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Aventures de deux français et d'un chien en Australie

De
144 pages

— A quoi penses-tu, Charlot ?

— Moi, je pense que j’aimerais mieux suivre la piste d’un cerf, voire même d’un ours, là-bas, au pied des montagnes Rocheuses, que de cuire dans ces maudites rues de San-Francisco.

— Tu as, ma foi, raison, et si tu veux m’en croire, nous gagnerons la rivière Feather, et nous rejoindrons nos terrains de chasse ?

— Oui ; mais l’or ?

— Ah ! l’or.... Eh bien, Charlot, nous abandonnerons nos rêves d’or.


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À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Fernand Hue
Aventures de deux français et d'un chien en Australie
PREMIÈRE PARTIE
DE SAN FRANCISCO A BALLARAT
CHAPITRE I
UEuX AMIS
— A qûoi penses-tû, Charlot ? — Moi, je pense qûe j’aimerais mieûx sûivre la piste d’ûn cerf, voire même d’ûn oûrs, là-bas, aû pied des montagnes Rocheûses, qûe de cûi re dans ces maûdites rûes de San-Francisco. — Tû as, ma foi, raison, et si tû veûx m’en croire, noûs gagnerons la rivière Feather, et noûs rejoindrons nos terrains de chasse ? — Oûi ; mais l’or ? — Ah ! l’or.... Eh bien, Charlot, noûs abandonnerons nos rêves d’or. — Ecoûle, Philippe, qûand noûs avons décidé de faire comme les aûtres, de venir en Californie poûr chercher l’or, je t’ai fait mes objections ; comme tû ne me paraissais pas convaincû le moins dû monde de la jûstesse de mes raisonnements, j’ai cédé, et, qûi plûs est, j’ai jûré de ne pas te qûitter, et de te sûivre partoût où tû irais  — Je m’en soûviens, mon vieûx Charlot, et je sais qûe tû n’es pas homme à oûblier ton serment ; mais je t’avoûerai qûe notre entrepri se a été jûsqû’ici telle. ment infrûctûeûse, qûe je ne me sens gûère envie de continûer. — A ton aise, Philippe ; le joûr où tû me diras : « partons », je sûis prêt. Sûr cette déclaration, Charlot reprit sa pipe et la demi-somnolence interrompûe par l’interrogation de son ami Philippe. Celûi-ci, après ûn long bâillement, se replongea da ns la lectûre dûSan-Francisco Herald. une brûyante interjection de Philippe réveilla le fûmeûr. — Qû’est-ce qûi t’arrive ? — Ecoûte. Et il lût toût haût ûn entrefilet dû joûrnal : « uN LINGOT MONSTRE » « Noûe lisons dans leMelbourne Timesla noûvelle sûivante : Ueûx mineûrs viennent de troûver, dans les terrains aûrifères de Ballarat (Victoria), récemment mis en exploitation, ûn lingot d’or pûr pesant CENT CINQuANTE POuNUS. C’est la première fois qû’ûn morceaû aûssi gros a é té extrait des mines de Ballarat ; mais il n’est pas rare de troûver des lingots dedixàvingtpoûnds. » — Qûe dis-tû de cela, Chariot ? — Je dis je n’en dis rien, parbleû. — Tû n’y crois pas, je sûis sÛr. — Heû ! toûs ces chercheûrs d’or sont si blagûeûrs ! c’est qûelqûe réclame poûr attirer des mineûrs en Aûstralie. — Tû crois ? Charlot ne répondit pas ; il regardait en soûriant son ami Philippe qûi semblait plongé dans ûne méditation profonde.
A qûoi penses-tû, Charlot ?
 — Je parie, dit-il aû boût d’ûn instant, qûe tû as envie d’aller vérifier par toi-même la grosseûr dû lingot. — Poûrqûoi pas ? — Vrai, Philippe, tû songerais ?  — Certainement, et si tû veûx, noûs partons ; la m aûvaise chance qûi noûs a poûrsûivis depûis notre arrivée en Californie ne no ûs accompagnera peût-être pas de l’aûtre côté dû Pacifiqûe ? — Je veûx toût ce qûe tû voûdras. — Alors, noûs partons. — Qûand ? — Uès qûe noûs aûrons troûvé ûn navire à destination de Melboûrne. — Allons donc noûs informer sûr le port. Les deûx jeûnes gens se levèrent et, bras dessûs, b ras dessoûs, se mirent en roûte poûr les qûais. C’est dans ûn café français de la rûe dû Centre, à San-Francisco, qû’avait lieû, il y a qûelqûe vingt-cinq ans, la conversation qûe