Propos et apophtegmes

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De A à V, de Aimer à Vulgaire, de Courage à Foule, de Mots à Simplicité, voici un livre qu invite le lecteur à une promenade inédite dans les mots et la pensée. Un voyage buissonnier, jamais en ligne droite, où chaque pas en appelle un autre. L'auteur partage ses coups de coeur, ses sujets de réflexion, entre l'apopthegme, la maxime et la méditation à mi-voix. A ceux-là, il ajoute des citations et des morceaux divers, très choisis, d'auteurs qui lui sont compagnons de route.
Publié le : jeudi 1 juillet 2010
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EAN13 : 9782296700642
Nombre de pages : 180
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Propos et Apophtegmes

Robert Gaulin

Propos et Apophtegmes

L’Harmattan

Collection « Vivre et l’écrire » dirigée par Pierre de Givenchy (voir la liste des titres de la collection en fin d’ouvrage)

Ouvrages inédits, du même auteur (auto-édition) Au plaisir des vins et des mots pour le vivre L’Analyse transactionnelle Communiquer et négocier à venir : Propos et Apophtegmes suite n° 2

© L’HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12027-3 EAN: 9782296120273

« Ce que je vous demande, c’est d’ouvrir votre esprit, non de croire. » (Krishnamurti)

Non ridere, non lugere, non indignari, sed intelligere (ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas s’indigner, mais comprendre), Spinoza, Tract politic, 1,4. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (Quid habes, quod non accepisti ? si autem accepisti, quid gloriaris quasi non acceperis ?, saint Paul 1. Épître aux Corinthiens IV, 7)

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AVANT-PROPOS Pourquoi ces pages ? Pour donner, donner ce que j’ai reçu. Pour donner à certains le goût de la lecture, de la réflexion et pour d’autres la découverte ou la redécouverte de tel ou tel auteur, dans la Bible ou avec Montaigne, Pascal, Spinoza, de Saint-Exupéry, Alain, Julien Green et plus près de nous Tenzin Gyatso (le Dalaï-Lama), André Comte-Sponville (philosophe), Jean-Marie Rouart (de l’Académie française) et beaucoup d’autres auteurs que je vous laisse découvrir dans ce document. Je vous invite à fréquenter ces grands esprits. Ils sont immortels : ils nous parlent, nous consultent, nous apportent des solutions. Mais pour cela il faut les entendre, il faut se relier à eux comme dans une vaste communion. J’ai cueilli leurs meilleures pensées en y apportant ma petite plus-value à partir de ce que j’ai observé, vu, entendu ; j’ai écarté tout ce qui pourrait être autobiographique. Les rayons des librairies sont surchargés en Pensées et Mémoires de toutes sortes. Aujourd’hui des gens du show-biz et du monde médiatique surproduisent dans ce style. Ce livre sera complété par des suites : n° 1 et n° 2 sont en préparation. Il n’exige pas une lecture page après page ; il se lit facilement, thème après thème. Quant aux citations latines, elles sont données pour leur beauté, ou leur vérité, pour faire apprécier aussi une langue pas si morte que l’on dit, puisqu’elle se trouve dans de nombreux mots de notre propre vocabulaire. L’étymologie nous éclaire souvent sur le sens perdu des mots.
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Pourquoi ce titre : Propos et Apophtegmes ? Je préfère « propos » à « pensées ». Aujourd’hui une foule de gens écrit ses pensées et puis le mot est moins pompeux. Si Jules Renard, dans son journal, dit qu’ « écrire c’est une façon de parler sans être interrompu », je pense que dans « propos » il y a propositions. Je propose un élargissement des idées émises. Je sollicite même des contre-propositions afin d’enrichir les textes. N’hésitez pas à m’interrompre. Par ce titre, je veux aussi rendre hommage à Auguste Detoeuf qui nous a donné ses Propos d’O.L. Barenton confiseur et à Érasme pour ses Apophtegmes. Apophtegmes (en grec apophthegma : sentence litt. Parole mémorable exprimée de façon concise). Mot choisi pour ne pas employer le terme de sentence, trop sentencieux, trop judiciaire. Pour la forme, j’ai choisi ce mot en pensant aux auteurs anciens et pour le fond en souvenir des sages de Chine qui, pour communiquer, éveiller l’esprit, convaincre et éduquer utilisaient les sentences et les proverbes, sans emphase et sans spéculation métaphysique, tout simplement. Peut-être trop simplement pour l’Occident. En pensant aussi à cette belle image de Diderot, « la maxime est un clou qui s’enfonce dans l’esprit ». Enfin, je paraphraserai La Bruyère (dans ses Caractères) : « Si on ne goûte point ces [Propos et Apophtegmes], je m’en étonne ; et si on les goûte, je m’en étonne de même »… mais je serais stupéfait que l’on n’apprécie point les citations de nos grands auteurs rapportées ici et là dans les textes qui suivent, elles font partie du patrimoine littéraire mondial. Puisse la consultation de ce recueil aider le lecteur dans son intention d’enrichir son raisonnement par la fulgurance et la
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pertinence de ces apophtegmes. Que de nombreux « clous » s’enfoncent pour fixer efficacement la réflexion utile à toute action.

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REMERCIEMENTS Ce livre n’aurait pas vu le jour sans l’aide et les encouragements de : Nicole Delepelaire Claude et Serge Échard Pierre de Givenchy François Tézenas du Montcel. Je tiens à les remercier très chaleureusement. Merci également aux lectrices et lecteurs des premières heures m’ayant invité à collecter et à diffuser mes textes.

