Subjectivités et écritures de la diaspora francophone

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L'auteur objective quatre textes d'auteurs de la diaspora noire, à savoir : Moi, Tituba, sorcière... et En attendant la montée des eaux de Maryse Condé, Verre Cassé d'Alain Mabanckou et Le totem des Baranda de Melchior Mbonimpa. Elle tente de démontrer que les quatre romans représentent chacun l'évolution de la subjectivité noire.
Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782336392448
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SubjectivitéS et écritureS de la diaSpora francophone Maryse Condé, Alain Mabanckou et Melchior Mbonimpa
l’auteur de ce livre objective quatre textes d’auteurs de la diaspora noire, à savoir :Moi, Tituba, sorcière…etEn attendant la montée des eauxde Maryse Condé,Verre Casséd’Alain Mabanckou etLe totem des Barandade Melchior Mbonimpa.
L’étude porte une ambition : combler les lacunes des textes d’expression française aux motivations identitaires divergentes, à propos de la subjectivité. Elle tente de démontrer que les quatre romans représentent chacun l’évolution de la subjectivité noire.
Les parcours identitaires de Condé, Mabanckou et Mbonimpa sont manifestes dans leurs œuvres qui abordent des problématiques socioculturelles et historiques et qui éclairent de façon décisive la question de la subjectivité.
Bodia Bavuidiest docteure en philosophie. Professeure d’universités au Canada et en République démocratique du Congo, d’où elle est originaire, elle enseigne le français, la traductologie, la littérature francophone, les théories postcoloniales et les études sur les femmes et le genre. Conférencière, elle s’est distinguée en militant activement pour la justice sociale et le sort des femmes dans la région des conits armés de l’est du Congo. Cet ouvrage est son premier livre tiré de sa thèse de doctorat, défendue à l’université de Toronto.
cOLLECTION « cOmPTEs RENDUs » Fondée et animée par Eddie Tambwe Avec la collaboration de Masumboko Mununguri
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SubjectivitéS et écritureS de la diaSpora francophone
Maryse Condé, Alain Mabanckou et Melchior Mbonimpa
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Subjectivité
Subjectivités et écritures de la diaspora francophone Maryse Condé, Alain Mabanckou et Melchior Mbonimpa
Bodia Bavuidi Subjectivités et écritures de la diaspora francophone Maryse Condé, Alain Mabanckou et Melchior Mbonimpa Comptes rendus Lǯ(armattan
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07489-4 EAN : 9782343074894
Introduction générale La question de la subjectivité se trouve à cheval sur deux disciplines connexes : lǯessai philosophique, qui sǯattache à signifier le sujet, et la littérature, dǯo‘ la fonction du romancier ȋquiȌ nǯest pas […] de discourir sur la subjectivité mais de la ͳ rendre présente . En optant pour ce choix, lǯétude de la subjectivité, nous estimons que si toute vérité sǯenracine dans lǯexpérience vécue, la subjectivité est « le seul domaine dont il soit raisonnable et ʹ légitime de parler ». Cependant, autant la pensée philosophique est élaborée à partir des valeurs des sociétés qui la créent, autant la littérature est le reflet de différents contextes sociaux. Dans cette optique, le choix dǯune étude sur la question de la subjectivité dans lǯécriture diasporique des Noirs tiendra compte de la diversité de cette diaspora. Le Noir ayant connu la particularité dǯune histoire et dǯune expérience existentiellement déshumanisante, la question corporelle est en jeu dans lǯexpression et la représentation de sa subjectivité. Lorsque les discours dominants choisirent de définir le corps du Noir en fonction de leur vision stéréotypée du monde, il sǯensuivit un
ͳ  Maurice Merleau-Ponty, ͳͻ͸͸, cité par Kasereka Kavwahirehi,V.Y Mudimbe et la ré-invention de l’Afrique. Poétique et politique de la décolonisation des sciences humaines, New York, Rodopi, « Francopolyphonies », ʹͲͲ͸, p.Ͷͷ. ʹ  « Mais la science sur laquelle le sujet fonde son espoir révèle bien vite ses limites. Sur le plan institutionnel, tout dǯabord, elle sǯinscrit dans un contexte et un système de procédures qui demeurent marqués par la prédominance de lǯOccident et à lǯélaboration desquels les Africains nǯont pas été véritablement conviés. Ces conditions, certes, pourraient être modifiées et lǯon peut imaginer quǯun jour disparaîtra lǯactuelle division internationale de la recherche. Mais tout ne serait pas résolu pour autant car cette science enfin autochtone risquerait alors dǯapparaître crûment pour ce quǯelle est, c'est-à-dire une rhétorique de la nomination et du classement, qui, par là même, nǯest guère susceptible de conduire à une élucidation du réel. Cette prise en compte des Dzlimites de la sciencedz rend ainsi le sujet à lui-même et fait de lǯexpérience de la subjectivité le seul domaine dont il soit raisonnable et légitime de parler. » Bernard Mouralis,L’Europe, l’Afrique et la folie, Paris, Présence africaine, ͳͻͻ͵, p.ʹͲͻ.