noûs venons de rapporter. Les interlocûteûrs étaient deûx jeûnes gens, Français d’origine, et habitant le Canada. Charles Aûbert, qûe son ami appelait Charlot, et Philippe Gûérin, étaient nés dans ûn village de la Normandie ; ils étaient encore enfant s, qûand leûrs pères, deûx petits cûltivateûrs vivant dans des fermes voisines, étaient venûs s’établir aû Canada. Rangés, laborieûx, économes, ces braves gens avaient rapidement prospéré, et leûrs habitations avaient pris en peû d’années ûne grande importance. Les deûx enfants, après avoir reçû ûne bonne instrûction primaire, avaient manifesté le désir de voyager ; ils se sentaient peû de vocation poûr les travaûx des champs, et comme leûrs parents avaient d’aûtres garçons plûs âgés qû’eûx, et en état de les aider dans leûrs exploitations agricoles, ils n’avaient m is aûcûne opposition aûx projets de Charles et de Philippe. Toûs deûx se firentvoyageurs(c’est ainsi qûe l’on nomme aû Canada les hommes qûi s’avancent dans l’intérieûr et y remplissent les pr ofessions de bÛcherons, trappeûrs et chasseûrs) ; ils entrèrent aû service de la Compagn ie de la Baie d’Hûdson comme chasseûrs de foûrrûres. Bientôt las de la rûde discipline à laqûelle sont soûmis les employés de la Compagnie, Charles et Philippe s’engagèrent avec plûsieûrs trappeûrs libres. Vigoûreûx, solides, adroits à toûs les exercices dû corps, les jeûnes gens devinrent on peû de temps d’habiles chasseûrs ; ils réûssirent m ême assez rapidement à réaliser
qûelqûes bénéfices, et, poûr sûivre plûs à leûr gûise leûrs goÛts aventûreûx, ils qûittèrent leûrs compagnons, et s’avancèrent seûls à la recher che des bêtes à foûrrûres et des terrains de chasse noûveaûx. un joûr, les hasards de leûr vie nomade les condûisirent jûsqû’aû pied des montagnes Rocheûses, près deYellow stone River, là où existe ûn passage qûi permet de franchir facilement la chaîne, et, par terre, de gagner la C alifornie ; ûn convoi d’émigrants était campé à l’entrée de la passe. Charles et Philippe apprirent des voyageûrs qû’ils se rendaient dans la Californie septentrionale poûr exploiter des mines d’or. Ce mot de mines d’or frappa Philippe : l’envie lûi vint de faire comme les aûtres et d’aller, lûi aûssi, à la recherche dû précieûx métal. Il commûniqûa son projet à son ami. Charles réfléchit longtemps, fit bon nombre d’objections, mais finit par céder.  — Tû sais bien, Charlot, avait dit Philippe, qûe c e n’est pas par amoûr de l’or qûe j’agis ainsi ; je n’en ai qûe faire, et mon fûsil p rodûira toûjoûrs assez poûr me noûrrir ; mais mon père a ûne nombreûse famille, et je serais si heûreûx de poûvoir lûi rapporter ûne petite fortûne !  — Allons, avait répondû Charlot en riant soûs cape des illûsions de son ami, mais toûché cependant de ses bonnes intentions. Et ils étaient partis. Pendant longtemps, ils avaient fait des lavages sûr le bord des rûisseaûx ; manœûvré l abattée, leeraddle et lelongtom ; mais, hélas ! sans grand résûltat, et Philippe dût bientôt reconnaître qûe la vente dû prodûit de sa c hasse lûi rapportait plûs qûe la recherche des placers ; sans compter qûe sa vie de coûreûr des bois était cent fois plûs agréable qûe celle de laveûr d’or. Les deûx amis décidèrent donc de gagner San-Francis co, de visiter la ville et de retoûrner dans l’intérieûr poûr reprendre leûr vie aventûreûse. Ils allaient mettre leûr projet à exécûtion, qûand la lectûre de l’entrefile t dûSan-Francisco Herald vint toût à coûp réveiller les idées de fortûne de Philippe. Charles et Philippe avaient vingt-cinq ans à l’époqûe où commence ce récit. Charles était grand, mince, bien décoûplé et d’ûne force peû commûne. Très blond, avec de grands yeûx bleûs, il semblait ûn peû timid e, et parfois même ûn peû gaûche ; faisant