Aux :représentans: +représentants+ du peuple :composans: +composant+ le Comité de salut public

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[S.l., 1794]. 1794. 23 p. ; in-8.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1794
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AUX
JR-Er £ R E S E N T A N S
DU
B/E U P Ë1
ÇOI'POSANS LE COMITÉ
D E
SALUT PUBLIC.
1
CITOYENS REPRÉSENTANS,
"jvr
N o u s sommes depuis plus de six mois p
sous l'oppression la plus arbjtraire, la plus
affreuse. Huit-à-dix individus , couverts
d'un masque populaire , (t dont !a plUS part
sont membres des Autorités Constituées,
ne se servent de leur pouvoir et de h ur in-
fliience , que pour divis-r le Peuple , porter
les plus grandes atteintes à la liberté indi-
viduelle des Citoyens , et leur iuiposcr un
joug d'opinions contraires à tous les prin-
cipes consacrés dans la déclaraLicn des
- 2
droits de l'homme. Ils circonviennent les
Représentans du peup e envoyés dans leDé-
pal remcnt de l'itm, pour raffermiss* firent < fu
gouvernement Rérolutionaire, prêtent aux
actions les plus innocentes, les couleurs les
plus noires, afin de justifier les actes tyran-
niques qu'ils se permettant continuellement
d'exercer. L'on ne peut plus voir en eux ,
qu'une faction d'ennemis publics) dont les
passions. e*t les vices, déguisés sous mile
formes, détruiront bientôt toute harmonie
entre les administrateurs et les administrés,
et feront naître une discorde générale et
funeste à la chose publique.
Les trou bles qui agitent la Commune de
Bourg , ont pris leur naissance dans des
cause s'qni devoient les prévenir. i- '-
- Au mors de Juillet I~?93 , le Collseil gé-
néral de a Commune de Bourg-, étoit en-
tièrement maitiisé par quelques-uns de seS
membres j les vexations et les abus de pou-
voir , qui depuis longt-emps étoient'Ia suite
de leursmenéts pcrfidts, et de leur im-
moralité , avoient soul( vé tous les esprits,
Les Sétions assemblées délil èrent pour
secouer ce joug de ftr, la réélection du
Conseil générai est ariétée à la majorité a
3
, trois cents et dix votan s contre quatorze .;' et
du nombre des intrigants qui ne furent pas
réélns, on distingue BLANQ DESlSLIïSES,
ROLLET, qui s. pris le surnom de MARAT
CHAIGNIAU et ALBAN notables.
Ces hommes pétris de tous les vioes de
Torgiaeil et de l'ambition , dontl ignorauce ,
la cupidité, l'au -,-lace et la corruption réuries>
avoierrt tout fait pour écraser et fouloi; leurs
Con Htoyens j regrettent de ne pouvoir plus
en faire des escLv s soumis à leurs volontés.
BLANQ-DESISLES SE rend à PARIS, Il S
, autres dans les Départements qui a voisinent
celui de l'Ain ; leur mission a pour obj- t de
calomnier auprès des Représentans du peu-
ple , les Corps administratifs et les Citoyens :
Quelques uns de leurs collègues , remplacés
comme eux , au conseiL généra' , font cause
commune avec eux., et à force de manœu-
vres , ils parviennent à surprendre au Re-
présentant du peuple , LAPORTE , un arrêté
portant qu'ils seront réinstallés dans leurs
functions. Dans ce moirentmême, les cito-
yens se proposoientde présenter une adresse
à la Convention , pour faire approuver la
réorganisation du conseil général de la Com-
mune , et donner les motifs qui avoient
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commandé impéfieusement cette mesure:
Les factieux réintégrés dan s leurs fonctions
n'en prennent qneplus de force, d'insolence
et dut'ace; i s provoquent l'établissement
d'un Comité central , et s'en font nommer
membres. C'est alors qu'ils disposent à leur
gré , du sort, de la fortune et de la liberté
de -leurs concitoyens. Ils se livrent à des
proscriptions horribles ; tous ceux qui réu-
nissent à l'amour de la Patrie, la fermeté,
la justice et la probité ; tous ceux qui sont
prêts à se rendre leurs accusateurs, sont les
premiers sacrifiés ; les incarcérations se
multiplient, et il n'y a point d'abus de pou-
voir et d'autorité, qu'ils ne se permettent:
assez adroits et perfides pour surprendre
la réligion des Réprésenlans du peuple ,ils
abusent indignement de la coi fiance qui
leur est donn-ée , font destituer a leur gre
- les administrateurs , les membres des tribu-
naux, et y placent des homims qu'ils
croyént propres à ssrvir leurs Passions et
r
leurs intérêts. Heureusement que parmi le
nombre , il s'en trouve quelques uns qui ne
justifient pas leur choix et ne partagent pas
leurs odieux principes ; aussi ne manque-
ront ils pas de les sacrifier, si l'on ne met
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cette faction dans l'impuissance absolue de
faire le mal.