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processus de marginalisation raciale et dǯexclusion de classe. Ce double processus sǯaccompagna de lǯinstauration dǯune grille de lecture idéologique visant à évaluer négativement lǯautre dans ses attributs identitaires. Nous montrerons dans le premier chapitre ȋen nous référant aux contextes de lǯesclavage et de la colonisationȌ, que cet état de fait donne lieu à une dialectique du dominant et du dominé. Cette étude veut combler les lacunes des textes dǯexpression française aux motivations identitaires divergentes à propos de la subjectivité. Notre corpus est constitué de quatre textes dǯauteurs de la diaspora Noire, à savoir :Moi, Tituba, sorcière… etEn attendant la montée des eauxde Maryse Condé,Verre CassédǯAlain Mabanckou etLe totem des BarandaMelchior Mbonimpa. Par de diaspora, nous entendons le résultat des migrations forcées et volontaires des ressortissants des peuples dǯascendance africaine. )ls ont en commun lǯAfrique comme lieu dǯorigine, des expériences toujours complexes et non-unifiées de lǯesclavage, de la colonisation, de lǯadaptation, de lǯinévitabilité du métissage, ainsi que lǯidée toujours importante dǯun possible retour aux sources. Nous tiendrons compte de la diversité inhérente à cette diaspora quǯon pourrait ramener aux trois catégories qui ont inspiré le choix des auteurs et des ouvrages : ȋͳȌ les descendants des déportés lors de la traite atlantique des esclaves noirs, ȋʹȌ les Africains qui ont récemment fui les diverses conditions de marginalisation dans leurs pays dǯorigine et ȋ͵Ȍ les immigrants volontaires. Les ouvrages et les auteurs choisis refléteront cette diversité et contribueront à cerner les modalités diverses du sujet de notre recherche. Le choix de ces textes se justifie par le fait quǯils soutiennent notre hypothèse. Ce qui revient à dire que le corpus représente les différentes étapes du développement de la subjectivité de la diaspora noire telles quǯelles se laissent saisir dans la littérature. Nous adoptons une double définition de lasubjectivité: elle se saisit dǯabord comme conscience et expérience individuelles et collectives, mais aussi, selon Merleau-Ponty, comme « le particulier » par rapport à « lǯuniversel ». Nous recourons à ces axes définitionnels de la subjectivité pour explorer les thèmes de la subjectivité et de la dispersion en rapport avec la diaspora noire francophone. Cette diaspora fait face à lǯimposition de la langue et
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des valeurs culturelles françaises perçues comme supérieures aux valeurs et aux langues traditionnelles caribéennes et africaines. Le rapport problématique des auteurs à ces langues et à la langue française est présent à des degrés divers et de manières différentes dans chacun des ouvrages à lǯétude. Si les quatre romans représentent chacun lǯévolution de la subjectivité noire, lǯœuvre romanesque de la Guadeloupéenne Maryse Condé incarne, de façon particulière, lǯévolution collective de la subjectivité noire. Elle retrace le parcours historique du sujet africain dans le continent « mère » et lǯaffirmation de la personnalité culturelle négro-africaine dans la condition dǯesclave, la diversité des résistances dans le système esclavagiste, ainsi que lǯexpérience de la créolisation et de la mondialisation. Cǯest le cas de son œuvreMoi, Tituba, sorcière…et deEn attendant la montée des eaux.Les parcours identitaires de Condé, Mabanckou et Mbonimpa sont manifestes dans leurs œuvres qui abordent des problématiques socioculturelles et historiques et qui éclairent de façon décisive la question de la subjectivité. Le rapport entreMoi, Tituba, sorcière… etLe totem des Baranda est facile à établir. Le rapprochement entre ces deux œuvres repose sur la référence historique et le fondement socioculturel. Les deux romans ont la forme du récit historique en même temps quǯils sǯénoncent à partir de lǯexpérience culturelle de la Guadeloupe et de lǯAfrique interlacustre. Par ailleurs, leurs deux auteurs laissent entrevoir le devoir de lǯécrivain de rendre justice à ses origines et dǯassurer la survivance de la mémoire en la réhabilitant. Cǯest dans ce sens quǯaprès avoir constaté lǯignorance de lǯhistoire ȋmême en milieu universitaireȌ, Maryse Condé se résout à corriger cette lacune en ͵ tentant dǯeffacer une « biffure de lǯ(istoire ». On retrouve le même souci de correction dansLe totem des BarandaMelchior Mbonimpa, qui sǯinscrit « dans le projet de dǯinformer le public et de sécuriser lǯavenir des générations Ͷ futures » par la mission de conscientisation propre à la double nature épique et historique du texte. De par leurs fonctions ͵  Katia Gottin, « La voix "à venir" dansMoi, Tituba, sorcière…»,Nouvelles études francophonesʹͳ.ͳ, Printemps ʹͲͲ͸, p.ͻ͸. Ͷ  Bodia Macharia, « Pour une renaissance généalogique : résistance féminine chez Melchior Mbonimpa », Thèse de MA, McMaster, (amilton, ʹͲͲ͸, p.ͳ͵.
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