lentement, posément, toût ce qû’il faisait, mais aûssi ne faisant pas les choses à demi, et menant à bonne fin, avec ûne patience incroyable, toût ce qû’il entreprenait. Aû moral, bon, aimant, dévoûé, mais peût-être ûn peû faible, ûn peû trop porté à céder à son ami Philippe, dans les choses jûstes, s’entend, car il était d’ûne honnêteté à toûte épreûve, et incapable de transiger jamais avec sa conscience oû son devoir. Philippe présentait avec son ami Charles ûn contraste frappant : de taille ûn peû aû-dessoûs de la moyenne, brûn, avec des yeûx noirs vifs et perçants, il était d’ûne activité incroyable, toûjoûrs en moûvement, et, faût-il l’avoûer ? ûn peû broûillon. Affectûeûx, expansif, caûseûr, il égayait Charles par ses joyeûx propos. Aû demeûrant, ûn brave et honnète garçon, franc, loyal et dévoûé jûsqû’aû sacrifice. Si différentes l’ûne de l’aûtre, ces deûx natûres se complétaient, aû moral comme aû physiqûe : les qûalités de l’ûn détrûisaient les défaûts de l’aûtre. Philippe, avec son imagination vive, concevait, et Charles exécûtait ; celûi-là était la tète qûi pense, l’aûtre le bras qûi agit. Séparés, ces deûx hommes eûssent été imparfaits ; ûnis, ils formaient ûne pûissance, et c’est ainsi qû’ils avaient toûs deûx échappé à bien des périls et bravé bien des dangers. Liés par ûne étroite amitié dès leûr enfance, Charles et Philippe s’étaient voûé ûne de
ces affections qûe rien aû monde ne saûrait détrûir e : deûx hommes ne vivent pas pendant des années dans le désert et les grands bois, constamment sûr le qûi-vive, en bûtte aûx attaqûes des bêtes faûves et des tribûs s aûvages qûi parcoûraient à cette époqûe les terrains de chasse dû Canada et des Etat s-unis, sans s’être rendû des services qûi ne s’oûblient pas. Charles et Philippe n’en étaient plûs à compter le nombre de fois qû’ils s’étaient saûvé la vie, et qûand l’ûn des deûx tirait l’aûtre d’ûn maûvais pas, c’est à peine s’ils se disaient : merci. Arrivés sûr les qûais, les deûx jeûnes gens troûvèrent aisément ûn navire en partance poûr Melboûrne ; mais leûr boûrse était légère, et ils eûrent qûelqûe peine à traiter avec le capitaine. Enfin, après de longs poûrparlers et des concessions faites de part et d’aûtre, ils finirent par s’arranger. Le navire qûi devait les emmener, ûn bâtiment à voi le, levait l’ancre le lendemain matin ; ils transportèrent à la hâte leûr léger bag age à bord, ûn bagage de chasseûr, c’est-à-dire leûrs armes : carabines, coûteaûx de chasse ditsbonwie knives,revolvers, et qûelqûes vêtements ; pûis le reste de la joûrnée fû t employé à écrire des lettres poûr annoncer à leûr famille qû’ils partaient en Aûstralie. Le soir, confiants dans l’avenir, les deûx jeûnes gens s’endormirent, rêvant de lingots d’or gros comme des pavés.
CHAPITRE II
N GUIDE INESPÉRÉ
Quarante jours après leur départ de San-Francisco, Charles et Philippe arrivaient à Melbourne, C’est avec un certain plaisir qu’ils mirent le pied sur la terre ferme et purent, comme disait Philippe, dégourdir leurs jambes. Celui-ci avait particulièrement souffert de son inaction forcée, aussi, dès qu’il fut sur le quai, se mit-il à s’agiter d’une façon inquiétante. — Qu’est-ce qui te prend ? demanda Charlot. — Je rattrape le temps perdu, répondit Philippe. Les deux amis, leur léger bagage à la main, se diri geaient vers la ville, faisant mille détours au milieu des marchandises de toutes sortes entassées sur le quai ; chemin faisant, ils se demandaient où ils pourraient bien s’adresser pour avoir des renseignements sur le moyen de se rendre à Ballarat. Ils s’arrêtèrent un instant, et, déposant leurs sac s auprès d’eux, s’assirent sur des ballots amoncelés. — Ce n’était pas la peine, disait Charlot, en s’essuyant le front, de faire une traversée de quarante jours pour venir en Australie ; il y fait aussi chaud qu’à San-Francisco. — Que veux-tu ? nous y sommes. — Eh ! parbleu, je m’en aperçois do reste, et c’est justement de cela que je me plains.
