Poètes persans

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Cet ouvrage est une étude socio-anthropologique de la poésie persane à travers divers thèmes, débouchant sur l'analyse du désir/sacré dans les poèmes de Hâfèze, l'un des plus grands poètes du 14è siècle, et la contemporanéité inspirée de la civilité poétique iranienne.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140005831
Nombre de pages : 360
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POÈTES PERSANSDÉSIR ET CIVILITÉ
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POÈTESPERSANS,DÉSIRETCIVILITÉ
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COLLECTION L’IRAN EN TRANSITION
Dirigée par Ata Ayati
Les dernières parutions
Alireza KHODDAMI,Discours religieux des jeunes en Iran. Les nouveaux visages de la religion.Préface de David Rigoulet-Roze, 2016. Nahid KESHAVARZ,Les nouveaux féminismes en Iran. Le mouvement des femmes de 1989 à 2009.Préface de Farhad Khosrokhavar, 2015. Ata AYATI- Mohsen MOTTAGHI,Farhad Khosrokhavar : Un sociologue, une révolution, l’histoire tourmentée de l’Iran.2015.Javad ZEINY,/H FLQpPD LUDQLHQ 8Q FLQpPD VRXV LQÁHXQFHVPréface de Jean-Luc Godard, 2015. Morgane HUMBERT,Diplomatie nippo-iranienne. Enjeu énergétique et interférences américaines. Concilier l’inconciliable.Préface de Thierry Kellner, 2015. Pari BARKESHLI,Où est passé mon Damâvand ? Une pianiste iranienne face à l’exil,2015. Minoo KHANY,La couleur de la guerre Iran-IrakRegards croisés sur la peinture iranienne après la Révolution 1979.Préface de Christophe Balay, 2015. Modjtaba NAJAFI,La face féminine du Mouvement vert iranien, De l’internet à la rue.Préface de Shirin Ebadi, 2015. NazyALAIEAHDIEH,Romain Rolland,guerre et religion.Rencontre avec la foi baha’ie. Préface de Leïla Saberan-Mesbah, 2015. Nahâl KHAKNÉGAR,L’exil comme épreuve littéraire. L’écrivain iranienface à ses homologues. Préface de Ramine Kamrane, 2015. Djalâl SATTÂRI,Chahrzâde et sa conversation avec Chahryâr, Traduit du persan par Pirouz Eftékhari. 2015. Jocelyn CORDONNIER,Les États-Unis et l’Iran au cours des années1970. Une amitié particulière au temps de la guerre froide. Préface de Julien =DULÀDQ  Leyla FOULADVIND,/HV PRWV HW OHV HQMHX[ /H GpÀ GHV URPDQFLqUHV LUDQLHQQHV. Préface de Farhad Khosrokhavar, 2014. Ali GHARAKHANI,Téhéran, l’air et les eaux d’une mégapole.Préface de Philippe Haeringer, 2014.
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Ce livre est orné de quatorze ballades de Hâfèze en persan.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École Polytechnique ; 75 005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan@wandoo.fr ISBN :978-2-343-08865-5 EAN :9782343088655
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Poètes persans, désir et civilité
Lettre ouverte à un chercheur iranien
En souvenir des jours où Djalâl Sattâri, le grand chercheur iranien à qui cette lettre ouverte est adressée, me contait au cours de nos voyages, ses rencontres avec des personnages illustres ou anonymes, et nous faisait le récit de ce qui a été sa vie… « Hier, de la haute branche du cyprès, le patient rossignol « Chanta pour éloigner de la fleur le mauvais œil. « - Ô ma fleur, Dieu merci tu es la reine de la beauté, « Mais ne méprise pas la passion des rossignols amoureux ! « Je ne me plains pas de ton absence ; « S’ il n’y avait absence, il n’y aurait pas le désir de ta présence. « Les autres sont gais dans les jouissances de la festivité, « La nostalgie de la désirée nous est motif de gaîté. « Si le dévot met son espérance dans les houris du paradis et dans les palais, « Pour nous, la taverne est palais, et houri notre bien-aimée. « Bois du vin, enivre-toi dans la mélodie de la cithare, ne t’attriste pas ! « Si l’on te dit de ne pas boire, demande la tolérance ! « Pourquoi te plains-tu de la tristesse de l’exil, ô Hâfèze ! « L’union est dans l’exil et la lumière au sein de l’obscurité. » (Hâfèze, ballade 249) Considérez ma lettre comme une causerie depuis longtemps désirée. J’ai terminé avec grand plaisir la traduction de votreChahrzâde et sa conversation avec Chahryâr, déjà paru en 2015 (je le signalerai désormais par CH-C-CH). Vous démontrez patiemment le fond machiste du pouvoir/religieux, la « machine despotique » dont parlent Deleuze et Guattari (2005). Vous décrivez comment dans le concret de son combat, Chahrzâde sort victorieuse. Vous n’avez jamais voulu écrire des ouvrages en français, et n’avez jamais été traduit. C’est très dommage. Vous êtes certainement l’un de nos plus grands chercheurs, habité par l’esprit universel. Vos livres, une centaine, sont pour la plupart des synthèses érudites de la culture iranienne, que vous approfondissez à partir des recherches surtout francophones. Vous soumettez à un examen critique vos abondants
