RIVAGES :

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Le rivage évoque pour certains écrivains nostalgiques une destination lointaine, mystique, voire édénique. Le simple terme rivage apparaît comme un élément saillant de la topographie littéraire pour devenir un thème à part entière dans l'imagerie du voyage et de l'exploration. Dans la dualité de l'espace, le rivage délimite un lieu de tension, de transformation, un seuil métaphorique, un tremplin rendant possible le voyage introspectif. Aboutissements d'une quête spirituelle, les rivages sublimes des romans peuvent conjurer l'influence malfaisante du passé, apaiser les traumatismes de l'enfance.
Publié le : lundi 1 mars 2010
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EAN13 : 9782296695979
Nombre de pages : 150
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RIVAGES :
FRONTIÈRE, TREMPLIN, TENSION

Illustration de couverture : « Rivage, Lac du Der ». Photographie de Yannick Le Boulicaut (Directeur du CIRHiLL, UCO, Angers)

© L’HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11418-0 EAN: 9782296114180

CAHIERS DU CENTRE INTERDISCIPLINAIRE DE RECHERCHE EN HISTOIRE, LANGUES ET LITTÉRATURES (CIRHiLL)

Sous la direction de

Carole BAUGUION

RIVAGES :
FRONTIÈRE, TREMPLIN, TENSION

Cahiers du CIRHiLL n° 32

Centre Interdisciplinaire de Recherche en Histoire, Langues et Littératures Centre de recherche affilié à l’IRFA (Institut de Recherche Fondamentale et Appliquée de l’UCO) Le CIRHiLL constitue l’entité de recherche de l’IPLV (Institut de Langues Vivantes de l’UCO). Le CIRHiLL est composé de : - trois équipes de recherche : 1. Littérature de l’exil et les littératures métisses. 2. Identités culturelles d’Europe Centrale. 3. Langues, langages et interactions culturelles (LALIC). Plusieurs formations sont adossées aux recherches du CIRHiLL : • un Master de recherche « Interculturalité : Langues et Cultures », • un Master professionnel « Traduction professionnelle et spécialisée », • un Master professionnel « FLE, cultures et médias », • un Master de recherche FLE, FLS et Francophonie, • un Doctorat en Interculturalité, (en association avec le Collège doctoral d’Angers), • un Doctorat en Études germaniques, (en convention avec l’Université de Graz, Autriche). Directeur du CIRHiLL : Yannick Le Boulicaut
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Comité scientifique et de lecture des Cahiers du CIRHiLL : Moritz Csàky (Académie des Sciences d’Autriche) Simone Pellerin (Université de Montpellier 3) Jean-Pierre Sánchez (Université de Rennes 2) Daniel Lévêque (Université Catholique de l’Ouest) Comité de rédaction des Cahiers du CIRHiLL : Carole Bauguion (Université Catholique de l’Ouest) Béatrice Cáceres (Université Catholique de l’Ouest) Yannick Le Boulicaut (Université Catholique de l’Ouest) Marc Michaud (Université Catholique de l’Ouest) Responsable de l’édition de ce volume : Carole Bauguion (Université Catholique de l’Ouest) Les Éditions de l’UCO / L’Harmattan

Sommaire
Carole BAUGUION Avant-propos ............................................................................p.

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Marie-Claude ROUSSEAU Sable, rives et rivages : « l’entre-deux » de l’Apocalypse ...........p. 13 Anne-Marie BARANOWSKI L’œuvre de V. S. Naipaul : le ressentiment d’un observateur critique.....................................p. 35 Otilia BARDET Lieu de départ et lieu d’arrivée : des « fantômes » passés au centre rêvé dans The Mimic Men de V. S. Naipaul......................p. 61 Brigitte BARRY D’un rivage à l’autre : voyage autobiographique dans la trilogie An Angel at my Table de Janet Frame – du livre au film à la biographie ....................................................p. 79 Isabelle VAN PETEGHEM Rivages sublimes : Now Is The Time To Open Your Heart d’Alice Walker Du ravage au rivage : l’extime à l’œuvre.....................................p. 91 Yannick Le BOULICAUT Des rivages de Malaisie aux rives de l’écriture............................p. 105 Daniel LÉVÊQUE De la Péninsule ibérique à l’Isthme centre-américain : perception littéraire de l’espagnol parlé outre-Atlantique............p. 121

