ir il zin i da un h yse détail ée. Nous retrouvos
l'n fluence substtr lIe de pluse urs tris de l'écriu re Ira tve modem
chez des ut eurs tels qu'Ahmd Ril a lib hou et Muhammd Alem
hAfghit . 8 0 us 0 us efforçons de comprendre et d'explqu er ce
phénomène, cependa t, 0 us devrons 0 us H'en turer pn-d elà le contexte
soco lttér i1e loch Ahmd Ril a lib hou, pa exemple, étit ~ éren et
mît r~a t pma tern ent le fiv a, l~ ue da lqu elle 1 H'a t probh lement
lu les écri s sophistqu és des discp les d'Edg Alla Poe (da des
trduc to a) et de Guy de Maupa s~ lesquels étil n tous deux des
pon n ers de l' écriu re a1Ji ve da le contexte lttér i1e occilen th
DJ s15n de l'n fluence de la lttér tu re occidetre da les réct s écri s
pa lib hou est la discusso IBUr la fin de la lttér tu re et de l'nt da un âg
de « science et de SH'am ». élt e il ée se rppo rte ux thèses de ~ el, qui
étit ét~ er u contexte g it rh de la Itté rtu re Rh e à l'époque.
All si donc, les écrivit s étil n à cette époque l' élte qui ouvrit lavo e
et étit à la tête de la ve culturelle u Hij a, us si ben qu'en Ég pte et en
Grad e ~ e.
De son côté, Muhmm d A lem Ir Afghit étit ori15œ d'Atg it stJl
et be n que 0 us conas 0 s m h sa bo fPh e, 1 est perm~ de supposer
qu'l pnla t courmm ent l'~ la et l'urdu. Il est donc possbl e qu'l it
conn da leurs trduc to s ~ aes les écri s de Gogol et de Tcheko v, les
pionn ers de cette Ittér tu re en Europe de l'Est. él te hypothèse est soutenue
pa le climtt d'optin ~me et de réli; me da lequel bg nent ses écrits. Das
sa 0 uvelle Deux Oie ux s' ell altt vers la lua, Ir Afghit poursut la
fuso n et l'n tem to n entre «lttéra ture» et «sce ne », et 0 n pa leur
opposto n n leur contrdc ton. Tout se pase comme s'I chercha t à offri
un équvre n à lm uvelle de lib hou, Le deril er hiver.
Da les ca où nous rencontrons des 0 uvelles écrites à hm ême époque
pa des ut eurs saud e s qui se distn Ben t pa la force du l~ g ,un
h yse substtr lIe des pensées et émoto s des person~ s, ou encore un
usg délbér é du SIlC8llle ,ces élémem sont à it rbue r u tre n créatf de
l'ut eur. Ils reflètent égre men leur concepton d'un œuvre comme un
tâche sére use et plen e de sens, et 0 n pa un distmto n pasa g re et un
24Itr oducto n
source de profit. Nous peoo s que ces sujets mérien t de plus mp les études
et recherches, ce que le cdre de ce volume n permet pa.
éèi est égre men vra de la relatim entre la n uvelle et l'essai a début
de l'histoire Ittér Re du Roya me. La question la plus in portre, qui mérie
un exm en scrupuleux au moyen des techn ques compœi yes
contempora n s, se rppo rte a rôle cha n ère du m~ ne AI-Mna I (fondé
a pm temps 1937).
€ péro dique a contrbué à me conÎtr e l'nt de la n uvelle et à
renforcer son ttr it et sa vre ur ax yeux de l~ it rtD n des pion e rs et de
leurs successeurs. Depui; sa premère pHUto p ce mg an e lttér Re veilla à
n sérer un n uvelle da chq ue pHUto n sous la forme d'un rubrqu e
conne sous le n m« Priœm ps de la DUVelle» ou « La l1UVelle du moi; ».
fi4 ue pa uton comprenit un n uvelle écrie pa un écrivit du Hij a ou
pa un corresponda tnra lla da d'a tres régo s du Royam e.
Dum cette péro de, AI-Mn h fut le seul mg an e à se com rer ax
écri s Ittér Res . En outre, n us y trouvons as si des criq ues de n uvelles
pubIc es da les pHUtos précéderes. €S efforts maqu im t les débuts de
la crii que lttér Re ppl qu ée à la n uvelle, dont l'a lyse combn it des
spec ts technqu es, comme le style et la constructo p susceptble s de cpter
l'tte tO n du lecteur.
Par lie urs,} est n contesth le que le proprctRe et rédateu r en chef de
ce mg an e, l' éCrVit et lig ui;t e Abd h- 4!i dous h- Asa rj étit l' éCrVit
mué de la plus lJl de moo rié crii que qua à l' in portoe de l' écriu re
Ira tve da s la lttér tu re modem. {ès t ce qu'} exprin e cIa emen da
l'n troducto n de sa n uvelle Les jumeux , que certit s consiiè rent comme
un œuvre m~ ure da l'nt de la n uvelle en Arh e S oudite.
Nous pouvons comprendre le désI d'Al-As ni et de lib ou, deux des
pm cimx rédateu rs de ce m~ ne Ittér Re d'H' tt-g ade, de publer un
lJl d n mbre d'écris trd uts de I@; ues comme l'urdu, le turc, le russe, le
tiv B, l'@; la et le jp ona.
€ choK mit festit leur pnt i pri; personn 1 pour ce n uveau g re
nt i;ti que, at a que leur compréhenso n de son n térét pour les lecteurs. Les
œuvres trdu tes offril nun opportun té n estin h le ax at eurs de cette
g it rtD n et à leurs successeurs, tout en leur permetta t de découvri et de
discuter de n uvelles plus élhoré es nt i;t qu ement et plus mûres
n tellectuellemen que leur propre producto n
En résumé, les n uvelles dta n de cette péro de ti re constlu il n un
phae «d'n n cence », comme l'écrVtt Najib h-Au fi. Nous désg n III cette
péro de sous le n m de« pm temps de l'écriu re Ira tve », comme un g re
lttér Re org n h disposa de cm ctères et d'un constructo n spécf qu es.
Da les cas où le conten Ir tif las it à désirer, le réel n 'éta t re n de
plus qu'un essa v!!em en oren té en die cto n de thèmes soca ux et
émoto n els, souvent dépourvu de qulté s nt i;t qu es, sa s sujet distn ct n
concepton spécf qu e, sa constructo n cohérente, observtD n réfléche des
person@; s n descrp to n des évènements.
25Par-delà les Dunes
éP enda ,I 'h sence de ces éléments da les œuvres de cette g it ru 0 n
étit pa fo~ compeBée pa la rche sse du voch uln e, un style vg oureux et
un correcton lJI1 mtJÏcre exemplRe, en compm ~on liec les écrits des
g it rtD R postére ures.
La compréhenso n des cm ctér~ tiju es de la 0 uvelle comme g Te
lttér Re spécf iju e progressa peu à peu a cours des Ii es soixa e, qui on
profté des trlia x d'écrva il s plus ai eN, directement ou sous forme de
tniuc to III. €J:t e g it rato n bénéfCn encore de la créato n contil ue, daR
de 0 mbreux p~s I1h es, d'œuvres Ira tves quig ~ il nen renommée.
Au cours de cette péro de, les 0 uvelles ont ttei n un sommet da le
mod e I1h e, gl ce à l'œuvre de Yusuf Idr~ (1927-1991), dont la qulté
dépas it celle de la premère g it rtD n d'écri'n a égypte N, Yahia il qqi
(1905-1993) et le Prix Nobel de Ltté nu re Nagb Mahfouz (1911-2005).
€S 0 uveaux trIi ax S'IlCOmp~ il n égre men d'un discourscrtique
personil fié entre at res da l'essn de lin a Rushde L'Art de la Nouvelle
(1959). € lvr e démotr it le potetrl de ce g Te lttér Re comme éta tle
plus pte à exprin er la consce ne il divii uelle file à l'il sthl té du monde
I1h e, où la conscen ce collectve jout d'un secod essor près la Sc onde
Guerre mod reo
Les discours pk 0 tiju es et tV ti stes de l'époque jouèren un rôle
déc~f da la promoton et l'a lyse de cette tm sformtV p en pa tcul er à
la sute de la révoluto n en Ég pte en 1952.
L'écrlu re Ira tve de la 0 uvelle g it rtD n devil t lu rs un fin en soi,
sa rompre liec l'ensemble du contexte socn I et culturel. Au contrÏie ,les
at eurs de 0 uvelles Il quien t un melle ure conBs De des
cm ctéristq ues et des éléments de composito n de la 0 uvelle, susceptbles
d'il tensf er la force expressve de leurs œuvres et leur in pll t sur le lecteur.
Le meilleur il dicœu r de cette mm rté 0 uvelle est I lustré pa les
th ologe s d'écri'it s tels qu'Ibrh in h- Nasser, Ghalib il mza Abu
h~ Si h- Bawn iij Abd h- Rahma h- Bà r, AbdWh h- Juftj
Luqma Youil s, AbdWa h fil Jam'a, Ba 'i Ulm Jl Njit Khayytt et
d'a tres.