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textes à l’appui à un examen critique. C’est pourquoi la plupart de vos ouvrages sont d’une grande rigueur, certains d’entre eux sans doute d’une grande valeur. L’une de vos œuvres, admirable synthèse d’une démarche horizontale, reflète dans son titre votre intention universaliste :Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, (1975). Vous venez de cette génération patriotique, enfants du mouvement social e iranien du début du XX siècle, qui a tenté de moderniser le pays. Vous avez connu de près des écrivains engagés comme Bozorg ‘Alavi, mais par votre méthode vous dépassez, ô combien !, tous les modèles du savoir en Iran, par exemple, notre grand encyclopédiste Dèhkhodâ qui, par militantisme, mit toute sa vie à saisir notre langue et notre culture d’une manière exhaustive. Vous parler me motive dans mon effort, et à travers vous je rends hommage aux autres chercheurs iraniens. Je n’ai pas votre bagage, loin de là. Je n’ai pas eu votre motivation dès la jeunesse. J’ai commencé à peine depuis quelques années à vouloir lire la poésie persane. J’étais arrivé au point où il était vital pour moi de renouer avec ma culture natale. Mais dans mon exil, je ne dispose pas toujours des sources qui me sont nécessaires. Encore heureux que j’ai vos livres. Vous avez bien voulu m’envoyer, en outre, un certain nombre d’ou-vrages indispensables pour s’initier à la littérature iranienne. C’est pourquoi, même lointain, ce n’est qu’un simulacre d’exil que le mien. Chaque fois que je commence la lecture de l’un de vos ouvrages, ce vers persan devenu proverbe me passe par la tête : « L’eau est dans la cruche, et nous marchons assoiffé ; « La bien-aimée est dans notre maison, et nous la cherchons autour du monde ! » Je me référerai plus particulièrement à certaines de vos livres, notamment Afsoune è Chahrzâde(Le charme de Chahrzâde, 1989) [ACH],Le trait d’union entre l’Orient et l’Occident[TOO] etZaminè yè farhanegue è mardome(Fonds de la culture populaire, 1991) [FCP]. Une vingtaine d’années plus tard, vous actualisez dans CH-C-CH votre réflexion sur Chahrzâde, à travers le compte-rendu critique de quelques ouvrages dont certains sont parus en français après 1989. J’ai l’impression que vous y livrez le plus vital de ce qu’il faut retenir de l’acte de Chahrzâde. Comme dans vos autres ouvrages, votre écriture me paraît d’ailleurs souvent inspirée de la démarche de la conteuse desMilles et Une Nuits; d’une appré-ciation critique, vous passez à une autre, puis à une troisième, et vous enchaî-nez ainsi divers arguments et points de vue… pour en arriver à d’autres. C’est en même temps, un appel à la résistance, et ce n’est pas la première fois dans vos œuvres. Vous faites de ce livre une sorte de testament. Vous vous référez à certains poètes français sur le thème de Chahrzâde, vous passez à d’autres auteurs, vous terminez par un poème de Klingsor. Vous entrez
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dans la subjectivité des rapports entre les deux protagonistes, Chahrzâde et Chahryâr… - Après tout, chacun se projette dans et sur le monde ! Je crois savoir que depuis lors, 2003, vous avez écrit une dizaine d’autres ouvrages. Sachez que devant l’ampleur de vos études, je me répète souvent ces vers de Hâfèze (ballade 150) : « Sur ton rebab, joue un air pour que l’on puisse lancer la voix. « Chante un poème pour que l’on puisse boire une grande coupe de vin ! « Le derviche est démuni de l’apparat de la cour. « Nous n’avons que ce vieux froc, auquel, s’ il le faut, l’on peut mettre le feu ! « L’amour, la jeunesse et le libertinage, voilà l’ idéal ! « Quand leur sens se réunit, commence alors le polo de l’ éloquence ! »
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Pour une approche socio-anthropologique de la poésie persane
ACH est un ouvrage encyclopédique fondé sur de nombreux savoirs et points de vue. FCP peut être considéré comme un point d’appui solide pour l’étude de la culture populaire iranienne et même de la littérature et du soufisme, à un moment où nous sommes frappés par l’une des plus terribles destructions culturelles... programmées !The Visage of Woman in Iranian Culture(1996) est un essai synthétique sur le sort des iraniennes. Cependant, dans toute une série de vos livres, ce qui me pose problème, c’est votre idéalisation spiritua-liste, même si vous tempérez par un examen profond de diverses analyses, iraniennes ou européennes. Je cherche à vivre le vif de la rêverie dans la poésie classique persane et je ne peux m’empêcher de cultiver une écriture qui, dans l’évocation du passé, sollicite nos inquiétudes d’aujourd’hui. Je m’inscris ainsi dans la logique du témoignage, trait culturel iranien que relevait le feu Paul Vieille (1981), socio-anthropologue et iranologue : la sécularisation iranienne permanente des représentations historiques liées à nos aspirations millénaires. Cependant, je dois préciser que même si je mets mon effort à saisir les contraintes des hommes du passé, je ne me vois pas obligé de les transcender passionnellement, comme le fait souvent l’érudition passéiste. Marx disait que le présent expli-quait le passé. C’est si souvent vrai... ou c’était. La post-modernité a changé le paysage des configurations humaines. En un mot, les acquis du passé peuvent constituer un point d’appui vital pour nos désirs actuels, dans un monde très inquiétant. Le non-sens nous envahit, et pourtant, force est de constater qu’il existe la quête latente d’un sacré moderne, au sein d’un globalisme fraternel sans cesse repoussé par le système de domination mondial. Nous travaillons à dénouer un monde bloqué. À travers les solidarités collectives mondiales et les initiatives locales, dans les réflexions sur un monde possible, nous nous effor-çons de contrecarrer l’absurde et les atrocités actuelles. De graves dangers
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