Avant-propos

Rivage...
Étendue de terre en bordure de mer, d’un fleuve, d’une rivière, d’un lac, le mot rivage, de rive, doit son étymologie au baslatin ripaticum, rivaticus, ribaticus, dérivés du latin ripa, « rive, rivage, côte », lui-même issu du grec ñÝù (rhéô) « couler »1. De part son origine gréco-latine, la définition du terme rivage converge vers l’idée de frontière entre l’élément liquide et la terre ferme. L’étymologie de son homologue anglais shore « rivage, côte, promontoire » met en relief cette même acception de frontière, de division, de coupure entre les domaines continental et marin. Du moyen-anglais schore, substantif non attesté en vieilanglais, shore signifie à l’origine « le bord », « la partie détachée ou arrachée » et dérive du vieil-anglais scoren, participe passé de sceran « couper, cliver, se détacher ». Tous ces termes germaniques dérivent de la racine indo-européenne *SQER exprimant « l’idée de couper »2. Shore marque ainsi une zone de rupture entre la terre et la mer. Tantôt au singulier, tantôt au pluriel, le substantif rivage revêt sous la plume des écrivains des connotations très contrastées. Dans la tragédie de Jean Racine, Phèdre, le rivage des morts ou les rivages sombres symbolisent les rives des fleuves des enfers. Dans la même perspective tout aussi obscure, la Fable de La Fontaine, « Le Philosophe scythe » dépeint le rivage en noir3 pour évoquer les enfers, la négativité destructrice. Dans Perceval de Chrétien de Troyes, le rivage est au contraire positivé, magnifié en une contrée, en un pays. Dans le monde légendaire de la cour du roi Arthur, de
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la quête du Graal, le héros explore les rivages lointains peuplés de créatures fabuleuses. Dans la sphère littéraire, rivage s’impose déjà dans l’imaginaire symbolique au Moyen Âge.