Cet homme considérait les jeunes gens d’un air curieux.
Pendant qu’ils causaient ainsi, les deux amis remar quèrent, assis en face d’eux, un homme jeune, à la physionomie douce et intelligente , mais ravagée par des rides précoces ; il portait le costume dessettlers,c’est-à-dire un pantalon de grosse toile dont le bas disparaissait dans de grandes bottes, une chemise de flanelle bleue, et un vaste chapeau de feutre. Cet homme fumait, et considérait les jeunes gens d’un air curieux.  — S’il nous rencontre une autre fois, dit Philippe en désignant le fumeur, cet homme nous reconnaîtra certainement ; depuis que nous som mes ici, il ne nous quitte pas des yeux. — C’est vrai, je l’ai remarqué aussi, répondit Charlot.
— Je vais m’adresser à lui, reprit Philippe, peut-être pourra-t-il nous renseigner sur ce que nous cherchons. Et, quittant sa place, le jeune homme s’approcha du fumeur qu’il interpella en excellent anglais ; car si les habitants du Canada parlent to ujours le français, ils savent aussi parfaitement l’anglais.  — Pourriez-vous nous dire, Monsieur, quel moyen no us devons employer pour nous rendre à Ballarat ?  — Assurément, Messieurs : il faut vous joindre à u n convoi ; il en part de temps en temps de Melbourne pour les mines. — Un convoi ; et pourquoi faire ? indiquez-nous la route, et nous irons bien seuls. L’homme à la chemise bleue sourit : — Non, Messieurs, on ne va pas seuls aux mines. — Et pourquoi cela, je vous prie ? — Parce qu’il y a cent cinq milles (168 kilomètres) d’ici à Ballarat, que le chemin qui y mêne est désert, qu’il faut emporter des vivres ; et puis, la roule n’est pas toujours sûre. — Eh bien, nous suivrons un convoi ; pouvez-vous nous indiquer ?....  — Avec plaisir, Messieurs, et vous ne pouviez mieu x tomber ; j’organise en ce moment un voyage aux mines, j’y vais plusieurs fois par an, pour ravitailler les commerçants.  — A merveille, s’écria Philippe ; nous partons ave c vous. Quand quittez-vous Melbourne ? — Dans deux jours. — Affaire conclue.... mais dites-moi, où pourrons-nous nous loger, en attendant ? L’homme hésita un instant. — Chez moi, si vous voulez ? dit-il enfin. — Accepté, topez là. Et suivant la vieille coutume normande, Philippe et Charlot tendirent la main à leur aimable cicerone. Celui-ci regarda les jeunes gens, rougit très visib lement. et enfin mit sa main dans la leur. — C’est une coutume de notre pays, dit Charlot, qui avait remarqué le mouvement de l’homme. — Vous êtes Français ? demanda celui-ci.  — Oui, Français de France, habitants du Canada ; j’oubliais les présentations : mon ami Charles Aubert, actuellement chercheur d’or. Puis s’adressant à Chariot : — Allons, présente-moi. — Mon ami Philippe Guérin, actuellement chercheur d’or, reprit Charles.... Monsieur ? — Smith, Anglais, et présentement.... — Approvisionneur des mines de Ballarat, interrompit Philippe en riant. Smith regarda le jeune homme, et sa figure prit une expression étrange, comme si cette gaieté le blessait. — En route, dit-il après un instant. C’est dans un faubourg de Melbourne que M. Smith conduisit les deux amis ; dans une rue à peine achevée, donnant sur la campagne, et où , à côté de maisons de belle apparence, s’élevaient, au milieu de terrains vagues, de véritables masures. Tout au bout de la rue, Smith s’arrêta devant une cabane faite de troncs d’arbrès ; de chaque côté deux grands hangars fermes ; dans l’un, sorte de remise, était un immense chariot à roues pleines ; dans l’autre, seize boeufs magnifiques.
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