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AIMER Avec ce verbe, que de confusions, que de déclarations mais aussi combien de trahisons dans son expression (cf. rubrique « Expression française »). Dans une langue aussi subtile que la nôtre, tant de pauvreté est surprenante. En effet, ne dit-on pas indifféremment aimer la bonne chère, le sport, aimer une femme, aimer lire, aimer la nature, aimer son prochain… On pourrait dire, dans certains cas, « adorer », mais laissons de côté les idolâtres. En réalité, nous ne savons guère aimer que nous-mêmes et nos proches, et encore ! Si nous aimions vraiment, Avec plus de réflexion, nous nous y prendrions autrement
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Pour vivre moins confusément, Plus intensément, plus amoureusement. Revenons sur les expressions grecques, sur ces trois genres d’amour : éros, philia, agapè. ÉROS. C’est l’amour passion ou amour fou, c’est l’amour possession, égoïste, cochon… Pour cet amour-là, les Espagnols ont une phrase très significative : te quiero (je t’aime, ou je te veux). Cet amour ne dure jamais longtemps car il est basé sur la passion. Il est voué à l’échec. Comme très bien résumé par André Comte-Sponville : « La passion ne dure pas ne peut pas durer… vouloir à tout prix être fidèle à la passion, c’est être infidèle à l’amour et au devenir : c’est être infidèle à la vie… » (Dans son Petit traité des grandes vertus) PHILIA. C’est l’amour épanouissement, accomplissement, fait de fidélité, d’attention à tout instant, de partage sans marchandage. On aime parce que… ça ne s’explique pas. C’est un don. C’est l’amour des parents pour les enfants, Et réciproquement. C’est l’amitié vraie, celle qui résiste au temps. C’est l’amour entre mari et femme, cette « amitié maritale », comme le dit Montaigne, si élégamment. C’est un amour qui donne et qui dure parce qu’il porte en lui une force constructive positive, à l’opposé de l’égoïsme. Seul l’amour véritable donne un sens à la vie, c’est la source de toutes les vertus, c’est la vertu des vertus. « Il y a cette joie légère et simple, cette familiarité, cette évidence, cette paix, il y a cette lumière, le regard de l’autre, il y a ce silence, son écoute, il y a cette force d’être deux, cette
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ouverture d’être deux, cette fragilité d’être deux… » « C’est l’amour qui fait vivre… C’est l’amour qui sauve et c’est donc lui qu’il s’agit de sauver… » (André ComteSponville, Petit traité des grandes vertus - Dictionnaire philosophique). AGAPÈ. C’est le mot grec des premiers chrétiens pour dire charité. C’est l’amour spontané, universel sans calcul, sans limite, sans préférence, sans justification. C’est l’amour le plus pur, totalement désintéressé, discret et gratuit. C’est l’amour suprême, quasiment impossible et qui va jusqu’à aimer ses ennemis. Mais comment aller jusque-là, à moins d’être un saint tibétain ou chrétien ou païen. Mais cet amour, on peut néanmoins l’approcher dans certains moments de grâce. Cet amour, par commodité, je l’appelle « dilection » pour ne pas dire « compassion », terme bouddhiste généralement mal compris pour avoir dans nos mentalités occidentales une connotation restrictive de pitié. Il suffit d’ailleurs de consulter nos dictionnaires pour en avoir confirmation. Pour ne pas employer non plus le mot de « charité », trop galvaudé depuis des siècles et des siècles, par la condescendance et l’hypocrisie des bigots, et des bien-pensants. On le voit, la dilection, c’est l’amour au troisième genre qui n’a rien à voir avec l’altruisme ou la philanthropie mondaine, celle qui s’affiche. C’est l’amour créateur de valeurs, nous rejoignons ici le philosophe Alain qui nous dit que « aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi ». Cet amour conduit au plus grand bonheur.
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Ah ! si nous pouvions revenir à l’ère des premiers chrétiens pour effacer tous ces siècles d’Inquisition, de rénégation, d’abomination, si nous pouvions suivre le grand commandement admirablement exprimé dans l’un des plus beaux textes de la Bible qui en fait le livre de l’amour, dans la première Épître de Paul aux Corinthiens, 13 : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges… Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science… Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes… Si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien. » En vérité, c’est la dilection qui donne la bonne direction pour aller vers un avenir humain meilleur, vers une humanité supérieure.

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Déclaration : Après toutes ces considérations,

Ceci sera ma déclaration

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Je n’emploierai pas cet éternel « je t’aime » Que tu entends chez trop de gens, Dit comme pour se faire pardonner,

Ou pour prendre, égoïstement, trop souvent. je dis que je te bénis, simplement,

Je ne dirai donc pas « je t’aime ». Mais

Je te bénis pour tout ce que tu es, tout Amoureusement, tout bonnement. Au-delà du temps.

Je te bénis car tu es facile à vivre, saine, Discrète. Je te bénis pour ta grande simplicité. Merci pour ton humour,

Pour ta bonne humeur de tous les jours,

Pour tes pitreries, pardon, pour tes drôleries.
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Tu me rechoisis, je le sais et moi je te rechoisis.

Merci aussi de partager avec moi tant de beautés, Les merveilles de la nature, toutes ces splendeurs. Tu remplis ma vie de mille et une fleurs, Avec toi, c’est toujours la bonne heure. fantaisie, de bonnes heures, Un bonheur.

D’immenses mélodies et d’exquises couleurs. À chaque heure sa surprise, sa poésie, sa

Avec toi je ne connais jamais l’ennui. Merci d’être à mes côtés, Jour et nuit.

Merci de ta belle et forte présence,

Oui, tu embellis, tu enrichis mon existence.

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