€ phénomène, qui se produ~t à la même époque a M~ reb, en
Gm de ~ e et en Ir~ lin t pluse urs dimeoo a- clés. Par We urs, I
stin ula le pas ~ ou l'évoluton depu~ la phae «d'il 0 cence» jusqu'à
celle de «mm rté »de l'nt de la 0 uvelle, où l'at eur at a que le lecteur
étil n lier t~ des spécf dé s et prélh les de cette forme Ira tve.
Les écrivit s devil rent consce tI; de l'in portae du professo n l1isme,
pa ta en se corom t exclusvem en eux-mêmes à l'écrlu re de 0 uvelles
qu'en dédia plus de temps et d'effort à ce g Te lttér Re ttr ~a t ma
exg ea .
Les écrivit s n pouviln t plus consiié rer ce g Te comme un lo~ r
occai onn 1.Pour prétendre puble r un recuel de 0 uvelles, Is devae n être
sûrs que ces réels mértiln t l'tte tV n des lecteurs. Plus encore, un bon
26Itr oducto n
écrVit étit tenu de démotr er qu'l mît r~it cette 0 uvelle forme
d'écriu reo
Il s'ensuvt que l'pp elltV il< ut eur de 0 uvelles» aqu t un lég tin té
put culi ère, ux côtés des désg tV III de« poète », «u teur drm tiju e »,
« romui er » et «criq ue ». De plus en plus, les g B devn rent COBcen ts
du contrat e entre forme et d~c ours, et pa seulemen da le ca de la
o uvelle.
Il est certit qu'un lecture crii que des tnr ux de cette g it rtD n
mettrit en évi! ence des écarts sensble s da la cpa dé des différents
écrivit s à trn sformer da leurs oeuvres un consce ne n tellectuelle en
v~o n ut ~t qu e. Il est tout us si n contesth le que les 0 uvelles produtes
da cette péro de étil t} da leur ensemble, de melle ures qum tés que les
tenttil es précédentes.
Da les œuvres d'Ibrhi m Ir Nasser, Abdl11h Ir Jfri et Hmz a Bogt1j
les 0 uvelles se distn Ben t pR l'un dé du thème, le 0 mbre restrein de
person~ s, la cohérence du clir e spa a I et temporel et un COBtructo n
soli! e. €S qulté s se retrouven da les 0 uvelles de Sa 'i U hman et de
Njit Kh~ ytI, consi!é rés comme les ut eurs les plus doués de leur
gitrtD n
Nous estin ons égœ men que ces tra ts son présetI; da s les œuvres de
l'écrVit ma teur Jamil Ir l1Ja IJl dont la 0 uvelle Au crépuscule est tout
à fit prometteuse. Le l~ ~ de cette 0 uvelle est dere et entrR a
l'at 0 n plen e d'n tensté. Les expéren ces décrie s da cette 0 uvelle
s'enran ent da la condito n humit e, pétre de pm oxes, et que seul un
écrV it de tœ n est cpa ble d'observer et de resttu eL
lIT ut re putcu ht é de l'époque se reflète da s la 0 uvelle, qui a subi
l'n fluence de pluse urs courtI; n tellectuels et stylistqu es.
An sj le courtt réh ~t e se d~t B ue cIa ement da les œuvres
d'Ibrhi m Ir Nasser, Abd Ir Rahma Ir Bà r, S 'Ii Ir Bawnd i et Abdh lh
fil Jam'a.
Les 0 uvelles de Ir 4f ahi , Abdl11ah Ir Jf ri et Jamil Ir l1Ja la
relèvent qua à elles de l'école «sentimetre et romti)u e ». Les
o uvelles de Sa 'i Ulm Jl Njit Khayya et il mza Bog i pp ut e n n
u coura réh ~t e, ma comportent un élémen supplémetR e: une
composre symbolqu e plus lag et plus profonde que les sig f cRi OB
drectes préseres da les réds réh ~t es courtI; .
Il conve n de préc~ er que ces df férents courtI; procèdent drectem ent
de la contn uté et des n temt 0 B de 0 s écrivit s H'ec les courtI;
dOmlltI; de la lttér tu re I1h e et n tern to œ . € qui n sg n fie
nIl ement que ces coura s n reflètent pa, chez ces ut eurs, cooce ne de
soi et consce ne collectve, it si que les progrès d'un discern men
ut ~ti que et ex~ tente!.
Il sertt opportup pR conséquent, d'exmi n r quelques-ua des courtI;
culturels et lttér res et d'observer leur chemin men {ès t ce qu'on observe
da la premè re oeuvre d'Abdl11ah Abd Ir Jabbl1, où l'ut eur pp rofondit
27Par-delà les Dunes
o tre compréhenso n de laq uesto n pa la constructo n de son pp roche
n tellectuelle, ce dont s'à ste n le discours sur l'écriu re nartt ve jusqu'à
présen
Au cours des deux dem ères décen es, l'écriu re Ira We a été
tra sformée de f!fo n si niCl~ qu'l est perm~ de plÙer d'un rupture
esthétqu e et n tellectuelle entre les écriva a de la «génératon modem ste »
et ceux des deux décen e s œ reu res.
bJ ere mble complet de concepts est 880 ce à l'm de la nouvelle, dont
la s15n fictV n a évolué de f!fo n à me pIlle ax éCrVaR de cette
g é rtD n Des criqu es lier t~ peuvent mettre ces vértés en évi! ence,
at a que les lecteurs des 0 uvelles de Muhm md AIWJl III; it Ali
III; it , Abdl11ah Bk ahw it , S 'd Ir Dosarj Abdu Khal, Noura Ir
Ghamidj Badrh' a Ir B~h r et Lala h -bIt i!i b, pour ren 0 mmer que
quelques-ua.
Le monde extére ur n se limite plus à ce que 0 s sens perçoivent des
phénomènes et des reltV a dont dépend 0 tre réh té in médire. Au
contrite, 0 tre sensbl té a évolué et n dut mit tena les 0 to a de
l'n v~b le, du Ion tit et de lam étp hysqu e, qui ont log mps domié le
réd trdton n l, qu'l soit historqu e ou mythqu e, offcel ou popula e.
Le monde n tére ur, d'un at re côté, res t plus restrein à des souvenrs,
un in g tV n et un contempltV n que l'on pourrit mir~er
cosee mment. Au contrite, I comprend à présen« tout» ce qui est
enreg~t ré da ce« cotn ent n conn» que fuu d pp elle l 'n consce n
{ès t deven le rôle de l'écrlu re modern de mettre à n et peut-être de
célébrer 0 s désr s, fiR smes et obsesso B, en ta que symboles de la file
cachée de 0 s ex~t ences n flua 0 s comportemetE .
La 0 to n de «cr~e » n'éta t plus confié e à des emplllem ents
détermn és ou loch ~ée da un contexte pm euli er du réd . À l'n verse,
cette 0 to n se dég it de l'ensemble du texte lui même. Les obsesso a
propres à un seul n divi! u semblil n s'être combn ées liec les tea on s
g é rœ s pour tra sformer la crise en éttt merit et psychologqu e, a
moyen du si ence, du d~co urs et de l'écriu reo
a éttt étit peut-être souli~ pa la multP leté des n vea x de
s15n fictV p qui fsa t émerg r le sentin ent d'~o lement dont souffril n la
plupa t des protag n stes da les 0 uvelles de cette g é rtD n
Ma our Ir Jdn i dés15n ces dem ers pa l' expresso 11« la g é rtD n
d'é~ ers ». € choK de termes prolong le type de consce ne metO é
plus hat et, de f!fo rg énérœ ,s'me ule égœ men liec l'écriu re modern .
D'a tre pa t, le l~ g de la 0 uvelle a égœ men évolué, ~ a en
condi on, vva dé et en rythme. De cette ma ère, la plupart des écrV it
motr il n qu'ls étil n consce tE des d~ ers de la di~s so n et du
verbg
~ lques écrivit sont égœ men commeoé à s'do n er à des structures
IB; u~t qu es muettes, comme les espll es et la ponctutV p comme s'I
28Itr oducto n
s'g ssit de quelque I@; ag mg qu e pp récié ta pa les a teurs que pa
les lecteurs.
L'a t de la 0 uvelle commeQa peu à peu à il terag r H'ec d'a tres formes
comme la poése , le théâtre, le cil éma et les producto III orres. La 0 uvelle
preit égre men en compte l'œuvre d'a t, qui est deven e plus présere
da certs recuel s, comme s'I s'g ssit d'un« texte pal1lèle »qui
devrtt être lu et pp réce pour ses qulté s lttér res en même temps que le
réct écri.
Muhmm d A lwa pav il t à il troduire les composares poétqu es à
l'il tére ur du réct, révéla un dimeoo n de sére ux et de profondeur, et
soulg a lafu so n des deux g res ,on seulement pa la wa cté du
I@;~ ,ma plus g it rre men eu égad à l'lit de l'écriu re Ira We.