Rivages : frontière, tremplin, tension
Rivages en tant que lieu de départ ou d’arrivée, lieu de tension et de transformation, frontière, tremplin… Tel est le fil conducteur de la présente publication, fruit de la collaboration d’enseignantschercheurs dont l’engouement a rendu possible l’étude des nombreuses facettes de la figure du « rivage » dans la littérature. L’équation posée par Marie-Claude Rousseau, « Sable, rives et rivages : ‘l’entre-deux’ de l’Apocalypse » met d’emblée l’accent sur la nature symbolique du concept rivage. En examinant la topographie de l’Apocalypse, le décor concret des visions de saint Jean, l’étude de la spatialité se révèle être ainsi une interprétation possible de l’imaginaire apocalyptique. Sous l’image des rivages de la petite île de Patmos, lieu d’exil, apparaît en filigrane une topographie symbolique, l’île de la Révélation, l’« entre-deux » de la rupture entre deux mondes où se livre une lutte entre les forces du bien et du mal. Le témoignage des traductions antinomiques des versets 12, 18 ; 13, 1 vient renforcer l’ambiguïté de la spatialité, plus précisément celle de la posture des protagonistes – Jean et le dragon – par rapport à la grève, au sable, à la mer. Au terme de cette exégèse captivante, les rivages de la mer laissent progressivement place aux rivages du songe, de l’extase spirituelle, puis aux rives de l’écriture. À la lumière des œuvres romanesques et récits de voyage de V. S. Naipaul, Anne-Marie Baranowski explore le thème du rivage en examinant de près la relation ambiguë de l’écrivain à l’égard de ses origines antillaises et indiennes qui se superposent sans jamais se confondre et s’unissent à l’éducation universitaire reçue au University College d’Oxford. Participant de mondes très divers sans appartenir à aucun d’entre eux, cet écrivain britannique a marqué un tournant dans la littérature caribéenne autant que britannique. Son œuvre pose les bornes de l’écriture de l’exil, typique d’une communauté allant et venant de terres en terres, depuis la
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terre natale jusqu’au rivage du nouveau continent américain. V. S. Naipaul démonte les rouages socioculturels et idéologiques de tous les milieux qu’il dépeint avec finesse, dénonce les travers du monde postcolonial sud-américain, sans épargner le subcontinent indien. Cette relation à l’Inde, terre ancestrale, se situe entre reniement et fascination. Elle cristallise la situation d’éternel étranger de Naipaul, si féconde sur le plan littéraire, bien qu’elle engendre aussi un regard parfois impitoyable, une sorte de ressentiment littéraire d’un observateur critique si talentueux. Otilia Bardet s’est également intéressée à l’écriture naipaulienne en analysant les termes « lieu de départ » et « lieu d’arrivée » dans l’univers fictionnel de The Mimic Men. L’étude textuelle de cette œuvre, placée sous le signe du déracinement et du pluralisme ethnoculturel, souligne le mal-être du protagoniste exilé qui éprouve maintes difficultés à définir son identité. Hanté par les « fantômes » de son passé colonial, le héros se lance dans une quête d’appartenance, une quête d’identité. En remontant le temps pour mieux renouer avec ses racines, le narrateur trouvera l’unité de sa personne dans l’ultime point d’arrivée, sa carrière littéraire. Brigitte Barry poursuit la réflexion littéraire en explorant la trilogie autobiographique de Janet Frame, To the Is-land, An Angel at my Table et The Envoy from Mirror City, et met en parallèle l’adaptation cinématographique de Jane Campion ainsi que la biographie rédigée par Michael King. L’objectif de cette étude est de démontrer à quel point la structure même de l’autobiographie de Janet Frame est le reflet de plusieurs facettes de la figure du rivage. Lieux de départ ou d’arrivée, au sens figuré comme au sens propre, les épisodes de vie qui ouvrent et closent chaque recueil correspondent à des figures de transformations physiques et psychologiques : celles de l’enfance à l’adolescence, ou des huit années d’internement psychiatrique à la renaissance de l’écrivain. Les voyages dans le temps, dans l’espace, les voyages de l’histoire vécue entraînent l’écrivain vers un voyage initiatique et thérapeutique des rivages de la Nouvelle-Zélande vers ceux de l’Europe jusqu’au voyage de retour en bateau vers le pays natal. Voguer à nouveau vers les rivages de sa terre natale apparaît sous la plume de l’écrivain comme un retour sur soi et le sentiment d’une liberté enfin recouvrée.