Ces hommes insensibles à toute espèce
de flétrissure et d'infamie, toujours prêts à
suivre l'impulsion 'U s circonstances pour
Se faire une réputation excl usive de patrio-
tisme , au détriment du peuple , trouvent
bi iiLÔt'ie dignes collaborateur, MERLE
arcsit. ur public du tribunal c.'MiiitJel ,
M AHTI NE, BARON surnommé CHARLES
A'iurs du Département, JUVANON et
GALLIEN a iministrateurs du District,
DUCLOS et BOC\RD menuisiers, cy-de-
varit itu mbren s du Cou i:é central , FRILET
Oificier municipal , GAY garde magasin de
la Grenette et LAYMANT concierge du
Département, s'associent à cette ligue infer-
nale. Ils égirent l'opinion pubiipie, prê-
client une- morale odieuse et corromrtue , et
L *
des principes destructifs de toute justice et
de toutes vertus sociales: alors des rurclirs
domiciliaires , l'enlèvement des uen rées le
première riécessité, du numéraire et de l'ar-
genterie, l'entra ve des marchés , tout se
fait par leurs ordres, tout est an nom du
Comité central et du bien public.
Ils établissent une nouvelle Société popu-
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laire , on y foule aux pieds les droits des
Citoyens pour garantir, dit-on, les droits der
l'homme. Veut-on y faire enten dTe la voix
de la raison à quelques Citoyens amis du bien
puhlic, mais trop faciles à égarer? on est
traité de modérés , perfides et malveillants,
ou répond par des i -jureset des menaces aux
avis les plus salutaires , aux représentations
les plus sages , enfin on cherche à inspirer
la terreur et répouvante dans tous les esprits.
Tel étoit le précis de notre situation poIid-
que avant l'arrivée de JAVOGUE, GOULI^
ARBITE,et MEAUI/E, dans le Département
de l'Ain. Depuis cette époque, le règne des
Veng ances et du brigandage a pris encore
pins de force et de stabilite; une morale
insidieuse et le poison destructeur des prin-
- cipes sociaux sont répandus avec une éfron-
terieet une insolence dont eux seuls peuvent
être capa bles.
Il est temps de faire cesser ce renverse-
ment de tous principes ; nous deviendrions
criminels , de ne pas vous dénoncer les
actes d'oppressé n dont nous avons été
victimes ou témoins. L'article 20 de la Loi
du j6 Germinal , nous en fait un devoir 5 et
outre que notre propre sûreté individuelle
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l'exige , le bien de la République le corn.
mande encore plus impérieusement. C'est
d'après ce principe , que sons notre respon,
sabllité personnelle et individuelle, nous
vous dénonçons les faits suivants avec pro-
messe d'en produire les preuves écrites et
testimoniales.
PREMIER FAIT.
Les Officiers Municipaux de Bourg , à
la tête desquels étoient Desisles , Albara ,
Chaigniau , Rollet dit Marat, ont quelque
tems avant la réorganisation du Conseil gé-
néral de ctte Commune, lacéré leurs regis-
tres, pour y soustraire les ari êtés contraires
sans doute aux intéiêts cln Peuple et de la
-P-atrie ; cette infraction exttCtntrmt nt crimi-
nelle et repi éliensibie , a été reconnue p.lr
les Représentans Amaret Merlinos , com-
missaires envoyés dnns le Département de
l'Ain, au mois de M.-iy iji/5. Ces deux Dé-
putés ont rétabli pour un instant le câline
et la paix dans cette Cite , et ils auroicjnt in-
faidiblement prévenu l'enchaînement suc-
cessif des maux qui nous acca blent, si l'on
eût pu jouir alors plus long teins de leur
présence.
s
DEUXIÈME FAIT.
Dans lerrêmetems, CHAIGTNIAU l'un des
factieux, a fait dans la Suciété existante
alors , une abjuration publique et authen-
tique de maratisine , quoiqu'on ne cessât
de le rappeller à l'ordre du jour ; il prodi-
gua les épithétes les plus indécentes à ce
martyr de la liberté , le tout pour se discul-
per auprès de ROLLET qui l'avoit appellé
maratiste; et ce même ROLLET, actuel-
lement Agent National du District de Bourg,
a osé depuis prendre le nom de cet ami du
Peuple.
TROISIÈME FAIT.
Le Département du Jura écrit à celui de
l'Ain par l'organe de spn Président, pour
lui demander un détachement de la Garde
Nationale, sous le prétexte de vou loir se
soustraire à l'oppression : l'administration
du Département de l'Ain ne croit pas devoir
répondre à cette lettre qui ne pouvoit con-
cerner que la Municipalité de Bourg ; elle
la lui envoye. La Municipalité elle-même,
sans ordre des Corps administratifs, assem-
ble les Seçtions 1 il est enjoint à tous les
citoyens de s'y trouver , on y lit cette lettre.,
les esprits sont séduits et dirigés par ce&

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