Si h- Dosari et Ba reefa h- Bm la contil uèrent à fu e us~
d'éléments drm ti}u es, trés du théâtre as si be n que du cil éma Ils
utli sa ent la segmetiD p la réof@; ~tD n et la fuso n des déth s de f!fo n
à file du réct uo «scène» da lqu elle les sg 0 s v~ uels jouil n un rôle
détermil a pour la constructo n et l'Il hemio men du messg e.
Abdlih Baka hwail et Jarl11ah- il meed recouril nad ~cour s sur la
foIe pour désa teul er lafo rme g it rre du réct et dépeindre des il divii us
mh d es et égaés , lllRgti sés et il cpa bles ou refusa de s'da pter à uo
soce té perçue comme étraB et ~s sile.
Azj1;Abd h- h-M ~hri ,Marym h- Ghamidj Turk h-N ase r, Bit a
h8iri et il sa h- Nim i tentèren à pluse urs repr~ es de me des emprutB
à la forme des récts orux, permetta t à l' écriu re a rt1We modem
d'il tégrer les contes trdi to 0 Is et les réct s Di ens des mji i; sha 'bi
(ase mblées trba les).
L'écrVa n Jubar h- Mulh a in it et mît r~it l'lit de« l'il sUn it »
ou du «réct court» comme 1 le désg it Das ce ca , le texte étit formé
d'un ensemble de séquences relees entre elles et de phrae s brèves et
percutares, chll un d'entre elles pouva être lue sépaé men Les phraes
pouviln égre men être soudées entre elles du fil de leur proxin té
spti re, jusqu'à former unr éct plus en jjf il té H'ec la prose poétq ue
qU'H'ec toute at re forme ri e trd ton 0 lIe.
Tad ~ que la g it rtD n précédente étit il fluencée pa les discp les de
YusufIdr~ , Yhi a Jp:jj fie ko vet Maupa s~ cette g it rtD n étit plus
fi luencée pa les écrits de l'at eur de 0 uvelles syre nZa By ya Tamr (né
en 1929), un des at eurs les plus émil ents du monde ah e, de l'Égypte n
Abdu Juba r (né en 1948), du Moocit Mohmm ed ZafzR (1945-2001) et
du très org il h écrivit ég pte p Yhi a h- Tahir Abdl11ah (1942-1981).
On relève égre men l'il fluence de Kafk;t déc~ile da s les 0 uvelles
d'Abdl11ah Bakh wit . Le concept d'« il fluence» mérie un exm en
tten tf da ce ca pac e qu'l 0 désg 0 plus les messg es trdi to 0 Is qui
étil n pris en consiié rti on pa les études compila tves, ou pa «l'école
tiv ae » en plit euli eL
29Par-delà les Dunes
Les écriva s de cette g it riD n ill vil n plus recours à l'in tiD n de
leurs pi1s pa le seul respect. Au contrne ,Is se mirent à écrire «comme
eux» poce qu'ls pouvil no bserver que le I@; g et la techn que de ces
écriva s, le regad qu'ls portil n sur eux-mêmes et sur le mod e étil n en
aco rd H'ec leur propre conceptim n tellectuelle et nt~t qu e. En d'u tres
termes, ces écriva s commeçim t à former un front ID e rendu possble
par les communetJÏ ons n tern ton re s et le vent de modem siD n qui
poc omit Ie mod e.
À cette étp e, l'écriu re Ira tve fit pnt e d'un discours g it rh da la
lttér tu re et la culture. Plus encore, elle est un ma festiD n et un
expresso n de l'in pat du modem sme, dont les effets peuvent S'H'érer us si
ben positf s que it g f s. Elle consttu e égre men un réflexo n sur les
comportements n divil uels, iD ux et huma s.
Nous H'on s peut-être beson , ujo urd'huj d'un crii que pp rofondie des
«m bg uïtés du modern~me », à l'écart des débts enflmm és et sin plistes
n urr~ pa les rilh tés n divil uelles et il éolog ques. €S dem ères hm t
iD uté nI crédt n tellectuel à n tre d~c ours culturel.
L'in pat de lam odernté n e se trouve pa un quement da un pett
n mbre de poèmes, de n uvelles et d'essa journ listqu es. Au contriJe, I
conve n de le rechercher da les etr epr~es v~a t un modem siD n
Isobre , comme c'est le cas des progrmm es de développement et des
cha g metE nieu x qui en ont découlé da tous les doma es. Jusqu'à ce
jour, n us demeurons n cpa bles d'a hys er et de rendre compte de ces
nili ves, n tre propre débat culturel sembla t lui-même n cpa ble de se
renouveler.
bJ utr e phénomène qui mérie un exm en !ten tf et pp rofondi est le
décln progressf du lag g de la n uvelle da les œuvres des génértD III
suva tes, en compila ~on H'ec les œuvres des écriva s de la g it rtDn
fod tre e.
Le I@; g utli sé à présent n possède plus la même force da son
vocabulare et sa constructo n En effet, on y trouve quelquefois des erreurs
sémti} ues et grmm tra les. Les sg n s de ponctuiD n et les symboles
typogrph qu es son souvent utli sés de f!fo nf tit ~te, sa comprendre
que ces sg n s muets fon pnte de l'nt de l' écrlu re modern .
~ lques études criqu es modern s ont cherché à restren dre à des
modèles limités les styles de l'écriu re Ira tile en Arh e S udite. bJ
exemple en est l'œuvre de l'Égypte n ID Hl, qui se borne à metD n er
les styles «lyrqu e », «drma tqu e» et «cn émtog rj)h qu e », du fit de
leur usg g it rm sé da les n uvelles en I@; ue ID e.
En dépit de l'utli té de cette étude, n us contn uons à peser qu'élag r le
cd re de l'étude à un plus lJl d n mbre de textes et de styles a rrtf s peut
enreh r les concepts théorqu es, selon le contenu textuel et les thèmes de
recherche.
Depu~ ce poin de dépa t, n us H'on s il entf e et h ysé qutre styles
da l 'écrlu re nartt ve en Arh e S udite, et le lecteur ur a le lo~r
30Itr oducto n
d'observer leurs cm ctér~t qu es propres en l~a tles extris conten s da
ce volume.
1. Le premer de ces styles est le «rém sme diiatq ue »,
qui tend vers la discusso p la descrp to p l'a lyse et la
documetti on. Il met en rele f le réa sme ou «1 'objectv té »
de l'écriu reo Le texte se développe ut our d'un« évènemen
extére ur» et les écrivit s s'tta hen pmcu lièrement à
resttu er cet évènement da un ton us si «neutre» que
possble, c'est-à-dre da s un forme qui replae l'évèo men
da sa perspectve et sa log que propre.
2. Le secod style emprunte à la poésie lyri}u e. Il exprin e
pm cp re men l'i1 téro rié du Ira eur, da un style concentré
sur les sentin ents subjectfs, les pesée s et émoto a
persono lles. La rém té et l' objecti' té 0 fon leur ppa rio n
qu'à tir e de prétexte à des débordements émoto n els da le
texte.
3. Le troisè me courtt est celui du «souffle de la
consce ne », qui dépend de la Ibér tV n de pensées spontJi es
qui j)P ffi ssent da le texte comme les vestg es de désirs, de
rêves, cu chemars et hWuci1tV a, sa ordre logqu e. € style
tm sforme l' évèo men tout enter en chit 0 verbre et en
comportement physqu e qui outrepas en les tten tes normales
des lecteurs, et que l'on 0 peut comprendre sa uo pus e
dubitt1We.
4. Le dem er style est celui du « dilD Be multp le ». Il se
d~t B ue pa uo multpl dé de voix, un diversté d'a cents et
de poirn de vue contnii ctoires que l' éCrVit tâche de
juxtpos er, sa que domi1e uo seule voie SI on Mk ha
Baati1 e, ce style est présent pm culi èrement da le romJl
ma les 0 uvelles modem s peuvent recouri à pluse urs de ses
techqu es, pa exemple da s les œuvres d'Abd Ir Azj1;Mishri
Les queston s centrre s et leurs pm cpux fate urs culturels peuvent être
rase mblés en deux gm pes pm cp ux desquels procèdent tous les ut res
styles.
1. Le preme r gmpe se distn Be pa l'i1 cIi1tV n que
motr it n pluse urs écrivit s pour l'expresso n d'a pects de la
« réh té extére ure », à uo échelle SOCR le locale ou g it rre.
élte prédlect 0 n domio le tnrh de la g it rtD n fod tr ce,
et étit ore ree vers la réforme.
31Par-delà les Dunes
De n mbreuses œuvres pp me a à la g it riD n du
renouvea on do pté le style du réh ~me socn 1. €S œuvres
étn n centrées sur les thèmes du progrès, de l'un té et de la
justce socn le, qui étn n populi1e s da le discours socn l~t e
at a que da le discours niD ti ste, et qui domiil n la
plupart des cercles ID es depu~ la fin de la Seo d e Guerre
mod re jusqu'ax a ées soixa e-dix.
