Aux président et membres du concile national de Paris, la vérité revêtue de ses droits, pour servir de préparation et d'explication préalable à un premier ouvrage intitulé esprit des pasteurs du diocèse du nord, dans lequel on a demandé, le 27 octobre 1795, par devant le métropolitain de Reims, le jugement de l'apostasie et de l'hérésie de Claude-François-Marie Primat, évêque constitutionnel du diocèse du nord ([Reprod.]) / [Guyot]

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[de l'impr. de Moutardier]. 1795. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1795
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
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A
DE `PARI$;
REVÊTUE DE SES DROITS,
Pour servir de préparation et duplication
préalable à un premier Ouvrage intitulé
ESPRIT DES PASTEURS du Diocèse DU
NORD (i), dans lequel on a
27 octobre par -devant le métropoli-
tain de Reims le jugement, de l'apostasie
et de l'hdrésie de Claude François Marie
Primat î évoque constitutionnel du diocèse dû
Nord,
•̃̃̃̃̃̃ v
Non enim est acceptio perionarium
-opud deum. Uom. a..
xlycUNE passion aucune personnalité
la seule pureté, le seul zèle la soûle 'gloire
̃̃ • -̃'
Un. exemplaire
les-Aams du président, du Concile;
de guider la demande en jugement du
ne sera point inutile d'observer, qu'a-
vant de faire imprimeur l'ouvrage cité,, j'en
avqiïs, corifié le manuscrit jusqu'à six lieues
voisinage de la ville de Saint-Amand t où j'é-
tois (ià première des deux
les eaux minérales pour ma guénson.
plusieurs de ces pasteurs disoienc qu'ils -ne
vouloient plus voir Primat, qu'ils le chasse-
roient'de chez eux s'il s'y présentoft qu'ils
ne lui dônneroient pas une chaise pour s'as-
seoir.
D'autres m'avoient auparavant écrit à Paris
en lorsque j'y étpis réfugié à cause, de
la guerre, en me disant qu'ils ne vouloient
plus de Primat a cause de son abjuiution.
Tous étoient générale ment très-mécontenq de
sa foiblesse et de sa faute. Il en étoit qui
protestoient ne jamais vouloir communiquer
avec lui.
̃̃' Les prêtres de la Belgique, nommément
les vicaires généraux de Iou*ciai et les pa-
piers publics de ce pays voisin* du diocèse
du Nord, ne faisoient que publier l'apostasie
et la fuite de Primat, évéque de Cambrai.
<3)
A 2
Les feuilles publiques de France l'avoient
généralement désigné comme un apostat et
jamais il n'a réclamé. Enfin, à Tournai .et
dans toute la Belgique on ne doute pas plus
de l'apostasie de Primat que de l'existence
du soleil.
Les curés du diocèse du Nord ne pouvoient
mieux faire pour venger la cause de la foi
dans de si desolantes conjonctures, que de
s'adresser au métropolitain pour en demander
un jugement qui eût tout appaisé. Je défie
le citoyen Primat de me citer une seule ligne
où j'ai critiqué sa vie privée.
Le citoyen Diot métropolitain de Reims,
à qui j'ai envoyé un exemplaire de l'Esprit
des pasteurs me répondit que la cause étant
majeure, elle devoit être portée à un Concile:
depuis telle réponse, je suspendis toutes pour-
suites.
Sur la nouvelle d'un Concile assemblé à
Paris, je me proposais, pour suivre la marche
indiquée par mon métropolitain, de mettre
la cause sous les yeux du Concile, aussi-tôt
que le citoyen Primat y seroit arrivé; car il
n'est pas juste de le juger à son insu.
Le citoyen président du Concile, pour des
raisons qu'il ne m'appartient point de citer
yienjt.de m'inviter produire mes réflexions
(4)
au sujet du citoyen Primat; je rn*exécute suf
cela selon son désir. Je suis disposé à faire
toutes choses qu'on puisse' me proposer
pouvu que, dans un diocèse si pieux et si
solidement catholique, la cause de la foi soit
vengée.
