Aux trois ordres ([Reprod.])

De
Publié par

[s.n.]. 1789. France. États généraux -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : jeudi 1 janvier 1789
Lecture(s) : 2
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 15
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

A
AUX TROIS ORDRES.
ment approche où vous alitez décider du fort
de la Nation. Il eft dans vos mains, puifque le
choix de tes défenfeurs dépend de vous. C'en
eft fait de la constitution fi vous choifiiTe*
des hommes ineptes ou des traîtres.
Vous êtes tous écrafés par les impôts Vous êtes
tous entourés de liens; vous êtes tous efclaves
de vingt de{Potes différens, du defpote de la
Ferme, du defpote Minière du defpote Prince
ou Noble, du defpote Parlementaire, &c.
Il vous faut réduire ces imp8ts, rompre t es
liens anéantir ces defpotes.
A qui devez-vous confier cette miflion ? le
vous vois vacillans, partagés vous n'avez pas
même de principe commun pour vous diriger
dans votre choix. Électeurs de tous les ordres,
entendez vos intérêts. Vous en avez un
commun cTeft d'écraser l'aoftocratie minifté-
rielle qui depuis des fiecles perpétue les défaf·
tres, qui crée des impôts pour couvrir les de-
impôts. Ce defpotiûne a pefé for tous les ordres.
Rétrogradez fut le pafleY quVt-il refp*aé ?
Les Nobles, la Prêtres tous les Corps ont
été, comme le peuple écrafés par-tui ni ics:
titre», ni b natâance ni les place» n'ont pu
fauver les têtes les plus refpeftables de la pitts
de leur liberté: Le detpoitfine naniftériel a
frappé fur tous voilà donc remiemi de tous.
Vo3à ceUù que tous foirent enchaîner. On ne
fenchaînera qu'avec une conftitution immuable,
qu*aVec une admini/rration conftamment fur-
veinée par les repréiêntans de la Nation &
cette conftitution cette admimftration ne peu-
vent être produites cimentées consolidée»
que par des hommes iaftruits, inébranlables
inaccdSbles i b corruption.
VoiU donc, Éleâeurs de tout les ordres, le
caraftere commun que voss devez exiger dans
vos repréïentans, lumières, incorruptibilitê, &
fermeté. Quiconque Ce mettra furies rangs,
fans avoir ces titres et un mauvais citoyen.
Quiconque IVGra, eft un traître à fa patrie.
Électeurs de tous les ordres, vous avez
enfuite des intérêts particulitrs, & votre choix
doit fe ptier à ce» intérêts.
y
A x
̃T I E R SrÉ T A T.
Eleveurs du Tiers-État, votre miffion eft ta
plus importante de toutes; vous allez nommer
les vrais repréfentans de la Nation ceux qui
auront, qui doivent avoir la plus grande in-
fluenca fur les réforrnes nationales. Vos récla-
mations (ont bien plus étendues que celles des
deux autres; elles ont pour but le bonheur de
tous, tandis que telles du Clergé de ta No-
bletfe font ternies par des intérêts particuliers.
Cet ifolemcm d'intérêts, ce détachement de la
caufe commune vous a frappés; vous avez par.
faitement fenti que vous ne pouviez confier votre
défenfe aux mains de vos adverf. lires vous avés
fenti que, pour réuflir, vous deviez benter votre
choix à votre ctalfe, à des hommes femUables
à vous, qui plient focts le poids des mêmes im-
p8cs & entent le poids des mêmes chaînes.
C'cft fans doute un grand pas, mais il ne*
pas fuffîfant. Dans votre tein méme s'agitc une
foule de Candidats pour furprendre votrechoix;
eh comment di flinguerez-vous les plus dignes
'l'entr'eux ? Comment le diftingucrez-vous, bons
Laboureurs, étrangcrs aux Villes vu hommes
4
talens, à la fcîence du Gouvernement, i vo*
droits mûmes?
Qui vous indiquera vos vrais défenfeurs?qui
croirez-vous? Laboureur», écoutez le bon (cils:
il vous dit de vbus délier de l'homme que vos
ennemis vous présentent. Or qui font quels ont
été vos ennemis jufiju'à préfent ? les Nobles les
Prêtres, les Financiers. Soyez-en sûrs, t'in-
térêt perfonnel difle fecrétoment le choix qu'ils
vous concilient ils cherchent à placer ou leur
créatures ou des hommes vils, afin de pouvoir
s'affûter leurs v oix dans PAflcmblée Nationale
& faire ratifier & fanftionner leurs priviléges à
vos dépens.
Vos véritables amis, vos véritables détenteurs
font ceint mf mes qui pour vous ont encourra la
haine des Nobles, des Prêtres, des Financiers.
S'ils font calomniés, c\:A qu'on redoute leur
patriotifme. Voilà donc le fanal qui vous doit
guider. la faveur ou la défaveur des privilégies r
vous ferez trahis, vous ferez vendus inf.zilli-
blement, fi vous choififfez les protégés de ces
derniers.
Il en eI! parmi les Candidats qui ne font pas
flétris par cette protection, mais qui vous pré-
Irnrent d'autres tares; les uns ont des places
ç
Al
honorables, les autres ont un caractère doux
at pliant, d'autre ont la réputation de bien
entendre les formcs de la chicane. Ces titres
font refpeftablcs fans douce, mais ils font loin
d'être fufnfans. Souvenez-vous Électeurs du
Peuple, que vos députés auront la million la
pluj importante à remplir, qu'elle exige autant
de lumière en politique, que de pureté dans les
vues & de fermeté dans le Caractère; ceux-là
fculs qui ont fait preuve de ces qualités, mé-
titent votre fuffrage; fi vous leur préférez leurs
rivaux vous trahiriez le voeu de vos confti-
tuans, vous mettez dans la main d'hommes
foibles Se nuls, un couteau qui peut fervir k
égorger tous vos concitoyens.
Enfin s'il eft des hommes qui méritent la
préférence par deflus tous, ce font ceux qui,
doués de grands taiens, animés d'un vrai pa-
triotilinc ont, dans des écrits publics, défendus
vos droits dans un tems où la tyrannie menaçait
leur liberté. Leur profcflton dé foi politique eft
un engagement (blcmnel qu'ils ont pris avec
vous en vous abandonnant, ils te deshono-
reroient, its perdroicnt cette cftime du public
qui eft leur unique bien k bcfoin de cette

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.