2. Le deuxè me gm pe comprend des œuvres qui
s'lien turn n da Ie mod e de «1'n trospecton> . € groupe
trd ut les souffro es d'écrvn a da un soce té qui n
comprenit pas leurs il ées et leurs apI iD a à la Ibe rté, à la
justce et a progrès.
Les écrivit s de ce type étn n n trospectf s et pensn n que
c'étit la seule f!fo n pour se me rencontrer leur personti té et
leur écrl ure. En effet, cela étit très coura da les n uvelles
de la g it riD n du renouvea, dont les at eurs souffrIen t
ultére urement de la décepton entra it e pa l'échec des
«gru s rêves »prom~ pa les g it riDn s précédentes.
Au leu de cel;t Is vva e n a quotil en «1 'in pa t de la
modern té » qui se mit festit da des traf ormato III rpi des
des styles de ve, des reliD a de trlin 1 et des moyens de
communciDn . L'in pat de la modem té entra a égre men
un exode rurh depu~ la camp~ et le désert en direction des
lJl des vile s construtes à la sute du boom pétroler et ped a
la mise en œuvre du pIa qun quenl\ liec toutes les réa ton s
psycho log ques et socn les Ie es à cet exode.
élte g it riD m 'a pa créé de toutes pèces son sentin en
« d'~ole men », et s'Is ont écrl à ce sujet, ce res t pa pa ce
qu'l s lin ent lu les œuvres d'at res at eurs. Loin de cel;t Is
vécurent ce serin ent d'exl, et en soufille n les épreuves da
leur ve et leur trIi h €J:t e stu iD n poussa Maoou r It
KIn i à metD n er ces écrV it s da un de ces crlq ues
sous le n m «g it riDn des écrivit s exl és ». La formule est
pertll ente, pu~ qu'on n s'tt endrit pa à ce que des écrivit s
sensble s et riD n Is se sentent à l'it e da un mod e don la
techn log e, l'n forma on, les in ~ s et les vh eurs lin ent
renversé un soce té trd ton n lIe quj jusqu'l y a peu, n'Ii it
eu acu n contat substtr lliec le mod e extére ur.
Il est in porta de répéter ce que n us lion s précédemmenm ento n é
àpropos de n tre discours iD it Le discours ltté rit e est pm e prenre
d'un dlug ue culturel à lJl de échelle qui en est encore à ses blbu te mem .
La seule voie pour me pro~ss er ce dilu Be pas e pa la pr~e de
32Itr oducto n
consce ne de l'in porta ce de la recherche, de la créatim expérin entre et
de la volonté de pred re des ri;q ues, et 0 n pa l'excès d'a sume.
Nous palo s de la« seule» voie pace qu'ac un rél1i.;tV n et acu n
cha g men n sont possbles sa la combil Ho n d'un consce ne
« théorqu e » et d'uri h eur pratqu e qui don e corps à ces théories à trller s
l'écriu reo
Le rOIDa
En retn;m t l'histore du roma en Arhe S udte, 0 us cherchos à le
rendre Ilcessi ble ax lecteurs ordil it es. Nous tâchos égre men
d'il terpréter des extriB de mans cris ve ux pafo i; de plus de soixa e-dix
a, et don la l~ ue, le style et les techil ques diffèrent des créato s
modem S. Telle étit certes la tilt é des il troducto s ax at res g res
Ittér n res tiBr tt da la présente th ologe.
L'écrlu re romo sque se distil Be d'a tres g res da la mesure où elle
est plus il troverte, 0 rmée et où lui fon défat les cm ctères Ittér Res
spécf qu es que l'on trouve da la poése , les essR et les 0 uvelles. Ceci
peut être tit rbua ble à la 0 uvea té et à la difficulté de ce gn re Itt érn reo Le
roma exg e en outre un dimeoo n d'lt rui;me et de lag esse d'espri
envers at rui
fi la poése jout d'un log ue histoire da la tnii to n Itt ére e ah e, si
les essR et les 0 uvelles trouvent des pm llèles da les oi enn s épîtres et
la prose versf ee (mq ma ), le rorna est, pa contre, pm cp re men le
produt de l'époque modem, pétre de confUs et de tenso a. ébi à
l'excepto n des réct s et des volumin uses œuvres Ir HWes de la trdi to n
Ittér Re en ah e cla sq ue.
Le roma d'Abd Ir Q!:i ous Ir Asa rj «Les Jumeax », qui fut puble
pour la premè re foi; à Dama en 1930, est reconn comme la premè re
tenttil e sau den e de ce g reo
D'a tres tentatves ont suvj comme celles de Muhma d Nour Abdlia h
Ir Jawhari (1935), « Les servre s de La Mecque» pa Ahmd Ri! a lib hou
(1947), An Idea, d'Ahmd Ir Ba 'i (1948) et «La résurrecto n> de
Muhammd Ali Magrh i (1948).
Nous sommes frappés pa le om bre restrein de roma et par leur fuI e
degré d'Il compli;sem en at i;t qu e, à cette étp e il tre qui remonte a
début de la secod e mote du XXe sè cleo Les écrivit s de cette époque n
recherchil n pa un expéren ce Ittér Re. Au contrite, leur objectf étit
d'écrie sur des sujets les à la réforme da l'éducR on et la soce té. €S
at eurs présentil n souvent leurs objectf s sur les p~ s de couverture de
leurs roma, da des dédcll es et des il troducto a.
Les a ées cil qure et soixa te ont été les témois d'in porta ts
cha g metE en Arh e S udite qui ont encour~ l'émerg oe du roma
comme g re littérare, en contrate Ilec le roma didllt qu e de la péro de
té reu reo
33Par-delà les Dunes
Da le domit e de l'éduca 0 p les écoles se multplè rent, on fod a des
collèges et des un verstés. Das la sphère soca le, le Royam e refl orça son
homog il té, et les pm cp re s vile s commenèren t à tt fer de 0 mbreux
Bédoun s et vila g ois, qui apa nra n œta e n pa uc outumés à la ve
urban e.
Da la sphère écoo mique, les bénéfices tié s du pétrole ID uèrent,
fa a progresser les revens n divit uels et la ve de la communat é. 8 les
Européens rj)pr ochen l'émerg ne du roma en Europe à l'émerg ne des
cla ses moyenn s, la g il rm stV n de l'éducti on et la multjJ ICa 0 n des
ma ons d'édto n et de la presse, l'pp niD n du romad a les socetés
ah es n fut gèr e dff érente.
Da son livre L'évalutô n du rama ab e madera en Ég pte, le Dr
Abd h- Muhsn Taha Badr ttr bue l'émerg ne du rom~ comme g Te
Utér Re en Égp te a début du XXe sècle, a m ode de ve de la clas e
moyenn égypte n da les dem ères a ées du pouvoir ottoma , au
progrès du tV Ii sme et a désf d'n dépendo e. Le roma consttu it lui
même, en put e, un révolte contre la st@; a 0 n et la trdi to n
Be n que les conditon s im tété df férentes en Arh e S udte, 1 est
s15n fictif que le premer roma ut i;tqu e, «Le prk du surf ce », de
Jtl mid Dama houri (1959), reposât sur le portra t d'hommes d'ji mes de La
Mecque.
De même qu'un put e des fonto n Res, ces dem ers représentn n
hg ade de la cla se moyen e à cette époque. À cet égad , le roma del'H'a
Dama houri offre des sin Uu des H'ec celui de Muhmm d III; it il h,
Zan b quj en Égp te, fut le premer roma à dépen dre la camp@; e
ég pte n e a toura du XXe sè cleo
Le fi s du propre tRe terrien joue un rôle centrh da ce rom~ qui
juxtpos e ouverture culturelle et tttu de t1Ï; tocratqu e. tif fete da s
l'hb i de Ian ui, roma d'Ibrhi m h- Nasser, ppa ut peu pr ès celui de
Dama houri Il offrit égre men un peitu re de la rém té, quoique plus
spécf qu e, qui se rppo rtit à l'Est du Royam e.
Le coura ut i;t qu e qui fit son ppa rio n H'ec les deux roma ci
dessus, explore la queston de la ve fue à la rélté et de l'état d'espri fue à
elle. € tnr h s'uco mplissit pa un processus de réconcla to p comme
da le rorna de Dama hourj ou à trH'er s la révolte, comme da l'œuvre
d'h- Nase r.
Le portrh de la réa té da ces deux exemples est g il rre men
consit éré comme un des Qi es réusste s de l'histoire du rom~ it si que
de l'histoire de l'a t et de la pesée.
Da Le Pri du sa rfte ,Damh ouri décri le cd re local à un pérod e
de traton ,mnq uée pa les progrès de l' éductV n et le développemen
d'un clas e moyen e éclitée. élte pérode s'uhe va da s l'n évta ble
confit de g il rtD III entre l'D en et le 0 uvea.