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Dans une même veine, Isabelle Van Peteghem met en évidence l’ambivalence de la notion de rivage dans l’œuvre d’Alice Walker, Now is The Time To Open Your Heart. Opposant les berges du Colorado à une plage d’Hawaii, le rivage se définit comme une figure d’aboutissement, mais aussi de commencement. Les rivages géographiques, psychologiques et méta-fictionnels permettent à l’héroïne, Kate Talkingtree, de surmonter le traumatisme du passé et – selon la terminologie de Lacan – le « ravage mère/fille », puis d’atteindre les rivages sublimes de la création littéraire. Si les voyages géographiques sous-tendent la quête spirituelle et initiatique, les rivages, sous la plume d’Alice Walker, symbolisent quant à eux des seuils permettant de s’affranchir du ravage originel et d’extimer la souffrance. Dans la littérature conradienne, les rivages de l’Indonésie, en particulier ceux de l’île de Bornéo, constituent également une source intarissable d’inspiration. Yannick Le Boulicaut nous fait découvrir, carte en main, les récifs, les hauts-fonds, les bancs de sable qui jalonnent les rivages de la remarquable « trilogie malaise ». Sous la plume de Joseph Conrad le rivage est une métaphore de l’expérience humaine. Lieu de tension, frontière infranchissable, ligne de fracture ontologique, la notion de rivage ne s’inscrit pas dans le mythe du voyage initiatique des romans de la découverte de soi. Les rivages exotiques sont des lieux de perdition, de désillusion. Ils sont dépeints comme des rivages marécageux peu accueillants, des côtes brumeuses presque inabordables. Peuplés de personnages faillibles, en situation d’échec, de parias de la société occidentale, le rivage conradien devient au fil de la plume le théâtre de la vie. Daniel Lévêque nous propose une approche à la fois littéraire, civilisationnelle et linguistique du concept du rivage en s’intéressant à l’espagnol d’Amérique centrale qui au fil du temps a su se façonner un profil particulier, modelé sur un environnement naturel et culturel propre. Peut-on parler de rupture ou de continuité de la langue espagnole d’un rivage à l’autre de l’Atlantique ? Ou bien de l’enrichissement du castillan au contact de l’environnement américain ? C’est en s’appuyant sur la production littéraire contemporaine de nature indigéniste, que l’accent sera mis sur le fort degré de corrélation entre les textes d’auteurs et les parlers locaux
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d’Amérique centrale. Trois traits distinctifs de l’espagnol d’Amérique centrale seront mis en exergue – le trait lexical, le trait grammatical, puis le trait phonologique – qui démontrent combien la seule composante linguistique des œuvres représente en soi l’élément différenciateur de toute une littérature. Grâce à la clarté de cet exposé, au choix judicieux d’exemples méthodiquement traduits et analysés, le lecteur non hispanophone ne sera nullement dérouté par les études philologiques très pointues étayant les particularismes régionaux.

Carole BAUGUION

CIRHiLL - UCO

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Notes
1 Félix Gaffiot, Dictionnaire latin-français (1934), Paris : Éd. Hachette, 1995, p. 1365. 2 Walter William Skeat, An Etymological Dictionary of the English Language (1879), Oxford : Clarendon Press, 1924, pp. 554, 558. 3 Cf. Fabl. XII, 20 « Laissez agir la faux du temps : Ils [: les arbres] iront assez tôt border le noir rivage ».

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Sable, rives et rivages : « l’entre-deux » de l’Apocalypse
Marie-Claude ROUSSEAU
CIRHiLL - Université Catholique de l’Ouest (Angers)

SUMMARY: The study of sand imagery related to that of sea shores and river banks in the Apocalypse of St John leads on to the examination of the ambiguity of space (“where you are is where you are not”, T. S. Eliot, Four Quartets) as a key to what may be called the “in-between” of apocalyptic imagery. Attention is paid to the geographic setting of John’s visions – the island of Patmos – as well as to the symbolical topography of specific passages : e.g. Rev 12: 18 or 13: 1 depending on the rendering and interpretations of the original text, a key passage in which either John or the dragon is standing “on the sand of the sea”; Rev 22: 1 “when there was no more sea”; Rev 22: 1-2 with “the river of water of life” and “the tree of life on either side of the river”. In the end which is actually a beginning – insofar as the Apocalypse, in terms of space symbolism and ambiguity of meaning, is a neverending spiral, folding and unfolding itself between the visible and invisible, between revelation and mystery – in the end, to quote Eliot “Here or there does not matter”. What matters is the exploration, the inner journey “into another intensity” through “the empty desolation”, from the shores of exile to the shores of vision and poetry.