Dans l'opinion que toutes les lettres écrites
à la main demeureraient sans réponse et sans
effet il ne restoit que le moyen de l'impres-
sion. J'avois dans non premier ouvrage em-
ployé la chaleur du style; j'avois même fait
le rapprochement de la pusillanimité de Pri-
mat, avec la fermeté que le ciel rri'avoit
donnée pour combattre l'athéisme; le tout pour
stimuler l'apathie avec laquelle le citoyen
Primat avoit affecté d'être insensible aux re-
montrances de divers curés, du diocèse. Nous
cherchâmes par un dernier effort, à le.faire
venir du moins provisoirement a son diocèse.,
dont il étoit absent depuis plus de deux années.
Enfin., aprèsdeux lettresjj cessantes du métra-
politain qui lui firent injonction de se rendre à
son.diocèse; il s'y rendit. Il ne s'agit plus ici de
style chaleureux; il ne s'agit que de; son ju-
gement. Ici les griefs n'en seront point noyés
dans les flots plus ou moins agités d'un style
Impétueux ils seront resserres darist trois
chapitres, dont le premier'Corttiendia les faits
qui attestent l'apostasie de:Primat; le second
u>
A 5
les raisonnerons qui démontrent son hérésie;
dans le troisième je rassemblerai toutes les
excuses que je^crois pouvoir être produites
de sa part pour sa défense et sa disculpation.'
Le par lui-même,
que ce que je n'aurai point prévu.,
CHAPITRE PREMIER.
Faits. qui constatent du citoyen
Primai,
la de la ville épis-
vers la fin de.
dçux^autres paroisses de
cel|e^ de Notre-Pàme paroisse de Pévëque,
étoit, réservée demeurât ou-
verté revenue ^Hmàt* sjagulièremeint' plus
les églises: étoïènt,. fermées, abandonna' et fa
houlette etle troupeau i prit la posté ppuc
Douai, ou il fit imprimer à son arrivée une
(<5>
feùil\e en quatre pages ( dont copie é$t ci-
jointe cot. B ) qu'il fit distribuer dans Douai et
dans les environs. J'en reçus moi-même un
exemplaire à Pans. De crainte qu'on veuille
révoquer en^ doute la fidélité de la copie
que j'en donne, je préviens qu'elle été
transcrite sur un exemplaire, à la tête duquel
Primat lui-même avoit écrit de sa propre
main, en l'envoyant au citoyen Caille, bure
de Saint Amé, à Douai, chez qui on m'en
fit l'exhibition.
Au sujet de cette, feuille malheureusement
fameuse, tout se passa au club de Douai,
pour sa lecture et,son acceptation, comme il
est dit ôt 6 de l'Esprit des
Pasteurs où on lit ces expressions de son
cœur foible dans la foi temple.,
le ciel et la terre pour autel un cœur dégagé
des préjugés. Et cependant il avoit encore dans
sa
au moment qu'il choses au .club de
Douai. Les paroissiens de de
Cambrai etoient rassemblés dans sa propre
église en pleurant la fuite dû pasteur 'tandis
que dans la joie,
des sacremens et des mystères dii christianisme
sous le mot philosophique Les
paroissiens de Cambrai ehtoufoiênt, àtàdtre-
Dame, le sanctuaire antique de quatorze
siècles; ils y réclamoient les divins sacremens,
<»),
A 4
désireux d'assister au sacrifice
•en l'absence de leur pasteur fugitif Ils écen-
doienf la main sur l'autel faisant profession
de foi à nos célestes mystères*
On trouve rott encore le tableau de cette
déplorable séance du club' ',de Douai, chez lé
citoyen Leroi, rue Clos de Saint •Amé, de 14
même ville où est lé -dépôt des registres de
la société populaire.