Ibrh in h- Nasser décri la même péro de de trati on, pétre de
contrdc ton s et de confits, ma 1 déplue ces rém tés da un
34Itr oducto n
envron n men extére ur. Il n se passa pa beac oup de temps, ceped a t,
H'an qu'l n fas e bac uler le roma da un cd re local.
En l'occurrence, l'tte tV n IlCOrdée a cd re et à la pen ture des
tra sformtt 0 S SOCR les témoi!!: que les deux nt~ tes étn n conscen ts de
l'in portoe des enjeux nt ~t iques du roma
€ coura exg eit des deux écrila R qu'ils élag ~s en le cdr e a sein
duquel cette tenso n ou ce contU g it rtD n el pourrit être llus tré. Das ce
cas, le cdre res t pa seulemen spath; ce n'est pa un sin pIe extenso n
du mie u où les évènements et Ilto s on lieu, comme c'est le ca da les
roma d'H' etu res. Il s'g t plutôt d'un expaoo n du temps a cours
duquel les person g s sont ppe lés à évoluer.
fi Le prx du sa rf ée n us trap ortit de La Mecque a {i:re et si fJJ
fete da s l'hb i de leu i n us dépl(fit du vllg à la vile, c'état da le
but de décrie des fllte urs n uveaux et extére urs. éS fil teurs g rH'a e n
consit érh lemen le contU entre les pm cp ax prot~ n stes. Les deux
at eurs ur n n pu, s'I s l'H' nn t voulu, mener à ben leur entrepr~e sa s
recouri à ces cha g metE de cdre. Ils ar nn t pu se servr de la
remémortD p ou de ce que l'on pp elle le« monologue» n tére ur.
L'élarg ssement du cdr e da le roma nt ~tqu e ne devrit pa se limiter
à un ou deux person g s a tour desquels les évènements ~ ten t, et
axq uels on don e le n m de héros ou d'héroÏn da les at res g res
lttér res . Il est n dispeah le en effet d' élarg r le cdr e descrp tf de f!fo n à
n clure l'ensemble des persong s et types représem nies dyer ses formes
de reltim s huma es qui s'aso cen t n di ectemen pour donn r corps à la
v~o n que l'at eur s'efforce de concevor et mrerli ser.
Da Le prx du sa rfte ,pa exemple, l'écrila cho~t la fmi lle d'un
homme d'jjf res de La Mecque composée d'un en~ d'un homme jeun et
d'un vell ad. € choK n met pa seulemen l'Ilc ent sur les contrdi cto s
lees à l'âg ; I permet as si d'enreg~t rer les différences de metm té, de
cpa dé n tellectuelle et émoto n lle.
Le nœud centrh de l'n trg ue est le mai g e d'un diplômé de l'un versté
H'ec un femme d'éductt on plus modeste. €J: apect fut ben sûr un des
fuI esses de la condito n de la femme en Arh e S udite I y a plus de
cn qure a, ma ce res t plus le cas ajo urd'hui L'at eur pp rofondit le
contU da la person lié du héros en le fa tt S'ttll her, jjfec tvem ent et
n tellectuellemen à un femme dp lômée vva n da un at re régn . Q! e
doit-il me ? Devrtri I Sll rfer sa cousn e à lqu elle I est le pa le sa g et
pa un eng men de mai g ? F ut-il a contri1e qu'l renonce à sa
n uvelle pnten re ,à qui l'un ssent la pesé e et les sentin ents ? €ll e-ci est
a fod la femme itéa le à lqu elle I apre ade mmen et la personn qu'l
veut. Tel est le die mme etr e émoto n et ra on. Il cho~ra en fin de compte
la premè re des deux, qui deve n le prK de son sllrf ce.
Ibrahim Ir Nasser fit de même da son roma fJJ fete da s l 'hbi de
la ui. La fmi lle qu'l cho~t de dépen dre da s ce récit représere la clas e
35Par-delà les Dunes
moyenn , des hommes d'a mes fortement UIl hés à leurs coutumes et
tnii to a La fini lle asi; te d'h ord ax traf ormato a écon miques et
soca les que trli erse le vi l~ ,Ii a de le qutter pour la vile, ses tenttV B,
ses plms ,sa Iber té et ses problèmes.
€: déplllem ent soumet le foyer conservreu r de ]il Amma ax d~ ers
de l'effod rement et de la rupture. La trg éde se concentre sur le person ~
pm cp h, le fils m é de cette fini lle rurre conservtr ce. Il est peu à peu pri;
a piège de contrlii cto a multjJ les: la communat é vila geoi;e file à
l'éelrem ent de la ve urbo, la rg it té pre fil lle file à la compas 0 n
mre fil lle, les prVa to a da le mile u fini Ih file à l'opulere vtité
offerte pa la soce té. éS fllte urs s'entrelllen t da le cm ctère du
person~ pour l'entrm er vers la révolte et la nID e.
All si que l'ont observé quelques chercheurs, les composares
ut aM l!P hiques sont devenes très perceptble s da un certa n mbre de
roma depui; les a ées cn qure, da le Royam e et da d'at res PJS
ID es.
Ahmd h- Ba 'i fut peut-être le premer at eur d'Arh ie Sud te à
tâcher d'n corporer ses expéren ces person elles da un roma (ès t ce
qu'l fit da son réel at obo fPh qu e «Abu Zmi 1», pHU en 1954.
Par la sute, I a rebapti; é son réel Mes Jours, vrÏiem blh lemetl en écho
a roma de Taha li6a Le flot des jours. Das son romJl h- Ba 'i
s'n spire de ses souvenrs d'enfu e et de jeun sse à La Mecque, peu lia t la
chute du pouvoir ottoma et sous le régin e hll hémite a Hi ja.
Les person ~ s et les types huma s jouent des coudes da l'espri de
h- Ba 'j qui les dépen t tels que préservés da son in g tV n d'enf't\ et
n n comme I les ar it ase mblés et décris en se fia à la metlté et la
mm rié de l'âg dul te. Da leur plus gt d n mbre, les person~ s sont
des g a ordire s, conns de l'at eur à trlier s la fini lle, le voisn ~ et la
communat é restren te.
Le réel de Jtl mza Bogt1j Les ari s deffi ,pubIC en 1983, s'pp œn te
peut-être plus à un roma que celui de h- Ba 'j Mes Jours. Da son romJl
qui trhi t peu ses opn 0 a personn lles, Bogai retrlle les fis da un style
n uvea, et crée un héros énerg que et humble qui gt dt a ~ des
évènements, enregt ~ observa t et j)P rena Bogm fut fortement
n fluencé pa son mît re h- Ba 'j en pm culi er lorsqu'l évoque le kt ta
(école corn qu e élémeti1e), sa;c olm té et quelques spec ts trd ton n Is. Il
réduit consit érh lemetl Ie volume de déta Is at obo fPh qu es be n qu'l
soit, à l' égh de son ma tre, tt taché a m ode de ve trdt on n 1 de La
Mecque.
Da son roma Pa d'ombre sous la motg 13 (1979), fi' d Aq wi
elm fie ses motvtt 0 a en les exposa dès les premères p~ s.
Bva un n spirtü n personn lle et sentin entre, Aq wi tâche de
redonn r ve à son enfu e et à sa jeun sse à La Mecque, à l'in ~ de ce
qU'lia e tl IlCO mpli h-S bà i et Bogai da leurs roma Aq wi décri son
œuvre comme un «roma socih». Il soulg n sa ferme volonté de se
36Itr oducto n
conformer ax éléments forla meta x de l'écriu re a t~t qu e en termes
d'un té de constructo p de lis 0 drm ti}u e, de portrÏt p sycholois que et
d'n tensté des reltV B. Pour at 1\ sa volonté de recoNt tu er le pas é et de
me revv re les tnii to s populares nt à l'n tento n jjf ché e da son
n troducto n de dono r la pro rié am érie nt ~ti que.
Les person ~ s furen cho~~ pace qu'ils étn n représettti fs des
coutumes en vis ueur à l'époque, et l'Ilto n est orchestrée das le but préc~
d'Il ustrer l'ensemble des festvté s, chœurs et cha sos populiJes be n
connes da La Mecque d'a trefois.
L'a tobo fPh e est devenue uo composare du roma nt ~t qu e
perl a l'étape du renouvea des Ji es cn quœ et soixa e. Da un
lag mesure, l'at obo fP hie est un vaR to n n st~ que sur Ie temps et
les le ux de l'enm e et de la jeuo sse, ou encore un sin pIe désir de
ressuscte r ce pas é.
