Perspectives alterlinguistiques Volume 2

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Le volume I, Démons, engage une critique des linguistiques structurales, nationalistes et systémistes, liées à la construction des états-nations et des colonisations. Le volume 2, Ornithorynques, propose en tenant compte des conditions socio-historiques actuelles, une approche qui tient compte des enjeux de l'altérité, avec nombre de conséquences importantes.
Publié le : dimanche 1 juin 2008
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EAN13 : 9782296197978
Nombre de pages : 206
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Perspectives

alter linguistiques

Volume 2 - Ornithorynques

Espaces Discursifs Collection dirigée par Thierry Bulot
La collection Espaces discursifs rend compte de la participation des discours (identitaires, épilinguistiques, professionnels...) à l'élaboration/représentation d'espaces - qu'ils soient sociaux, géographiques, symboliques, territorialisés,

communautaires,...

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où les pratiques langagièrespeuvent être révélatrices de

modifications sociales. Espace de discussion, la collection est ouverte à la diversité des terrains, des approches et des méthodologies, et concerne - au-delà du seul espace francophone - autant les langues régionales que les vernaculaires urbains, les langues minorées que celles engagées dans un processus de reconnaissance; elle vaut également pour les diverses variétés d'une même langue quand chacune d'elles donne lieu à un discours identitaire; elle s'intéresse plus largement encore aux faits relevant de l'évaluation sociale de la diversité linguistique. Derniers ouvrages parus Didier de ROBILLARD, Perspectives alterlinguistiques, Tome 1. Démons,2008 Laurent PUREN et Sophie BABAULT (Sous la direction de), L'Education au-delà des frontières, 2007. Michelle AUZANNEAU (dir.), La mise en œuvre des langues dans l'interaction, 2007. Sigrid BEHRENT, La communication interalloglotte, 2007. Jeanne-Marie BARBERIS, Maria Caterina MANES GALLO (dir.), Parcours dans la ville, 2007. Aude BRETEGNIER (éd.), Langues et insertions, 2007. Christine HELOT, Du bilinguisme en famille au plurilinguisme à l'école, 2007. Gudrun LEDEGEN (Sous la direction de), Pratiques linguistiques des jeunes en terrains plurilingues, 2007. Jean-Michel ELOY & Tadhg 6 hIFEARNAIN (dir.), Langues proches - Langues collatérales, 2007. Sabine KLAEGER, La Lutine, 2007. P. LAMBERT, A. MILLET, M. RISPAIL, C. TRIMAILLE (dir.), Variations au cœur et aux marges de la sociolinguistiques, Mélanges offerts à Jacqueline Billiez, 2007.

Didier de Robillard

Perspectives

alter linguistiques

VoIurne 2 - Ornithorynques

L'HarInattan

cg L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com d iffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05613-8 EAN: 9782296056138

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Chaos, historicité, altero-réflexivité, pluralité, herméneutique, scientificité?
L'herméneutique? Quelle idée bizarre! Il m'a semblé utile, suite aux réflexions évoquées dans le volume précédent, de rechercher des approches ontologiques et pluralistes, les deux étant intimement liées. L'histoire de la linguistique esquissée plus haut explique assez bien pourquoi cette approche ontologique et pluraliste est peu compatible avec la linguistique dominante: même les linguistiques les plus « ouvertes» n'osent évoquer l'ontologie; une tentative récente s'en approche, celle, brillante, d'A. Comillet (2005), qui s'oriente vers une définition radicalement pragmatique plutôt qu'ontologique. Les sociolinguistiques contemporaines me laissent un peu sur ma faim, il ne m'a pas semblé trouver d'approche roborative de ce côté, car celles-ci demeurent majoritairement dans la sphère épistémologique de la technolinguistique, ne serait-ce que par un attachement fétichiste aux corpus, réminiscence de l'importance de la matérialité des preuves comme critère de scientificité positive. Ceci à l'exception des approches de Ph. Blanchet (2000) et M. Heller (2002), explicitement inspirées par un point de vue ethnologique, où je retrouve le souci de l'altérité, l'implication forte du chercheur au risque de sa transformation, la prise en compte de la dimension historique, de la réflexivité implicite et / ou explicite. La réunion organisée à Rennes en 2003 m'a convaincu de la nécessité d'aller chercher dans des domaine répudiés depuis longtemps par la linguistique majoritaire, notamment la philosophie, qui se présente avec une celiaine évidence compte tenu des préoccupations traitées plus haut. La linguistique a rejeté, depuis qu'elle s'est voulue science, en vrac, religions, philosophies, métaphysiques, pour se donner existence et se créer une originalité, croyant extelllaliser ainsi