A D D I T N
A l'ouvrage Payeurs.
i°. Dans le Journal des débats et les autres
feuifles .du, même jour, est marqué le nom
du député du département du Nord, à qui
le citoyen Primat avicwt confié le soin de pu-
blier son âbjuratibn à de tbuftlt sé-
nat français, et par suîte :i tout i*u«ïvérs
Gpssuin. monte à fa tribune, y estfii dk,et
annonce.que fair'pasiser à
la convention, et son abjuration,
Après que le citoyen Primat eut de
mandé, à cène trop .célèbre assemblée d'être
accepté au nombre des membres de la société-
populaire de Douai1, dans le sein de laquelle
il venoit d'éfiancher l'abondance de son cœur,
a titre de philosophe dû jour; un sociétaire
avocat de Douai et ex-
dcputé de l'assemblée, demanda la paroîe et
cnt :a. haute « Citoyen
président, Prima* vient d'avouer qû'iTâ voit
ci-devant prêche le mensonge; et de crainte
qu'il ne le prêche bientôt encore ,je requiers
qu'il ne'soit point reçu parmi nous, qu'après
des eprfuvçs,».
Le citoyen Primat avoit des oreilles et une
et évêq ue et
il^ garda le silence. Sbiî itœdr devait 'être celui
d'un apôtre qui eut la vertu de remplir sa
bouche des paroles de force et d'intrépidité
publicité de en
fa vî/le de Ôouai que de mi-
s'é-
ville, cause de
^'invasion de
connnnanon
ques dans les- chaurhière*
plusieurs personnes de Saint ^Amand, où
assure. voir 'été témoins du fijut. £,e président
du club lui-même
La chose d AÎBears f ut tellement publique
que le! citoyen Primat en fera, sans; doute l'a-
veu vie cette
démarche ait îétonnemment avili dans Frimât
Je caractère épiscQpal aux yeux!des assistans
d'une
profession d'athéisme. >v, n/jN^ip i
.ïjVXatti^le
par le
curé de Rumegies, canton de
qui étoit présent et qui m'a
-préfssion énergique de ce canonnier avait été
entendue de plus de soixante.persbnBÇR frap-
pées comme luis d'indignatioh. V v;
accolades
et des embrassemens page 6 du précédent
imprime, m\ ,^téJ rapporté «et; par
quelqu'un, des jpa-rënî'du citoyen* Manie i curé
de
in?ëûX 'des 4uîh
'-̃'ll'
Les habïtans de ta Ville" de Douai pu-
blioiént le lendemain lç même langage dans
tontes les rues st les places publiques avec
Tame pénétrée- de douleur. v
j*. Plusieurs: Btoï écrites par des
ecclésiastiques, m'ont confirmé dans la vérité
de toû* les ftits Contenus dans Vbsptit des
Pftsteurs. c'est pas un: seul individu qui
ait impugné la moindre circonstance rappelée
dans: iWvïi^ge cité; ceux -mêmes d'entre les
prâttes '^ùi n'étoient pas contons de^ la publi-
cité que j'en avois donnée ,'Jïe pui^nt s'Sm^
pêcher de, m>v(nier la vérité des fâijts,. Voici
de Doiïai, du io février
«ion adresse.
de sept confrères je lui .àî
» dans votre imprimé. lui ai dit en quatre
w plus que en quarante-deux.
Bien plus, dans le, tems de sa fatnmse
» ktttv deux jours
v »» cette franchise que je;jtn,e(iyante avoii;eûs
»• plusi 'jtfs fois crises,
Signé; Caille,
( M )
( Au des éboit écrit, au citoyen Guyot
curé de Bettignies à Mortagne près Saint*
Amand, département du Nord, à Mortagne)!
6". M est néanmoins un fait inexact dan*
ÏEiprit celui où je du,
^afee ï'o que Primats' fait son abjuration,
sitôt après la désertion de -Gobel évêque de
Pâtis. Primat au contraire, a fait' son abjura-
tion .avant !a démarche de t5obeî c'est-à-dire
le pretnier de toute la France. En cela il ob-
tint la primatie snr tous les ecclésiastiques
français, dont il est devenu le couphée en
fléchissant le premier devant BaaL
Gobe! alla en bonnet rouge à la bâfre dô
la convention le ëtoit
allé déjà auparavant en pcfste 4
populaire de Douai, faire ( son imprimé à la
main) son abjuration le 3 de la décade de
brumaire de ran lïe.; savoir h 13 bïumaire,
Cette inexactitude, des annoncée de
ma part dans la bonne foi, rendoit la conduite
de Primat moins criminelle en ce qu'elle *•'
étoit l'effet du scandale du premier métropo-
Primat et toute sa démarche fut véritablement
l'effet spontané, volontaire et mûrement dé-
libe^é de son <«ajrv
Je citoyen
Primat chez. veuve Goval à>
pâques,
en 1796,
au club de^
sa mais que
l
de défense du citoyen
Gonéile ne manque-
ront poiot dé lui objecter qu'une teUe réponse
loin de diminuer la son apostasie,-
m eontxaire plusse
cejle dufejax;
au commencement
C ,*e rapport
btu ;a)
sans
suoies, et professer au-dehors ce que l'on
^buldit pourvu que le cœiir n'y ait poitt^iie
part(t)? <-̃ <̃ --̃•̃> •»
1 •̃•p ̃̃̃ f '•̃ .••ti.ilJ ;̃:•; îcfi; '̃.