€ coura romti} ue/réli; te, qui fut égre men quelquefois un coura
criq ue, fut perpétué pa quelques romoi ers à l'étape de la modem stV n
Les roma ci-près pp RUrent tad vem ent da la phae de renouvea,
ma 1 s se conformnn encore a style at obog fl)h qu e : La jeufJ vi?rg ,
d'Isam Khouqeer, Les brous, pa bJi a Tahir Zal;t et Le foyer de la lher té
de Ghazi h- 4!; hi
9 est vrn que les rorna de Dmh ourj h- Nasser, Bognj Zal;t
Aq wi et h- 4!; hi ont enrchi l'étape de renasa ne et y ont contrbué pa
quelques œuvres ho utes, de n mbreux atres roma peim t à conva cre.
a dem ers s'ppa entent à des thrllers, offrtt des sti; fil to III
superficell es. Das ces roma, le cdre , les person~ s et l' IltO n
s'éva ou~ sent a prott de stu tV s émoto n elles et de scènes vo leres,
convoquées selon la pure fin ~e de l'at euroEdwin Muir bj) t~e ce type de
réct s « le roma de l' Ilt 0 il> en ra on de leur fuI e qulté nt ~ti que, tout
en éta t les préférés du pubIC. Il s'g t le plus souvent de roma historqu es,
de roma poICe rs, d'histoires d'm our, de récts de ger re, de crin e et de
sexe, g Te quj pnt out da le morl e, fourn t les sujets préférés pour le
cn éma et les ém~s 0 s de rdi 0 et télév~o n
La mju rié des œuvres produtes da la phae de renouvea ou à l'étape
de modem stV n pp nt eon à ce type de roma émoto oLe tos : Les
esclaves, pa Muhm md Alem Atg a ; Ma femme et l 'mi deh'
Muhmm d bJia r Taweeq; fJJ ui de ténèbres de Muhmm d Zari
Aqeel ; Le soleil s'est couché, de Muhm md Abdl11h h- Mulha ri; fil ra
de BI ja ,pa Abd h- S lm ihi m il fiz; a si que les roma de S mira
Bn t h- Jazra. En dépt de leurs différences de sujet, de l~ ue et de style,
tous ces roma ont en commun la lég reté du divert~sem ent, des thèmes
excittt; ,le ma que de réli; me et d'évoluto n des person~ S.
Venoa-e n à l'étape modem te, qui commeQa à la fin des a ées
soixa e et a début des Ji es soixa e-dix. Sion la mju rié des
37Par-delà les Dunes
chercheurs, le modem sme il est pa le reflet d'une époque, ma un tri ude
d'espri et un pp roche Ibé rée de l'a t et de la culture.
Les chercheurs as oce n à la défie des Arh es en 1967 un défie de
l'héri~ I1h e, de ses vœ urs et préceptes tn! ton n Is. Ils cherchit ent à
ttei d re, pa le modem sme, un n uveau mode de pesée quj selon eux, les
débarras erit de mlh eurs répétés et réth liit un pIrt e de ce qu'ls liit ent
perdu.
Le rém sme que n us dm irons da les œuvres de Dama houri et d'Ir
Naser se retrouve da le n uveau roma Le réa sme a été bouleversé da
ce contexte. Les reltD shuman es et les sentin ents s'entrellle n da s cette
forme de rém sme qui hr te en ses repl~ un énorme et complexe réseau de
cultures, de fit s et de cm ctér~t qu es temporelles.
(ès t unf it be n conn que Ie «nouvea rol'llD> ,sous l'in pulso n
d'Alit Robbe-Grll et et de Nthœ S rrat e pr ès la &0 d e Guerre
mod œ, a rompu les ma rres /fec les convento s qui /fit ent cours.
Bv a le chemin ouvert a premer quIrt du XXe sè cIe pa Joyce, Proust et
Kiik;t Ie n uveau roma reposit sur l' expérimetti on et l'n vento n de
mod es n uveax et éq es.
D'pr ès Robbe-Grllet, le n uvea roma poursut un rém té qui rex ~t e
j)qu'près le trn k d'écriu reo mt e consiiè re l'écriu re comme un quête
n cessœ pour découvri et mettre à jour un rélté n conne. Le roma
saud en fi pa ttei n ce concept soph~t qu é da l'étape modem ste, ma
1 tra n contesth lemen proft des n uveax modes d'écrlu re Ira tile,
comme on peut l'observer da les récts de RajaA lem, Abdu Khal et Ali Ir
Dumit i
Das ses roma AI- Wasmiyyah, Les ng es et les vergers et Les
conditô 1!1de la terre, Abd Ir Azj1; M~h ri j)P ffi t, pmn i les at eurs de
l'étape modem ste, comme celui qui démotr e la plus lJl de Ho e da s
son eu ron ement. En effet, c'est lui qui IlCOrde la plus gi e vœur ax
leux , en pIrt culi er a vila g . Da s ses roma, M~h ri pnv en t à créer un
mod e, n édt jusqu'lu rs, où se rencontrent la tu re, l'homme et le mythe.
Muhmm d Ir Ba ti relève la tenttil e de Mishri de pred re lam esure des
muttD s da l'ordre sock du vll~ ,du fit de son con Ilt /fec la vile.
€ contllt a OCCaDn é des dommg es consiié rh les à la structure socit le
hérédtit e, dona leu à des con Its de g it rtD ns. M~h ri se détoure du
style du roma Di en qui dépeg it tune Ilto n complexe et évolutve. À
l'opposé, 1 v~e à la sérénté et a cha g men da un sute de chp tr es ou
de sections qui se déroule en contn uté jusqu'à file surg r un v~o n
omn présente. élt e v~o n se cr~t Wi se ensute da un constructo n
cohérente, à trn ers des person~ s plea de rele f et it més d'un
mouvement un que da l' esplle et da s le temps.5
Abdu Khal écrit, à-propos de son vll~ d'Arh e S oudite, da son
roma La mort rôde i:i, comme d'a tres l'ont fit ,ma personn fi évoqué
son vila g à la f!fo n de M~hr i Le pas é semble être ressuscté pour
s'pp roprer l'écrtu re du Nouvea Roma ~ lques chercheurs l'on
38Itr oducto n
remaq ué, pmu i lesquels III; it Ir Maar a:« Nous sommes en pré sene
d'unn ouvea g Te lttér it e: le roma at obo!¥ hqu e. € g Te ex15e
que 0 us formulo s ses 0 rmes esthétqu es, en pm culi er prè s qu'} it
ouvert lavo e à un 0 uvelle forme d'écriu re da les a ées qutr e-vil g
rue €he écriture est pp elée à jouer un rôle atf da le sè cIe à venr ».
AI-Mati a il cIut da s ce g Te à la fo~ l'Adama de Turk Ir il md et
6
L'El le de Ghazi Ir 4!; hi
Les roma de Raja irA lem œc hpp ent pa à ce cd re
at obo fPh qu e, en dépit de leur mb D e folklorqu e et lég d i1e, et des
superposto s de temps, de l~ g et de persong s.
La mti ère du réel il cIut la descrp tion, la sug esto n et le ra onn met}
de même que les souvenrs , les questo s person elles et la poésie.
Alem décri son roma« La Route de la 8i e» comme un réel de
voyag , alors même que nous
15 0 rons si ce voyg e est réel ou img il re,
terrestre ou mai tin e. Il est perm~ de dédure, dès les premè res pg s du
romJl que le poin de dépa t du voyag se stu e da s la pm e occd entre du
S hn;t pour se dir15er vers la péil lID le Rh qu e, à tnrer s l'Égypte et le
fi ii. Pa la sute, 0 us découvros que la plupa t des épisodes du voyg e
sont recost tu és à La Mecque, pa un trllR I de remémorti on et de
moo logue il térieur.
Le roma décri la fmi lIe du Ira teur, et en pm cule r son lJl d-père,
Ahmd Ir Bukhai , qui est venu de l'Ore n pa la fme use Route de la 8i e.
€ roma décri encore 0 mbre de coutumes et de trdi to III oubIees de La
»7Mecque, comme les célébrtV s de ma g « iQ et d'a ce n s
cha sos populre s. Pa- delà,} s'g t d'un voyag da le temps et vers
l'il conn grâce aq uel le lecteur fit la rencontre de 0 mbreuses figr es
historqu es et lég d res, pmui lesquelles Ibn Khaldoun et Ma our Le
Joueur d'Échecs.
Da un tel mod e, les hommes fréquentent les g il es (djil n),} est fit
usg d'un d~co urs étra!!: et déconcerta, les CRactères h phhé tqu es ont
des équvre tI; nm érqu es, la superstto n règn .
Da le romJl le voyag commene en 1372, a hutè me sè cIe de
l'hé15re et a temps d'IbnK hW oun Le roma s'étre ensute jusqu'à
l'époque modem. Il s'Ilèr e plus perth ent, de ce fil, de dire qu'} s'g t
d'unvo yg qui conjure les ve ux espris , et brase les époques, les d ées et
les persong s.
La Route de la Bi e est rche en souvenrs et 0 cdotes person lIes, ma
c'est un roma tout à fat exh ttl pa sa constructo p son l~ g et son
style d'écriu reo Il h onde pa lie urs en textes trdi to n els et en versets du
Silt Q: fJl ax côtés des persong s historqu es et lég d res metO it s
ci dessus.
