Salah Stétié, Lecteur de Rimbaud et de Mallarmé

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Salah Stétié, profond poète d'expression française et grande voix musulmane, est aussi un diplomate chevronné, ce qui lui permet d'établir un lien vivant entre l'Orient et l'Occident et, au-delà, entre l'histoire et la méditation métaphysique à vocation "trans-historique". Son regard porté sur deux poètes majeurs de notre littérature (Mallarmé et Rimbaud) est enrichi par cette double approche (Orient et Occident) .La poésie et la pensée de ces deux auteurs français sont saisis à travers la conception islamique de l'être, du temps et de l'esthétique.
Publié le : lundi 1 mars 2010
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EAN13 : 9782296694774
Nombre de pages : 83
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SALAH STÉTIÉ, Lecteur de Rimbaud et de Mallarmé

Sylvie GAZAGNE

SALAH STÉTIÉ, Lecteur de Rimbaud et de Mallarmé Regard critique, regard créatif

Essai sur Rimbaud, le huitière dormant, Mallarmé sauf azur et Rimbaud d’Aden de Salah STÉTIÉ

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11124-0 EAN : 9782296111240

Dans certaines citations, des passages ont été volontairement soulignés par l’auteur.

PRÉFACE

Ce livre de Sylvie Gazagne nous invite d’abord à réfléchir sur un type particulier d’écriture lié à ce qu’on pourrait appeler la lecture des créateurs ou, plus précisément, la critique des créateurs. Dès le titre : Salah Stétié, lecteur de Rimbaud et de Mallarmé. Regard critique, regard créatif, nous devinons que nous aurons à découvrir un espace d’écriture qui se situe entre deux domaines. Sylvie Gazagne étudie la façon dont le poète libanais aborde les deux poètes français, Rimbaud et Mallarmé à partir de trois ouvrages de ce poète qui est en même temps critique et essayiste : Rimbaud, le huitième dormant, Mallarmé sauf azur et Rimbaud d’Aden. Qu’un poète écrive pour commenter d’autres poètes n’est pas un fait nouveau, mais l’écriture et la démarche de Salah Stétié dans ce domaine suscitent au moins un double intérêt. D’un côté, sa manière d’écrire dans ces essais déplace sensiblement les frontières entre la critique littéraire proprement dite et la création poétique. D’un autre côté, l’approche que Salah Stétié fait de Rimbaud et de Mallarmé est le produit d’une longue réflexion – dont l’ambition est d’être à la fois profonde et vaste – qui porte non seulement sur la poésie en général mais sur la création au sens le plus large du mot (du point de vue tant littéraire que religieux). Cette latitude permet à Salah Stétié de lire Rimbaud et Mallarmé, quand il juge cela nécessaire et surtout quand cela permet de mieux cerner les poétiques respectives de ces deux auteurs, à partir des concepts et des catégories de la pensée
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islamique, comme il la conçoit, lui. Ici aussi, les frontières sont plus que déplacées. Comme le note Sylvie Gazagne, la critique des créateurs s’est remarquablement développée à partir du XXe siècle. Les essais et les écrits critiques des poètes (comme Yves Bonnefoy, Pierre Jean Jouve, Michel Deguy, Jean-Michel Maulpoix, Salah Stétié, Adonis, pour ne prendre que quelques exemples) sont aussi capitaux que leurs recueils poétiques. Ce dédoublement du poète en critique eût passé pour tout à fait ordinaire – de nombreux poètes sont en même temps des universitaires – n’eût été l’importance du chevauchement, dans certains écrits critiques, d’un domaine d’écriture sur un autre. Et même sans cet empiètement, ce phénomène ouvre de nouvelles perspectives à la recherche. Il serait intéressant, par exemple, de voir comment l’étude qu’un poète mène sur un autre poète évolue dans une perspective qui va de l’oubli de soi (même si celui-ci ne peut jamais être total) à l’oubli de celui qui constitue l’objet de l’étude, et d’examiner les voies et les moyens par lesquels un poète, parce qu’il est précisément poète, oblitère l’univers d’un autre poète ou au contraire réussit à rendre compte de cet univers et donc à le conserver par des signes qui sont les siens. Avec Salah Stétié, surtout dans certains de ses écrits critiques, il arrive parfois que la poésie rejaillisse sur le discours dont elle est elle-même l’objet. En réfléchissant, en tant que critique, sur les parcours poétiques de Rimbaud et de Mallarmé, Salah Stétié se laisse aller parfois à une méditation lyrique et son aventure poétique personnelle passe dans son discours. Le poète en lui se manifeste à côté du critique. Dans cette attitude, il y a, d’un certain point de vue, une sorte de transparence, un jeu sans tricherie, mais, paradoxalement cette transparence
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