Aux électeurs du département de la Charente-Inférieure

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impr. de P. Coudert (Bordeaux). 1828. France -- 1824-1830 (Charles X). 8 p. ; in-8.
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Publié le : mardi 1 janvier 1828
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AUX ELECTEURS
DU DÉPARTEMENT
DE LA CHARENTE-INFÉRIEURE.
MESSIEURS,
Il y a un an, à pareille époque, les listes électorales
venaient de se clore : combien, dans un si court espace de
temps, la situation de la France a changé ! Un ministère, de
funeste mémoire, pesait alors sur notre belle patrie; la cen-
sure enchaînait les journaux, et les empêchait de révéler les
sinistres projets qui se tramaient dans l'ombre ; des coups
d'état, préparés pour la ruine de nos dernières libertés ,
s'annonçaient par un bruit sourd, semblable à celui qui
présage un orage prochain : tout était crainte, péril, me-
nace de désordre et de bouleversement. Aujourd'hui, le mi-
nistère Villèle n'est plus ; la chambre, où, pendant tant
d'années, il avait régné en maître, l'a laissé sous le poids d'un
procès non terminé ; de salutaires ordonnances dont tout
bon citoyen doit réclamer l'exécution, ont proscrit de
l'enseignement les jésuites , qui déjà rivaient en pensée nos
chaînes ; deux lois importantes, imparfaites sans doute, et
un peu empreintes de timidité, mais cependant efficaces si
le zèle des citoyens sait en tirer parti, garantissent contre
les invasions de nos adversaires nos deux libertés fonda-
mentales, la liberté électorale et la liberté de la presse ; les
cours royales, protectrices des droits violés , sont juges
suprêmes en matière d'élection, ; l'odieuse censure ne figure
plus dans nos lois.
( 2)
A qui sont dus ces changemens , cette heureuse et sou-
daine révolution? À vous, Messieurs, à votre noble énergie
qui, tournant contre les destructeurs de nos libertés les
armes dirigées contre vous-mêmes, avez montré à la sa-
gesse du Monarque l'abîme où l'entrainaient de coupables
conseillers, et remplacé une chambre Villéliste par une
chambre dévouée à la monarchie constitutionnelle. Tout le
bien qui, depuis une année, s'est accompli en France, est
votre ouvrage.
Il ne faut pas toutefois se le dissimuler: si vous avez beau-
coup fait, il vous reste encore beaucoup à faire. Vous avez
remporté une première victoire ; mais vos adversaires sont
debout, et tout prêts à renouveler le combat. Voyez-les,
non pas à Paris, où, trop faibles, ils n'osent lever la tête,
mais dans les départemens , où une si grande partie de
l'administration est encore en leurs mains. Semblent-ils ré-
signés à leur défaite, ou ne paraissent-ils pas plutôt s'at-
tendre à un retour prochain de la fortune? Moins heureux
toutefois que vous, qui disposez de votre propre sort, leur
destinée n'est pas dans leurs mains , mais dans les vôtres. Si
vous savez ne pas ralentir vos efforts , votre triomphe de-
viendra définitif ; les libertés nationales , le repos de la
France seront assurés pour jamais.
Trois choses sont maintenant nécessaires pour consolider
l'établissement des libertés constitutionnelles : des change-
mens dans le personnel de la haute administration, qui ne
peut démentir son origine, et, instrument créé pour la
domination de la faction jésuitique, ne saurait concourir
franchement à l'exécution des lois, et à la mise en vigueur
d'un régime nouveau ; des institutions municipales et dé-
partementales , fondées sur le principe de l'élection, qui
doit s'appliquer à chaque localité, comme déjà il s'applique
au royaume entier ; enfin, le progrès de l'instruction po-
pulaire , dont, sans abjurer tout sentiment d'humanité, on
ne peut méconnaître les bienfaits.
Voilà, Messieurs, les nouvelles conquêtes que nous
devons poursuivre de tous nos voeux.
La conduite de nos adversaires trace la nôtre ; suivez
leur marche depuis quelques mois ; partout ils s'agitent,
partout ils s'organisent ; une vaste Association catholique,
sous le prétexte de défendre la religion , enveloppe la France
entière ; que chacun de vous observe les personnes con-

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