pïemé codino}ssanc'e; de ( sariè 1? sfe4
premier davraëé
Pasteuritçrdont il reste titop
peu d'exemplaires après «lui qui. est joint au prt*4
.tVv-
• €H A P ï T RE I ï.
De l'Hérésie <& citoyen trimai.
de carême de l'an
tapage dont copie est
cl-jointe cot. t "éh Rentier le Prifr.»t
enseigne les ,.deqx propositions suivantes la
confie
ces reposant du président duGon-
c'df sollicité tde 4-é«éqae
'on ajoute ièl les'ïragmens
qui doivent entrer dans les- motifs dudit jilgôtnent.
siijet d^imbt préjugés1 y fôgeMi quand
niêmeleccitoyen Fnmat voudroit entendre) ce terme
a^remeent, que ne T;ntendoient ceux à auj U en
Je lui reprochai aussi-tôt ces deux propo-
sitions dans la lettre que je lui écrivis à ce sujet
le Iode que son
mot **& son acception,
non de imtèntion de l'auteur mais de la manière
d être entendu de l'auditeur ou du lecteur, sur-
tout si l'auteur, comme ici, connoît la manière
avec laquelle 1 entendent toujours ceux à qui il
parle si Primat prétend que du moins ce terme
étoit équivoque, le crime d'apostasie n'en sera point
diminue; car celui gui n'est pas pour mordit
Jésus-Christ, est contre moi; f. enfin, l'équivoqué
fait de croyance,, n'est pas moins
l Ç. que la tiédeur, en
fait de bonnes œuvres^ mérite dken être rejetée
indignation: canonnier ch^tiçn présent
assis près dii citoyen de Laciiur cureté Rumerifes
il lui dit en voyant ces choses déplorables i^ae
parler. Et moi/ répliqua le cànônnier cïirétieri
je (Us\quUfaut qu un,
pour» se comporter de la sorte. Mon péri et nut
qu'il sa'foii.
de
3°, Suit l'article des accolades; Apres qu'on eut
lu et relu au club la touille, db 1 évêque Primat
on entendit des voix s'écrier de. ton tes parts .dh
cher Primat te voilà enfin revenu de tes .erreurs
tvi
mandement arriva vers la fin £û carême; il
ne daigna point me ïéponare. Voyez V Esprit
du Pasteurs* page 4t. uu
viens .que je t'embrasse. tu viendras nous prêcher
la raison dans nos temples aux fêtes décadaires.
Et Primat souriait •
Dans sa feuille imprimée ci-jointe. Primat
dit qu'il fait cette arc
volonté générale.
Cela est du plus
sain ne tous en ont gémj..