Prologue
« Savez-vous ce que j’écris en ce moment ? Un commentaire de l’Apocalypse ! C’est passionnant ! » (Cette lettre de Claudel adressée à Darius Milhaud est de mars 1929). Quelques mois plus tard, Claudel précise : « Je suis toujours plongé dans les sables de l’Apocalypse ». Enfin, en décembre 1930 : « Je travaille toujours tranquillement à l’Apocalypse, où toute la Bible est en train de déboucher »1. De la rencontre avec ce témoignage d’un des pèlerins du texte de l’Apocalypse est né le projet d’en parcourir les sables : des rivages de la mer aux rives du fleuve de vie, des rivages de Patmos aux rives de l’écriture. Pour quelle révélation ? L’étude des harmoniques « sable, rives, rivages » repérées dans le texte de l’Apocalypse de Jean et diversement interprétées selon l’établissement du texte et les traductions, ainsi que l’examen des postures des protagonistes par rapport à ces éléments, touchent, à travers la question de la spatialité, à l’ambiguïté fondamentale de l’Apocalypse. « Car nous sommes où nous ne sommes pas »2. « Être où ne pas être/ C’est peut-être aussi la question »3. Du texte biblique aux représentations qu’il a suscitées, l’itinéraire proposé ici débouche, par-delà « l’entre-deux » d’un lieu polysémique, sur la question ultime du sens, ouvrant de nouvelles perspectives sur les herméneutiques possibles de l’imaginaire apocalyptique.

I - Les géographies solennelles des limites humaines4
Avant de plonger dans les sables du texte et d’aborder rives et rivages, commençons par nous intéresser plus largement à la topographie de l’Apocalypse, au décor concret des visions de saint Jean. Une île, entre le ciel et l’eau À la question « où se situe l’Apocalypse ? » la réponse est donnée par Jean lui-même : « Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans l’épreuve […] Je me trouvais dans l’île de Patmos, à
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cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus. » (Ap 1, 9)5 Le cadre général du récit est défini : il s’agit d’une île, avec toutes les connotations que véhicule cette réalité géographique dans l’imaginaire collectif6, et plus précisément de l’île de Patmos, la plus au nord du Dodécanèse dans la mer Égée orientale, au large de la Turquie. « Île sacrée » depuis 1981 – on y a vénéré Artémis dans l’Antiquité et s’y élève aujourd’hui le monastère Saint-Jean à la mémoire de celui qui y fut exilé – Patmos est une petite île aux rochers abrupts, au littoral irrégulier ponctué de caps, de petites baies, de ports. « Étrange prison de rochers blancs, de terre rouge et de pins noirs »7 tel est donc le cadre dans lequel il faut imaginer le visionnaire de l’Apocalypse, face à un paysage inondé de soleil avec pour horizon la mer : […] il est certain que c’est la mer de tous côtés qui forme l’horizon de l’Apocalypse et qui interpose son niveau entre les séries des évènements qui se correspondent, dans le passé et dans l’avenir8. Des visions entre ciel et terre À cette géographie objective, à la réalité de Patmos, lieu de l’exil et des visions de saint Jean, il faut ajouter dans cette approche de la spatialité de l’Apocalypse la topographie symbolique des représentations auxquelles ces visions ont « donné lieu ». C’est ainsi qu’au Moyen Âge, le Mont Saint-Michel, figure emblématique sur terre de la Jérusalem céleste, est substitué à Patmos dans les Riches Heures du duc de Berry et c’est au-dessus de ce promontoire entouré d’eau que s’engage le combat céleste (Ap 12) entre le dragon et saint Michel sous le patronage duquel le site est placé. Autre exemple de topographie symbolique : le déroulement séquentiel de la révélation faite à Jean entre une bande supérieure, céleste, et une bande inférieure, terrestre, tel que la tenture médiévale d’Angers l’a représenté. Entre un espace peuplé d’anges musiciens et une zone parsemée de fleurs et parfois d’animaux, l’Apocalypse s’y déploie entre ciel et terre, dans un « entre-deux », sorte de non-lieu « utopique »9 échappant aux « géographies… des limites humaines ». Dans ce choix de mise en scène du texte biblique entre le haut et le bas, dans cette parole tissée comme
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