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des incohérences, et simplifier sa question. Elle y est remarquablement bien parvenue, puisqu'elle l'a sans doute tellement bien simplifiée, elle a tant «extemalisé» qu'il lui reste bien peu de questions qui n'aient été rebattues depuis des années (combien de fois allons-nous refaire la grammaire de la même langue en y apportant des changements marginaux 7) ou qui soit porteuses d'enjeux et de pertinence hors du cercle des linguistes. Cela signifie aussi que l'utilité sociale de la discipline, et les débouchés de ses étudiants en deviennent problématiques. La linguistique dominante actuelle a toujours la même réponse à toutes les questions, parce que les réponses sont contenues dans la formulation des questions. La réponse, simpliste et répétitive, consiste à «recueillir» du corpus, à classer, hiérarchiser, structurer, inventer des règles et méthodologies, qui ont un champ d'application pertinent, mais qui, en retour, interdisent trop de questions, et, ce qui est plus ennuyeux, non des moindres, et parmi les plus intéressantes et pertinentes pour notre temps. En cherchant du côté des philosophes qui ont réfléchi aux langues, j'ai rencontré les écrits de P. Ricœur, quelques mois seulement avant sa disparition. Avec un regard rétrospectif, il me semble que ce qui est étonnant c'est que j'ai pu y échapper si longtemps. Recherchant plutôt la continuité dans l'interprétation, l' ontolinguistique peut se ressourcer en allant chercher dans cette direction, et en ré-interprétant, s'il le faut, le passé lointain de la linguistique, qui a eu à faire avec les religions, la métaphysique, la philosophie. J.C. Kaufmann (2004) rappelle en effet fort à propos le rôle sociogénétique des religions, comme B. Cerquiglini (2003, 2007) celui des langues, ce qui ne peut que concerner un ontolinguiste, puisque l'interprétation des textes constitue l'une des premières tâches des «linguistes» herméneutes avant la lettre, comme le rappelle Sylvain Auroux (Auroux, 1994, 48), dans des cultures et sociétés pourtant bien différentes. En contribuant à la modulation du lien entre une société, une culture et des textes fondateurs à caractère sociogénétique, les « linguistes» ont joué un rôle sociogénétique significatif. De

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même les rapports de la « linguistique» avec le droit (facilité par l'écriture, la standardisation) pointent dans la même direction: celle du rôle fondateur de la linguistique dans la sociogenèse. C'est un aspect qui sera développé plus bas. En effet, une caractéristique commune des interprétations du droit et des exégèses religieuses est leur caractère téléologique: on interprète en faisant des hypothèses sur les effets de l'interprétation (ce que ne désavouerait pas P. Ricœur). Si on peut aisément comprendre que cela ait pu poser problème à une linguistique positiviste, qui a jeté le bébé avec l'eau du bain, comme le Cercle de Vienne a pu le faire, en récusant toute dimension religieuse, métaphysique, culturelle à l'approche scientifique, une approche historicisante ne peut procéder de manière aussi brutale et peu clairvoyante. Cela vaut sans doute la peine de tenter de réinterpréter la tradition herméneutique, y compris dans son lien avec le religieux l, pour inspirer une linguistique, en faisant le tri entre ce qui, dans cette tradition, est spécifiquement lié à une «révélation », et ce qui est sociogénétique et peut être laïcisé, et peut alors intéresser le sociolinguiste / l' ontolinguiste. Il est en tout cas clair que laisser vouer aux gémonies, sans critique et sans nuances, la dimension sociogénétique comme l'a fait la linguistique positive fait le jeu de I'hégémonie technolinguistique.2 Avant d'exposer de manière détaillée la vision que propose P. Ricœur de l'activité d'interprétation, il convient, pour se donner des repères, de situer brièvement ce que cet auteur entend par cela. L' obj ectif de la référence faite ici à P. Ricœur ne consiste pas à proposer de faire de I'herméneutique textuelle, encore moins de faire de I'herméneutique des textes sacrés, perspective qu'il adopte lui-même, mais à s'inspirer de sa posture pour l'adapter à celles que peut adopter le linguiste.
1 On se souvient de la polysémie de «religion », selon que ce terme viendrait de « religare » (<< relier» : mais qui, à qui ?) ou « relegere » (<< recueillir », « rassembler »). 2 On se référera avec intérêt aux travaux de Patrick Sériot sur la dimension linguistique de la tradition religieuse (et l'inverse, qui est complémentaire) : http://www2.uni1.ch/slav/ling/recherche/ biblio/publi_seriot.html (Consulté le 28/0212007).