5Ô. On ne peut savoir si cette féuÉë imprimée
que d'un athées ii'évéqùe Primjtt-ft^'tàirle nide
Dieu, ni de la 'morale évangélique rï se contente
de dire que, doiinaymiy il se renfermera -dans les
devoirs d'jin vrai 'républicain èh cultivant les
venus qui font i'kanttëië homme. Voltaire9 nra ja-
mais nueux peint l'incrédulité dans ses venus $6-
d'un successeur des apôtres? (
6°: La première lettre encyclique ides évéques
réunis Pans; dont le citoyen Priinat reconnoît
le règlement par sa pastorale du 39 .prairial, dit
«ue pour se disculper de l'imputation publique
-la persécution est passée et ftimat np
pas encore rectal contre l'imputation d'ApostasK
que lui ont faite le Journal des débats et les autres
(a^
La fxrënuère proposition est générale^ il n'y
a jointe au mot tfempin;
c'est donc un empire absolu et sans bornes
papiers publics; donc Primat, çfç son propre fait,
se reconnoît coupable d'apostasie. Il l'avoue lui-
même, page 7 de sa pastorale du. 29 prairial lors-
qu'il dit que dans sa fuite il demandait au Seigneur
^'envoyer un autre à son peuple. >
En conformité de ces démarches et des sentimens
de Primat les dissidens du diocèse et des contrées
de l'évô-
qu,e constitutionnel de Cambrai, qu'ils reproçhoient
aux pasteurs de ce même diocèse, de donner ï'qnc-
tion extrême, aux mourans avec de l'huile de lampe*
n'y ayant plus d évêque pour en bénir.
Après tant de preuves de l'apostasie de Primat,
des lettres encore récentes reçues des pasteurs du
diocèse de Cambrai, se plaignent de ce que le ci-
toyen Primat ne s'est même: pas donné la peine de
démentir des bruits si allannans on se rassure sur
ma sollicitude citer Primat an Concile de Paris,
on m'y engage je m'exécute.
Sans doute que le prêtre Jérôme, dans sa grotte
n'auroit pas été moins ferme que moi, si, comme te
trouve l'évêque de Cambrai au concile national de
Paris ce saint docteur avoit trouvé l'évêque de
Jérusalem à un Concile de,Palestine à Diospolis,
pour y demander le jugement de ses erreurs. La
Foi de J.'Cj n'a point changé depuis 14 siècles fie
zèle pout.son intégrité doit être toujours le même.
c'est
(17)
B.
e*est ainsi que s'entendent les termes, selon
les principes de la saine logique qui veut
qu'un mot qui n'est accompagné d'aucune mo-
dification^ doit se prendre dans toute sa gé-
néralité et toute son étendue comme si le
terme générique étoit adjoint.
Il suit de-là Ferreur de l'im eccabililé, qui
est le 6e; article de l'hérésie de Célestius dont
le diacre Paulin, secrétaire de S. Ambroise,
fut accusateur. Voye\ l'Histoire eccl. deM.de
Feury» liv. 33 art. 2.
La preuve sort avec évidence du syllogisme
suivant.
« Tous ceux qui ont un empire sans bornes
M sur eux-mêmes et sur leurs passions, ne peu-
» vent point tomber dans le péché:
M Or le citoyen Primat dit que les enfans de
Dieu ont cet empire sans bornes sur eux-
» mêmes et sur leurs passions
Donc, selon le citoyen Primat, les enfans de
Dieu ne peuvent poiuttomber dans le péché».
La conséquence de ce syllogisme établit
l'impeccabilité la plus complète.
Je vais à la seconde proposition, conçue en
ces termes dans le mandement susdit du ci-
toyen Primat le péché nous ôte la liberté* c'est-
à-dire l'empire que nous avons
(*8)
et sur nos passions; d'où je fais le raisonne-
ment ci-après:
Tout homme dans l'état de péché, à qui
♦> la liberté est ôte'e ne saurait jamais plus
récupérer l'état de grâce
Or le citoyen Primat dit quèleptiché nous
ôte la liberté;
«Donc, selon lui, l'homme dans l'état de
m échd ne peut jamais plu» récupérer l'état
de grace
Cette dernière proposition est une hérésie
absolument contradictoire à^Ja première; donc;
selon le citoyen Primat, l'homme en état de
grâce ne peut tomber dans le péché et
1 homme en état de péché ne peut rentrer
l'état de grâce.
Certes, jamais hérésiarque depuis dix-huir
siècles n'a plus visiblement ni plus grièvement
blessé la liberté.
VrfsdX ici «observer i°. que le citoyen
Primat, en tombant dans deux erreurs oppo-
sées, et toutes deux également contraires à
l'évangile, démonrre tout-à-la-fois l'incohé-
tente de son esprit qui admet comme possibles
dans le mêmes homme, deux choses qui s'entre-
détruisent réciproquement; *car si je suis im-
peccable, je ne puis point tomber dans le

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