Le plateau sur lequel Mao ur et Ibn Khaldoun jouent ax échecs régt le
déroulemen de la jourit e. Le plt:ea déte n en outre le pouvoir de
convoquer pluse urs person g s historqu es. Il s'ppnen te à la divil tV n de
39Par-delà les Dunes
type ma dia ,conne des ui ens hh itm de La Mecque pour son pouvoir
de résoudre les mystères.
Pour fin r, un certit n mbre d'a tres roma, qui mn t pa ttré
l'tte tD n des crliju es, ont été écrl s da les D es qutr e-vn gd K.
Parmi eux l'Adma ,Bum Îi1i et Kardeeb ,de Turk h- il md ,it si que
son dern er roma A l'est de la vllé e. fDn s encore Le ug e de plomb, pa
Ali h- Dumit j et Pa di s perdu (gâché), pa Lala h- Juhan.
éS roma n tègrent l'at obo @h e da la constructo n Ils do ptent
égre metlle s outls des nouveax modes Ira tf s. Éta doné que n us
m os pa la possbli té d'exmi 0 r chu uo de ces œuvres de qulté ,n us
préférons conclure l'étape modem ste liec deux roma de tl11e modeste,
acun des deux 0 dépa sa qutr e-vig ts p~ s.
Le premer est Râ ha ,pa Ahmd h- Duwh j uo œuvre qui 0
présente n chp ir es, n pg tV p n tir es. Elle est écrl e da le style
modern ste, et comprend des superpost 0 III chron log ques, de dih ognes, de
person~ s et de souven rs.
€ romm 'exprin e re n en pat euli er et se borne à rebondir d'uo scène
à uo at re, d'un réflexon à l'at reoAppnem met\ son cdre est UTh'Hg e
du n m d'h- Jubal;t stu é da s le Bd du Royam e, et conte tl des
descrjJ to s du PJS ~ ,des it maux et des hàtm de ce le u reculé.
4!t tl à son tir e, Râ ha est le n m de la ben in ée du héros, si
toutefois on peut pale r d'un héros! À la premè re p~ du rOlllJl
hDuwh i metD 0 que Rah a est en trit « d '111 umer le feu pour n di}uer
Ie chemin ax wi; m ».
Le secorl rom~ Pa di s perdu (gâché), de Lala h- Juhan, est court et
son style est n tes e. Das certit s chp ires, 1 est plus proche de la poése.
Les n ms des chp ires énumèrent les pen es are ctve s: « bJ it
étouffa»; «Sén es ~ oissre s»; «bJ at re contil tl submerg »;
«L'hver d'uo fleur»;« Les âmes sensble so pleureront pa a balcon»;
et « Des âmes cp tves ».
€ réct est celui de la tr~ die de S ;t l'héroÏo, qui tombe mo ureuse
et enceite de lui Pa la sute, Amir à Ii on e S ba pour son mi e Khalil ;t
qu'l fin t pa épouser. Au dépa t l'histoire est filon tée pa S ba, qui
expli}ue commetl ce désa tre lui est surven et metDn e ses tettJÏ yes
d'Ii ortement lorsqu'elle comprl qu'Amr l'lia t quit ée pour se ~r liec
son mi e. Lorsqu'elle meurt perl a ou prè s l'lior tement, le réct est
poursuvi pa Khalil;t qui est à présent a coura de la tr~ die pa les
lettres que S a lui a envoyées lia t de mouIT. La Ira tree semble as urer
elle-même le réct da le chp ir e ultin e, lorsqu'elle metD 0 la cté de
Djeddh et rpp elle son histore pasée et son présetl
Pa di s perdu conte tl de n mbreux tris du style Ira tf du roma La
mémore du corps, de la romui ère d'org n e l1gére n e Ahlm
Must~ it mi. Da le roma de Must~ it mi, les ill ts sont d'à ord Iré s
pa l'héroÏo ,pu~ pa d'a tres person~ S.
40Itr oducto n
L'oeuvre d'AI-Jubit fit a ssi des emprunts consit érh les a poète
pre stn e n Mahmoud DIIWch. Ony trouve encore un tendo e à recouri
ax lég d es, plus préd ément les contes populHe s de la régo n de Djeddh ,
comme celui qui filon te commen Adam [La Pai soit sur lu) connt Ève
sur le Mont Arii tI, uri eu be n conn du pèlem g (hl jj). La tombe d'Ève
se trouve toujours à Djeddh, it si que nous le rpp ortent les conteurs
trdi to n Is.
Le théâtre
Quoqu e les dff érences entre le théâtre écrit et le spectul e se soient
estompées H'ec l'H'è n men des technqu es modern s, l'pp nio n du théâtre
écrit a précédé en Arh e S udte celle du théâtre de scène, comme ce fut le
ca da le reste du monde ID e.
Parmi les premère s pèces, beac oup étil n susceptble s toutefo~ d'être
portées sur scène, du fit de la diversté des sujets et de leurs ore tjJj os
multp les.
Ben que l'pp nio n du théâtre en Arh e S udite it été tadi ve en
compna ~on H'ec des p~s comme la ~ e, le Lba et l'Égypte, nous
devons soulg n r que le Royam e démotr e ajo urd'hui uri térê t substti el
pour le théâtre, as si ben da la sphère office lIe qu'à l'échelle de la
popultD n Le théâtre est perçu comme un composare essete lIe du
développement culturel et du succès d'un pu~ sœ rena ssoe lttér He .
Les org n es du théâtre da s le Royam e se trouvent da s les cas ere s
o cturn s et les spectul es de fin d'études où les étuditt; jouil n des scènes
comqu es, des pèces h~t orqu es et éducHWes a ton déclm toi reoLe théâtre
fut n trodut da s les écoles, à commeoer pa l'école It Najh de La
Mecque, da les premè res D es du règn des S oud. D'autres écoles ont
pr~ la sute et présenté leurs propres concerts et festvff; .
Itereur ement, les un verstés contrbuè rent à ce processus en n tégrtt
le théâtre comme un utv té m~ ure da sIeur progrmm e culturel. Bon
ombre de fiW es domitt es du théâtre sau dien des dem ères a ées ont
effectué leur forma 0 n n tre à l'un versté. L'un d'elles fut l'bJ vers té
du Roi S oud de Ryd h. €S un verstés ont as uré la promoto n du théâtre
pa un soute n fio e r et techn que, la forma 0 n des étuditt; , la
o mitD n de directeurs expérin entés, de même que pa l' orgit stD n de
cooour sn terun verst a res a terme de chq ue a it e d'ensei~ men
Il COl1e n de recoÎtre que la lecture des pèces a précédé la as oe
du théâtre en Arh e S udte. Les pèces ci j)rès fur ent écries a début des
D es trente et furent publee s H'a t l'pp nio n du théâtre saud en : é1 ui
qui se jh du tort (1933) ; Jamil de Buthil a (1942) de III; it Abdl11ah
ijt ; La Mg rtô n (1946) d'Ahmd Abd It Ghafour Atta ; Oa le Rn oun
(1952), d'Abdlia h Abd It Jabbl1, et La ni pSIS ée (1970) d'Isam Khouqit
éS pèces furent écrites en I1h e clas qu e et étil n destn ées à être lues,
o n pa à être mises en scène. À l'opposé, les écrivit s postére urs ax
41Par-delà les Dunes
il es soixa e-dix se miren à écrire des pèces en dit ecte local, qui firent
l'objet de représenttV a Néa mon s, l'a he clas que pers~t a comme
l~ ue du théâtre da s les écoles et les un verstés.
Il ex~ te en Arh e S udite pluse urs courtI; d'écrtu re théâtrre. Pour
commener, la pèc e historqu e fit son pp nti on de f!fon précoce da le
théâtre sau dien.
bJ exemple en est «La 6h quête de La Mecque », pè ce écrt e par
Muhmm Il Abdl11h Mulha rj et qui fut l'objet d'un comma de à
l' occasim de l'n aB rtD n du Théâtre de 4! rithe en 1960. € théâtre fut
fod é et fin é pa Ahmll al-Ba 'j un des plus remnq uh les pRIll il es
premers écrV it s saud en s, et un des pionn ers de la lttér tu re saud en n .
Mlh eureusement, la ve de ce théâtre fut éphémère.
bJ at re exemple en est« Musm ma le mereur », d'Abdli h irA bbai .
Les deux pèces pu~ ent da des sources historqu es et v~en t à mettre en
scène des thèmes historqu es sous forme d'évènemetI; , de dilu Bes , de
constructo n et de portrts de person~ s.
Les deux pèces prétenditn t égre men n stller da si' esprt du lecteur
les pm cp es de la foi et de la fierté de l'~ lm. Le len entre le pas é et le
présen fsa t offCe de thème mje ur à l'époque de renasa ne, en
pm culi er à l'étape prin tve .
Le roma Oh Mu 'tEl in I, écrt pa Ahmll Ir Dubk hi, décrV it la
conquête de Bag Il pa les Mong Is et leur défie à la batl11e d'Ain Jalout.
La v~o n de l'h~t ore seloIM ulh ni fit pIlle a pon t de vue crti que d'Ir
Dubk hi, qui sut se prémun r contre lam onotone en s'pp uya sur la
diversté des doné es historqu es et en renonçan a ton morl1i.;ateur.