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En effet, il me semble que l'originalité forte de P. Ricœur, lorsqu'il cherche des bases à son herméneutique, est d'aller les chercher du côté des traditions culturelles empiriques. Il était cohérent, pour des sciences humaines qui pensaient traiter par des métalangages en suplomb, et d' « objets », d'aller chercher des procédures dans les sciences dures (qui traitent d'objets pour les maîtriser, les «technologiser » en situation contrôlée). Dès lors qu'on place l'altérité au cœur des sciences humaines, il devient logique d'aller chercher l'inspiration du côté des pratiques paritaires de l'autre, des politiques de l'autre, donc des traditions culturelles, des isolangages et isodiscours. « Il n'est pas inutile de rappeler que le problème herméneutique s'est d'abord posé dans les limites de l'exégèse, c'est-à-dire dans le cadre d'une discipline qui se propose de comprendre un texte, de le comprendre à partir de son intention, sur le fondement de ce qu'il veut dire. Si l'exégèse a suscité un problème d'interprétation, c'est parce que toute lecture de texte, aussi liée soit-elle au quid, au « ce en vue de quoi» il a été écrit, se fait toujours à l'intérieur d'une communauté, d'une tradition, ou d'un courant de pensée vivante, qui développent des présupposés et des exigences [...]. » (Ricœur, 1969, 7) La linguistique, on l'a vu dans l'esquisse historique plus haut, s'est technologisée de manière décisive au 19èmc siècle, en fermant explicitement la porte à toute perspective ontologique, se faisant l'héritière d'A. Comte3 et de son coup de balai un peu large qui, pour se débarrasser de la métaphysique, a rej eté aussi la philosophie, les questions d'ontologie (parce que, traditionnellement, elles étaient liées aux questions religieuses et qu'elles tiennent un discours sur les origines de l'homme). Depuis, dans les marges, la linguistique a fait du chemin, réintroduisant progressivement, sous des formes apparemment en rupture, différentes, modernes, divers aspects relevant de l' ontolinguistique. La sociolinguistique a ainsi renoué avec les dimensions sociale et de politique linguistique, les approches ethnographiques ont parfois réintroduit la dimension historique, les représentations, mais sans ré-examiner les bases
3 Qui, rappelons-le au passage, érige le positivisme en religion dans une phase de sa vie.

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épistémologiques de la linguistique, avec lesquelles il existe maintenant de fortes tensions et contradictions. Il ne reste plus qu'un aspect: celui de la visée téléologique, indispensable dans une perspective constructiviste. Autant il est cohérent pour une perspective qui se veut descriptive (sciences classiques, qui prétendent révéler des «faits », accomplis) de rej eter toute perspective téléologique, autant il est nécessaire à une linguistique constructiviste de l'intégrer. Cette dimension est présente, on l'a vu, chez P. Ricœur, mêlée cependant à une autre qu'il convient de traiter rapidement, celle du sens caché: « l'interprétation [...] est le travail de pensée qui consiste à déchiffrer le sens caché dans le sens apparent, à déployer les niveaux de signification impliqués dans la signification littérale» (Ricœur, 1969, 16) Le(s) sens du texte est (sont) donc conçu(s) comme résultant d'un processus, d'une activité, à construire, variable, si l'on intègre le proj et du lecteur dans le processus de signification, dans la mesure où le lecteur est touj ours unique; les différentes significations sont perçues comme plurielles, sans que l'on soit obligé a priori de les hiérarchiser. Je ne suis pas sûr de souscrire aux «niveaux» de hiérarchisation: tout dépend si l'on entend que cette hiérarchisation est inscrite dans le texte même, ou si c'est I'herméneute qui la dégage, en la justifiant. Cela ne peut que m'interpeller, puisque j'ai eu tendance à penser qu'il est intellectuellement hygiénique de poser les phénomènes L comme « chaos» a priori, avant que n'intervienne le linguiste, ou le locuteur, pour les ordonner, et leur donner sens dans un projet global, écologique, téléologique, plutôt que de postuler un ordre, alors nécessairement immanent et en-soi. Chez P. Ricœur, le texte permet de construire plusieurs interprétations, à la faveur d'un processus bien plus large que la simple prise en compte des signes textuels. « il y a herménéi'a,parce que l'énonciation est une saisie du réel par le moyen d'expressions signifiantes, et non un extrait de soidisant expression venue des choses mêmes. » (Ricœur, 1969, 8) « [. ..] je propose d'appeler symbolique ces expressions multivoques. [ce sens est plus restreint que celui qui appelle « symbolique» tout processus de référence par le biais de signes,

