Un masque à berkingalar

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Les habitants de Zam à Mankarga au Sud du Sahara ont leur objet sacré : un masque. Il a le pouvoir d'apporter santé, richesse et bonheur à ceux qui l'invoquent. Un coopérant le convoite, le soustrait à ses propriétaires et l'emporte à Berkingalar. Le masque tourmente son nouveau propriétaire.

Publié le : samedi 1 novembre 2008
Lecture(s) : 32
EAN13 : 9782296205932
Nombre de pages : 121
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Un masque à Berkingalar

Ecrire l'Afrique Collection dirigée par Denis Pryen

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Louis Kalmogo

Un masque à Berkingalar

L'HARMATTAN

Un masque à Berkingalar est une œuvre de pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes, des lieux ou des faits existants serait fortuite.

L'auteur

(Ç) L'HARMATTAN, 2008 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairiehannattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr hannattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-06330-3 EAN : 9782296063303

PRE

F ACE

Très profondément fils de son terroir et très solidement homme de foi, attentif à son village natal, croyant en la fraternité, Louis KALMOGO, l'enfant de Tangsèega a bien fait d'accoucher des idées bien nombreuses qui l'ont habité et l'ont bousculé certainement très fort intérieurement. A-t-on droit de tout ignorer du milieu où l'on a respiré la première bouffée d'oxygène? A-t-on droit de s'ouvrir au monde fait pour tout ce qui existe sur la terre? Doit-on priver le monde d'une quelconque culture au nom de la supériorité douteuse d'une civilisation, d'un savoir, d'une position? Le roman « Un masque à Berkingalar» est le récit d'un engagement farouche à ne pas se laisser mourir, et à ne pas laisser mourir les anciens avec leurs puits de sagesse et de connaissances, ainsi que la morale en voie d'être assassinée par l'appât du gain, de l'argent, et du matérialisme. Cuique suum, «A chacun le sien» dit un aphorisme de la législation romaine. A qui la faute si l'homme venu du Nord vient nous déposséder de ce qui nourrit notre esprit, et par voie de conséquence, fermer les vannes pluvieuses du ciel dont nos ancêtres avaient la science pour assurer la nourriture de notre corps? Alors à qui la faute? A l'hybride opportuniste, le demi blanc qui croit avoir accédé à la marche ascendante vers le summum irréversible de la réussite? Au militaire fougueux et révolté parce que rien ne va plus? Aux très réservés anciens, détenteurs du pouvoir des ancêtres... ? Ou à l'ambitieux anthropologue du Nord qui dénie toute valeur

à la tradition dont le vieil homme insignifiant de Zam est le principal gardien? Le pouvoir troublant du masque fondateur, serait-il une fabulation pour agrémenter le récit? «Un masque à Berkingalar», troisième roman de Louis KALMOGO après <<RaoJ!ou le destin du MooJ!o» o et <<Du fond du cœur», est ce suave récit évoluant dans la même ligne que les deux premiers. Il est forgé sur l'enclume de la vie familiale bien aimée parce que bien connue dans le sens d'une communion, d'une intimité très complice dont les souvenirs des faits, évènements, contes etc. sont relatés par Louis KALMOGO avec brio. «Un masque à Berkingalar» ajoute aux deux premiers récits les éléments d'information vécus dans son milieu comme pour dire qu'il ne faut rien omettre dans la peinture de cette pittoresque mosaïque qui est la relation de l'histoire de son village natal et son environnement, pour la postérité de Tangsèega. L'auteur semble conclure qu'il y a toujours un terrain d'entente sur cette terre, mais encore faut-il prendre le temps d'écouter l'autre quelle que soit sa nature: le vieillard moins que rien, le masque ancêtre, (un objet silencieux, inanimé) et chercher à le comprendre: «les morts ne sont pas morts» Qu'on n'y croit point, mais qu'on accepte de donner «cuique suum», «à chacun les siens», pour reprendre la maxime déjà évoquée. Où nous mène-t-il, Louis KALMOGO? Il y a tant et tant de questions sur lesquelles le lecteur est interpellé par ce roman. ..

Il faut lire «Un masque à Berkingalar» pour augmenter, chacun à ses dépends, ses troubles, sources probables d'introspection et de progrès sur la voie de l'humanité, valeur universelle, bien qu'à chacun les siens... Jean Robert L. BAMBARA

Monsieur Cartouche était assis près d'un hublot. Il était grand, blond, distingué, vêtu d'un complet blanc, d'une chemise bleue et une cravate rouge. On apercevait, au-dessous de ses lunettes cerclées d'or, une moustache bien soignée. Il avait du sang noble. Seulement, il descendait d'une noblesse qui s'était affaiblie. Sa famille avait été ruinée dans une méchante transaction immobilière. Chaque membre de la famille avait été obligé de travailler durement pour se refaire une place au soleil. Monsieur Cartouche avait les yeux rivés sur les dernières maisons de ce petit pays qu'il quittait maintenant avec un pincement au cœur. Quand pour la première fois l'avion l'avait amené dans ce pays, il avait eu un sourire amusé quand il aperçut les petites maisons en tôles ondulées tapies à même le sol. Il n'y avait rien de comparable avec les majestueux édifices de chez lui. Seulement, plus tard, quand il eut des contacts avec ce nouveau monde, il découvrit que ces habitations abritaient des hommes et des femmes au cœur d'or. Pour monsieur Cartouche, c'était une certitude qu'un jour, ce pays auquel il s'était attaché sans le vouloir, serait rayé de la carte selon le bon vouloir de ceux qui soufflent le chaud et le froid sur ce monde. Pourquoi fallait-il entretenir ces hommes et ces femmes qui étaient un poids pour I'humanité? Qui ne comprenaient rien de tout ce qui a été entrepris afin de créer un équilibre démographique.

11

L'Airbus avait décollé avec le calme imperturbable qu'on lui connaissait. A onze mille mètres d'altitude, les hôtesses de l'air s'affairaient déjà aux démonstrations de routine, constamment habitées par l'idée de la catastrophe. Or, devant l'irréparable, toutes les simulations restent caduques car à ce moment-là, il n'y a plus de temps pour démêler les ficelles des éléments de sauvetage. Peut-être serait-il bon de rappeler à chacun après le décollage qu'il devrait se mettre au diapason avec ce qui faisait l'objet de ses croyances: Le Rien, Dieu ou Satan. Monsieur Cartouche sirotait un verre de champagne généreusement offert par la compagnie. Il pensait à ce moment à tous ses étudiants africains qu'il avait sortis des dédales de l'ignorance. Cette ennemie comparable à la méduse aux mille tentacules, engendrant la faim, la maladie, le dénuement et bien d'autres maux, et prêtant le flanc à l'exploiteur. Monsieur Cartouche avait ouvert les yeux de ses étudiants sur la nécessité de ne pas se départir des bons principes organisationnels qu'avait bâtis son pays le Berkingalar en faveur de ses anciennes colonies. Dans ce pays à 95% analphabète, la majorité des enseignants du supérieur étaient des expatriés, souvent fraîchement sortis des uriiversités de leur pays d'origine avec des diplômes à peine suffisants pour une si grande tâche. Ils pouvaient occuper des chaires en Afrique, car ils avaient, ne l'oublions pas, l'avantage de la couleur de la peau. Monsieur Cartouche, anthropologue de formation, disait savoir tout faire. Il offrait généreusement ses services et entreprenait tout avec hardiesse. Il avait alors profité de son séjour dans ce pays d'accueil pour compléter ses 12

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