Le coura historqu e ill pa empêché le développement d'a tres
courtI; théâtraux, en pa tcu 1er la comédie SOCR le, qui reflète fd èlemen
les muttV B Ilcé lérées de la soce té saud en n sute à l'essor économqu e
des il es soixa te-dix. De plus, le théâtre en Arh e S udte a souven
recours à l'histore pour BU er et exhorter, ce don le lecteur sauden a déjà
un premè re expére ne da sav e quotu en. Datil le même temps,
d'a tres courtI; POurSUVBn la sti; fllti on esthétqu e, en se détoura
at a que possble des discours édifitI; quis' lièr ent fat u e ux da un tel
contexte.
Prena la sute de la pèc e historqu e, 0 us pouvons metD n r la pèce
SOCR le, qui se confronte ax queston s et problèmes de soce té. L'a teur de
pèc es SOCR les se distn Be de l'at eur d'un pèce historqu e pa son
in g tV n plus vva ce et fertle. Alors que l'il toire est un texte d'ores et
déjà écrit, les at eurs de pèces SOCR les empruntent leurs mots à la substne
SOCR le des fis ,de l'acto p des person~ s et du l~ ~ .
éS écrits, centrés sur les 0 mbreux apec ts de la soce té stPuden n ,
comprenn n : La fi de l'ue tu re, d'Abd Ir Rahma Ir Bà r ; La mÎJ on
ax fbre s de plmé r, de Nasser Ir Mubnk ; (jJ jh des compline tE à
qui ?, de Muhm mil Rajh ; et Db les sourds, d'Abdlih Abd Ir Jabbn.
42Itr oducto n
€S pièces trit il n de réltés locl~s et de problèmes comme le
mai ~ , la hus se du TIveu des dots, le chômag , la dissoluto n des le s
fini liJx , it si que de la poltqu e a ionh e et da le mod e ID e.
Les muttD s socn les et économqu es ont don é le u à ce que l'on a
pp elé le drm e de la propre té, le il pot~ me, la corrupto n et le drm e de
l'exil et du démi n men ctos les fiW es m~ ures qui ont posé les
fod tV s de ce courtt da leurs pièces: Ibrh in Ir il mdJl Abd Ir
Rahma irS hm r et Abd IrRa hma Ir il md . Les comédes socn les telles
que les «coméde s de la propre té» sont peut-être le produt des
bouleversemetB économqu es et des muttV s des vre urs, da lesquels
furent etr ID és des pa ente rs de la soce té saude n e.
Parmi les melle urs exemples de cornéde socn le fiW ent : fJJ médecil
pa Mih' b, d'Ibrhi m Ir il md~ Les sourds, pa Muhmm d Ir ilia in ;
et En dessous des sê gs , d'Ahmd Ir Dubk hi.
Le tro~è me coura du théâtre sou den fut celui de « la ve TItére ure »
et du« maq ue ». Après l'écon mie et la soce té, l'élémenle plus sg TIfcti
da la consce ne des ut eurs drm ti} ues fut le drame des maq ues et des
symboles.
L'img TItV n des ut eurs aév olué depu~ le discours direct que l'on
observe da les drm es de la propre té et les comédes socn les, vers le
drame du maq ue, qui en ppe lIe à la réflexon à urn yea u psychologqu e et
socn 1 et qui TIdut le drame des trd ton s populn es et des symboles
soca ux.
Da fJJ JJe dEl le miroir, Abd Ir Azj1;Ir S q'hi exm TIe d'un oel
crlq ue les traf ormato sin uÏes que mrer se la soce té et n us fit
patg er ses réflexo s sur sa ve TItérieure telle qu'elle se trouve à préset}
plong e da des contextes socnux peu fini le rs. Rashid Ir Bm rit .iD ute
un n te folklorqu e à ses pièces pa 1'us~ de formes lttér Re s
1getrdi to n lIes, it si en est-il da Ibn Zurq S A, Le mai é du et 'Atu r
bn Bd dd. Il met égre men à 1'hon eur les symboles de la mémore
collectve da s Le mat il pêcheur. €S symboles s'llustrent de différentes
f!fo s da les pèces Le melon bleu et Les B es mg res, de Muhm md
Ir ilia in. € s ut eurs drm ti} ues lin ent en commun leur ID tHa cto n
v~-à -v~ du discours direct. {ès t ce qui explqu e leur dh éso n u
symbol~m e. Toutefois, 1s témoig ent des traf orma 0 III d es meth tés, de
l'écon mie et de la soce té de leur temps.
Les pèces de Raja Alem Il ustrent pa fie men le drame de «la ve
TItérieure » et du «maq ue ». S pèce La deril ère mort de l'ateur est plus
proche du poème, elle n présente pa de détermiti on sptJire , be n que
pluse urs scènes se déroulenà Madài n Ir JI r da le désert. 4P qu e pâles
et rrée Is, ses person~ s sont porteurs d'un pu~ sœ énerg symbolqu e
et d'un sens dépourvu d'm bg uÏté.
La pèce s'pp œn te à UIIll onologe , c'est-à-dre un drm e à un seule
voix, et exprin e l'ap ftDn aden te à la liberté et à rompre les le s de
l' oppresso n Le l~ ~ est vbra n pa sa force sug esti'e et ses il ées
43Par-delà les Dunes
lumin uses. Non seulemen les dilu ges son pleilll de sens, ma 1 s n us
tra sportent en un leu mg qu e. Das la pèc e d'Alem, le moi est équp é de
pesée s créatves et de symboles qui vi;en t à Cj) turer l'essence de la ve et
de la lber té.
Le théâtre pour efi m a pro~ss é à pa -de-g a da la péro de
récente. L'il ée d'Ii or recours a théâtre pour l'éducaton des jeun s
g il rtD III et pour sa contrbut 0 n à la préservtD n des jeun s esprts pa la
peitu re de person@; s bons et vet ore ux du mh fut un étp e déci; ve pour
que ce n uvea g Te lttér it re fiil sse pa s'in poser. Il s'in posa comme outl
éduca f et culturel pa la créaton de siu iD s et de formes drm ti}u es qui
cpt ent l'tte tO n des enfm, leurs émoto s et leur consce ne, en se
serva de la scène et n n du seul texte.
Il est il contesthle que le théâtre pour efi m en Arhi e S udie
ha dona un ton morl1i.;ateur et édifia a prott d 'un ton g et
dverti;s a La pèce d'Abd-h- Rahma h- Murk hi Le fils d'Adm nrV e
encha te les en& pa l'utl i;iD n de contes de fées metttt en scène les
it maux da s un style lyrqu e. L'Il ton est centrée sur l'homme et la bête. Le
fils d' Adm se présente sa s il via 0 n da la jUB le, et fit us~ de son
il tellig ne pour rég er sur elle. Il deve n le symbole du be n opposé am h,
symbolqu ement représenté pa certit s it maux. AI-Murk hi do pte un
j)P roche éductV e qui conve n à un pubIC d'en& ,d'un f!fo n qui n
renonce pa à la qulté nti; tqu e de la pièce.
L'il fluence du recuel de fuIe s de l'époque omeyyde, Kalla wa Dinn a
d'Ibn h- MuqBf;t se ressent da s la pèce pa la f!fo n don elle mœ liec
succès le drame et la fuIe da un œuvre IlCOmplie, qui recourt à
l'lié g re da un réct symbolqu e.
Le poète III; it Abdl11ah fit jest recon comme l'und es pionil ers
m~ urs du théâtre poétqu e en Arh e S udite. Il s'est don il à la pièce
poétq ue, qui semble mieux pp ropree à la lecture que la pèc e en prose.
Da La Pa sv n de Wallda ,1 met en scène la ve du poète Ii lu u Ahmd
bn Zaydoun et safa meuse pasi on pour la pm cesse omeyyde Ii lu use,
Wall da bil t h- Musti i
Le centre de ~ ié de la pièce est le person@; de Wall da elle-même.
est pllVenu à il stller son tren t poétqu e da le mœ reI hi;torq ue et ài'jt
produre un drm e poétqu e ttra ya . Il a contrbué de cette f!fo n a
développement de la poésie sau dienn ,jusqu'a poin où celle-ci fut
cp hIe d'exprin er un sensbi lté objectve ou drm ti} ue, as si ben
qu'émoto n elle et lyrqu e, de f!fo n très compila ble à ce qu'a Ilcom pli le
célèbre poète égypte n\h md Bw qi (1869-1932).
III; it a écrit un at re pèce il tiu lée Lagi sstl pour toi.i'jt
Parl11èlement a style théâtral du poème en l~ ue I1h e clas qu e (qGlida),
la pèc e possède égre men un rche sse drma tqu e très sensbl e. On y
trouve de l' énerg e da s le portrit des person@; s, les dilu ges et l' Ilt 0 n
Non content de mît ri;e r l'nt du poème (qGlida), fit preuve dei'jt
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