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plus large que celui qui réduit le symbole à l'analogie]. [...] J'appelle symbole toute structure de signification où un sens direct, primaire, littéraire, désigne par surcroît un autre sens indirect, secondaire, figuré, qui ne peut être appréhendé qu'à travers le premier. » (Ricœur, 1969, 16) «Il apparaît que l'élément commun, celui qui se retrouve partout, de l'exégèse à la psychanalyse, c'est une certaine architecture du sens, qu'on peut appeler double-sens ou multiplesens, dont le rôle est chaque fois, quoique de manière différente, de montrer en cachant. C'est donc dans la sémantique du montrécaché, dans la sémantique des expressions multivoques, que je vois se ressen-ercette analyse du langage. » (Ricœur, 1969, 16) Donner sens au monde à la faveur d'un processus qui ne pose a priori ni un sens préexistant, ni un seul sens, ni un sens dominant, interpréter les phénomènes linguistiques comme englobant à la fois les signes, I'histoire, la posture du linguiste, et ses objectifs, me semble une approche qui mérite notre attention par ce qu'elle peut inspirer. Mais alors, l'idée, sousjacente chez P. Ricœur, d'un sens de base, premier, littéral doit être aménagée dans une perspective constructiviste. Un texte n'a alors pas de sens «en soi»: tout dépend de la contextualisation, de I'historicisation que l'on en fait, donc de la manière de le relier à des représentations d'un code, etc. Si l'on admet la pertinence d'une approche herméneutique et empirico-réflexiv~ dans les sciences humaines, la comparaison avec les processus qui produisent du sens dans les approches hypothético-déductives s'impose, et réserve d'ailleurs quelques surprIses. De surcroît, dans la mesure où P. Ricœur ne cesse de poser la question de la scientificité de sa démarche, il semble utile de se donner quelques repères de ce côté, en faisant un détour apparent qui sera un raccourci du côté de K. Popper pour essayer d'y voir clair. L'objectif n'est pas de prouver à tout prix que I'herméneutique peut être scientifique: qu'elle le soit ou non, cela ne changera rien à son intérêt. Cependant, avant de conclure dans un sens ou dans l'autre, il est utile de comparer l'approche préconisée par la posture herméneutique et ce que dit de la scientificité un des «papes» de la science moderne, K. Popper.

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Herméneutique et scientificité popperienne4 sont elles contradictoires? Lorsque Paul Ricœur écrit en 1969 Le conflit des interprétations. Essais d'herméneutique, le structuralisme triomphant fait miroiter des jours meilleurs, ou c'est du moins l'impression que j'en construis après avoir écouté de nombreux acteurs de cette époque (par exemple, le 15 mars 2007, J.e. Chevalier sur France Culture dans l'émission A voix nue, où il décrivait la place privilégiée et prestigieuse de la linguistique à l'Université de Vincennes en 1968). Le structuralisme semble ouvrir au moins l'espoir d'une rupture avec une certaine tradition. Dans ce climat, il est frappant de constater que, en développant ses réflexions sur l'herméneutique, P. Ricœur revient périodiquement sur le fait que cette approche ne peut pas avoir le statut de science, ne peut pas rivaliser avec les sciences. Cependant, quand on le lit de près, on a l'impression qu'il a une opinion assez réservée à propos des approches « scientifiques », et du structuralisme, noyau des sciences humaines à cette époque. Déj à, en effet, et pour donner un exemple, lorsqu'il refuse le statut de science à I'herméneutique, c'est en parlant de «sciences de la nature» (Ricœur, 1969, Il), ce qui est une restriction importante. Face à la linguistique structurale, il se livre ensuite à une réflexion critique, pour montrer le prix que cette linguistique accepte de payer pour acquérir le statut de science. Ces arguments ont suffisamment été repris depuis pour qu'on puisse simplement les rappeler ici:

4 Je m'arrête à celle-là, qui est très classique, parce que, face aux problèmes posés par la physique quantique, il est facile de justifier des approches plus «douces» (Robillard, 2001), même si, et cela confirme l'intérêt des approches inspirées de I'herméneutique, certains scientifiques tirent des conclusions exactement opposées: la souplesse même de la mécanique quantique incite certains à s'enfermer dans une science d'autant plus structurée, a priori, comme beaucoup de mollusques cherchent un exosquelette protecteur.

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«1. Je voudrais montrer que le type d'intelligibilité qui s'exprime dans le structuralisme triomphe dans tous les cas où l'on peut: a) travailler sur un corpus déjà constitué, an'êté, clos et, en ce sens, mort ; b) établir des inventaires d'éléments et d'unités; c) placer ces éléments ou unités dans des rapports d'opposition, de préférence d'opposition binaire; d) établir une algèbre ou une combinatoire de ces éléments et de ces couples d'opposition. » « 2. Je voudrais ensuite établir que le succès même de l'entreprise a pour contrepartie de laisser en dehors de l'intelligence structurale la compréhension des actes, opérations et procès, constitutifs du discours. Le structuralisme conduit à penser de manière antinomique le rapport de la langue au discours. » (Ricœur, 1969, 80) Plus loin, P. Ricœur (1969, 81) souligne que la linguistique structure les langues en hiérarchies de niveaux, en faisant l'hypothèse que l'on peut soumettre tous les niveaux à la même méthode, celle de la phonologie, et défend ensuite l'idée que le passage à la phrase ou à l'énoncé provoque une coupure qualitative qui rend inadéquat ce transfet1 mécanique de l'approche phono logique aux autres niveaux. Enfin, il se livre à la synthèse de la forme radicalisée de la linguistique structurale présentée par L. Hj elmslev dans Prolegomena to a Theory oj'language (1943), et en montre tous les inconvénients: «1. Le langage est un obj et pour une science empirique; empirique est pris ici au sens moderne; il désigne non seulement le rôle et le primat de l'observation, mais encore la subordination des opérations inductives à la déduction et au calcul. [...] En rejetant du côté de la parole l'exécution psycho-physiologique, la performance individuelle et les libres combinaisons du discours, Saussure réserve pour la langue les règles constitutives du code, l'institution valable pour la communauté linguistique [...]. Ainsi est séparé un obj et homogène: tout ce qui concerne la langue tombe en effet à l'intérieur du même domaine, alors que la parole se disperse dans les registres de la psycho-physiologie, de la psychologie, de la sociologie, et ne paraît pas pouvoir constituer l'objet unique d'une discipline spécifique. »(Ricœur, 1969,82) «La conquête du point de vue structural est à coup sûr une conquête de la scientificité. En constituant l'objet linguistique

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comme objet autonome, la linguistique se constitue elle-même comme science. Mais à quel prix? Chacun de ces axiomes que nous avons énumérés est à la fois un gain et une perte.» (Ricœur, 1969, 82) «Est en même temps exclue I'histoire, non seulement le changement d'un état de système à un autre, mais la production de la culture et de l'homme dans la production de sa langue. » (Ricœur, 1969,84) « Est encore exclue, avec la libre combinaison et la génération, l'intention première du langage, qui est de dire quelque chose sur quelque chose; cette intention, le locuteur et l'auditeur la comprennent immédiatement. [...] A travers ce double seuil et à la faveur de ce mouvement de transcendance, le langage veut dire; il a prise sur la réalité et exprime la ptise de la réalité sur la pensée. » (Ricœur, 1969, 84 - 85 ; italiques de mon fait). « Que le langage soit un objet, cela va de soi tant que l'on garde la conscience critique que cet obj et est entièrement défini par les procédures, les méthodes, les présuppositions et finalement la structure de la théorie qui en règlent la constitution. Mais si l'on perd de vue cette subordination de l'objet à la méthode et à la théorie, on prend pour un absolu ce qui n'est qu'un phénomène. » (Ricœur, 1969, 85) «Mais c'est une décision méthodologique [la clôture des langues] qui fait violence à l'expérience linguistique. La tâche est alors, d'autre part, de récupérer pour l'intelligence du langage ce que le mod~le structural exclut, et qui est peut-être le langage lui-même comme acte de parole, comme dire» (Ricœur, 1969,
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Si je cite aussi longuement P. Ricœur, c'est pour montrer à la fois ses réserves apparemment profondes quant à l'approche structurale (dans ses versions pré-générativistes, mais les développement ultérieurs ne vont que lui donner encore plus raison), et les raisons pour lesquelles, et par conséquent, il renonce à considérer ses propositions herméneutiques comme scientifiques au sens restrictif de ce terme. On s'aperçoit que, de manière générale, ses critiques sont celles que vont (re)folIDuler et réitérer pendant plus de trente ans les sociolinguistes, pragmaticiens, analystes de discours, interactionnistes, ethnologues / anthropologues du langage et des langues, qui, eux, se placent généralement dans un cadre

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scientifique, avec, logiquement, une conception plus souple et moins expérimentale de la science que celle à laquelle fait référence P. Ricœur. Une différence demeure cependant, et encore sans doute ne conceme-t-elle pas l'ensemble des spécialités indiquées plus haut: même les analystes prônant des approches souples peuvent éprouver des réticences à l'égard de la prise en compte des « intentions» lors de leurs analyses. On peut souhaiter ne pas devoir les prendre en compte, ne serait-ce qu'en raison d'une position éthique, invoquée avec récurrence, qui consisterait à ne pas faire de «procès d'intention» lors des analyses. Le procès d'intention consiste à attribuer une motivation présentée comme négative, de manière catégorique. Tel n'est pas le cas dans une approche helméneutique, qui consiste à s' inten"oger sur les obj ectifs éventuels d'un acte de langage, à formuler des hypothèses interprétatives par la suite, ce qui change le statut du discours tenu sur l'autre. Cela peut d'ailleurs se fonder sur le simple fait empirique que, le locuteur, au quotidien, dès lors qu'il perçoit des enj eux dans l'interaction à laquelle il participe, se demande où veut en venir son interlocuteur, et modifie ses positionnements et interactions en fonction d'hypothèses à propos de cela. Celui qui essaie de comprendre l'événement de discours ne peut donc pas ne pas prendre cela en compte, sauf à déshistoriciser et amputer son travail d'une importante part d'humanité: un discours a été adressé par quelqu'un, avec une ou des intentions, que l'on doit tenter de comprendre. C'est ausis une question d'éthique que de le nier ou l'inverse. Je ne vois pas très bien en quoi cela pourrait être une cause de refus du statut de scientificité à une approche, dès lors que l'on est bien obligé de convenir qu'un être humain, agit généralement en fonction d'objectifs, sauf à vouloir précisément lui enlever cette qualité humaine, ce que fait sans état d'âme la technolinguistique. On peut discuter sur le degré de clarté de ceux-ci, sur leur degré de conscience, ce qui est un débat différent.

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La position prudente de P. Ricœur est compréhensible dans le contexte des années soixante, lorsqu'il hésite à revendiquer le statut de « science» pour son herméneutique. Il est aussi envisageable, quarante ans après, que l'on puisse partir des idées de P. Ricœur pour réfléchir à une approche de la linguistique s'inspirant des idées liées à l'herméneutique pour construire une problématisation. Celle-ci ne pourra que prendre acte du débat sur la scientificité au début du 21 èmesiècle, après des événements qui en ont entamé la légitimité, notamment l'ensemble des catastrophes liées à l'utilisation de technologies, dont je ne vais pas faire la liste ici, sans compter les débats plus insistants autour de la génétique (Organismes génériquement modifiés, procréation assistée, clonage). Cela d'autant plus que P. Ricœur (mais rappelons qu'il écrit en 1969) fonde d'ardents espoirs sur une « autre» linguistique, celle de N. Chomsky, qu'il espère voir relayée en France par celle de G. Guillaume. S'il fonde de tels espoirs sur le générativisme, c'est qu'il Y voit une linguistique faisant beaucoup plus de place à la dimension dynamique que le structuralisme prédominant à cette époque: « Quoi qu'il en soit du destin de l' œuvre de Chomsky en France et du relais que Gustave Guillaume peut offrir à son assiInilation, I'intérêt philo~ophique de cette nouvelle phase de la théorie linguistique est évident: un rapport nouveau, de caractère nonantinomique, est en train de s'instituer entre structure et événement, entre règle et invention, entre contrainte et choix, grâce à des concepts dynamiques du genre de l'opération structurante et non plus de l'inventaire structuré.» (Ricœur, 1969, 92) C'est, on l'aura bien compris, une des directions recherchées dans cet ouvrage depuis le début, et l'examen critique des travaux de N. Chomsky auquel se livre L.J. Calvet (2003, 2004) donne une idée de ce que l'on peut en penser. Lefalsificationisme popperien et l'herméneutique Il est intéressant, pour poursuivre un peu ce débat, de comparer ce que nous avons appris de l'herméneutique aux propos de Karl Popper, souvent considéré comme l'un des

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grands fondateurs de l'épistémologie scientifique contemporaine. Il faut tout d'abord commencer par mettre de côté les idées préconçues qui sont entretenues et colportées dans la tradition orales des sciences humaines, à propos de K. Popper. A entendre certains, on pouITait croire qu'il s'agit d'un penseur positiviste du 19èmesiècle, alors que cela est loin de se vérifier. Il faut d'ailleurs se demander pourquoi, dans les sciences humaines, se colportent des représentations si «dures» de la scientificité des sciences « dures» qui ne correspondent pas aux écrits de K. Popper (contre quoi croit-on se défendre en brandissant l'épouvantail popperien 7). Si je cite avec persévérance J. Baudoin (1991), outre le fait que je n'ai pu avoir accès à tous les ouvrages de K. Popper, c'est que sa lecture est garante que la mienne n'est pas la seule à alTiver à de telles conclusions. On pardonnera à cette partie son caractère un peu « cataloguaI », constitué de citations qui s'enchaînent, pour donner à entendre d'autres voix que la mienne sur cette question, qui disent mieux que je ne saurais le faire. L'impossible objectivité, indépendamment des disciplines Contrairement à ce que peuvent laisser nombre de propos sur K. Popper, celui-ci ne pose pas l'objectivité comme point de départ de son épistémologie: «Popper s'écarte farouchement, sUl10ut,du tenace préjugé qui veut que l' objectivité de la science repose avant tout sur l'objectivité du savant. L'idéal d'une science pure et désintéressée parvenant à s'émanciper des valeurs et des intérêts lui semble incongru : «Nous ne pouvons pas enlever à l' homme de science sa partialité sans lui enlever du même coup son humanité, de même nous ne pouvons pas interdire ou détruire ses jugements de valeur sans le détruire à la fois comme homme et comme homme de science» (cité par Baudouin, 1991, qui cite de seconde main, 43 ; Italiques de mon fait). Quant à la croyance selon laquelle les sciences «dures» seraient plus «obj ectives» que les sciences «douces », K. Popper la récuse également, et avec elle, l'idée que les

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sciences «dures» entretiendraient une quelconque supériorité sur ce plan: « Il est totalement en"oné,écrit-il, de croire que celui qui pratique les sciences de la nature serait plus objectif que celui qui pratique les sciences sociales, il est tout aussi pa11ial que les autres hommes» (K. Popper, cité par Baudouin, 1991, 43 ; Italiques de mon fait), ce que K. Popper nomme l' intersubj ectivité ». (Baudouin, 1991,43) Ob}ectivité, transsubj ectivité, herméneutique Il semble bien donc que, pour K. Popper, la dimension sociale de la science n'est pas une caractéristique contingente, mais bel et bien un trait fondateur, fondée sur l'espoir que le contrôle mutuel et la concurrence entre chercheurs, leur transsubj ectivité plus que leur obj ectivité donc (ils sont d'accord, mais cela ne signifie rien quant à la fiabilité de leur avis) est un facteur d'amélioration de la qualité des recherches: « L'objectivité des sciences de la nature et des sciences sociales ne se fonde pas sur l'état d'esprit impartial qu'on trouverait aux hommes de science, mais simplement sur le caractère public et compétitif de l'entreprise scientifique.» (Popper, cité par Baudouin, 1991, 44, qui cite de seconde main) On peut simplement se demander, si l'on réfléchit au lien entre les conditions sociales de la recherche et les résultats de celle-ci, et en supposant que la concun4ence favorise la recherche, quels peuvent en être les inconvénients? Tout en réservant une réflexion sur ce suj et pour plus tard, ceci n'étant pas important pour mon exposé actuel, on peut déj à indiquer ce que l'expérienciation de grands colloques suggère. On voit bien, dans ces « grand-messes », que ce qui s'y présente est la partie que l'on pense le plus éprouvée d'une recherche à un moment donné, ce qui est le moins risqué, le moins innovant, le plus convenu5. Il sera donc légitime de se demander, (avec

5 Le pianiste canadien Glenn Gould motive ainsi son refus de donner des concerts à pa11ir de l'âge de 32 ans. Le conce11, dit-il, signifie la perte de toutes les interprétations différentes entre lesquelles on doit choisir pour donner un récital (alors que l'enregistrement, qu'il continue de pratiquer abondamment, permet plus de pluralité) (in

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Blanchet / Robillard / Pierozak, 2003, 9) si ce modèle social de recherche mérite d'être considéré comme le meilleur, voire, pour beaucoup, le seul. Lorsqu'on met en regard la citation suivante de P. Ricœur, on est frappé, malgré les différences, d'une certaine convergence: « l'Ontologie proposée ici n'est point séparable de l'interprétation; elle reste prise dans le cercle que forment ensemble le travail de l'interprétation et l'être interprété; ce n'est donc point une ontologie triomphante; ce n'est même pas une science, puisqu'elle ne saurait se soustraire au risque de l'interprétation; elle ne saurait même pas échapper entièrement à la guerre intestine que se livrent entre elles les herméneutiques. » (Ricœur, 1969, 27 ; Italiques mon fait) En effet, pourquoi serait-il nécessaire de confronter entre eux les points de vue, sinon parce que chacun d'entre eux est une interprétation, plus ou moins contrôlée, d'une représentation en paliie commune appelée « réalité» ? Certes, lors de travaux herméneutiques, le contrôle est, on le verra difficile à exercer, au moins a priori, comme on peut tenter de le faire dans les approches expérimentales,. car l'herméneutique postule l'unicité de chaque acte d'interprétation (on ne peut donc savoir à l'avance quoi contrôler, et s'il est souhaitable de le faire). Mais si l'on se pose une exigence d'explicitation a posteriori sur le processus herméneutique, le' résultat est analogue, le contrôle étant à une démarche hypothético-déductive, qui pose des hypothèses a priori ce qu'est l'explicitation réflexive à une démarche helméneutique. On notera au passage le caractère chaotique de la vision qu'a P. Ricœur de l'activité d'interprétation, qui s 'harmonise bien avec les considérations que j'ai pu tenir moimême ailleurs (Robillard, 2001).

Monsaingeon, 2005). L'abandon du concert est une sorte de refus de se produire de manière univoque.

Chapitre 6 - Historicité, herméneutique, altérité

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K. Popper et le positivisme intégral K. Popper prend position face au Cercle de Vienne6, dont voici un échantillon de prose scientifique: «Les représentants de la conception scientifique du Monde se veulent rivés au sol de la simple expérience humaine; confiants, ils s'adonnent au travail qui consiste à éliminer les scories métaphysiques et théologiques accumulées depuis des millénaires. » (Manifeste du cercle de Vienne et autres écrits, cité de seconde main, in Baudoin, 1991,33). K. Popper réagit à ce positivisme radical: il ne conteste pas les excès de la glose métaphysique, mais «il refuse le postulat généralisateur selon lequel toute interrogation de ce type cOITomptnvinciblement la recherche de i la vérité. La métaphysique est, selon lui, ambivalente, elle peut restreindre l'activité cognitive comme elle peut la dynamiser et I'enrichir. » (Baudoin, 1991, 33) J. Baudoin rappelle que K. Popper considère ainsi qu'un certain type de recherches peut être considérée comme un «programme de recherche métaphysique»: il s'agit de constructions intellectuelles qui sans être «testables » peuvent servir de cadre à des théories qui, elles, sont authentiquement scientifiques. Le darwinisme appartient à cette catégorie selon lui, en n'étant pas directement testable, mais en donnant un éclairage avantageux à tout un ensemble de recherches et d'hypothèses de travail. Il va plus loin: la raison essentielle de la léthargie de la physique est, selon K. Popper, le résultat de l'absence d'un programme de recherche métaphysique. (Baudoin, 1991,34)

6 Groupe de savants qui publie un manifeste sur «La Conception scientifique du monde» (1929), parmi lesquels R. Carnap est sans doute le plus connu, et qui partent en guerre contre l'esprit spéculatif et métaphysique. Leur approche est influencée par le Tractatus Philosophicus de L. Wittgenstein (1921), et fonde la science sur la démarche logico-mathématique et la démonstration expérimentale. Le groupe se dissout assez vite devant la discussion menée par K. Gôdel sur l'impossibilité de créer une approche logique intégralement démontrée, et le jeune K. Popper, qui gravite autour du groupe, met en cause l'idée de «preuve» en matière scientifique (Doliier, dir., 2004).

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On trouve chez P. Ricœur la même prudence quant aux dimensions qui ne relèvent pas de la scientificité littérale et simpliste: « La prétention de quelques-uns à démystifier, comme ils disent, la parole et le dire doit être elle-même démystifiée, comme non critique et naïve. » (Ricœur, 1969, 86) Une dimension spéculative, sinon métaphysique n'est donc à rejeter ni pour K. Popper, ni pour P. Ricœur, et cela répond à l'une de mes orientations de départ concernant la réintroduction d'une certaine mesure de créativité, de vision politique dans le travail de recherche. Cela est cohérent avec l'idée que le monde est construction, et que l'homme (individuel et en groupe) cherche à se conférer une identité, qu'il cristallise souvent dans des créations matérielles qui en sont le signe, et / ou dans des signes préexistants qu'il (re-)contextualise autrement. K. Popper et la virginité cognitive «A aucune étape du développement scientifique [...] nous ne commençons par quelque chose qui ne ressemble à une théorie, une hypothèse, une opinion préconçue ou un problème qui en quelque façon guide nos observations et qui nous aide à choisir parmi les innombrables sujets d'observation ceux qui peuvent être intéressants. » (Popper, in Baudoin, 31) La distance est-elle si grande entre une herméneutique et un K. Popper qui peut affirmer ainsi que la conscience du chercheur n'est jamais vierge, et donc qu'il part toujours d'une interprétation du monde préalable à son travail scientifique? Sommes-nous si loin que cela du Conflit des interprétations de P. Ricœur, puisque l'affirmation de K. Popper peut se traduire de la façon suivante: l'interprétation du monde que propose le chercheur comme résultat de son travail n'alTive jamais dans un vide total, et s'articule avec d'autres interprétations. Le falsijicationisme popperien et l'absence de vérité: la culture du vulnérabilisme Une grande partie du travail de K. Popper consiste en la recherche d'un critère de scientificité. Celui qu'il retient est la réfutabilité: soit le fait pour une théorie de ne pas s' « immuniser» contre toute réfutation. (Baudoin, 1991, 36). Si cette attitude se voit préconisée, c'est que le chercheur popperien ne peut être sûr que d'une chose, c'est de ne jamais

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